Le scientisme : nouvelle discrimination de classe

par Cédric Moro.

Les résultats des sciences climatologiques, et plus globalement des sciences écologiques, sont de nos jours les principales raisons évoquées pour un changement de modèle industriel et sociétal en Europe. Que ce soit la science qui dicte ainsi les aspirations d’une société s’appelle un scientisme. Mais pourquoi nos sociétés sont-elles de nos jours gouvernées via le scientisme ? Pour le comprendre, replaçons-nous dans une dynamique historique et sociale contemporaine.

Jusqu’au milieu du XXème siècle, les sociétés européennes avaient pour objectif principal d’alphabétiser la totalité de leur population. Ainsi, les nations européennes aboutirent en fin de cycle à être constituées de citoyens au niveau scolaire relativement homogène, sachant globalement écrire et compter, créant une forme de grand socle égalitaire dans la connaissance, le travail et la vie en société. Si Marx avait étudié les rapports de classes entre la force de travail de la majorité et la possession du capital par une minorité, les années 1970 voient apparaître un troisième facteur dans le rapport de forces entre classes, celui du niveau éducatif.

A partir milieu du XXème siècle, venant des Etats-Unis, une stratification éducative de la population s’est mise progressivement en place aboutissant de nos jours à un 1/3 de la population ayant fait des études supérieures et aspirant à des postes à responsabilité et à une meilleure rémunération, du fait de leur savoir théorique. C’est donc naturellement que cette classe de diplômés du supérieur, massive et donc qui pèse dans la population, défend maintenant une gestion scientiste de la société, car c’est son acquisition de savoirs en sciences qui légitime sa position sociale. Dans ce cadre, les chercheurs, ceux qui auraient atteint le niveau de savoir le plus élevé, deviennent alors la référence politique (et non plus les groupes politiques et sociaux qui ont les meilleures qualités humaines, la meilleure vision de la société).

Mais, à y regarder de plus près, cette classe des diplômés du supérieur est en lutte contre celle ayant un diplôme moins élevé, afin de garder son rang social. Le scientisme n’est qu’un prétexte pour continuer à asseoir sa domination relative par le savoir (la possession de capital restant pourtant le premier facteur d’inégalité). La classe ouvrière l’a bien compris et n’hésite pas elle aussi à classer péjorativement les diplômés scientistes à part (les « bobos », les « technocrates », les « sachants ») et à refuser de voter comme elle, voir pour elle (puisque c’est cette classe de diplômés du supérieur qui se présente la plupart du temps, dans presque tous les partis).

Comme cette classe « cadre » estime que les classes inférieures en diplôme ne sont pas aptes à comprendre les tenants scientifiques de leur vision de la société, elles usent et abusent de la peur pour les influencer, ce qui se traduit au niveau du pouvoir qu’elle détient (dans les assemblées nationales et locales, organisations d’état ou d’entreprises), par une vision coercitive de l’action politique : état d’urgence permanent, affaissement d’une gestion réellement démocratique de la société, accusations condescendantes de complotisme, de fact-checking… Mais cette classe des « sachants » se leurre sur les qualités du système éducatif qui légitiment son pouvoir ainsi que sur le niveau d’intelligence de la classe ouvrière, qui n’est pas si éloigné de son niveau à elle.

En effet, même si on veut encore croire à la méritocratie dans notre système éducatif actuel, il faut bien reconnaître que celui-ci perpétue maintenant de plus en plus les inégalités; ce qui laisse l’intelligence (la vraie, pas celle du diplôme financé par papa et maman), s’accumuler à la base de la population et une certaine forme de médiocrité remonter en haut du pouvoir. Ainsi, l’ouvrier et la caissière du super-marché se moquent maintenant aisément des positions scientistes et déconnectées des élites dans les médias (positions variables sur le port du masque, éoliennes ayant besoin de gaz naturel pour palier leur intermittance et qui émettent donc indirectement du CO2…). Les exemples sont devenus légions tant le scientisme de classe, déconnecté du réel, a envahit la vie politique quotidienne.

Ainsi, on peut dire que le scientisme de la classe des diplômés du supérieur envers les moins diplômés équivaut à la xénophobie de la classe ouvrière envers les nouveaux venus dans la nation, les immigrés. Ce scientisme est utilisé pour justifier un écart important de revenus et de pouvoirs entre classes, qui n’est pourtant que peu lié au niveau réel d’intelligence et de savoirs, encore moins aux qualités humaines d’un individu en société.

En ce sens, parce qu’il a vocation à légitimer de trop grandes inégalités socio-économiques, à détruire notre unité et notre démocratie, ce scientisme de classe doit être combattu au même titre que le racisme. On peut même l’imager, sans trop se tromper, par le fait que le scientisme de certaines classes moyennes est une forme de « racisme social » envers les classes populaires.

28 réflexions au sujet de « Le scientisme : nouvelle discrimination de classe »

  1. Je ne sais pas ce que sont les « sciences climatologiques » pas plus que « globalement les sciences écologiques », ou leurs prétendus « résultats », sinon que ce verbiage sert à nous faire avaler n’importe quoi, toutes les inepties, y compris peut être une nouvelle ( ?) discrimination de classe

    C Beaumont

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  2. Je ne pense pas qu’il faille opposer d’une part le milieu scientifique (qui auraient une vision matérialiste dénuée d’âme) et d’autre part les « groupes politiques » (qui auraient une vision humaine et juste de la société). Les deux sont nécessaires à la prise de décision publique.

