Les libres penseurs précisent leur pensée

par Benoît Rittaud.

Le communiqué courageux et lucide de la Fédération nationale de la libre pensée (signalée ici sur MM&M) a bien évidemment valu à ses auteurs de multiples réactions effarouchées. La Fédération a donc publié un second communiqué sur la question, pour préciser sa position. Ci-dessous le texte (source ici). Résumé : ni dieu ni maître climatique !

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La machine de guerre d’Al Gore

par Michel Negynas.

Al Gore a beaucoup perdu de son aura, en particulier aux États-Unis. Son deuxième film a fait un flop, son mode de vie fastueux et peu écologique, ses démêlés conjugaux, détails croustillants à la clé, ont fortement entaché sa réputation.

Mais il n’en reste pas moins très actif, et ses talents de missionnaire s’exercent désormais de manière moins bruyante, mais incomparablement plus efficace. Patiemment, il quadrille la planète de missi dominici du climat. La mise sur orbite médiatique de l’adolescente Greta Thunberg nous le rappelle fort à propos.

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La terreur exponentielle

par Benoît Rittaud.

L’auteur de l’attentat terroriste de Christchurch en Nouvelle-Zélande a expliqué les motivations de son acte dans un long manifeste. Bien que la haine en suinte à chaque ligne, ce texte dispose d’une forte cohérence interne, déroutante pour ceux qui ne voudraient y voir que l’œuvre d’un déséquilibré. En réalité tout montre que l’auteur, Brenton Tarrant, n’est pas fou, prouvant s’il en était besoin que l’intelligence n’est malheureusement pas une protection absolue contre les pires abominations.

Si les appels au meurtre et à la violence ainsi que l’idéologie raciste de l’auteur sont, à juste raison, ce qui a principalement été relevé, l’attentat de Christchurch relève aussi d’une forme particulièrement exacerbée de peur exponentielle, c’est-à-dire de la peur d’une croissance forte et irrésistible appelée à brève échéance à provoquer une catastrophe d’ampleur globale. Le texte de Tarrant exprime cette peur de manière tristement explicite et répétée.

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L’asphyxie

par Philippe Catier.

J’ai pu lire en 2015, avant la COP21, une plainte exprimée dans L’Obs comme quoi « les climato-sceptiques reviennent à la télé, la radio et dans les journaux ». 

De même, en 2017, Le Monde, par la plume de Stephane Foucart, emboitait le pas. Je cite :

Bien que fondé sur un assemblage de contre-vérités, de données tronquées ou sorties de leur contexte, voire de mensonges assumés, le climato-scepticisme s’est imposé depuis plusieurs années en France, dans le débat public, tendant à faire douter des causes essentiellement humaines du changement climatique en cours – un fait scientifique étayé par la théorie de l’effet de serre et par une somme écrasante d’observations.

« Le climato scepticisme s’est imposé » ??? Ah bon !

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Les apprentis sorciers

par Michel Negynas.

Tout le monde connaît la fable de l’apprenti sorcier, popularisé d’abord par Paul Dukas, puis par Walt Disney. L’élève avait retenu la formule pour multiplier les serviteurs (des balais) préposés au lavage du sol, mais avait oublié celle qui permettait de les arrêter. Par milliers ils déversaient des torrents, submergeant la maison. Il semble bien qu’en matière de climat et de santé, nos mickeys politiques aient joué dans le même registre. Mais reviendra t il un jour un maître sorcier pour arrêter les flots ?

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Sans aucun doute

par Philippe Catier.

Plusieurs épisodes récents mettent en lumière la prétention de la justice à vouloir faire la science.

L’affaire du glyphosate en est un exemple frappant : Le tribunal administratif de Lyon vient d’interdire son usage purement et simplement prétextant du sacro- saint principe de précaution et reprochant à l’ANSES d’avoir manqué de prudence dans l’attribution de l’autorisation de mise sur le marché du Roundup 360. Cette autorisation est donc annulée par le tribunal administratif  avec effet immédiat.

