Irma : un record de rumeurs

par Cédric Moro.

 

Que n’a-t-on pas entendu dans une partie de la presse et dans les déclarations à chaud de scientifiques et d’experts du climat sur l’uragan Irma. C’était du jamais vu, du jamais mesuré, d’une puissance inégalée, Europe 1 allant jusqu’à parler « du plus important de l’histoire climatologique ». Des eaux extraordinairement chaudes devaient expliquer son intensité effroyable (sous-entendu :  Irma, c’est la faute au réchauffement), ses vents destructeurs records, son diamètre exceptionnel, ses pluies diluviennes, son raz de marée démesuré, son intensification inouïe ou ses dégâts hors normes…

Les dégâts sont réels, bien sûr comme pour tout ouragan de ce type. La compassion que nous ressentons tous pour les victimes ne doit pourtant pas servir d’alibi aux discours irrationnels qui négligent les faits et sautent à pieds joints dans les biais de comparaison issus de l’avancée constante des technologies d’observation, les représentations idéologiques en climatologie ou encore la course au sensationnalisme et à l’audience.

Le 6 septembre, rien ne permettait d’affirmer qu’Irma était l’ouragan le plus puissant ou le plus violent de tout l’Atlantique. Ce qui n’était qu’une affirmation hâtive de certains experts aurait toutefois pu se révéler une juste intuition.  Fallait-il voir dans les pronostics superstitieux du JT de France 2 l’amorce d’une mancie vérifiée ? (3)

Après avoir vu qu’au regard des paramètres classiques d’intensité des cyclones, rien ne permettait d’affirmer qu’Irma était l’ouragan n°1 au 6 septembre (2), nous en relèverons ici tous les paramètres secondaires (marées de tempête, pluviométries, déplacements, intensification, durées en intensité, mortalité, dommages … ) afin de voir comment Irma se positionne vis-à-vis de la violence des autres ouragans de l’Atlantique nord.

Annoncé comme le plus violent, Irma n’a pas été apocalyptique

Les raz de marée n’ont pas tout emporté puisque, dans le cadre d’un coefficient de marée peu important et de basses pressions assez modestes, l’ouragan Irma a engendré un maximum de surcôte par marée de tempête de 2,27m (7,48 pieds) en Floride et de 2,45 m à Barbuda (4), ce qui est très loin des 7,62 m à 8,53m (25 à 28 pieds) relevés lors du passage de Katrina sur la Nouvelle Orléans en 2005.

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Le déluge ne s’est pas non plus produit puisqu’Irma, avec ses 520mm de précipitations maximales relevés sur Cuba et ses 200 mm à Saint-Martin (5), est loin d’atteindre les 3429 mm relevés à Silver Hill plantation, en Jamaïque, suite au passage de l’ouragan de 1909 (6).

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Aucune apocalypse généralisée sur son passage puisque la mortalité d’Irma a été heureusement relativement modeste avec 84 morts (bilan évolutif mais donnant une estimation) dont 43 dans la Caraïbe et 39 aux Etats-Unis (7). Le bilan nous attriste tous, mais cela ne doit pas nous faire négliger que le « Great Hurricane » de 1780 avait fait 22 000 morts. Plus récemment, en 2005, Katrina avait causé 1300 décès  (8).

A l’échelle de l’Atlantique, avec 62 milliards de dollars de dégâts au minimum (9) dont 1,2 milliards pour Saint-Martin et Saint-Barth (10), causés par le fait qu’Irma a eu une trajectoire coïncidant avec beaucoup de terres habitées, le bilan provisoire des dommages est quant à lui des plus lourds. Il devrait toutefois être moins élevé que celui de Katrina et ses 108 milliards de dollars de dégâts (11).

Il convient de noter que la tendance de fond expliquant l’augmentation des coûts des catastrophes comme dans le cas des impacts des cyclones est, selon les professionnels de l’assurance, liée principalement à l’augmentation en nombre et en valeur des biens vulnérables dans les zones exposées et donc, à l’élévation des coûts des dommages après une catastrophe (et non à l’intensification des aléas) (12). Il est donc difficile de comparer en valeur relative les montants des dégâts entre différents cyclones de dates  éloignées.

