Climathon, novembre 2017 : l’Apocalypse selon Saint Jean Jouzel

par le jury du Climathon.

En tout domaine la déesse Fortune a beaucoup de soupirants mais désigne peu d’élus. Lorsque la compétition fait rage pour s’attirer ses faveurs et emporter la victoire, seuls les meilleurs d’entre les meilleurs parviennent — et c’est justice — à graver leur nom dans le marbre du souvenir glorieux dû aux triomphateurs.

C’est ainsi que, cette fois encore, c’est un grand parmi les grands qui s’impose, en majesté. Jean Jouzel est déclaré vainqueur du climathon pour le mois de novembre 2017.

Après Stéphane Foucart en septembre et Bruno Latour en octobre, le palmarès de la saison 2017-2018 vient de s’enrichir d’un nouveau nom au passé prestigieux. Qui ne se souvient, en effet, que Jean Jouzel fut vainqueur par deux fois en 2015, en semaine 29 et surtout en semaine 2 pour ce portrait-choc paru dans Paris-Match (grâce auquel il avait par la suite été élu Champion d’hiver 2015) !

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Aujourd’hui, l’ancien vice-président du groupe 1 du GIEC, déjà en embuscade en septembre avec un bel accessit, s’avance en pleine lumière grâce à un nouveau chef-d’œuvre de propagande conscientisation des masses publié chez Odile Jacob il y a quelques jours, en collaboration avec Pierre Larrouturou :

Mise en page 1

C’est, nous promet-on, scandaleusement simple. Vu de loin, tenter de sauver la planète et l’économie mondiale dans un seul et même mouvement laisse plutôt entrevoir une issue en forme de luxure luxation de la hanche, mais comme ils s’y sont mis à deux le problème ne s’est pas posé. En effet, le compère de notre vainqueur n’est autre que le fondateur de Nouvelle Donne, « mouvement citoyen progressiste » dont les résultats électoraux constituent une perpétuelle illustration de l’existence du vide quantique. Lorsque, de plus, on réalise que le livre est préfacé par Nicolas Hulot, le Commandeur des Croyants en personne, alors nos yeux s’ouvrent, notre confiance en l’avenir se raffermit et, redressés par la magie du grand souffle porté par l’Évangile climatique, nous savons qu’il est temps d’ouvrir nos bras vers l’avenir. Inutile de dire l’impatience qui fut celle du jury au moment de lire la 4è de couverture. Ne trépignez plus : la voici, tirée du site de l’éditeur.

Et si préserver notre climat était l’un des meilleurs moyens d’endiguer la prochaine crise financière ? Pour sauver les banques, on a mis 1 000 milliards. Pourquoi ne pas mettre 1 000 milliards pour sauver le climat ?

Avec ce livre, le climatologue Jean Jouzel et l’économiste Pierre Larrouturou proposent un vrai Pacte finance-climat européen, pour diviser par 4 les émissions de CO2, dégonfler la bulle financière et créer plus de 5 millions d’emplois.

La machine climatique est en train de s’emballer dangereusement. Il ne nous reste que 3 ans pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre si nous voulons éviter aux jeunes d’aujourd’hui un climat auquel il leur serait difficile, voire impossible, de s’adapter.

Or, dans le même temps, l’endettement mondial atteint un niveau inédit, les banques centrales nourrissent la spéculation et tout annonce une crise pire que celle de 2008.

Favoriser la spéculation ou sauver le climat ? À nous de choisir.

Comme on le voit, il convient de proposer sans attendre à Odile Jacob de repenser son bandeau.

JouzelLarrouturouPastiche

La « solution » en question fait œuvre écologiste en recyclant une bonne vieille technique de propagande qui consiste à désigner un méchant et un gentil. En fait de climat, le méchant est d’ordinaire incarné par les lobbys pétroliers, les think-tanks néolibéraux et l’Administration Trump. On saura gré à notre vainqueur du mois de s’être acoquiné à un économiste, lui permettant de renouveler le genre en intégrant les banques centrales à la liste des tueurs de planète. Et là où les premiers favorisent les émissions de gaz à effet de serreprônent la dérégulation du marché ou encore se commettent dans les fake news climatonégationnistes, les dernières « nourrissent la spéculation« . C’est sûr : en plus de brûler les pétroliers dans leurs puits, de soviétiser l’économie mondiale et de refaire l’élection présidentielle américaine, il est plus que temps d’interdire les banques centrales.

