Renouvelables : le déclin des investissements

par Rémy Prud’homme.

Michael Bloomberg est un milliardaire américain (pas un petit : l’une des vingt plus grosses fortunes mondiales), membre du parti démocrate, ancien maire de New York. C’est naturellement un farouche défenseur de l’environnement, ce qui lui a valu d’être nommé par le Secrétaire Général des Nations-Unies « envoyé spécial pour l’action climatique ». On ne peut pas le soupçonner de minorer le développement des énergies propres. Le rapport[1]que publie l’entreprise qu’il dirige (en fait une filiale consacrée aux énergies nouvelles) montre que les investissements dans « l’énergie propre », définie comme l’éolien et le photovoltaïque, ont diminué dans la plupart des pays du globe au cours des années 2010. Le point haut a été atteint en 2011. Depuis cette date, les investissements stagnent ou diminuent, à des taux divers selon les pays et les années. Lire la suite

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La conférence de Porto

Après l’ovation adressée à Fernanda Ribeiro, la doyenne de faculté à l’université de Porto qui a permis la tenue de la conférence, les exposés se sont densément succédés pendant deux jours. Ils ont été l’occasion de faire un point bienvenu sur l’état de la science du point de vue climato-réaliste. Lire la suite

Climat et faim dans le monde

Un rapport de la FAO permet au journal Le Monde de titrer aujourd’hui en une de son édition papier : « Le choc climatique aggrave la faim dans le monde« . Il s’agit d’un pur exercice de propagande, bien aidé il est vrai par le rapport de la FAO lui-même dont le parti-pris alarmiste n’a rien à envier à un résumé pour décideurs du GIEC.

Que voulez-vous : pour vendre du papier, pour faire parler de soi, il faut dire que tout va mal. Si en plus on peut faire porter le chapeau au climat, alors il serait bête de se priver. Le Journalderéférence n’étant pas réputé pour son esprit critique aiguisé sur les questions environnementales, on pouvait compter sur lui pour nous parler de ce rapport, dont l’alarmisme croustillant est certes plus vendeur que l’élection de Richard Ferrand à la présidence de l’Assemblée nationale. Lire la suite

1 an après, l’ouragan Irma perd son seul record notable

A en lire la presse au passage de l’ouragan Irma il y a un an, nous étions en train d’assister au passage d’un monstre climatologique hors norme, « le plus important cyclone de l’histoire climatologique » (Europe 1), « Le plus puissant jamais mesuré dans l’Atlantique » (Le Monde).

Si nous avions pris soin de montrer qu’il n’en n’était rien et que cet ouragan de catégorie 5 ne sortait pas de la norme attendue, aussi bien à l’analyse de paramètres météorologiques usuels comme ceux de la pression et des vents qu’à celle de ses paramètres secondaires, il pouvait tout de même lui être attribué un record notable dans l’Atlantique Nord : celui des plus forts vents soutenus sur la durée. Celui-ci vient de tomber, suite à une mise à jour et une correction du National hurricane center (NHC) de Miami.

Des vents nettement moins forts et soutenus qu’initialement estimés

Il y a un an, les décodeurs du Monde montraient, dans une infographie simplissime, qu’Irma avait battu tous les records de vents soutenus dans la durée dans l’Atlantique et au-delà, au niveau mondial.

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Or, le NHC, dans une indifférence médiatique générale, a publié au 30 juin dernier son dernier rapport sur l’ouragan Irma où l’on peut y voir que les plus forts vents soutenus ne sont plus de 295 km/h mais de 285 km/h (155Kt) et non plus sur une durée de 33 h mais de moins de 24h !

Vents soutenus d'Irma

Dans l’Atlantique Nord, l’ouragan Allen (1980) égale Irma en durée des plus forts vents soutenus >=155Kt (285km/h) avec néanmoins un pic de vents soutenus pour Allen à 165Kt (305 km/h), ce qui classe ce dernier comme l’ouragan le plus venteux de l’Atlantique Nord, aussi bien en durées cumulées à cette vitesse de vents qu’en valeur absolue de vents soutenus.