Irma n’a pas été pas le plus dévastateur des Antilles françaises. Dans ce domaine, c’est l’ouragan de 1776 qui a laissé derrière lui le bilan effroyable de 6000 décès lors de son passage sur Pointe à Pitre (8). Il n’est pas non plus inhabituel qu’un ouragan de catégorie 5 traverse les Antilles françaises. Depuis 1630, pas moins de 6 ouragans de catégorie 5 ont frappé ces îles françaises : 3 au XVIIIème siècle et 3 au XIXème siècle (13).

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Irma ne fut pas non plus un « monstre climatique »

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent (2), Irma n’a battu aucun des records dans les paramètres classiques des cyclones de l’Atlantique (surtout celui des pressions mais aussi des vents soutenus et des rafales).

Irma n’était pas un monstre de taille record non plus, contrairement à certaines annonces sensationnelles. Irma est dans la taille des ouragans de catégorie 5, taille mesurée avec précision depuis l’avènement des satellites d’observation dans les années 70, avec un diamètre maximal d’environ 1000 km, ce qui le place bien derrière l’ouragan Sandy « Franckenstorm » en 2012 et ses 1850 km (14)

La distance qu’il a parcouru n’est pas non plus exceptionnelle avec 7000 km, bien loin de l’ouragan Faith en 1966 qui a effectué 12500 km en terminant au pôle nord (15).

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L’énergie cyclonique accumulée par Irma pendant son trajet est de 67,5 (16). Bien que très élevée, elle ne dépasse pas celle de l’ouragan San Ciriaco en 1899 estimée à 73,6 ou plus récemment celle d’Ivan en 2004 avec 70,4 (17).

Aucun effet sournois ou vicieux du « monstre » car, avec une vitesse maximale de déplacement au niveau de l’œil de 29,8 km/h, il est loin de détrôner le « New England Hurricane » de 1938 avec ses 110 km/h (18). Il n’a eu également aucune trajectoire erratique notable. De plus, à l’état d’ouragan de catégorie 5, il n’a jamais stationné près d’une zone densément peuplée, bien heureusement d’ailleurs compte tenu de l’intensité de ses plus forts vents.

L’effet de surprise ne pouvait pas venir non plus de son intensification, puisqu’il lui a fallu 6 jours (19) pour passer du stade de tempête tropicale au stade de cyclone de catégorie 5 alors qu’il n’a fallu que 24 h à Wilma pour effectuer la même intensification (20). D’ailleurs, les pressions le prouvent puisque Wilma a vu ses pressions chuter de 979 à 882 mb en 24h alors que sur ce même laps de temps, Irma est passé de 939 à 914 mb. Enfin, Wilma en profitait pour battre le record du plus petit œil vu dans un ouragan de cette catégorie avec 3,5km alors qu’Irma a toujours été largement au-delà.

Pas d’eau bouillante alimentant la bête infernale

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(21)

Dans l’hémisphère nord, sous le tropique du cancer, l’eau est relativement chaude, c’est un fait, surtout en été où elle dépasse allègrement les 26°C. Le mois de septembre est le moment où la température de l’océan Atlantique tropical est à son maximum donc où l’eau y est « très chaude », de fait.

Mais est-ce que c’est vraiment ce qu’a voulu dire Mme Valérie Masson-Delmotte ? Pas vraiment, en qualifiant les eaux de « très chaudes » qui auraient « renforcé » Irma, elle sous-entendait l’idée que le « réchauffement anthropique des océans » (qui demeure non démontré et fortement contesté) aggrave l’intensité des cyclones ; une idée spécieuse servie à volonté dans les médias par nos autres experts du GIEC tels que Jean Jouzel ou Hervé le Treut. Si nous avons nous aussi une pensée sincèrement émue et attristée pour les sinistrés de l’ouragan Irma (faites un don ici : https://www.pompiers-urgence.org/make-a-donation ), ce sentiment naturel d’empathie ne doit pas nous empêcher d’en rester aux faits scientifiques et rien qu’aux faits.

Mais, par-dessus le marché, Mme Masson-Delmotte fait passer ses idées autour du réchauffement climatique d’origine humaine non seulement dans un mélange « douteux » des genres suggérant que si les gens souffrent d’Irma, ce serait la faute au CO2 global qui le renforce et surtout pas au fait d’habiter en zone où des cyclones de catégorie 5 se produisent depuis toujours ou de ne pas être assez bien préparés à cette éventualité. Ce nouveau type de fatalisme du type « ce n’est pas notre faute mais celle du CO2 global » donc de la faute de la Chine, des USA, voire du monde entier, est un frein à la résilience de la société française, une cause contemporaine et sournoise masquant nos déficiences en matière de politiques de préparation, une irresponsabilité de fait.