Bien sûr, qu’on ne se réjouisse pas trop vite : cette technique des vases communicants qui doit permettre d’assoiffer les banques honnies en ressourçant notre planète bien-aimée, si simple et évidente qu’elle soit, n’est nécessaire que parce que les sombres cavaliers de l’Apocalypse Climatique ont surgi à l’horizon, dans un fracas de courbes et de modèles impitoyables. Une noire fumée emplie de gaz satanique se dégage des naseaux de leurs montures, tandis que la prophétie d’un glorieux homonyme évangélique résonne à nos oreilles :

Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans.

Jean (l’autre), Apocalypse, 20:6.

Qui, en effet, découvre-t-on se lever d’entre les morts dans la Nouvelle Apocalypse selon Jean Jouzel ? Nulle autre que la fameuse courbe en crosse de hockey de Michael Mann et al. :

CrosseJouzel

Seule une aptitude hors du commun à la dissimulation de la vérité des faits a permis à l’ancien vice-président du groupe scientifique du GIEC de passer sous silence la controverse née de la publication de cette courbe, qui a débouché en 2006 sur une critique en règle d’un comité dirigé par un statisticien professionnel (Edward Wegman) à la suite des travaux de Steve McIntyre et Ross McKitrick, et fut le point origine du fameux scandale du Climategate. Seule une capacité unique à tordre le langage rend possible de pousser ainsi sous le tapis toutes ces années d’affrontement qui ont finalement eu raison de cette courbe, laquelle avait purement et simplement disparu des radars depuis bien longtemps. Enfin, seule un manque total de déontologie une incompétence crasse de l’ancien vice-président du groupe scientifique du GIEC un choix éditorial guidé par la liberté de raconter n’importe quoi l’autonomie de la pensée autorise à prétendre que cette courbe serait tirée de « GIEC, 2007 », la crosse de hockey de Michael Mann ayant en réalité piteusement disparu bien avant. (Son triomphe date du rapport de 2001 du GIEC, où elle apparaissait pas moins de six fois – rapport dont, en passant, l’un des lead authors n’était autre qu’un certain Mann. Michael, de son prénom.)

Autres courbes déterrées pour les besoins de la cause : celles qui permettent de comparer l’évolution de la température et de la concentration atmosphérique en gaz carbonique sur plusieurs centaines de milliers d’années à partir de la fameuse carotte de glace de Vostok, dans l’Antarctique :

Sans titre 54

Le commentaire de ces deux fameuses courbes est un chef-d’œuvre de dissimulation sur lequel pourront méditer les postulants au Climathon de tous les temps :

C’est un message très clair que délivrent ces glaces : elles indiquent que sur l’ensemble des 150 000 ans qu’elles couvrent, les concentrations en CO2 sont, en général, fidèlement corrélées avec les variations de la température déduite de l’analyse isotopique de cette glace réalisée à Saclay. Plus il fait froid, plus les concentrations sont faibles, et inversement.

Jean Jouzel ne va pas jusqu’à prétendre, comme le faisait Al Gore dans son film, que lorsqu’il y a plus de CO2 la température monte et que quand il y en a moins elles descendent. Ici, la tromperie est plus subtile, car la vérité est effectivement dite : c’est quand la température change que la concentration en CO2 change aussi, avec un retard, on le sait aujourd’hui, de l’ordre de 800 ans. Il aurait été ballot à Jean Jouzel d’insister sur ce fait, qui démontre de la manière la plus nette que le CO2 ne peut pas servir de cause première à l’évolution de la température (il peut en revanche en être une conséquence). Félicitons donc notre vainqueur du mois pour avoir en quelque sorte caché la vérité en la disant, en misant habilement sur le conditionnement préalable du lecteur pour lui faire prendre des vessies pour des lanternes tout en gardant le nez propre.

Ayant démontré son aptitude à ressusciter les courbes mortes, le livre peut logiquement se permettre de distinguer entre le vrai problème et les autres :

Le dérèglement climatique n’est évidemment pas le seul danger qui menace aujourd’hui la paix mondiale, mais c’est sans doute le danger le plus certain, le plus massif, et celui sur lequel l’Europe peut agir avec le plus de force.