    Néanmoins, notre système politique n’est peut-être pas adapté pour permettre une véritable discussion entre ces deux mondes. Mais des alternatives prometteuses comme l’usage du tirage au sort en politique permettraient de mieux concilier ces effets. Les premières expériences de ce type ont d’ailleurs eu lieu précisément sur les questions d’éthique que les scientifiques ne parvenaient pas à traiter seuls (conférence de consensus au Danemark notamment), et pour lesquels ils ont sollicité des citoyens tirés au sort.

    Les scientifiques ne doivent pas faire de politique, mais leurs travaux sont indispensables pour éclairer le choix public.

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    • Je n’oppose pas les scientifiques aux politiques mais les scientistes aux politiques, ce qui est assez différent. D’ailleurs, les scientifiques ne sont pas tous scientistes loin de là mais les scientifiques écolos ont beaucoup de positions politiques et c’est lié à l’objet d’étude même de l’écologie qui est en fait socio-écologique.
      Je reconnais aussi que les sciences sont parfois nécessaires pour avoir quelques points durs, des horizons de prévisibilité dans la prise de décision.
      J’accuse simplement beaucoup des diplômés de supérieur de tomber dans un travers scientiste, de classe, loin d’être démocratique et de faire naître un projet commun de société.

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  3. La situation est d’autant plus préoccupante que ce scientisme est basé en grande partie sur de la science canada-dry, de la pseudo-science (climat notamment) et est venu renforcer l’idéologie écologiste.
    Il est vrai que ce sont les urbains diplômés qui imposent ainsi aux ruraux (ou citadins de villes moyennes en cours de paupérisation) moins diplômés leur idéologie de décroissance mais ils vont aussi en subir les conséquences, parce-que c’est l’économie toute entière qui va être impactée. Il n’y a que le haut de l’échelle sociale (ultra-riches, cadres supérieurs, dirigeants politiques) qui ne souffrira pas.
    Bel exemple d’absurdité auquel cela nous amène:
    https://www.lefigaro.fr/sciences/pollution-de-l-air-le-conseil-d-etat-condamne-l-etat-a-payer-10-millions-d-euros-20210804
    Ne manquez pas la vidéo au sujet des allergies, de la pollution et du réchauffement climatique. C’est hallucinant, il n’y a rien de scientifique là-dedans. Et c’est une agence sanitaire officielle qui balance ça. 😦

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    • Exactement, basé sur de la « Science Canada Dry » car, on a beau avoir fait des études supérieures, tout le monde n’est pas chercheur en physique atmosphérique, en psychosociologie ou je ne sais quoi d’autre. Il faut donc en passer par cette science bas de gamme.

      D’ailleurs, nos bobos aiment bien se targuer de l’étiquette du vulgarisateur hors-pair, de l’éclaireur des enjeux scientifiques… Cela me fait rire à chaque fois.

      Enfin, quand on est face aux conclusions d’un chercheur qui a fait 8 années d’études et 20 ans de recherches dans un domaine très pointu, on peut dire que le diplômé du supérieur lambda a à peu près le même niveau de compétence sur le sujet que l’ouvrier CAP.

      Cette science Canada-Dry sert juste de référence sociale à nos diplômés du supérieur, de liant social, ce qui peut aboutir aux pires dérives, comme par exemple (soyons fou) un changement sociétal et industriel.

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  4. Bravo pour cette analyse sociologique M. Moro.
    Cependant je ne suis pas certain que le scientisme au sens ou vous le décrivez soit une nouveauté sociale historique.
    Il s’agit d’une argumentation pseudo-scientifique comme outil de prise de pouvoir alors qu’on aurait utilisé la religion ou le message nationaliste à d’autres époques.
    Par contre il semble évident qu’un projet de société se met en place à partir de ce discours.

    Ce mélange de pseudo-science et de politique est particulièrement toxique pour nos démocraties. Les média ne jouent plus leur rôle, les institutions de contre-pouvoir comme le Conseil Constitutionnel et le Sénat non plus ou pas suffisamment. Pour ne rien arranger, l’offre politique est indigente et de moins en moins pluraliste…

    Vilain temps pour Voltaire et ses Lumières.

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    • Le scientisme n’est pas une nouveauté mais le scientisme de classe, aussi massif, est récent car, comme je l’ai expliqué, il est majoritairement porté par la classe des diplômés du supérieur, qui compte maintenant 1/3 de la population, alors qu’avant, il n’était utilisé que par une petite élite politique, administrative et scientifique, très minoritaire démocratiquement.

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    • Mais ce scientisme de classe n’est pas évident à voir pour les lecteurs du blog de Benoît, qui sont en majorité, je pense, des diplômés du supérieur. Mais le désintérêt des classes populaires pour les sujets scientistes, voir les contre-attaques et les rejets qu’elles expriment, nous montre bien qu’il existe sous forme de classe. Nous devons bien avouer que la démocratie et le bonheur en société ne se résument pas à appliquer les résultats des recherches scientifiques ; d’autant plus que ces résultats ne sont pas immuables et que le politique peut piocher dans les études qui l’arrangent.

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  5. Bof, encore une énième tentative de regarder la société contemporaine au travers des vieilles lunettes marxiste de la lutte des classe, de l’opposition entre dominés et dominant. Comme si tout s’expliquait ainsi. Trop simple pour tenir debout.

