Désastres en chiffres

Par Cédric Moro

Je vous invite à commenter ci-dessous ces chiffres de PreventionWeb, plateforme de connaissances de l’UNDRR (Nations Unies pour la réduction des risques de désastres) au sujet des catastrophes les plus mortelles de ce début de siècle dans le monde.

Source du tweet : https://twitter.com/PreventionWeb/status/1561609333196181504 . Zoom image

Dans ce but, voici quelques questions :

Q1 : A qui s’adresse cette infographie ?

Q2 : Que dire de la sémiologie graphique et des couleurs utilisées ?

Q3 : Comment la période choisie (2000-2019) influe t-elle sur notre représentation des méga-catastrophes ?

Q4 : Au regard de ces chiffres et du traitement médiatique de la prévention des désastres, sur quels types de catastrophes naturelles les médias internationaux devraient-ils le plus insister ?

Q5 : Que conclure de ces chiffres au regard des autres causes de mortalité mondiale ?

Q6 : Il y a plusieurs erreurs sur ce tweet. Quelles sont-elles ?

Q7 : Toute autre question des lecteurs de cet article.

Publicité

41 réflexions au sujet de « Désastres en chiffres »

  1. Le but est de cet article est d’aborder ensemble une analyse en risques majeurs (approche horizontale plutôt que verticale, communautaire plutôt que hiérarchique).
    Beaucoup de commentaires peuvent découler d’une simple analyse de bon sens, perspicace ; d’autres en revanche peuvent découler de connaissances plus approfondies en matière de risques majeurs (notamment à partir des articles publiés ici par @91michel sur la base des catastrophes du CRED)..
    Il y a vraiment matière à écrire un livre à partir des déductions autour de ce seul graphique alors, svp, n’hésitez pas à commenter, à montrer votre sens critique et lucide face aux chiffres présentés et au contexte climato-alarmiste dans lequel les politiques publiques, beaucoup de médias et certains scientifiques vous font évoluer.

    J’aime

  2. Plusieurs remarques :
    1) vague de chaleur représentée en bleu avec une maison semblant être entourée d’eau n’est ni très clair ni très judicieux. Soit une erreur, soit un infographiste ayant des lacunes (ou lagunes).
    2) évident, les plus gros tueurs sont les séismes et leurs conséquences (tsunami).
    3) découlant (comme une vague de chaleur…) de 2 : les risques les plus mortels sont ceux qui sont les plus difficiles à prévoir à court ou moyen terme. Il peut être question de minutes.
    4) les morts dus aux séismes et tsunamis sont généralement répartis dans toutes les tranches d’âges. Ceux des vagues de chaleur sont le plus souvent parmi les personnes âgées. La chaleur étant peut-être plus un facteur déclechant.
    5) à part quand c’est dans l’actualité, la plupart des gens ne se soucie pas vraiment des morts dus aux séismes. Tout le monde a oublié le tsunami de 2004.
    6) …et on ne parle que de CO2 ?
    7) zutalafin.