La montée des tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis ? Les tensions entre la Chine et ses voisins ? Elles peuvent évidemment déboucher sur des situations gravissimes mais elles peuvent aussi disparaître en quelques mois.

Il est vrai que les problèmes en Corée ne datent que de 1950, soit environ 800 mois : « quelques mois » est donc une description parfaitement adaptée. Il est tout aussi vrai que, mine de rien, si l’Europe arrête d’un coup d’émettre des gaz à effet de serre pour donner le bon exemple, les modèles utilisées par le GIEC nous promettent un effet détonnant sur le climat : l’Union Européenne étant responsable d’environ 10% des émissions et celles-ci étant censées nous réchauffer de 3 ou 4 degrés, un calcul de coin de table nous permet à nous autres Européens de nous glorifier de notre sobriété potentielle à hauteur de 0,4 °C économisés en un siècle. Bon, il faudra arrêter de se chauffer, de se déplacer, de produire, de respirer… arrêter de vivre, quoi, mais on n’a rien sans rien.

Avec le vrai problème arrivent aussitôt les vraies propositions, qui sont les deux objectifs affichés par les auteurs :

  • qu’on nous écoute nous autres sauveurs de planète et que tout le monde fasse ce qu’on dit.
  • qu’on nous donne de l’argent, beaucoup d’argent, encore plus d’argent.

Ou, selon les termes du prologue :

Avec ce livre, nous poursuivons un double objectif :

  • Permettre à tous de mieux comprendre les questions liées au climat (…) Salariés ou paysans, retraités ou étudiants, chômeurs, patrons de PME, artistes ou artisans, nous avons tous intérêt à agir avec force (…) Chacun de nous est concerné. Chacun peut agir.
  • Trouver des financements pérennes et suffisants pour financer le gigantesque chantier de la transition énergétique (…)

Quant aux éventuels doutes que certains pourraient nourrir avant de se lancer joyeusement dans la dépense de mille milliards pour le climat (alors qu’il est si simple de se servir dans les coffres des banques, qui sont tellement remplis qu’on ne se rendra même pas compte de la différence), ils ont droit de cité, mais à condition de ne pas interférer avec le sauvetage de planète en cours :

Comment (…) a-t-il été possible d’établir que les activités humaines sont bel et bien à l’origine du réchauffement des dernières décennies ? Pour beaucoup de citoyens et de décideurs politiques, c’est la question prioritaire. Elle est tout à fait légitime mais, nous le regrettons vivement, trop fréquemment un préalable à l’action.

C’est qu’il y a urgence ! Songez à tous ces records climatiques, qu’on n’a jamais vu par le passé, à moins peut-être de regarder ce qui s’est produit il y a quelques années :

Parmi les phénomènes extrêmes les plus notoires survenus en 2016 (…) l’ouragan Matthew, première tempête de catégorie 4 à balayer Haïti depuis 1963 (…) En Chine, les inondations dans le bassin du Yang-Tsé-Kiang ont été les plus graves que le pays ait connues depuis 1999 (…)

L’urgence est telle qu’il convient même, au besoin, d’inventer des records qui n’en sont pas :

Dans ces régions, Irma a battu tous les records avec des vents moyens jusqu’à 295 km/heure et des rafales à presque 365 km/heure (…)

Dans ce festival, l’un des passages préférés du Jury est celui où apparaît cette courbe du niveau marin :

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Le titre-choc « La hausse du niveau marin s’accélère » qui annonce cette courbe est de la propagande chimiquement pure que le jury du Climathon a dégusté en connaisseur. Comme par hasard, l' »accélération » (mal) suggérée survient précisément vers 1994, l’année où la courbe passe des marégraphes aux satellites. Le travail de propagande a tout de même été compliqué par le fait qu’il est difficile de dissimuler que, depuis 1994, la hausse est restée essentiellement linéaire, sans la plus petite accélération discernable. Heureusement, la bande grise permet de faire peur en suggérant que argh, c’est trop terrible, même le GIEC sous-estime ce qui se passe.