    La supériorité humaine par le savoir et d’éducation ? mais ce n’est rien d’autre que l’humanisme a ses débuts :

    « Profecto verissimum est, hominem nec philosophia nec ullis disciplinis instructum animal esse brutis aliquanto deterius erasme traduction »
    « non hominis, sed patrem monstri appellari. »
    « Aucun ourson n’est aussi informe que ne l’est à sa naissance l’esprit de l’homme.  »
    (Erasme)

    Attendre 1970 pour voir emerger une vision scientiste, la blague ? et Galton avec l’eugénisme social, la paille ? Ou encore 1760, Bernouilli et ses calculs en faveur de l’inoculation de la variole, opposé a d’Alembert ? (première occurrence du phénomène statistique avec une volonté de contrôle social).

    La vérité est bien moins simple qu’un simple rapport manichéen marxiste qui ne satisfait que les assoiffé de justice a courte vue en quête de biais de confirmation. Il y a bien un rapport entre savoir et pouvoir, personne ne le niera, mais c’est bien trop simpliste pour expliquer l’état actuel. C’est tout une série complexe d’enchainements, une évolution lente des sociétés, des philosophies, des métaphysique, et même de la théologie qui a placé la science la ou elle est, comme seule clef de l’avenir humain et de son bonheur. Une croyance inoxydable dans le progrès technique, le lendemain, meilleur qu’hier. C’est aussi une vision historique du sens de l’histoire, linéaire et sois disant inarrêtable. L’esprit petit bourgeois et la peur du déclassement dans un contexte d’hyper mondialisation n’est que l’expression d’un opportunisme secondaire. La fracture de la société n’est pas simplement du fait du cycle universitaire, Christophe Guilluy a deja bien traité le sujet.

    Le tout scientifique, le tout mathématique, le tout statistique est aussi le fait de nos sociétés de plus en plus complexe, une nécessité pour contrôler et structurer les grands ensemble de populations qui s’accroissent avec la digitalisation et la mondialisation effrénée (les vitesses inhumaine de Sloterdijk). A l’image de la gestion des feux de circulation dans une mégalopole la ou a un carrefour de village, une simple priorité suffisait.

    M Moro, votre vision myope ne fait qu’opposer les un aux autres en crispant les positions et en oubliant que tous sont dans le même bateaux. Vous créez un ennemi, les « racistes sociaux scientistes » sans véritable argumentaire valable. A ce titre vous vous placez dans la droite ligne du wokisme et de la cancel culture, cette morale contemporaine de la victimisation, en vous plaçant en victime. C’est dangereux, la fin ne justifie pas les moyens.

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    • Vous n’êtes pas obligé d’être condescendant. C’est malheureux cette faculté de prendre les gens de haut. Regardez-vous, dans d’autres lieux et d’autres circonstances, pour votre condescendance, vous prendriez une claque par le boucher du coin ou l’agriculteur pour manque de respect et de politesse élémentaire.
      En plus, vous n’avez même pas compris le fond de mon article, à savoir que le scientisme n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est qu’il soit porté par une grande partie de la population (en gros dans celle qui compose le 1/3 de la population, les diplômés du supérieur). Il y a un effet de masse, qui pèse donc d’une nouvelle manière sur les choix démocratiques. Et ce scientisme n’est pas démocratique puisque c’est la science (et non le peuple) qui dicterait les aspirations d’une société.
      Je ne me place pas non plus en victime. Je suis issu de cette classe des diplômes du supérieur et je profite largement de ses privilèges même si je trouve que ses privilèges ne se justifient pas.
      Je ne créé par l’énnemi, il existe mais vous ne le voyez pas. Demandez aux marins de Saint-Brieuc qui ont traité la DIREN et la préfecture de « bobos » en pleine réunion publique sur le parc éolien en mer. C’est trop facile pour la classe des diplômés du supérieur d’aller pointer les travers des classes populaires et de ne pas voir les siens. Je le rappelle, ça fait mal.

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      • Tant que vous n’interrogerez pas votre héritage moral vous échouerez a faire les bons diagnostiques.

        Vous posez des étiquettes infamante sur une large population. Vous généralisez, Vous pratiquez l’amalgame, vous accusez tranquillement 1/3 de la population de xenophobie sociale, de racisme social sans autre forme de procès avec comme argument une petite et vulgaire petite expérience personnelle. L’ennemi existe dite vous. Cela est bien commode et d’ailleurs il est inutile de le démontrer. Ceux qui ne le voit refuse simplement d’ouvrir les yeux (ça ne vous rappel rien ? ). Ce n’est rien d’autre qu’un langage performatif, ce sont les mêmes procédés qui vous sont appliqués. Que vous les repreniez dans une forme de mimétisme n’est pas surprenant au bout du compte.

        Quand on sait la violence atavique qu’engendre l’étiquetage « raciste », et toutes les outrance qu’il permet, on ne peut qu’être inquiet de lire ce genre d’accusation ici dans une question scientifique, vous perdez les pédales. Vous l’avez facile a la bouche, puisque que c’est ce dont vous m’aviez accusé (sans fondement la encore) lors de nos premiers échange, croyant bêtement discerner chez moi un vague discours et de vague relent qui vous déplaisait. Atavique disais-je. C’est un peu une manie chez vous par ailleurs : ce qui vous déplaît est un ennemie infâme, a abattre. cela évite les argumentations. Deux pièces, une seule pièce. Vous vous laissez prendre aux pièges de la déshumanisation de l’adversaire. Chacun sait qu’on ne discute pas avec un raciste, on le punis. C’est par ailleurs la menace a peine voilée de violence physique qui ouvre votre réponse (soit dis en passant, vous ne m’avez pas bien cerné, vous confondez honneur et dignité, snowflake). Et c’est logique, la violence physique justifiée fait partie de l’adn de la morale qui vous guide : elle accouche de l’histoire. Voila la conclusion logique de la grille de lecture que vous nous proposez, que vous en ayez conscience ou pas importe peu. Inutile de ce cacher derrière un « isme » qu’il faudrait combattre puisque vous reconnaissez que le problème selon vous sont ceux qui le porte, leur nombre, ils seraient 1/3 de la population. C’est totalement grotesque. Vite une ONG.