Mais qu’en a-t-il vraiment été de cette anomalie des températures de la surface des océans en cette époque ? Comme le montre l’animation ci-dessous, il y a bien eu une anomalie positive, mais de 0° à 1,5°C seulement ! (22)

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Les anomalies de températures causées par El Nino dans le Pacifique peuvent dépasser les 5°C à 6°C mais elles n’engendrent pas de typhons notablement plus intenses. Une étude de chercheurs menée sur les ouragans en l’Atlantique nord de 1880 à 2002 confirme cette absence de causalité directe en concluant qu’au regard des données analysées « il n’y a aucune preuve sur le fait qu’une augmentation de la température de surface de l’océan induise une augmentation de l’intensité des ouragans » (23).

Cette conclusion est assez évidente en fait lorsque l’on connaît les trajectoires des cyclones, leur tendance à aller vers le nord, assez souvent vers des eaux plus froides, parfois en s’intensifiant. En se focalisant sur les températures de surface de l’océan, on est dans l’explication mono-cause des systèmes complexes et chaotiques, oubliant notamment les jeux des masses d’air dans l’intensification des phénomènes météorologiques.

Beaucoup de vent autour du record d’Irma

Irma ne bat aucun record dans la plupart des paramètres classiques liés aux vents. Rappelons ici qu’avec 185 mp/h (295 km/h), Irma n’est pas l’ouragan aux plus forts vents soutenus sur 1 minute dans l’Atlantique, c’est Allen (1980) avec 190 mp/h, 310 km/h. Avec une rafale maximale mesurée à 363 km/h en altitude par largage de sonde, Irma ne dépasse pas notamment les 375 km/h mesurés de la même manière dans l’ouragan Isabel (2).

En intensité record sur le mois de septembre de l’Atlantique Nord, c’est l’ouragan Gilbert de 1988 qui emporte le record avec 295 km/h de vents soutenus, à égalité avec Irma, mais avec 888 mb de pression minimale (24), soit une différence de pression de 26 mb avec Irma (914 mb).

Avec ses 11,25j, Irma n’est pas non plus l’ouragan ayant soufflé le plus longtemps, ce record revient à l’ouragan San Ciriaco de 1899 avec 27 j et 18h (25).

Concernant l’ouragan ayant été le plus longtemps en catégorie 5, là aussi, ce sinistre record semble revenir à l’ouragan Cuba en novembre 1932, de 915 mb, qui a soutenu des vents des plus destructeurs pendant 3j et 6h, alors qu’Irma le talonne avec 3j et 3h (26). Admettons qu’ils soient ex-aequo. Allen et Ivan ne sont pas loin derrière avec 3 j tenus en catégorie 5 (27).

Un record majeur : la plus longue durée de vents soutenus à 295 km/h ! 

Ce record semble avoir été sous-estimé dans sa durée dans la presse, comme les 37 h évoquées par les décodeurs du monde (28), alors que j’ai calculé que du 5 septembre à 2h au 7 septembre à 1h, Irma a soufllé de manière soutenue et continue avec des vents de 185 mph (295 km/h) pendant 47h (19). Ce record en durée a été affiné par des mesures (des avions du NHC) effectuées à des intervalles de temps encore plus resserrés, dans la nuit du 6 au 7 septembre.  C’est, le seul record vraiment majeur d’Irma et il l’est de plus toutes mers confondus. Néanmoins ce record aurait dû être relativisé car il présente plusieurs biais.

Un record intimement lié à une technologie récente, en progression constante

Ce record présente un biais pour la comparaison des cyclones historiques lié à l’évolution des technologies d’observation. En effet, des vents soutenus ne peuvent être mesurés avec une telle précision qu’avec des avions chasseurs allant au plus près du mur de l’œil du cyclone, les images satellites ne permettant d’en déduire que des estimations.

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Sur cette estimation de la vitesse des vents au sol à partir d’image satellite, on notera que la NOAA a mesuré en réalité des vents soutenus de 295 km/h, qui se situent dans la limite haute de cette estimation (max à 300 km/h). Ainsi, pour d’autres cyclones tropicaux, sans avion chasseur de cyclones, cette méthode d’interprétation des images satellite a pu mener à en conclure des vitesses de vents maximales dans le mur inférieures à leur vitesses réelles.