Bon, évidemment, c’est un peu bête de devoir constater que, selon la courbe précédente, en 2001, le GIEC était déjà presque hors des clous dans sa description de ce qui s’était passé depuis 10 ans. Pas grave : la hausse restant gentiment linéaire, on peut être au bord des clous sans risquer d’en sortir…

Les accessits

En se faisant le préfacier de la Nouvelle Apocalypse, Nicolas Hulot a rendu élégamment hommage au vainqueur du mois, non sans mériter un accessit, notamment pour avoir lui aussi insisté sur les carottes de glace de l’Antarctique. On le félicitera aussi pour cet excellent passage, dont le gras ajouté est tout en humour involontaire :

Ce n’est pas par hasard que le GIEC, dont Jean Jouzel a été un pilier, a reçu le prix Nobel de la paix et non le Nobel de physique ; au-delà du CO2, du méthane et des autres gaz à effet de serre, au-delà même de notre confort et de notre santé, c’est bien l’avenir de la paix dans le monde qui est en jeu.

Ségolène Royal, notre Reine des Neiges, s’est elle aussi illustrée ce mois-ci, obtenant son troisième accessit en trois mois pour un bien beau tweet dans lequel elle montre l’étendue de ses compétences sur le Groën Grauhaine Grouédland là où il y a de la glace qui fond tellement que ça fait peur mais heureusement elle y est allée pour souffler dessus :

SegoGroendland

« Vive le Groendland libre ! » a clamé un twittos en réponse à cette forte pensée de « Ségodlène ». On ne peut que déplorer que les réactions à ce tweet ségolénien aient oscillé entre commentaires sur l’orthographitude et réflexions sur la nécessité de ce type de voyage, alors que le tweet originel respirait incontestablement une grande maîtrise du dossier de ce qui se passe à Groland.

Les 15000, forcément

Impossible, évidemment, de ne pas accorder un vibrant accessit au fameux appel des 15000 « scientifiques » relayé par le Journalderéférence, exceptionnel épisode de peur exponentielle dont les effets semblent désormais dissipés comme il a été anticipé ici. L’accessit est double : l’un pour la grossière propagande des signataires, l’autre pour la fake news publiée en une de ce qui fut, jadis, un grand journal.

Libé une nouvelle fois en force

Dans le palmarès d’octobre, le Climathon avait signalé une première page particulièrement réussie du journal Libération, partagée entre Lénine et une « alerte rouge sur le p’tit déj ». Logiquement enhardi par cet accessit, le phare joffrinesque a remis ça dans son édition du 17 novembre à l’occasion de la fin de la COP23, avec une photo de première page particulièrement énigmatique :

Libe17Nov2017

Le texte est de bonne tenue (notamment ce « la situation de la planète est toujours aussi dramatique »), mais la photo est encore meilleure, ouvrant la porte à une foule d’interprétations. Faut-il y voir un sujet de « résolution de problème » destiné à des élèves et consistant à déterminer la pression minimale du ballon qui lui permet de soulever le poids d’un homme ? Ou bien ce ballon contiendrait-il les dernières traces d’air pur de la Planète auxquelles le malheureux et ultime survivant de l’espèce humaine s’accroche désespérément avant de monter au ciel ? À moins qu’il ne s’agisse d’un personnage qui souffle dans le ballon pour capter ses propres émissions de gaz satanique, auquel cas cette planche de Gaston Lagaffe revêterait un caractère puissamment prémonitoire…

GastonLagaffe

Quoi qu’il en soit, le jury du Climathon se réjouit que Libération demeure fidèle à sa tradition en maintenant délibérément un haut niveau de porte-nawak pour ses unes. Et ce d’autant plus que les articles en pages intérieures ont eu eux aussi de quoi charmer un Jury exigeant mais toujours sensible aux efforts des plus grands organes de presse pour reprendre des appels ridicules, relayer les peurs les plus absurdes habillées de scientificité ou se vautrer dans les amalgames les plus malhonnêtes. Libération a brillamment rempli l’ensemble de ces missions dans un article du 31 octobre. (Certes, objecteront les plus fins connaisseurs du Climathon, il s’agit là d’une date antérieure au mois de novembre dont il devrait être ici question. Toutefois, dans les moyennes annuelles de température officielles, le mois de décembre de l’année n compte dans la moyenne de l’année n+1, histoire de pouvoir se réjouir d’un nouveau record battu sans devoir attendre le mois de janvier. De plus, si octobre comptait 30 jours et novembre 31, le 31 octobre serait le 1er novembre. C’est donc démontré : rien ne s’oppose à ce qu’un article du 31 octobre soit distingué dans le Climathon de novembre.) Dans un article fort sobrement intitulé « Dérèglement climatique : la santé mondiale en danger », Libération relaie les résultats d’un « rapport complet sur les enjeux sanitaires liés au climat » publié dans le cadre de l’initiative « Lancet Countdown » — sobriété, quand tu nous tiens. La photo de couverture et sa légende annoncent la couleur, avec ses charognards planant au-dessus de la ville en attendant les cadavres :

