A propos Cédric Moro

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L’histoire du climat idéal

La France prévoit d’insérer à l’article 1er de sa constitution « la lutte contre le dérèglement climatique ». Ainsi, le pays des lumières au XXIème siècle souhaite déclarer au monde que ses citoyens ont la capacité de contrôler le climat et de le rendre beaucoup plus propice au développement humain. Mais pour atteindre quel idéal climatique la France doit-elle lutter ?

Cette question du climat idéal n’est pas nouvelle et bon nombre des scientifiques et d’intellectuels à travers l’histoire se la sont déjà posée. Nous avions oublié ces débats car ils avaient été relégués au milieu du XXème siècle au rang de discussions pseudo-scientifiques, critiquées pour leur déterminisme autour des températures (températures qui produiraient de facto des qualités observables chez les peuples du monde). Mais comme ce concept du climat idéal est remis au goût du jour avec ce débat constitutionnel, regardons de plus près la trajectoire historique de cette idée.

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Le missionnaire 2.0 de l’inquisition climatique

Il y a des types qui se pensent du côté du bien comme des curés du temps de l’inquisition. Dans cette lignée bien française qui ne doit rien aux lumières, Rodolphe Meyer, avec son site le Réveilleur, aime se parer des habits du missionnaire, prêchant la sainte parole à ses 115 000 abonnés YouTube mais au-delà, en professant ses ex-communions scientifiques au sujet du climat dans les revues en ligne bien-pensantes. 

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Urgence climatique : de Georges Orwell à Aldous Huxley

Par Igor Bokanovski (nom d'emprunt d'un journaliste et essayiste, préférant garder l'anonymat ; nom pris en référence au "Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley). 
Dans son dernier livre « Internet : une plongée dans le Web de l’influence », il s'empare notamment de la problématique des sciences du climat au regard de la propagande et de la polarisation des opinions. 

Suite de l’article précédent.

Depuis 2007, la science du climat serait donc « établie » et ce, de façon définitive, selon Al Gore, co-lauréat du prix Nobel de la paix avec le GIEC cette année là . Le principe du réchauffement climatique anthropique (RCA) — bien que largement propagé par l’ONU dans ses différents sommets depuis Rio en 1992 et Kyoto en 1997 — devient mondialement connu et commence à véritablement gagner la faveur des opinions publiques à partir de cet instant, celui de la consécration par le Nobel. Mais plusieurs problèmes surviennent à cette même époque pour les défenseurs de la « thèse RCA ».

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« Urgence climatique » : de l’influence et de la manipulation des masses

Par Igor Bokanovski (nom d'emprunt d'un journaliste et essayiste, préférant garder l'anonymat ; nom pris en référence au "Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley). 
Dans son dernier livre « Internet : une plongée dans le Web de l’influence », il s'empare notamment de la problématique des sciences du climat au regard de la propagande et de la polarisation des opinions. 

La propagande est une arme ancienne, utilisée par les pouvoirs politiques pour discipliner leurs populations au gré de leurs besoins, créer un degré d’acceptabilité sociale suffisant pour activer les changements nécessaires à la poursuite de leur intérêts. C’est ainsi que plusieurs guerres ont été menées avec l’assentiment des foules au XXème siècle, tout comme des révolutions industrielles et technologiques. Mais au XXIème siècle, la propagande n’utilise plus les mêmes méthodes : elle est avant tout un produit des neuro-sciences et s’opère massivement par le Web. Son degré d’influence sur les esprits commence à être très bien mesuré et les sciences du climat, de l’environnement, n’échappent pas à ce phénomène.

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Coronavirus en Afrique : Twitter me bloque.

par Cédric Moro.

Suite à la grave épidémie de Coronavirus qui sévit en Chine et connaissant les liens de ce pays avec le continent Africain, j’ai décidé de faire une carte de tracking du Coronavirus en Afrique et de la réponse des organisations de santé, comme je l’avais fait sur l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest, c’est à dire en compilant et localisant les informations de la presse locale et internationale, des médias sociaux de source fiable et des rapports des organisations internationales, nationales et non gouvernementales. Lire la suite

Le risque climatique, enjeu non prioritaire pour les Français

Par Cédric Moro

Comme chaque année, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) vient de publier son baromètre 2019 nommé « perception des risques et de la sécurité par les Français » issu d’une enquête menée lors de l’automne 2018. Contrairement à ce que son titre indique, il s’agit davantage de mesurer et d’analyser les représentations des risques qu’ont les Français (qui relèvent du cognitif) plutôt que leurs perceptions, le plus souvent médiatiques (qui relèvent du sensible).