        Bref vous prenez 1/3 de la population de haut sans réelle démonstration et vous prenez la posture de la victime (wokisme) Et vous pronez le dialogue après cela ? Bonne chance. C’est l’hôpital qui se fou de la charité. Quand on s’étale sans prudence on s’expose nécessairement aux critiques.

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      • C’est un article de quelques lignes dans un blog, pas un rapport scientifique où tout est sourcé. Et même si il était sourcé sur la forme, cela ne vous aurait pas empêcher de m’attaquer alors arrêtez votre rhétorique svp. Il y a des idées et des arguments que tout le monde peut comprendre sans avoir une démarche purement scientifique. C’est dingue que vous m’attaquiez sur cet article sur ma démarche scientifique alors même que je dénonce les travers scentistes…

        Pour le 1/3, avez-vous vu les profils des votants pour les candidats scientistes type écolos : urbains, diplômés du supérieur… D’ailleurs, Hug en parlait un peu plus haut dans les commentaires. Si vous en doutez, il y a plein d’études sur ce type de profils, que vous n’aurez aucun mal à trouver.

        Ensuite, je n’ai jamais dit que toute la classe des diplômés du supérieur était scientiste, on peut trouver plein d’exceptions mais c’est dans cette classe (si vous préférez dans cette catégorie) que les scientistes tirent la plupart de leurs effectifs (sans parler de ses cadres) et j’ai essayé de montrer pourquoi. Il y a bien entendu des milieux populaires qui attribuent des qualités aux scientistes car ils souhaitent mouler leurs enfants dans l’idéologie qui leur permettra d’aboutir à un meilleur rang social. Mais pour venir moi-même des milieux populaires, je peux vous dire que c’est vraiment à contre courant de ce qui se dit et se fait maintenant. Je suis allé jusqu’au master alors qu’on me disait largement autour de moi d’arrêter bien avant. Si je n’avais pas eu quelques piètres bourses au mérite, cela n’aurait d’ailleurs jamais été possible, contrairement à des milliers de PHD financés par papa et maman. Alors, que ces derniers viennent nous expliquer qu’il faut sauver la planète, que la science a parlé, qu’elle est pure et vraie et que nous n’avons qu’à nous plier devant elle, ça va…

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      • 1/2
        Je ne suis pas en complet désaccord, attention. Je ne nie pas le moins du monde qu’il existerais une « caste », un groupe social (les catégories ici sont problématique car non neutre) qui se voudrait surplombant et qui s’arrogerait la prérogative de guider la population malgré elle et pour son bien, fort de son « savoir scientifique ». Ca date de mathusalem (Agrotech, Ens, petite et grande Mine, Ecoles Polytechniques, Ena, justice, médecine, architecture…). Il faut voir les profils, pour pas mal d’entre eux ce sentiment de supériorité est justifié, et donc trompeur. Ils ne pensent pas nécessairement bien, ni juste, mais plus vite et plus « fort ». L’ego joue de vilain tour ici.

        La ou je conteste votre démarche c’est que vous pratiquez l’amalgame grossier; ce n’est pas parce que ce n’est qu’un petit article, un essai sociologique, que cela vous exonère. Les accusations que vous portez sont assez gravissime pour que l’on en attendent un peu plus. Imaginez justement si vous étiez a la tête d’un mouvement fédérant 10 millions de personnes et que vos propos trouvent echos chez les 2/3. Imaginez la force de frappe de vos propos, et leur conséquences dévastatrices. Vous allez trouver que j’exagère mais je pense a la chasse khmer aux intellectuels. Je vous rappel que le scientisme selon vous n’est qu’un prétexte pour assoir une domination : la justification de toutes les révolutions. Opprimeur opprimé, dominant dominé.

        C’est tout le problème : la boussole marxiste est une machine a fabriquer des victimes, donc des conflits, puisque tout se résume a des dominant et des dominé et à la nécessiter de se libérer. Ouvrier vs patron, riche vs pauvres, Intellectuel vs manuel, noir vs blanc, femme vs homme, l’homme contre lui même… c’est sans fin.

        Vous êtes contre le rascime, le national socialisme, et moi également, mais au dela du fait qu’il faille être prudent avec ces catégories trop facilement utilisées pour verrouiller le débat, je met aussi le marxisme dans le grand sac des idéologies mortifère. Je pense que l’histoire du 20e siècle a suffisamment démontré l’inanité de cette boussole. Il n’y a bien qu’en France que l’on trouve autant de bienveillance envers ce logiciel.