    Aimé par 1 personne

  3. Il manque cela
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_guerres_contemporaines
    Début Guerre/Conflit Lieu Nombre de victimes
    Conflits causant plus de 1 000 morts par an
    1948 Conflit armé birmana Drapeau de la Birmanie Birmanie 150 0001 à 210 0002
    1964 Conflit armé colombien Drapeau de la Colombie Colombie Drapeau du Venezuela Venezuela 221 000+3,4
    1973 Révolte oromo Drapeau de l’Éthiopie Éthiopie 3 000 à 8 9005
    1978 Conflit en Afghanistan (en) Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan 1 450 000 à 2 084 4686,7,8,9
    1991 Guerre civile somalienne Drapeau de la Somalie Somalie Drapeau du Kenya Kenya 506 000+10
    1996 Insurrection de l’ADF (en) Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo Drapeau de l’Ouganda Ouganda 5 000+b
    1998 Conflits communautaires au Nigeria (en) Drapeau du Nigeria Nigeria 17 156+c
    1999 Conflit d’Ituri Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo 64 000+18
    2002 Insurrection au Maghreb (en)d Drapeau de l’Algérie Algérie Drapeau du Bénin Bénin Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso Drapeau de la Côte d’Ivoire Côte d’Ivoire Drapeau de la Libye Libye Drapeau du Mali Mali Drapeau du Niger Niger Drapeau du Tchad Tchad Drapeau du Togo Togo Drapeau de la Tunisie Tunisie 29 000+
    2003 Conflit irakien (en) Drapeau de l’Irak Irak 328 000 à 1 215 000+19,20e
    2003 Guerre du Darfour Drapeau du Soudan Soudan 301 000+21
    2004 Guerre du Kivu Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo Drapeau du Rwanda Rwanda Drapeau du Burundi Burundi 23 000+22
    2006 Guerre de la drogue au Mexique Drapeau du Mexique Mexique 62 00023f
    2009 Insurrection de Boko Haram Drapeau du Nigeria Nigeria Drapeau du Cameroun Cameroun Drapeau du Tchad Tchad Drapeau du Niger Niger 358 00025
    2011 Conflit de bandits nigérians (en) Drapeau du Nigeria Nigeria 12 000+26
    2011 Crise yéménite (en)g Drapeau du Yémen Yémen Drapeau de l’Arabie saoudite Arabie saoudite 377 00027
    2011 Guerre civile syrienne Drapeau de la Syrie Syrie 500 000 à 606 000+28
    2011 Violence ethnique au Sud-Soudan (en) Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud 386 000 à 400 000+29,30
    2012 Guerre du Mali Drapeau du Mali Mali 15 000+31,32
    2014 Guerre de la Russie en Ukraineh Drapeau de l’Ukraine Ukraine Drapeau de la Russie Russie 38 000 à 85 000+33
    2017 Insurrection djihadiste au Mozambique Drapeau du Mozambique Mozambique Drapeau de la Tanzanie Tanzanie 5 000+i
    2020 Guerre du Tigréj Drapeau de l’Éthiopie Éthiopie Drapeau de l’Érythrée Érythrée Drapeau du Soudan Soudan 300 000 à 500 00048,49,50

    Aimé par 1 personne

      • greta a pourtant raison.
        quand on croit voir du CO2 qui est invisible c’est qu’on a vu de la vapeur d’eau qui sort des cheminées d’usine ou des pots d’echappement de vehicules.
        C’est bien comme ça que l’agence france propagande illustre ses articles fallacieux
        C’est sans doute la plus forte raison d’un effet de serre potentiel avec des taux qui peuvent aller à 3% soit 70 fois plus que le fameux CO2.
        Mais d’apres jancovici qui suit le probleme de tres pres,on n’est pas trop capable de surveiller le cycle de l’eau et les nuages car « c’est trop compliqué »..donc on part de l’idee que c’est stable et n’a pas d’effet notable

        J’aime

  4. Par les chiffres bruts, on induit forcément une réaction implicite des gens (c’est beaucoup, il faut réagir). Même si effectivement on sait bien que les tremblements de terre et tsunamis sont très meurtriers.

    Maintenant, si on prend un peu de recul, et qu’on remet en perspective par rapport à la population sans cesse grandissante, et qui s’étend de plus en plus sur les territoires, 2004 n’est de loin pas le plus meurtrier (une erreur de chiffres entre Haiti et l’Océan Indien d’après ourworldindata).
    https://ourworldindata.org/the-worlds-deadliest-earthquakes

    De plus, en ciblant sur ces 20 dernières années, ça contribue à la manipulation qui consiste à dire que les catastrophes augmentent en nombre et en intensité, ce qui est faux.
    https://ourworldindata.org/natural-disasters

    Mais ça contribue à la peur.
    Comme cette manie de manipuler des grands nombres 950000 morts excusez du peu. Il faut manipuler des grands nombres, ça augmente l’anxiété.

    De plus, c’est peanuts par rapport au reste
    https://ourworldindata.org/causes-of-death

    Et je ne comprends pas le classement. On parle de continents ou de pays? C’est trop facile de cumuler quand ça arrange.