Les stations météo quant à elles ne sont souvent pas opérationnelles pour mesurer les vents les plus forts dans les cyclones de catégorie 5. Lorsqu’elles restent fonctionnelles, il est rare que leur position géographique coïncide avec le passage de l’oeil du cyclone et donc qu’elles aient pu mesurer les vents soutenus les plus forts dans le mur. On peut donc fortement regretter que les stations de Météo-France n’aient pas été conçues pour rester opérationnelles face à des vents cycloniques de catégorie 5 car l’occasion de mesure au sol, dans le mur, était historique pour la France.

Cette précision dans la donnée de longue durée des plus forts vents soutenus est donc intimement liée à l’évolution des technologies d’observation des chasseurs de cyclones et de leurs sondes, relativement récentes, en progression constante et qui ne couvre pas encore tous les océans où se produisent des cyclones.

Le seul record important d’Irma ne peut donc être comparé que difficilement avec d’anciens ouragans de catégorie 5. C’est une des raisons pour lesquelles la durée d’intensité des cyclones en catégorie 5 reste un classique, car elle les place dans une fourchette de vents, qui laisse une place à l’erreur et aux estimations, surtout pour les cyclones plus anciens. Elle reste également un classique car la destructivité d’un cyclone de catégorie 5, quels que soient ses vents exacts, est à peu près similaire selon les paysages ou les structures, ce qui explique pourquoi le Dr Robert Simpson co-créateur de l’échelle de Saffir-Simpson, ne voyait pas d’intérêt à définir une catégorie 6 (30).

Pas de prise en compte de la vitesse de déplacement de l’œil dans la durée d’intensité

Pour avoir un paramètre plus juste de comparaison des cyclones entre eux en ce qui concerne la durée réelle des plus forts vents soutenus, il faudrait pondérer ce paramètre par la vitesse du déplacement de l’œil. Ainsi, au niveau d’une position géographique particulière sur la trajectoire de l’oeil, si l’œil du cyclone se déplace lentement, la durée d’exposition à ses plus forts vents soutenus sera bien plus longue que s’il se déplace vite, endommageant alors d’autant plus sévèrement les structures bâties et les paysages. Ainsi, si on prend deux cyclones aux mêmes vents soutenus, avec la même largeur de mur (zone près de l’œil où se produisent les vents les plus forts) mais que l’un se déplace à une vitesse double de l’autre, le temps passé à subir les plus forts vents soutenus sera deux fois plus important dans le cas du cyclone lent que dans le cas cyclone plus rapide.

Les biais induits par la multiplication des paramètres dans la recherche d’un record

Pour augmenter la probabilité de trouver un record à un événement, il suffit de multiplier les paramètres auquel cet événement est soumis et c’est exactement ce qui a été fait avec cet ouragan, notamment autour du paramètre d’intensité des vents, faisant fi des autres paramètres plus généraux et consensuels comme celui des minimums de pression.

Ainsi, à n’en pas douter, la presse et les experts trouveront encore régulièrement des records avérés à bien d’autres ouragans tant les paramètres sont maintenant nombreux avec la diversification des mesures prises autour et au sein du cyclone, surtout depuis l’ère satellitaire. Cela ne sera pas sans impact sur la perception du public, voire des décideurs.

Ce biais ne sera pas facilement corrigé puisque les consultants, cherchant de la visibilité médiatique, multiplient les paramètres pour trouver des records aux médias et les médias, à la recherche d’événement, incitent les consultants à leur communiquer des records, en échange de visibilité. Il en va également de certaines institutions qui cherchent des records aux cyclones pour montrer à la population la validité de leurs thèses sur le « dérèglement climatique » en cours selon eux depuis que l’homme rejette dans l’atmosphère du CO2 en quantités industrielles.