        Et justement, c’est la aussi ou votre analyse ne tiens pas. La classe des diplômés du supérieur sortent majoritairement des universités (62% : 2009). CPEG, ingé, IUT, etc ne représentent « que » 25%. Quand on connait l’état des universités française, et leur noyautage par les idéologies crypto-marxistes (gender, decolonialisme, questions identitaires -de plus en plus anti-blanche-, Intersectionnalité, islamo-gauchisme etc). Autant de sympathiques cancers le plus souvent importés des usa (boomerang effect avec Foucault et compagnie) la cancel culture et le wokisme sont née dans les universités, il y a de quoi s’interroger. Bourdieu avait bien remarqué que ceux qui tiraient leur épingle du jeux scolaire étaient au bout du compte les enfants de prof (milieu dont on connait la dominance idéologique à gauche). Et dans tout ce fatras, je ne comptabilise pas le monde de la culture et des médias, rouage crucial dans l’installation des narratives, la aussi nettement orienté politiquement. Donc avant d’opposer diplômés et non-diplômés avec Marx comme mètre étalon, il faut y regarder de plus prêt. Les lignes de fractures passent ailleurs comme je l’ai souligné.

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      • Je m’attendais un peu à cette attaque en référence aux Khmers rouges (qui ont chassé les intellectuels des villes Cambodge pour les amener travailler à la campagne, avec les paysans, juste parce qu’ils étaient intellectuels). Mais, sur ce point, vous faites fausse route. Tout d’abord parce que ceux qui veulent nous ramener à la campagne, à ce que nous fassions tous de l’auto-production agricole auto-suffisante aux marges voir dans nos villes, sans engrais industriels, avec peu d’énergie, zéro-déchet et sans mal-traiter la condition libre des animaux, ce sont les écolos, ceux que je dénonce ici-même pour leurs travers scientistes. Ensuite, parce que s’attaquer à une idéologie portée principalement par la classe des diplômés du supérieur ne m’en fait pas l’ennemi des diplômés du supérieur mais juste de leur idéologie. Mais comme cette idéologie a envahit massivement les diplômés du supérieur, il était un peu inévitable que vous fassiez l’amalgame. Il y a eu un temps où une partie de la population s’est attaquée à l’idéologie raciste dominante dans les classes populaires, cela ne faisait pas d’eux des ennemis des classes populaires. Enfin, je suis content que vous parliez du lysenkoïsme, cela prouve bien que le scientisme, sans aucun fondement rationnel, existe partout et en tout temps chez les diplômés du supérieurs, régimes communistes compris. D’ailleurs, je reconnais que la gauche a succombé au scientisme bien plus que la droite, droite où quelques petites parties de leurs intellectuels resiste encore, sous l’opprobre et la censure d’une gauche complètement paumé face au défi du scientisme de masse. Mais, ce qu’il faut voir, c’est que même le scientisme à base rationelle pose problème. Hier, je discutais avec un ami restaurateur. Je lui disais que si on écoutait la science, on ne mangerait pas de viandes grasses dans son restaurant, on ne boirait pas de coca trop sucré et encore moins d’apéros interminables, des gros repas bien arrosés terminés au digestif car ils sont mauvais pour la santé et c’est la médecine, donc la science qui le dit. Mais les aspirations de l’hommes ne se réduisent pas à ce que dit la science et les apéros qui durent des heures et les bonnes bouffes sont des moments de convivialité inestimables sur laquelle la science ne peut rien nous apporter. Il va bien falloir un jour que les scientistes se le mettent enfin dans la tête sinon, ça va vraiement pêter : surtout auprès d’un peuple qui a inventé le Champagne, le Bordeaux et le Cognac. Sans parler de l’interdiction de l’absinthe, qui n’était pas plus mauvaise médicalement qu’un simple pastis, mais où les préfectures s’étaient appuyées sur des études scientifiques bidons légitimer son interdiction, malgré une adoption massive par la population. Tout ça pue Vichy (qui a inventé la licence IV a plein nez en fait) et le scientisme, c’est ça.
        Ensuite, je n’ai toujours pas compris le rapport avec la Cancel Culture. Je ne dis pas qu’il ne faut pas des diplômés du supérieur et même une élite pour un pays, je dis simplement que cette idéologie scientiste doit cesser d’étalonner à la vie politique, encore moins quand elle fait la promotion d’un changement coercitif de modèle industriel et sociétal avec de la science Canda-Dry en référence et où règne la censure.

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      • 2/2
        L’éducation a toujours suivis un but politique. Avant-avant-hier romaniser, avant-hier évangéliser, hier déchristianiser, etc. L’essor aujourd’hui d’une génération sur-diplômés (souvent en errance et en quête de sens mais c’est un autre sujet) est une volonté politique et un agenda européen : Stratégie de Lisbonne (stimuler l’économie de la connaissance) puis Europe2020 par exemple. Explosion du tertiaire, désindustrialisation lié a la globalisation, destruction de l’agriculture traditionnelle… autant d’évolutions qui laissent du monde sur le carreau.

        Je suis d’accord, la démocratie est en danger, mais ce n’est pas a cause des diplômés qui chercheraient a prendre le pouvoir. C’est surtout parce que l’on constate un fractionnement qui acte la disparition de la classe moyenne sur qui reposait l’exercice démocratique. L’excercie démocratique suppose une communauté, un tout cohérent. Un demos, avec un destin commun. L’atomisation sociale est au bout du compte incompatible avec un exercice partagé de la prise de décision. Vous pouvez accuser les effet pervers de la technologie (médias, réseaux), la globalisation, le relativisme morale obligatoire pour permettre la cohabitation, le respect des désirs de chacun et j’en passe. Mais vous ne pouvez pas prendre la boussole marxiste (partie prenante dans la situation) couper arbitrairement un gâteaux social imaginaire, fabriquer des gentil et des méchants sommairement et espérer trouver une solution adéquate.