    J’aime

    • @Anrde Oui, j’avais soulevé le biais de l’échelle temporelle dans la Q3 car les méga-catastrophes étaient bien plus nombreuses au XXème siècle avec parfois des millions de morts par événements, comme pour certaines sécheresses et famines. Donc, ce choix d’échelle de temps sur 20 ans permet de cacher la baisse des méga-catastrophes sur la période contemporaine et même plus globalement de la mortalité globale aux CatNat et cette mortalité continue de baisser au XXième siècle. On le voit d’ailleurs même sur ce graphique car toutes les méga-catastrophes qu’il montre au lieu avant 2010 alors que le graphique court jusqu’en 2019.
      Ici, vous parlez d’un autre changement d’échelle, spatiale cette fois. C’est vrai que le choix de l’échelle spatiale permet tous les alarmismes. Par exemple, si vous prenez les sécheresses à l’échelle de la planète, il n’y en a pas plus qu’avant mais si vous voulez dire que le réchauffement climatique se traduit par plus de sécheresses, il suffit de prendre le cas de la France qui en connaît davantage.
      Par contre, je suis d’accord avec le CRED pour regrouper les pays si nécessaires quand ils sont touchés par le même événement car les aléas ne connaissent pas de frontières (les politiques de prévention et de gestion d’urgence si).

      J’aime

    • on avait dejà pu voir l’effet de la fonte des glaces du groenland annoncé à 300 milliards de tonnes par an et evaluée en contenu de millions de piscines olympiques pour bien marquer les esprits.
      Sauf que le groenland c’est deux à trois millions de milliards de tonnes de glace..
      Ce qui necessiterait à ce rythme environ 10 000 ans pour tout fondre ..

      J’aime

    • oui avec la repression actuelle il est difficile de gerer des commentaires qui tombent de plus en plus sous le coup de la loi…et ça n’ira pas en s’ameliorant avec la nouvelle loi avia ..
      Il n’est plus possible de discuter autrement qu’en privé lorsque l’on traite de sujets sensibles liés à la propagande systeme…et la liste est de plus en plus longue

      J’aime

  5. Bonjour, le froid tuant 17 fois plus que le chaud, il faudrait rajouter une barre pour le froid qui logiquement devrait contrebalancer au minimum 17fois les 2 barres pour le chaud.
    Soit quelque chose comme (72210+55736)x17 soit 2 175 082
    Mais c’est peut-être pas trop à la mode de dire qu’on meurt plus de froid que de chaud. Et en plus c’est pas d’un coup. Donc ils s’en foutent doublement..
    https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(14)62114-0/fulltext
    Amitiés Dominique

    Aimé par 1 personne

  6. bon allez entre 5 à 7 milliards d’habitants et un taux de renouvellement au mieux de 1% ça donne environ 50 millions de morts par an donc 1 milliard en 20 ans…
    Ca ne fait que 1/1000 qui est victime de ces evenements marginaux…Le reste est majoritairement tué par une maladie qu’on attrape en naissant…la VIE

    J’aime

  7. Sinon pour le titre du billet c’est plutôt « Catastrophes en chiffres » que « Désastres en chiffres ». Et perso je mettrai « Catastrophes naturelles en chiffres ».
    Ou même carrément « Les 10 catastrophes naturelles les plus meurtrières de 2000 à 2019 » pour reprendre le titre du tableau.
    Amitiés Dominique

    J’aime

    • @dominiquecrestey Justement on est bien sur une notion de désastre et non simplement de catastrophe car les morts se comptent en dizaines de milliers. Il est d’ailleurs indiqué qu’un méga désastre compte plus de 100 000 décès. Donc, quand les médias parlent de méga-feux, ce n’est pas par rapport à des notions de sauvegarde de la vie humaine, ni généralement en termes opérationnels pour les sapeurs-pompiers d’ailleurs.
      Oui, il s’agit en fait de désastres naturels, les catastrophes technologiques ne faisant jamais plus de 10 000 morts. Le fait également que les morts liés aux épidémies ne soient pas comptabilisés appuie également cette idée d’approche « Catastrophes naturelles » de la notion de désastres.
      Ainsi, c’est une erreur dans le tweet et le titre du graphique. Il s’agit en fait des catastrophes naturelles les plus mortelles du début du siècle. donc « Natural disasters » et non simplement « Disasters ».

      J’aime

      • Euh non, la notion de désastre, en français, n’a pas à voir avec un nombre de morts. L’incendie de notre dame est un désastre sans mort. C’est un faux ami en anglais. « Natural Disaster » se traduit par « catastrophe naturelle ». Les catastrophes naturelles peuvent ne pas faire de mort. Si elles en font, on parle simplement de « catastrophes naturelles meurtrières », ce que tout le monde comprend, et non de « désastre » ou « méga-désastre », ce que personne ne comprendrait. Amitiés Dominique

        J’aime

      • @dominiquecrestey Le premier sens de désastre est liée à une catastrophe funeste. Ensuite, au sens figuré, il y a bien un sens de désastre sans mortalité, un peu comme la discussion désastreuse que nous tenons ici.
        Retour donc aux fondamentaux :
        https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/d%C3%A9sastre/24249
        Mais sur le fond, il est vrai qu’en Français, on traduit « disaster risk reduction » par réduction des risques de catastrophes. Mais sur ce graphique, on en est quand même sur des catastrophes hors-normes, de vrais désastres .