Synthèse du bilan d’Irma vis-à-vis des records des Ouragans dans l’Atlantique

Minimum de pression X
Vents soutenus maximum X
Rafale maximale X
Hauteur de marée de tempête X
Précipitation X
Hauteur de houle
Nombre de Tornades
1er ouragan de catégorie 5 sur les terres traversées X
Plus grand diamètre X
Rapidité de déplacement X
Trajectoire la plus ératique X
Dimension min ou max de l’œil X
Plus longue distance parcourue X
Intensification la plus rapide X
Energie cyclonique accumulée X
Anomalie de température de surface de mer X
Plus intense ouragan au mois de septembre X
Plus longue durée en catégorie ouragan X
Plus longue durée en catégorie 5 =
Plus longue durée mesurée en vents soutenus > 295 km/h O
Plus lourd bilan humain X
Plus lourd bilan économique X
X : Record non battu, O : record battu,

– : Données non communiquée, = : Ex-aequo

Il est possible de comparer cette liste de paramètres, assez classiques et de bon sens, avec la liste des nombreux records d’Irma, relevée par certains experts en météorologie (31) mais il est nécessaire de se rendre compte que les paramètres les plus pertinents pour mesurer la puissance ou la violence d’un cyclone peuvent être complètement masqués ou oubliés en mettant en évidence des records sur des paramètres secondaires ou dérivés, qui pousseront toujours à dégager le caractère exceptionnel mais particulier d’un cyclone.

Des rumeurs de violences inégalées aux rumeurs des bilans macabres

Contrairement à une idée répandue dans le grand public, ce ne sont pas les cyclones les plus venteux qui sont les plus violents pour l’homme mais les cyclones aux plus fortes submersion (marée de tempête et/ou inondations). Malgré le fait qu’Irma a conjugué une rare intensité de vents et une trajectoire passant souvent au dessus des terres habitées, son bilan humain, évidemment fort triste, demeure modeste ; les cyclones venteux, sans pression minimale très basse, ne sont pas les plus dangereux pour l’homme.

Beaucoup de médias importants et une partie des experts, en état d’excitation maximale, n’ont pas voulu ou su reconnaître cette spécificité d’Irma, préférant le qualifier de tous les superlatifs. A la fin des fins, il ne restait plus qu’au Monde et à ses décodeurs, eux aussi  dans l’hystérie collective, à constater les rumeurs qui couraient sur le millier de morts caché par les autorités françaises, sans jamais remonter aux racines médiatiques de la rumeur sur, disaient-ils pourtant, la puissance jamais vue d’Irma (32).

A toute cause, tout effet.

Sources : 

(1) Christophe Hondelatte « Quelles conséquences après le passage de l’ouragan Irma ? » – le 7 septembre 2017 – Europe 1 http://www.europe1.fr/emissions/l-invite-d-europe-soir/quelles-consequences-apres-le-passage-de-louragan-irma-3430166

(2) Cédric Moro « Irma : Chronique d’un record médiatique » Le 11 septembre 2017  https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2017/09/11/irma-chronique-dun-record-mediatique/

(3) Nicolas de Chateauneuf « Irma, un ouragan hors normes » – le 7 septembre 2017 – France 2 TV  http://www.francetvinfo.fr/meteo/cyclone-ouragan/ouragan-irma/irma-un-ouragan-hors-normes_2362137.html

(4) National Weather Service (NOAA)  « UNESCO IOC CARIBE EWS SEA LEVEL STATIONS NETWORK RECORDED THE EFFECT OF HURRICANE IRMA ACROSS THE NORTHERN CARIBBEAN AND ADJACENT REGIONS (September 5-11, 2017) » http://www.weather.gov/ctwp/

(5) Keraunos « L’exceptionnel ouragan Irma dévaste le nord des Antilles et la Floride du 6 au 11 septembre »

http://www.keraunos.org/actualites/fil-infos/2017/septembre/ouragan-irma-saint-martin-saint-barthelemy-iles-vierges-bahamas-cuba-usa-septembre-2017-cyclone

(6) Wikipedia « Wettest tropical cyclones and their remnants on Earth » https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_wettest_tropical_cyclones#Overall_Wettest

(7) Zachary Fagenson (Reuters) le 15 septembre « About 1.5 million, mostly in Florida, without power in Irma’s wake »  https://www.reuters.com/article/us-storm-irma/about-1-5-million-mostly-in-florida-without-power-in-irmas-wake-idUSKCN1BQ1C6

(8) National Hurricane Center « The Deadliest Atlantic Tropical Cyclones, 1492-1996 » http://www.nhc.noaa.gov/pastdeadlyapp1.shtml?