LibeCharognards

Confusion entre climat et pollution avant même le premier mot de l’article : « voilà un bon début », comme dirait le toujours pertinent Danny Wilde (à 4’35). La suite n’est pas mal non plus :

Blessures ou morts liées à des événements météorologiques extrêmes, pénuries, maladies transmises par des moustiques, risques sécuritaires, migrations liées à des sécheresses répétées ou à la montée du niveau des océans, les auteurs du rapport recensent les nombreux liens entre le changement climatique et la santé.

Migrations liées à la montée des océans : la santé au sens très large, quoi.

Premier constat : au vu de leurs zones d’installation, les populations humaines subissent un réchauffement bien plus élevé (0,9°C entre 2000 et 2016) que la hausse de la température moyenne mondiale (0,4 °C sur la même période).

Le Jury du Climathon ne se lasse jamais de constater que n’importe quel sous-ensemble (géographique, démographique, animal, botanique ou ce que vous voulez) est toujours soumis à une hausse de température supérieure à la moyenne mondiale.

Compte tenu de sa population et de sa superficie, l’Asie est le continent le plus touché par les catastrophes météorologiques : 2 843 événements ont été enregistrés entre 1990 et 2016, affectant 4,8 milliards de personnes et faisant 505 013 morts.

C’est là qu’on voit combien la science sur laquelle s’appuie ce rapport est sérieuse : les morts des catastrophes météorologiques sont donnés à l’unité près.

Difficile en réalité d’extraire des extraits de cet article, tant celui-ci pourrait être intégralement repris ici. Son ignorance Sa bêtise Sa malhonnêteté Sa capacité à relier tout et son contraire au climat est impressionnante. Allez, une dernière pour la route :

Malgré la gravité des faits mis en lumière par ce rapport, les auteurs estiment que des gains « substantiels » en termes de santé publique peuvent être réalisés en améliorant la prévention et en luttant contre le dérèglement climatique : amélioration de la qualité de l’air des villes, amélioration de la sécurité alimentaire, énergétique et d’accès à l’eau, réduction de la pauvreté et des inégalités.

Arte se signale

Pour finir cette édition exceptionnellement riche, le Jury du Climathon tient à récompenser une perle presque poétique. Dans son édition du 3 novembre, le journal de 19h45 d’Arte (qui n’est hélas plus disponible en ligne) emmenait ses téléspectateurs dans l’arctique sibérien « où une bombe climatique est amorcée : le permafrost est en train de fondre », ce qui produirait « des quantités astronomiques de gaz carbonique et de méthane ». Heureusement, afin « d’empêcher ce cataclysme », Nikita et Sergeï, les sauveurs-de-la-planète du jour, agissent.

Nikita1

Nikita faisant une reconnaissance des riantes plages sibériennes pour préparer l’arrivée des touristes après l’apocalypse climatique.

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Pour l’instant, Sergeï a juste assez de place pour poser sa serviette sur la plage. Mais ce serait plus confortable avec du sable à la place des galets.

Nikita et Sergeï ont créé Pleistocene Park, un « écosystème pilote » dans lequel ils ont introduit des animaux (« dix tonnes par km2 » — comme au pléistocène, quoi) qui retournent la neige en hiver et diminuent son pouvoir isolant. Ainsi débarrassé de la neige qui l’isolait de l’atmosphère froide, le permafrost fond moins vite. Et c’est là que la science se déploie :

Nikita et Sergeï ont mesuré la température à un demi-mètre de profondeur, en mars, quand il fait le plus froid. Hors du parc, là où la neige est intacte, ils ont relevé – 7 degrés. Sous leur parc, là où les animaux trépignent la neige, – 24, trois fois plus froid.

Oui, vous avez bien lu : – 24 °C, c’est trois froid plus froid, que – 7 °C. Dommage que la mesure n’ait pas été faite en degrés Farenheit : il y aurait eu 19 °F hors du parc et – 11 °F sous le parc et là, le facteur multiplicatif du froid serait devenu négatif. La science en marche.