La justice s’arroge donc le droit d’apprécier la toxicité d’un produit qu’aucune étude n’incrimine dans ses conditions normale d’utilisation, au prétexte que le CIRC l’a classé comme cancérigène probable. On remarquera que ce produit est classé dans la même catégorie que la viande rouge par exemple et que l’éthanol, c’est-à-dire le vin rouge, est quant à lui étiqueté cancérigène certain.

Ce jugement fait écho à celui porté récemment par le tribunal de San Francisco.

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CO2 : Byzance, ou le diviseur qui divise

par Rémy Prud’homme.

Le parti au pouvoir est secoué sur une question grave : D’ici 2050 la France doit-elle diviser ses rejets de CO2 par 4, par 6 ou par 8 ? Le diviseur était depuis longtemps fixé à 4, un objectif dont on voit d’ailleurs mal comment il pourrait être atteint. Mais qui ne suffit pas aux lycéens et aux écologistes. L’avenir du climat, et de l’espèce humaine, sont en balance. Qu’à cela ne tienne, portons-le diviseur à 6 ont dit les modérés du parti. Non, ont protesté quelques extrémistes, et les ONG. Il nous faut 7, ou 8. Pour éclairer ce choix stratégique crucial, et ramener la paix au sein du gouvernement, nous avons cherché à estimer ce qui est en jeu, c’est-à-dire les conséquences sur le climat.

     On le fait en s’appuyant sur les données du GIEC, qui n’est pas suspect de minimiser la gravité du problème. Le GIEC nous dit que la température du globe dépend du stock de CO2, et plus précisément qu’un doublement de ce stock causera une augmentation de 1,5 degré centigrade (dans l’immédiat, davantage un siècle plus tard). Le stock augmente chaque année de la moitié des émissions annuelles de CO2, l’autre moitié étant absorbée par les océans et la végétation. Le stock de CO2 de l’atmosphère est actuellement de 3200 milliards de tonnes. Les rejets actuels du globe sont de 33 milliards de tonnes, ceux de la France 0,33 milliards de tonnes. Ces quatre chiffres suffisent pour apprécier les enjeux.

     Il est facile de calculer que si l’ensemble du globe, y compris la France, continuait d’émettre du CO2 au niveau actuel, le stock de CO2 augmenterait d’ici 2050, et la température du globe avec lui : d’environ 0,2 degré centigrade. La contribution de la France à cette intolérable augmentation de température serait de 0,0026 degré. Mieux vaut s’exprimer en dix-millièmes de degré : 26 dix-millièmes de degré. Si la France réduisait à zéro ses rejets progressivement d’ici à 2050, la température du globe en 2050 en serait diminuée de 13 dix-millièmes de degré.

     La division par 4 de nos rejets entraînerait une moindre augmentation de température de 10 dix-millièmes de degré ; une division par 6 de 11 dix-millièmes ; et par une division par 8 de 12 dix-millièmes. L’enjeu du débat sur le diviseur est donc de 1 dix-millièmes de degré. Peut-on, sans se faire trop insulter, suggérer que cela n’est pas considérable ?

     Puisque la question passionne, c’est le mot, les lycéens, elle pourrait faire l’objet d’un joli exercice pluridisciplinaire. La professeure de sciences de la terre poserait le problème. Le professeur de mathématiques superviserait les calculs. La professeure d’économie expliquerait (soyons optimistes) pourquoi il n’est pas très utile de calculer des bénéfices en ignorant les coûts. Le/la professeur(e) de français commenterait le chapitre 8 du Quart-Livre de Rabelais qui raconte l’histoire des moutons de Panurge. Et le professeur d’histoire évoquerait les prêtres et les courtisans de Byzance discutant du sexe des anges en 1453, lorsque les troupes ottomanes faisaient le siège de la ville.