(9) Wikipedia « Hurricane Irma – Death and damage by territory »

https://en.wikipedia.org/wiki/Hurricane_Irma

(10) Caisse centrale de réassurance de l’Etat (CCR) « Ouragan Irma : CCR évalue à environ 1,2 milliard d’euros le coût des dommages assurés pour les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy » le 9 septembre 2017. https://www.ccr.fr/web/ccr/-/communique-de-presse-irma

(11) Richard D. Knabb, Jamie R. Rhome, and Daniel P. Brown « Tropical Cyclone Report – Hurricane Katrina » National Hurricane Center. Le 20 décembre 2005, dernière mis à jour le 14 septembre 2011. www.nhc.noaa.gov/data/tcr/AL122005_Katrina.pdf

(12) La Manche libre « Irma, une des catastrophes naturelles les plus coûteuses en France » le 9 septembre 2017 http://www.lamanchelibre.fr/actualite-383761-irma-une-des-catastrophes-naturelles-les-plus-couteuses-en-france

(13) Garnier, E., Desarthe, J., and Moncoulon, D.: « The historic reality of the cyclonic variability in French Antilles, 1635–2007 », Clim. Past Discuss., https://doi.org/10.5194/cpd-11-1519-2015 , 2015. Lien issu du https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2017/09/13/histoire-longue-des-cyclones-aux-antilles/

(14)  NWS – National Hurricane Center « Hurricane Sandy – Discussion n°29 » le 29 octobre 2012. http://www.nhc.noaa.gov/archive/2012/al18/al182012.discus.029.shtml

(15) NOAA – Hurricane research division « What is the farthest a tropical cyclone has traveled ? » le 25 mai 2016 https://www.webcitation.org/5gsJuFzTf?url=http://www.aoml.noaa.gov/hrd/tcfaq/E7.html

(16) Wikipedia – Energie cyclonique accumulée – Tempêtes tropicales seules https://en.wikipedia.org/wiki/Accumulated_cyclone_energy#Individual_storms

(17) Données ACE pour les cyclones tropicaux de l’Atlantique de 1950 à 2012. http://policlimate.com/tropical/atlantic_storms_ace_maxw.dat

(18) National weather service « The Great New England Hurricane of 1938 » http://www.weather.gov/okx/1938HurricaneHome

(19) The Weather Chanel « Irma’s Historical Track » August 30 – September 12, 2017, Data provided by the National Hurricane Center https://weather.com/storms/hurricane-central/irma-2017/AL112017

(20) Richard J. Pasch, Eric S. Blake, Hugh D. Cobb III, and David P. Roberts. 2006. « Tropical Cyclone Report – Hurricane Wilma » National Hurricane Center.  www.nhc.noaa.gov/data/tcr/AL252005_Wilma.pdf

(21) Tweet de Mme Masson-Delmotte en date du 6 septembre 2017 sur les « eaux très chaudes » ayant « renforcé » Irma https://twitter.com/valmasdel/status/905436329223303169

(22) National wheather service & National hurricane center : « Reynolds Daily See Surface Temperature Anomaly (°C) » du 1er au 11 septembre 2017 – Animation GIF.

(23) Kenneth T. Bogen, Larry E. Fischer and Edwin D. Jones (2011). Hurricane Intensity, Sea Surface

Temperature, and Stochastic Variation, Recent Hurricane Research – Climate, Dynamics, and Societal

Impacts, Prof. Anthony Lupo (Ed.), ISBN: 978-953-307-238-8, InTech, Available from:

http://www.intechopen.com/books/recent-hurricane-research-climate-dynamics-and-societalimpacts/hurricane-intensity-sea-surface-temperature-and-stochastic-variation

(24) Wikipedia – Liste des records des cyclones tropicaux d’Atlantique – Le plus intense mesuré selon le mois de l’année : https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Atlantic_hurricane_records#Most_intense_by_month

(25) Chris Riley’s Hurricane.com Team « Atlantic hurricanes and tropical storm records » – Datas from NOAA & NHC http://www.hurricane.com/hurricane-records.php

(26) Wikipedia «  Liste des records dans des cyclones de l’Atlantique – Plus longues durée en catégorie 5 – Source Hurdat https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Atlantic_hurricane_records#Longest_duration_as_a_Category_5_hurricane

(27) NOAA – Hurricane research division « Quels ouragans ont été en catégorie 5 le plus longtemps » Dernière mise à jour au 1er juin 2016 http://www.aoml.noaa.gov/hrd/tcfaq/E8.html