        J’aime

  8. Concernant les vagues de chaud, c’est comme pour le covid, ça touche bien plus les vieux: On ne devrait pas parler de nombre de vie en moins, mais de nombre d’années de vies en moins. C’est politiquement très incorrect de dire que quand Giscard meurt à 94 ans du covid, ça compte pas comme un gamin qui meurt de la malaria par exemple. S’il restait 2 ans à vivre à Giscard, il en restait 70 au gamin (par exemple), donc ça compte 35 fois plus.

    J’aime

  9. La malaria a tué environ 627000 personnes en 2020. Extrapolé à 20 ans, ça fait 12 millions de personnes. Ça équivaut aussi à pas mal de tsunamis ! Les catastrophes naturelles paraissent bien peu de choses à coté, sinon quelques images spectaculaires qui permettent aux journaleux de faire choux gras.

    J’aime

  10. En 2017, environ 70 000 Américains sont morts d’overdoses de drogues. Ce fléau a contribué à faire passer l’espérance de vie américaine sous celle de Cuba (ces morts surviennent assez jeune)… Cumulé sur 20ans, ça fait pas mal de tsunamis aussi.

    J’aime

  11. Ces exemples de fléaux ne sont pas des catastrophes naturelles, donc peuvent paraître hors sujet. Ils le sont toutefois car ils constituent des éléments de comparaison de ce sur quoi il est mis l’accent en terme de prévention: c’est toujours le spectaculaire et l’émotion (du style du gentil ours polaire qui dérive sur son glaçon), plutôt que le rationnel qui voudrait qu’on compte les morts (ou plutôt le nombre d’années de vie en moins) pour décider des actions les plus opportunes, indépendamment de l’aspect scoop médiatique. Un gamin qui meurt du palu est juste allongé avec de la fièvre. Ça se vend mal à BFM ou LCI, car tout le monde s’en fout. Par contre les images spectaculaires et catastrophiques d’un tsunami, ça se vend très bien.
    En résumé, les chiffres des catastrophes naturelles anticipables ou non, sont toujours à mettre en comparaison des fléaux mondiaux finalement bien plus mortels qu’on saurait éradiquer assez facilement.
    Amitiés Dominique.

    Aimé par 2 personnes

    • Tout à fait. C’est exactement pour cela que je pense que c’est une erreur du titre d’avoir marqué « Disaster » (seulement) au lieu de « Natural Disaster », notamment à cause des épidémies qui peuvent causer des désastres dans les territoires.
      Et sur le rapport aux médias, les incendies de forêt par exemple, qui ne font que très peu de décès en fait, sont largement couverts contrairement à d’autres causes de mortalité qui ravagent les populations. Il faut du sensationnel, de la catastrophe, de l’image effrayante et donc de l’alarmisme pour faire du fric au niveau médiatique. On peut le pardonner aux médias qui ne sont que des entreprises ou des relais des politiques publiques, on le pardonnera moins à des scientifiques, notamment ceux du GIEC qui veulent tirer tous les financements mondiaux vers leur seule cause climatique.
      Amitiés
      PS : Tes commentaires ne sont pas hors sujet, c’est la Q5 et la Q6.

      Aimé par 1 personne

      • Le business autour de l’émotion de masse est un problème de démocratie. Il entraîne presque toujours les décideurs vers le contraire de l’intérêt collectif. C’est un fléau à lui tout seul. Je ne sais s’il y a une solution pour réduire les effets de cette calamité des temps modernes, exacerbée par les réseaux sociaux.

        Aimé par 2 personnes

  12. COucou,

    Moi, les stastistiques j’y crois quand je les ai moi même falsifiées !

    Entre le climat et le covid, les « sachants » devraient fermer leur G et chercher.

    Allez, vous reprendrez bien une petite dose de méta analyse, docteur ? çà coute pas cher et çà peut rapporter gros, en notoriété et en pepettes …

    Bonne journée a tous les flambeurs.