        La démocratie – souvent jugée faible et perfectible – est vouée à disparaitre sous les assauts de la technique si nous n’y prenons gare. Mais je vous avouerais que c’est un problème assez secondaire au final.

        Pour revenir au sujet qui nous intéresse, la science et la société, il convient de comprendre que nous vivons une révolution technique qui fait que les données scientifiques, médicales (suivez mon regard) largement dominé par les statistiques, sont aujourd’hui accessible à tout le monde. L’imprimerie ne fut qu’une lente vaguelette comparé a notre tsunamis d’information. Le mouvement de défiance de la « caste scientifique » se fait aussi avec le constat qu’une grande part s’emparent de données de manière malpropre. Aujourd’hui la plupart des gens s’informent sur les réseaux sociaux avec les travers que l’on imagine. mais a côté de cela, beaucoup d’esprit brillant hors cadre s’emparent intelligemment de l’information. Il y a la une perte de monopole, une dérégulation de la parole scientifique. Elle fut longtemps vulgarisée, mais cela ne suffit plus face aux enjeux modernes. Si vous êtes curieux de suivre les interrogations et la tournure d’esprit de ceux qui se penchent sur le sujet, je vous invite à lire une étude du MIT sur les «Coronavirus Skeptic » (réchauffement, antivaxx, même combat).

        Viral Visualizations : How Coronavirus Skeptics Use Orthodox Data Practices to Promote Unorthodox Science Online.
        La conclusion mérite lecture.

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      • Post-scriptum 1 :
        J’ajoute, toujours pour les curieux.
        Lucien fez ,(27 avril 1937 – 30 décembre 20181) professeur, maître de conférences, écrivain, agrégé de droit public et de sciences politiques…

        L’utopie de la santé parfaite, conférence de 2002 ENS.

        (4 ou 5 vidéos) sur la biologie, l’utopie, l’idéologie, l’ecologie, Gaia et les neo-religions.

        Quoi qu’on pense de l’auteur et le fait que ce soit une conférence perfectible, imparfaite et limité de part son angle, cela reste avec 20 ans de recul un intéressant témoignage pour comprendre la puissance de l’utopie scientifique et son emprise sociale, dépassant largement une soit-disant lutte des classes servant de prétexte a assoir une domination.

        Post-scriptum 2 :
        Voir le marxisme (matérialiste) invoqué pour dénoncer la toute puissance de la science évoque un autre isme que le scientisme : le lyssenkisme – souvent repris en exemple ici.

        Science et idéologie politique ne font pas bon ménage.

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      • Vous digressez trop en vous écartant de notre sujet. Les khmers (que j’ai hésité a citer et que j’ai entouré de précaution en anticipant ce chiffon rouge) comme Lyssenko ne sont que des archétypes qui ne diffèrent qu’en degrés et non en nature avec votre démarche. Qu’importe les finalités, au bout du compte vous désignez publiquement un groupe de la population coupable de vouloir assoir une domination (vos termes). A quoi bon combattre un isme si ce n’est qu’un prétexte selon vous ? le paravent n’est pas la cible. Bien sur que vous désignez un ennemi, c’est la base de toute politique. Mais justement vous faite trop de politique (que viens faire Vichy la dedans ?). Vous êtes contre le scientisme, mais vous ne donnez aucune définition ni origine. Avez vous enquêté sur les liens étroit qui existe entre marxisme et scientisme ? Le matérialisme historique avec sa conception scientifique de l’histoire ? Le socialisme scientifique ou la science révolutionnaire vous dit quelque chose ? La science émancipatrice du prolétariat (Lassalle-Kautsky) ? la fusion de la science et des ouvriers ? La science émancipatrice d’Althusser qui appel a un retour du positivisme (surtout après Staline). N’oubliez pas non plus que Marx a pensé la philosophie comme un moyen d’action sur le monde, plus en spectateur.

        Il est vrai que Marx n’étais pas un fan d’Auguste Comte et de son positivisme (le terme a pris un sens très large ensuite), mais il admirait Saint-Simon (Saint Simonisme, le progrès technique source d’émaciation). Marx est un penseur de la technique, comme Hegel. Attention je n’en ferait pas des scientistes loin de la, je souligne que le courant marxiste c’est bien imprégné de cette tendance au fil du temps comme souligné plus haut. Il n’a pas échappé a l’évolutionnisme Darwinien (Marx voulais dédicacer le capital à Darwin), l’économisme, l’autoritarisme de l’avant-garde, etc. Dans un autre genre, Proudhon étais convaincu de l’intérêt des statistiques et des sciences sociales. La « gauche » n’a pas « cédé » plus tôt, c’est dans ses gènes.

        Et vous en appelez au marxisme pour dénoncer le néo-scientisme ? C’est mal engagé, comme souligne plus haut, ce sont -aussi- les théories marxistes qui oeuvrent a donner une telle domination politique au phénomène scientifique. Que vise le marxisme si ce n’est au bout du compte que l’éternelle émancipation de l’homme par lui même ? La science n’est elle pas un formidable outil ? C’est plus ou moins pour cela que ces théories néo-scientiste naissent chez les diplomés. Bien sur on trouve aussi la tendance capitaliste libérale, avec l’économie du savoir, la question du transhumanisme (l’homme amélioré par la science, ou libéré de lui même dans son acceptation progressiste) et pleins d’autres choses. Et au milieu de tout cela, un individu de plus en plus isolé volontairement, tellement absorbé par la création de sa propre vie comme d’une oeuvre d’art qu’il en délègue la gestion de la société, jugé secondaire, à une instance neutre, optimale et « scientifique ». Les courbes du chômage remplaçant la réalité humaine, les tentatives de jugement automatique des tribunaux comme l’essor de la morale utilitariste en atteste. C’est le bonheur obligatoire d’être arraché a ses déterminisme. A ce propos vous sous-estimez gravement ce que la démarche scientifiques se permet et ce qu’elle recouvre. Le bien-être psychique et physique est un domaine très largement ausculté justement dans l’optique d’une santé parfaite. Du berceau à la fin de vie, le bonheur obligatoire est le seul leitmotive autorisé, c’est même écrits dans la déclaration des droits de qui vous savez.