Malgré un risque climatique perçu comme très élevé, du fait d’un emballement médiatique, politique, législatif, fiscal sur la question, les Français ne se représentent toujours pas le risque climatique comme une priorité dans le top 5 de leurs préoccupations. A l’inverse, la grande pauvreté et l’exclusion, qui font rarement la Une des médias, demeurent depuis longtemps toujours ancrées dans le top 3 des préoccupations des Français.

Comment donc expliquer cette différence entre risques climatiques perçus et risques climatiques représentés à la vue des résultats de cette enquête ?

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L’adaptation climatique : une longue tradition humaine

Par Cédric Moro

En réponse à une lectrice de ce blog s’étonnant que certains climato-réalistes soient favorables aux stratégies d’adaptation et de résilience (y voyant par là que certains d’entre nous seraient enfin convaincus de la survenue de lourdes catastrophes à venir), Benoît Rittaud a souhaité que je partage ici ma position sur ce sujet ; position qui me semble assez consensuelle chez les climato-réalistes.

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Oui, on peut se préparer intelligemment aux situations d’urgence. La preuve.

Quand #OnEstPret massacrait une excellente idée de résilience

Il y a bientôt un an, en novembre dernier, la France a vu déferler sur les médias sociaux et dans ses médias nationaux, la campagne « On est prêt » où des Youtubeurs et des stars du showbizz nous enjoignaient d’effectuer pendant 30 jours une action quotidienne pour sauver le climat. Avec Benoît, nous avions oscillé entre bonnes rigolades et profonds effarements en relatant la dérive idéologique de cette campagne où l’on demandait aux français de supprimer leurs emails inutiles, de faire du compost ou de mettre un stop pub sur leur boite aux lettres pour croire sauver le climat et donc des vies !

Cette initiative française « On Est Prêt », portée par OpenFrance, paraissait même comme novatrice, oubliant néanmoins de mentionner qu’en fait cette idée des 30 taches quotidiennes sur un mois pour être « prêts » a été initiée il y a 10 ans jour pour jour par Cheryl Bledsoe et Eric Franck, du Cresa Washington (Services d’urgence de l’Etat de Washington aux Etats-Unis – le 911), lancée dans le cadre des campagnes américaines « Ready » du Département américain de la sécurité intérieure.

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La ruée vers l’or vert : le cas des mangroves du Sénégal

A en lire la presse, une fois de plus unanime dès qu’il s’agit de climat, il faudrait planter 1000 milliards d’arbres pour « réguler le climat ». Nous revoici avec ce nombre de « 1000 milliards » si cher aux écologistes, nombre leitmotiv que l’on retrouve aussi bien dans le plan finance-climat de Jean Jouzel en 2018 que dans le rapport Brundtland de 1987 pour sauver la planète, et qui sent si bon le chiffre scientifique précis et pas du tout la formule racoleuse des médias d’un nombre pris à la louche pour servir un projet globalisant.

Car, derrière ce nombre, il n’y a aucun business vert, aucun or vert ; juste de la science, de la vraie et de la dure, nous promet-on pour sauver la planète. En effet, pour tous les carbocentristes, l’arbre présente une merveilleuse aptitude : il élimine le CO2 de l’atmosphère. La logique socio-écologique « simpliste » et faussement déterministe est donc que, plus on en plante d’arbres, plus on capte de CO2, plus on contrôle les températures globales de la planète, plus on évite de catastrophes naturelles et plus on favorise le développement (tant qu’à faire).

Parmi les arbres qui captent le plus de CO2 à l’hectare, la mangrove fait figure de champion et certaines grandes entreprises ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient en tirer sur le marché des crédits carbone. C’est ainsi que Danone, en partenariat avec d’autres groupes du CAC 40 et de la Caisse des dépôts et consignations française, qui ont eux aussi flairé le filon, a décidé de créer le fond d’investissements verts nommé Livelihoods.

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