A propos Cédric Moro

Communication et organisation risques majeurs https://www.i-resilience.fr

Le risque climatique, enjeu non prioritaire pour les Français

Par Cédric Moro

Comme chaque année, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) vient de publier son baromètre 2019 nommé « perception des risques et de la sécurité par les Français » issu d’une enquête menée lors de l’automne 2018. Contrairement à ce que son titre indique, il s’agit davantage de mesurer et d’analyser les représentations des risques qu’ont les Français (qui relèvent du cognitif) plutôt que leurs perceptions, le plus souvent médiatiques (qui relèvent du sensible).

Malgré un risque climatique perçu comme très élevé, du fait d’un emballement médiatique, politique, législatif, fiscal sur la question, les Français ne se représentent toujours pas le risque climatique comme une priorité dans le top 5 de leurs préoccupations. A l’inverse, la grande pauvreté et l’exclusion, qui font rarement la Une des médias, demeurent depuis longtemps toujours ancrées dans le top 3 des préoccupations des Français.

Comment donc expliquer cette différence entre risques climatiques perçus et risques climatiques représentés à la vue des résultats de cette enquête ?

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L’adaptation climatique : une longue tradition humaine

Par Cédric Moro

En réponse à une lectrice de ce blog s’étonnant que certains climato-réalistes soient favorables aux stratégies d’adaptation et de résilience (y voyant par là que certains d’entre nous seraient enfin convaincus de la survenue de lourdes catastrophes à venir), Benoît Rittaud a souhaité que je partage ici ma position sur ce sujet ; position qui me semble assez consensuelle chez les climato-réalistes.

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Oui, on peut se préparer intelligemment aux situations d’urgence. La preuve.

Quand #OnEstPret massacrait une excellente idée de résilience

Il y a bientôt un an, en novembre dernier, la France a vu déferler sur les médias sociaux et dans ses médias nationaux, la campagne « On est prêt » où des Youtubeurs et des stars du showbizz nous enjoignaient d’effectuer pendant 30 jours une action quotidienne pour sauver le climat. Avec Benoît, nous avions oscillé entre bonnes rigolades et profonds effarements en relatant la dérive idéologique de cette campagne où l’on demandait aux français de supprimer leurs emails inutiles, de faire du compost ou de mettre un stop pub sur leur boite aux lettres pour croire sauver le climat et donc des vies !

Cette initiative française « On Est Prêt », portée par OpenFrance, paraissait même comme novatrice, oubliant néanmoins de mentionner qu’en fait cette idée des 30 taches quotidiennes sur un mois pour être « prêts » a été initiée il y a 10 ans jour pour jour par Cheryl Bledsoe et Eric Franck, du Cresa Washington (Services d’urgence de l’Etat de Washington aux Etats-Unis – le 911), lancée dans le cadre des campagnes américaines « Ready » du Département américain de la sécurité intérieure.

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La ruée vers l’or vert : le cas des mangroves du Sénégal

A en lire la presse, une fois de plus unanime dès qu’il s’agit de climat, il faudrait planter 1000 milliards d’arbres pour « réguler le climat ». Nous revoici avec ce nombre de « 1000 milliards » si cher aux écologistes, nombre leitmotiv que l’on retrouve aussi bien dans le plan finance-climat de Jean Jouzel en 2018 que dans le rapport Brundtland de 1987 pour sauver la planète, et qui sent si bon le chiffre scientifique précis et pas du tout la formule racoleuse des médias d’un nombre pris à la louche pour servir un projet globalisant.

Car, derrière ce nombre, il n’y a aucun business vert, aucun or vert ; juste de la science, de la vraie et de la dure, nous promet-on pour sauver la planète. En effet, pour tous les carbocentristes, l’arbre présente une merveilleuse aptitude : il élimine le CO2 de l’atmosphère. La logique socio-écologique « simpliste » et faussement déterministe est donc que, plus on en plante d’arbres, plus on capte de CO2, plus on contrôle les températures globales de la planète, plus on évite de catastrophes naturelles et plus on favorise le développement (tant qu’à faire).

Parmi les arbres qui captent le plus de CO2 à l’hectare, la mangrove fait figure de champion et certaines grandes entreprises ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient en tirer sur le marché des crédits carbone. C’est ainsi que Danone, en partenariat avec d’autres groupes du CAC 40 et de la Caisse des dépôts et consignations française, qui ont eux aussi flairé le filon, a décidé de créer le fond d’investissements verts nommé Livelihoods.

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La Présidence de la Commission européenne sera climato-coercitive

par Cédric Moro.

Si vous rêviez qu’il puisse y avoir une alternative démocratique en Europe sur la politique énergétique et les taxes climatiques, de gauche ou de droite, nous allons montrer ici que les prétendants au poste de Président de la commission européenne mettent tous la sauvegarde du climat en priorité de leur agenda politique et, dans leur immense sagesse, qualité première pour occuper ce type de poste, s’extasient à l’unisson devant une lycéenne de 16 ans : Greta Thumberg.

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Climat : à quelques mois de l’année fatidique

Par Cédric Moro

De notre climatologue médiatique Jean Jouzel au Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres ; des experts du GIEC à sa sainteté le Pape, en passant même par l’hélicolo Yann Arthus Bertrand main dans la main avec François Pinault Président du groupe Kering (ex PPR), tout ce que ce monde (et la France) comptait de vérité officielle nous avait prévenus pendant toute cette décennie : le temps nous était compté car l’humanité n’avait pas d’autres choix raisonnable que de réduire drastiquement ses GES avant 2020 sous peine de devoir subir d’irréversibles désastres climatiques.

A quelques mois à peine de l’année fatidique pour l’humanité, l’année couperet pour le climat, la très officielle année 2020, où en sommes-nous ?

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Voler avec la taxe carbone : « promis, cette fois, on rendra l’argent »

par Cédric Moro.

Si la révolte des Gilets Jaunes a eu comme fondement historique un rejet massif et très épidermique de la taxe carbone sur les carburants, rien de mieux pour nos ONG Climat et pour Priscillia Ludosky, figure historique des gilets jaunes, de demander d’appliquer maintenant cette taxe carbone à un nouveau secteur du transport : le transport aérien. Lire la suite