En fait, ce sujet était un extrait d’un document d’Arte Reportage, au titre digne de Libération : Sibérie : les aventuriers de l’Âge perdu. Le Jury regrette de devoir constater que la perle multiplicative d’Arte Journal disparaît dans cette version intégrale du reportage où elle est remplacée par un banal « 17 degrés de différence » (vers 15’).

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14 réflexions au sujet de « Climathon, novembre 2017 : l’Apocalypse selon Saint Jean Jouzel »

  1. Merci pour la « luxure » de la hanche, que je ne connaissais pas, la luxation par contre… (mais pas de la hanche dans mon cas).
    Je vous trouve bien dur envers New Apocalyptic JeanJouz et Larrouturou, après tout il nous reste 3 ans avant la fin du monde, quand ‘autres illustres « commentateurs » ne nous donnaient que100 jours !
    Enfin, je regrette que vous n’ayez pas décerné un blâme, avec avis de surveillance, à Science et Vie, car dans son dernier numéro 1203, sous le titre pourtant très « prometteur » ; Les premières îles ont été englouties (dans le Pacifique), signé « F.V » (?),
    PAS UNE SEULE FOIS le terme de RCA n’est écrit, on signale que les alizés provoquent des montées de niveau supérieures à la « moyenne » mondiale, que c’est l’érosion marine qui provoque la disparition d’îles, et que les îles, encore, entourées de lagons ou, encore, pourvues de mangroves, non seulement résistent mais NE RISQUENT PAS DE DISPARAÎTRE, bref un vrai scandale que je propose de dénoncer à Corinne L ou à Nicolas H, ou même à Bruno L.
    Et à très bientôt dans la (petite) messe hérétique du 7 décembre.

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  2. Coucou,

    J’aime bien les idées de mr laroutourou. Quand il propose la semaine de 4 jours, les 32 heures , l’organisation du vivre ensemble, du combat politique.
    L’education des enfants !
    Que va t il faire dans cette galère du climat ? des banques ?

    Moi qui suis de gauche tendance groucho ou coluche, quel gachis !

    Bonne journée

    et bravo pour ce classement trés rigolo.( pas mal la coquille d’arte !)

    STéphane

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  3. J’ai quand même pas mal rit, bravo.

    Jouzel a osé ressortir la trompeuse courbe en crosse de hockey de Michael Mann, avec une mauvaise année en plus alors qu’il sait qu’elle est très fortement biaisée, surtout dans les dernières dizaines années ! Des médias indépendants, vérifiant soigneusement les faits, auraient dû démonter cette Fake News puisque ils n’hésitent pas à attaquer d’autres livres grand public mais, Jouzel étant du bon côté idéologique, ils ne l’épingleront pas. Mais, demain les historiens et les épistémologues, eux, s’en chargeront et montreront aux générations futures la mauvaise foi des climato-alarmistes et de ceux qui les relatent.

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  4. Finalement, c’est triste de voir un scientifique, probablement au départ de bonne volonté et sincère (quoique de deuxième niveau, faut pas exagérer sa contribution) se laisser griser par l’exposition médiatique au point de sortir complètement du monde réel. Est ce par auto-persuasion ou par cynisme, c’est difficile à discerner.

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  5. Je trouve absolument lamentable une partie de la prose de Jouzel et Larrouturou, et ils n’auraient jamais dû obtenir le Climathon de novembre, ni même un simple accessit.
    Ne trouvez vous pas scandaleuse la phrase :

    Salariés ou paysans, retraités ou étudiants, chômeurs, patrons de PME, artistes ou artisans, nous avons tous intérêt à agir avec force (…) Chacun de nous est concerné. Chacun peut agir.

    Alors qu’il aurait fallu écrire :

    Salarié.e.s ou paysan.ne.s, retraité.e.s ou étudiant.e.s, patron.ne.s de PME artistes ou artisan.ne.s, nous avons tous intérêt à agir avec force. Chacun.e de nous est concerné.e. Chacun.e peut agir.

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  6. Rrrrhhhôôôô Monsieur Rittaud, vous êtes dur avec cette pauv’ Ségolène.
    Sur la photo elle apparaît quasiment transie ou du moins tout à fait gourde, ce que vous ne pouvez contester en toute bonne foi.
    Sans compter que c’est pas facile de tweeter avec des moufles.

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