        Apres ce constat fort éloigné d’un manichéisme victime-dominés vs méchant-tyran, on peut a juste titre dénoncer la main mise étouffante et autoritaire de la technique sur nos vies. La je vous rejoint dans votre constat, il y a urgence. Mais que proposer en face ? un petit apéro ? c’est bien trop léger il faut voir plus grand : je suis d’accord pour une dimension rabelaisienne de l’homme. J’y souscrit a 200% même. Mais Rabelais était moine, et on ne comprend pas son oeuvre sans faire de la théologie…

        Comprenez que si vous n’avez pas une vison de l’homme a opposer a celle portée par la technique, vous serez balayé. Sans horizon autre que le biologisme, le biopouvoir (Foucault) et l’homo sacer (Agamben) restent au programme. Mais rien ne « pétera ». Les grands soirs étaient attendu il y a longtemps. Comme on a réduit l’alcoolisme du début du siècle (un fléau), et qu’on a appris a mettre les ceintures de sécurité a l’avant puis a l’arrière puis dans les bus, les curseurs se déplacent doucement et les générations grandissent avec. C’est prouvé scientifiquement 😉 Tout comme le pire n’est jamais certain.

        Une citation de St Augustin pour finir : « A force de tout voir on finit par tout supporter. A force de tout supporter on finit par tout tolérer. A force de tout tolérer on finit par tout accepter. A force de tout accepter on finit par tout approuver ! »

        P.-S. :
        « Il y a eu un temps où une partie de la population s’est attaquée à l’idéologie raciste dominante dans les classes populaires, cela ne faisait pas d’eux des ennemis des classes populaires. » Vous inversez les flux. Au sens propre, l’idéologie théorisée irriguait bien plus largement la classe des diplômés supérieur d’ou elle provenait (base scientifique justement, colonialisme des progressistes pour apporter la civilisations aux « inférieurs », antisémitisme etc ). Cela c’est tourné contre les classes populaires ( notez qu’en 17 les Français sympathisaient facilement avec les noirs américains dans les tranchée ce qui posait un problème a l’état major US), car le peuple était devenu l’ennemi, avec le clivage que nous constatons aujourd’hui. La question du racisme (mot valise aujourd’hui) a d’ailleurs largement été instrumentalisé dans ce sens. Le beauf de cabu en est l’archétype : l’antiracisme – toujours plus flou et a sens unique (jamais au pluriel) était-est aussi un « racisme de classe » pour reprendre vos catégories, une détestation du peuple – sans dents – qui fume des gitanes et roule au diesel. De tout temps, le peuple vote et pense mal. Aujourd’hui tout est raciste : se déguiser, les mathématiques, la musique classique, les échecs, danser, faire des références culturelles… C’est la white supremacy – le privilège blanc – qui inquiète tant les chercheurs du MIT (étude cité plus haut).

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      • Serait-ce ce racisme social des « sacheux » dont parle Moro ?

        Verum nullus ursae catulus tam informis est, quam homo nascitur rudis animo.

        Mon latin est rouillé, je verifie donc, Souffrez en. Les citations sont juste, votre attaque gratuite est ad personam et n’etale que votre vulgaire mepris. Pascal parle de vous, demi-habile. Pour qui connait les ânes il n’est pas difficile de les préférer.

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      • Cher @Olivier,

        Pour vous suivre, la traduction française « Aucun ourson n’est aussi informe que ne l’est à sa naissance l’esprit de l’homme. » que vous donnez dans votre premier poste est celle du passage d’Erasme « Verum nullus ursae catulus tam informis est, quam homo nascitur rudis animo. » que vous donnez dans votre réponse à mon commentaire !

        Erasme,, qui avait beaucoup d’humour, aurait bien ri de cette anticipation. Il pensait d’ailleurs qu’il fallait lire et écrire le latin et non le traduire. En tant que physicien je ne vois dans cet imbroglio qu’ une violation du principe de causalité. Comme synthèse de ces points de vue, on peut conclure que vous vous servez mal de votre souris pour les copier/coller et que vous êtes un cuistre.

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      • J’ai raison et cela vous énerve. Tant mieux petit troll.

        Bonus, on peut aussi citer Coménius.
        – Qu’est ce que l’homme en premier ? une matière informe et brute
        – Nous venons au monde l’esprit nu comme une table rase
        – A l’origine l’homme n’est rien
        – Les écoles sont des fabriques d’hommes
        etc
        (pour le latin, je vous fait confiance, vous saurez trouver 😉 )

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  6. Bien écrit.

    Oui, ces phénomènes ont été illustrés lors des « gilets jaunes ». Le système d’enseignement sélectionne plus sur l’origine sociale que sur les compétences ou mérites. Et des diplômés du supérieur deviennent des « Intellos précaires » ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Intellectuels_précaires ).
    Nous verrions l’emergence d’un ultra centre européen ?

