L’écologisme et la démocratie dévoyée

Comme au bon vieux temps du Politburo soviétique, les 150 membres de la Convention citoyenne sur le climat ont donc été d’accord sur tout. C’est ainsi qu’avec des co-présidents tels que Laurence Tubiana, ambassadrice pour la COP21, et Laurent Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, mais également avec un garant aussi objectif que Cyril Dion, qui attaque l’État pour « inaction climatique », tout a été pour le mieux dans le meilleur des villages Potemkine. 149 propositions retenues sur 150. Un taux de succès de plus de 99 %. La psychologie des groupes le savait déjà, mais les organisateurs ont brillamment redémontré qu’il était parfaitement possible de conditionner une assemblée entière de citoyens sans coup férir.

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Le luxe de la pauvreté

par Philippe Catier.

Quand je me suis installé dans un petit village près de Rennes je ne me doutais pas qu’un des membres d’une famille très connue serait un jour ministre de l’écologie et représenterait en définitive la caricature de l’homme arrivé qui joue à se faire peur que le ciel lui tombe sur la tête et, prévoyant le pire pour l’humanité, se réfugie dans un bunker fermier écologique en ayant l’air d’un pauvre malheureux ramené aux biens éssentiels laissés par la décroissance.

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Faisons barrage aux propositions de la convention citoyenne pour le climat

Chers amis,

Comme vous le savez, la Convention citoyenne pour le climat (CCC) vient de publier ses 150 propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et le président de la République s’est engagé à en reprendre l’essentiel.

Il s’agit d’un dévoiement inédit et inacceptable de nos institutions démocratiques au profit d’une idéologie écologiste régressive et dangereuse. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, le catalogue de propositions de la CCC n’est pas issu des réflexions de braves citoyens mais de celles de militants qui, sous couvert d’expertise pour « éclairer » la Convention, a fait œuvre d’ingénierie sociale pour orienter les débats et les conclusions dans un sens prédéfini.

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Turn au vert

par Philippe Catier.

On ne peut qu’être intrigué par le fait de voir l’enfermement idéologique dans lequel baignent nos dirigeants concernant la transition énergétique. L’activisme dont ils font preuve concernant l’objectif de « décarbonation » de l’énergie en remplaçant une énergie déjà décarbonée, nucléaire et hydraulique, par une autre, éolienne et photovoltaïque, n’a apparemment pas de sens.

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La Convention citoyenne manipulée ? Le cas de la vitesse sur les autoroutes

par Rémy Prud’homme.

On ne cesse de nous répéter que les problèmes de climat sont principalement scientifiques. En même temps, les prêcheurs les plus prolixes et les plus écoutés sur ce thème sont des personnalités comme Nicolas Hulot, Greta Thunberg, ou le pape François, sans doute fort estimables, mais rien moins que scientifiques. Cette contradiction, ou ce paradoxe, peut être éclairé par deux considérations assez évidentes. La première est que les problèmes environnementaux, mais aussi économiques ou sociaux, ne se réduisent pas à des faits et des considérations scientifiques. Vient un moment où des choix de type éthique ou politique doivent être effectués (un peu plus de bien-être contre un peu moins d’égalité par exemple) ; pour ces choix, le jugement de Nicolas Hulot a la même valeur que celui d’un prix Nobel ou celui de ma concierge. Mais la seconde considération est que ce moment ne doit intervenir que lorsque les « décideurs » disposent d’une information scientifique objective suffisante sur les problèmes considérés ; il est difficile de croire que Greta Thunberg, qui a pratiquement quitté l’école à 15 ans, remplisse cette condition.

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Vitesse sur l’autoroute : quand l’émotion dépasse le droit

par Rémy Prud’homme.

La « Convention » de 150 citoyens tirés au sort et cornaqués par des penseurs de gauche est comme le ministre de l’Intérieur : elle met l’émotion au dessus du droit. On peut le montrer à propos de l’une de ses propositions phares : abaisser la vitesse maximale autorisée (VMA) sur les autoroutes de 130 à 110 km/h. A 130, nous sommes dans la moyenne des pays européens, en dessous de l’Allemagne (pas de limite) ou l’Autriche (qui vient de passer à 140), au dessus de la Belgique ou de la Suède (120). A 110, nous ferions mieux que tout le monde : on a les records que l’on peut. Pourquoi pas ? Parce que cette proposition ignore le droit – et les réalités.

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Le virus et le piège de l’acuité

par Bertrand Alliot. (Article initialement prévu dans Transitions & Énergies n°5 (en vente en kiosques).

L’évènement était banal, mais la réaction des hommes ne le fut pas. Un nouveau virus avait surgi et tous, pour de longues semaines, s’étaient terrés chez eux. Ils avaient agi « comme un seul homme » si bien qu’on put dire que « l’espèce » s’était, toute entière, mise en quarantaine. Maintes fois, ils avaient subi les foudres de la contagion : la peste noire, la grande peste, la grippe espagnole, la grippe asiatique, la grippe de Hong Kong. Jamais, pourtant, ils n’avaient ainsi réagi.  Ils avaient fait face, cahin, caha. Ils avaient enterré leurs morts et poursuivi le cours de leur vie. Bien qu’elles firent davantage de victimes que le nouveau venu, les deux épidémies qui avaient précédé étaient même passées presque inaperçues… Les yeux grands ouverts, ils voyaient cette fois si bien qu’ils ne purent que s’interroger sur la présence de ce nez au milieu de cette figure. Pour expliquer leur malheur, ils invoquèrent alors concomitamment « l’effet évident de l’abandon de la souveraineté nationale », « le manque flagrant d’Europe », « le résultat attendu de la maltraitante de la faune sauvage » ou « une nouvelle manifestation d’une crise écologique globale ». Si grand était à leurs yeux l’événement que le devoir s’imposa même d’essayer d’imaginer « le monde d’après »…

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Feux californiens : le climat innocenté

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose, dit-on. Dans notre monde où l’écologisme est un réflexe pavlovien, ce slogan s’est fait encore plus simple : dès que se produit un drame, toute explication fondée sur le « dérèglement climatique » est présumée correcte. Cette vérité immédiate a alors de bonnes chances de devenir vérité tout court, car qui ira perdre son temps à rétablir les faits après coup, tandis qu’entre temps tant d’autres drames auront à leur tour « démontré une fois de plus la réalité de la crise »…

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