    Stéphane

    J’aime

  13. Si on veux gérer rationnellement la prévention, en théorie, il faut introduire la notion de prix de la vie humaine. Pour la prévention routière par exemple, pour savoir s’il vaut mieux mettre un rond point là ou un feu ici, on le calcule en analysant les statistiques des morts sur tel ou tel carrefour. Sur tel carrefour 4 morts par an. En France la vie humaine est estimée à 3millions d’euros https://www.liberation.fr/france/2016/09/02/pourquoi-une-vie-vaut-3-millions-d-euros-en-france_1476348/. Donc le carrefour « pèse » 12 millions d’euros par ans. Les investissements pour arranger le carrefour seront fait ou non en fonction de ce chiffre de 12 millions d’euros par an. C’est sinistre (c’est le cas de la dire), mais on est obligé de raisonner de cette façon, les crédits n’étant pas infinis.
    Dans un monde bien fait, on devrait faire pareil pour savoir, à budget donné, et forcément limité, s’il est préférable de lutter contre telle ou telle calamité.

    J’aime

    • Le problème est que si on part sur une approche purement comptable du coût d’une vie humaine, il va y avoir des vies humaines qui vont valoir plus que d’autres alors que l’égalité des droits, notamment aux secours en cas d’urgence ou en terme de prévention des risques naturels, implique le contraire (en démocratie du moins ou tout simplement dans un système humaniste).
      Ainsi, la disparition des vies d’un ingénieur aux compétences très utiles ou d’un chef d’entreprise faisant prospérer un bassin d’emploi devrait-elle être préservées en priorité devant celles d’un vieillard, d’un bébé ou d’un SDF qui ne produisent pas et dont les valeurs ajoutées pour la société sont moindres, voir nulles ? Sincèrement, je ne le crois pas, même si c’est économiquement justifié et déjà tangible dans les territoires (les personnes vulnérables aux catastrophes naturelles sont souvent les plus pauvres, celles qui bénéficient le moins d’aménagements, de prévention et de secours de la collectivité et qui ne peuvent se payer des assurances pour tout).
      Après, si le coût d’une vie humaine est moyenné sur un pays, sans tenir compte de ces différences, pourquoi pas mais à prendre l’habitude d’en donner un coût risque de nous faire glisser vers l’écueil dont je parle et qui est déjà tangible dans les territoires. Donc oui, pourquoi pas, s’il y a un système de péréquation national pour sauver une vie humaine, un peu comme le système de solidarité nationale dans l’indemnisation face aux CatNat en France (ce qui va faire bondir les plus libéraux des lecteurs de ce blog mais je m’en moque) ou celui du SAMU et Sapeurs Pompiers.
      Après cette question du coût de la vie humaine, il vient naturellement celle du coût des dommages, qui, dans l’absolu, augmente dans le temps avec les niveaux de richesse de la population mondiale qui augmentent eux aussi mais quand ces coûts de dommages sont normalisés (part des dommages liés aux CatNat dans le PIB entre deux époques différentes), on observe qu’il n’y a pas d’augmentation du poids des pertes liées catastrophes naturelles dans le PIB au niveau mondial sur ces dernières décennies, ce qui est là aussi une bonne nouvelle face à l’alarmisme ambiant (tout comme celle de la baisse absolue de la mortalité mondiale aux CatNat).
      Sur la période contemporaine, baisse absolue de la mortalité liée CatNat météo, baisse des coûts des dommages normalisés liés aux CatNat météo, ces deux seuls indicateurs devraient pourtant nous indiquer qu’il n’y a pas d’urgence climatique mondiale en cours, enfin, dans un monde sain d’esprit.

      J’aime

      • Bonjour Cédric, je pense que tu n’as pas saisi le sens du « prix de la vie humaine » qui est un concept réellement utilisée par les pouvoirs publics. Il est au contraire tout ce qu’il y a de plus égalitaire et démocratique. Un SDF a le même prix qu’un ingénieur. Le prix n’est pas calculé en fonction de la contribution de la personne à l’intérêt général, pas du tout. Le prix est le même quelque soit la personne. Il sert uniquement à déterminer à partir de quand on fait un investissement ici plutôt que là. Ça permet de prendre des décisions, non pas en fonction de la « qualité » des personnes mortes », mais en fonction d’une part du coût de l’investissement à faire pour éviter des morts, et d’autre part du nombre de morts quels qu’ils soient (SDF, ingénieur, ou ma belle-mère). Cette vision comptable est en effet froide et terrifiante car on ne va pas du coup changer tel carrefour parce qu’il n’y a « que » 2 morts par an en moyenne, et que ça coûterait tant. On va faire cette économie pour concentrer les efforts là où c’est plus opportun. Alors si c’est ton gamin qui est mort à ce carrefour, évidemment tu trouveras le système inhumain. Mais si c’est toi qui gères le budget de tous les travaux à faire pour sécuriser au maximum l’infrastructure routière française, alors tu seras obligé d’en passer par là pour simplement pour optimiser ton budget limité (non infini). Amitiés Dominique