    C’est pour cela que j’avais voté Jean Lassalle aux dernières présidentielles, pour porter la voix de ceux qui ne sont pas Bac+5.

    PS : quels rapport avec l’écologisme ou le climatisme ?
    😉

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    • Bein justement, cette référence aux « intellos précaires » est la principal argument avancé dans les milieux populaires pour dire de ne pas continuer les études. Combien de fois je l’ai entendu ? Dans les milieux populaires, il faut bosser (et non étudier) pour gagner sa vie et acquérir des connaissances par le travail (et non par les seules études théoriques qui sont dévalorisées).

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  7. M. Moro, bonjour,

    J’ai trouvé votre article fort intéressant, bien que n’étant pas vraiment d’accord avec vous.
    Sur le scientisme, que je ne confonds pas avec la pensée scientifique, je suis en revanche plutôt d’accord. Cette dérive peut servir de béquille à ceux qui n’ont pas de véritables connaissances scientifiques et qui peuvent s’en servir (consciemment ou non, d’ailleurs) pour prendre ou garder leur pouvoir et parfois leurs revenus. Cela me paraît flagrant dans le mouvement politique dit écolo.
    Que ce que vous nommez les « classes populaires » ne soit pas dupe, c’est peut-être vrai mais peut-être pas. Je vois bien que nombreuses sont les personnes de ces milieux qui adhèrent, sans réticence, à certaines thèses promues par ces « scientistes ».
    Ce qui me gêne surtout dans votre argumentation, c’est quand vous semblez considérer que la société ne fonctionne que sur la base d’une lutte des classes.
    Il y a, c’est évident, de grandes inégalités dans les sociétés développées (dans les autres aussi, je pense). Il y a, certes, des classes « dominantes » et d’autres qui ne le sont pas. Et encore, je ne sais même pas s’il s’agit de « classes ». Quant à leur domination, elle est beaucoup moins importante qu’elle ne le fut dans le passé. Il en est de même d’ailleurs pour ce qui est des inégalités elles-mêmes.
    Ce que je remarque, en revanche, c’est que, quel que soit le niveau dans l’échelle sociale, financière, de pouvoir, il y a des gens que l’on peut considérer comme intelligents, honnêtes, travailleurs, etc. et d’autres que l’on peut considérer comme stupides, malhonnêtes, fainéants. Ces qualificatifs pouvant se cumuler ou non. En outre, il faut préciser que c’est moi qui les considère comme tels.
    J’en reviens aux inégalités. On peut penser que certaines sont justifiées, d’autres non. Mais sur quelles bases ? Quant au pouvoir, j’espère que vous ne croyez pas qu’un renversement des pouvoirs améliorerait les choses. Les révolutions ont toutes commencées par créer des catastrophes économiques et humaines. Dans les meilleurs des cas, cela s’est traduit au bout d’un certain temps par la prise des pouvoirs économiques, sociaux, ou autres par les mêmes (ou leurs héritiers) que ceux que l’on était censé avoir chassés. Avec, il est vrai, quelques personnes, assez peu nombreuses en fait, qui ont émergé durant la période de tohu-bohu et qui ont su garder leur position. Je pense d’ailleurs qu’en gros, ces mêmes personnes seraient arrivées au même point, révolution ou non.
    Bon, désolé de ce long message, un peu décousu car je n’ai pas le temps de peaufiner.
    Pour finir, bien sûr que pour installer l’électricité dans une maison, j’accorderai plus de confiance à un électricien de base, si j’ose dire, qu’à un bac plus 5, frais émoulu de son école ou de son université. Mais je n’oublie pas que si l’électricien sait installer ce réseau domestique, c’est parce que des scientifiques, des ingénieurs, etc, … ont montré comment cela pouvait fonctionner, et pourquoi, et ont su concevoir et fabriquer les pièces et matériaux nécessaires (avec, en outre, des capitalistes qui ont investi dans les usines nécessires).
    Bien à vous
    JCBM

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  8. PS
    M. Moro, il m’arrive de me demander en vous lisant si vous ne cherchez pas à tirer le « climatoscepticisme » vers la gauche. Tant il est vrai qu’il est perçu comme étant de droite, ou présenté comme tel. Pour moi la non croyance à la doxa majoritaire (du moins si l’on en croit les médias) n’est ni de droite ni de gauche. Donc, essayer de rééquilibrer les choses n’est pas forcément mauvais. Mais, en fait, ce sujet devrait être apolitique, comme l’idée que l’on se fait de la gravité terrestre (je ne crois pas qu’il y ait débat sur la loi régissant, décrivant plutôt, la gravité).

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    • « tirer le « climatoscepticisme » vers la gauche. » C’est vrai, j’avoue 🙂
      Autant il est vraiment pas facile de nos jours en France d’être un climato-réaliste à droite mais imaginez être un climato-réaliste à gauche, c’est encore plus dur !
      Mais vous avez entièrement raison sur le fond, ce sujet (le climat) ne devrait être ni de droite, ni de gauche. Malheureusement, la question climatique est devenue tellement politisée que même ceux qui ont les approches les plus neutres sont inévitablement mis dans un camp ou dans un autre. Puisque, dans ces circonstances, la raison n’importe plus, autant rentrer dans l’arène politique et porter le message anti-doxa parmi les plus fanatiques du scientisme climatique, c’est à dire au coeur de la gauche.

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