Enfin notons qu’avec des vents maximaux soutenus passant de 295 km/h à 285 km/h, Irma n’entre plus sur le podium des ouragans les plus venteux de l’Atlantique Nord.

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A l’avenir, récentrons le débat sur notre préparation aux catastrophes naturelles

Annoncé comme l’ouragan de tous les records dans le bassin Atlantique, l’ouragan Irma, malgré ses vents exceptionnellement forts, fut au final un ouragan majeur sans record notable à cette échelle. On ne peut pas dire qu’une grande majorité de la presse ait visé juste en qualifiant Irma de tous les superlatifs de puissance. De là à dire que si cette presse était capable de se tromper sur un phénomène météorologique aussi bien appréhendé que celui des cyclones, elle pourrait également manquer de discernement sur le sujet du climat, il n’y a qu’un pas ; pas qu’ici j’assume de franchir.

Car sur le fond, tous ces débats autour du CO2 qui généreraient des monstres météorologiques supposés inédits masquent en réalité les vrais débats politiques sur notre préparation face à des catastrophes naturelles depuis longtemps connues et ces débats, en ce triste anniversaire d’Irma, nous les devons avant tout aux sinistrés du nord des petites Antilles et plus largement à tous non concitoyens exposés à ces risques de catastrophes naturelles.

Dans des pays réellement libres et éclairés par la science et la technique, il en va de l’honneur et de l’utilité de la presse, au service des citoyens et de la démocratie, de se pencher sérieusement et sans chasse aux sorcières sur les responsabilités politiques qui ont été à la base de nos déficiences en matière de préparation et de résilience et non d’alimenter continuellement la propagande et l’obscurantisme autour des théories carbocentristes ; néo-fatalisme fort pratique pour évacuer toute responsabilité politique et administrative, qu’elle soit locale ou nationale, face à un cyclone de catégorie 5, attendu dans cette région et pour lequel nous aurions pu être mieux préparés.


Au-delà de cette question d’utilité publique, je vous invite à me communiquer tous travaux de chercheurs dans les domaines des sciences politiques, sociales et anthropologiques sur les logiques plus ou moins conscientes de nos sociétés qui les poussent à opter pour une forme d’obscurantisme après de grandes catastrophes naturelles.

Porto : honneur à Fernanda Ribeiro

Avant de faire un compte-rendu (si mon emploi du temps le permet…) de la conférence de Porto sur le climat qui s’est déroulée en fin de semaine dernière sous l’égide de l’Independant Committee on Geoethics, il me semble important d’avoir quelques mots pour l’un de ces soldats de la liberté intellectuelle qui, parfois, permettent de ne pas désespérer.

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Le million-et-unième « appel »

Normalement, je devrais être en train d’écrire quelque chose sur la première journée de la conférence organisée à l’université de Porto par l’Independent Committee on Geoethics. Et puis je suis tombé sur un nouvel appel incontournable, cette fois publié par Libération. Les climato-réalistes n’étant pas encore « maîtres des horloges » (©Emmanuel Macron), il me semble hélas plus urgent de réagir à cette nouvelle bêtise alarmiste que de faire un compte-rendu de ce qui s’est passé à Porto aujourd’hui. Lire la suite

Le millionième « appel »

On reproche parfois aux plus riches de « n’en avoir jamais assez ». Que dire alors de certaines stars du showbiz, qui semblent n’avoir jamais assez de projecteurs pour les éclairer ? Il faut dire que, COP24 oblige, la saison des prières à Gaïa est ouverte. Comme il se doit, le Journalderéférence s’est donc chargé de relayer la première salve d’invocations, à savoir l’indispensable et novateur « appel de 200 personnalités pour sauver la planète« . La grande majorité desdites personnalités fait partie du monde du spectacle. Lire la suite