        J’aime

      • J’ai compris, ça va. Dans ce système, il est moyenné le coût d’une vie humaine (ce à quoi j’ai dit que je m’opposais pas puisqu’il est moyenné) je soulignais juste le risque de dérive à mettre systématiquement un coût sur une vie humaine car malheureusement, au niveau mondial, c’est bien le coût de cette vie humaine qui est déterminant. Le niveau de richesse des personnes détermine souvent celui qui va survivre face aux catastrophes naturelles et celui qui va mourir (achats fonciers dans les zones les moins vulnérables, dispositions constructives sûres, accès aux systèmes de soins et d’assurance et facilités d’autonomie et d’évacuations pendant les catastrophes).

        J’aurais préféré que tu réagisses à mes deux arguments principaux qui prouvent qu’il n’y a pas péril climatique en cours mais bon, il est mieux de venir faire la leçon à un pro du domaine de 25 ans, c’est gratifiant, je te le concède. Après, vous pouvez continuer chez les CR à souffler dans le pipeau du CO2, gaz de la vie, comme argument principal de l’absence d’urgence climatique, faut voir où cela nous a mené. Moi je vous donne deux arguments majeurs, sur la dynamique de robustesse ou d’hyper-résilience des sociétés contemporaines, imparables, mais qui ne sont que très peu repris dans l’asso.

        Alors, vous savez quoi, j’ai perdu la plupart de mes contacts pro dans les risques majeurs à vous soutenir sans que cela n’avance la cause d’un pouce. Je me suis fait salir publiquement, traiter de gros con par Bréon, de meurtrier par Wagner sans compter les insultes de leurs meutes.

        Alors, ne changez pas d’approche surtout, prenez de haut vos membres avec vos stratégies verticales de com mais maintenant, je vais penser un peu à moi et arrêter de m’investir dans l’asso. J’ai fait plein d’innovations dans les risques majeurs comme peu peuvent s’en vanter en France, qui sont toujours utilisées dans les écoles en France, dans les centres opérationnels des préfectures ou des Etats de part le monde, sans compter d’autres choses plus conventionnelles. Cela n’est pas du blablabla comme ici mais du concret, qui laisse des traces positives. Mais je n’ai plus envie maintenant d’innover sur les catastrophes tant ce dogmatisme autour du climat tue toute initiative non conventionnelle dans l’œuf et les CR ont bien entendu leur énorme part de responsabilité dans cet échec du retour à la raison sur le sujet du climat, notamment en continuant à développer les vieilles antiennes dont on voit où elles nous ont menés.

        L’Occident n’a donc plus qu’à sombrer dans la débilité climatique comme on le voit sur la question énergétique actuelle, je ne l’y aurais pas aidé. Comme elle n’a pas su éviter les idéologies scientistes du XXème siècle, elle n’aura pas échappé à cette idéologie là non plus. Pour ma part, ma vie est ailleurs maintenant, bien moins stressante qu’à continuer à mener ce combat là dont ici, en Afrique, tout le monde se fout en fait, sauf quelques uns pour pomper quelques financements occidentaux. Eh oui, on y profite bien mieux de la vie et on évite de se faire peur. Si l’alarmisme climatique est une prison mentale pour ceux qui y croient, les climato-réalistes sont prisonniers de leur combat, qui leur vaut humiliations, diffamations, insultes et finalement discriminations. Avouez que cette situation n’est pas très enviable non plus.

        Alors ciao.

        J’aime

  14. Oulàlà il est fâché le Cédric! 😀 C’est triste, c’était le dernier vrai scientifique de ce forum. On sent quand même que ce manque de reconnaissance est la conséquence d’un caractère de cochon… Allez, cécé, reviens!

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s