(28) Les décodeurs « Avec des vents à 295 km/h pendant 33 heures, l’ouragan Irma a battu le record de Haiyan » le 7 septembre à 13h04. Le Monde http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/07/avec-des-vents-a-295-km-h-pendant-33-heures-l-ouragan-irma-a-battu-le-record-de-haiyan_5182333_4355770.html

(29) Tweet de @PaulMaxit « Mon estimation de l’impressionnante vitesse des vents d’Irma  270 à 300 km/h – 7 septembre https://twitter.com/PaulMaxit/status/905753932768698368

(30) The Marina Weather Log – Avril 1999 « The Saffir/Simpson Hurricane Scale: An Interview with Dr. Robert Simpson »  http://novalynx.com/store/pc/Simpson-Interview-d53.htm

(31) Philip Klotzbach 11 septembre 2015 « Hurricane Irma Meteorological Records/Notable Facts Recap » https://twitter.com/philklotzbach/status/907075148120981504

(32) Les décodeurs « « On nous cache des morts » : aux racines des rumeurs sur l’ouragan Irma » le 13 septembre 2017. Le Monde http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/13/on-nous-cache-des-morts-aux-racines-des-rumeurs-sur-l-ouragan-irma_5185138_4355770.html

15 réflexions au sujet de « Irma : un record de rumeurs »

  1. Bonjour,
    Merci pour tous ces éléments. Attention néanmoins, car (13) n’a pas été publié finalement, en effet, on peut lire dans le « Review status de Climate of the Past » :
    « This discussion paper is a preprint. It has been under review for the journal Climate of the Past (CP). The manuscript was not accepted for further review after discussion. ».

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    • Si vous insistez sur ce point, vous en avez le droit mais cette étude me permettait d’illustrer le fait qu’il ne faut pas oublier que des ouragans majeurs, beaucoup plus mortels qu’Irma dont « très probablement » certains de catégorie 5, se sont produits par le passé sur les Antilles françaises et cela plusieurs fois par siècle.

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  2. Bravo pour la clarté et l’exhaustivité de votre présentation.
    En même temps vous pouvez raconter ce que vous voulez mais le Président de la République a affirmé à propos de Maria, Irma, Harvey : « Ces ouragans sont une conséquence directe du réchauffement climatique ».
    Partant de là, votre article ne pèse pas lourd.
    http://www.lci.fr/societe/en-direct-ouragan-maria-guadeloupe-ouragans-sont-consequence-directe-rechauffement-climatique-selon-emmanuel-macron-2064653.html

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    • Oui, je sais bien surtout que sur ce blog, je prêche des convaincus et de plus, je ne passe pas dans les médias tous les jours comme lui.
      Il me semble avoir entendu d’une oreille distraite sur France 24 qu’il évoquait dans une petite improvisation l’ouragan « José » au lieu de « Maria » pour l’ouragan en cours (mais je n’arrive pas à remettre la main dessus), comme quoi, si je trouve cette confirmation cela prouvera définitivement que la réduction du CO2 l’importe plus que la gestion de crise au pire d’un ouragan de catégorie 5 car ne pas savoir que le nom du cyclone qui vient frapper les Antilles est Maria, c’est ne même pas y avoir jeté un coup d’oeil 5 minutes.

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  3. Bonjour
    Bravo pour cette étude fouillée. Il y a quand meme eu un éclair de la lucidité d’un grand carbocentriste : Hervé le Treut sur :
    http://www.lejdd.fr/societe/ouragans-et-rechauffement-climatique-ce-que-disent-les-chercheurs-3429899
    « Interrogé par France Inter, Hervé Le Treut, climatologue et membre du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), relativise aussi l’impact du réchauffement sur la puissance des cyclones. Il évoque là aussi un manque de « recul nécessaire » pour évaluer les données. « La température de l’eau est un des facteurs qui influence la génération des cyclones et leur intensité, estime l’universitaire, mais d’autres entrent en ligne de compte. »

    Ce qui l’amène à une conclusion sans appel : « On ne peut donc pas conclure à un lien direct entre réchauffement climatique d’une part, et intensité et fréquence des cyclones d’autre part. » L’analogie systématique entre réchauffement climatique et ouragans est contre-productive, juge encore Hervé Le Treut : « Cela donne l’idée que le réchauffement climatique est une affaire de catastrophes, alors que c’est une question d’évolution lente de notre milieu. »
    Saumon

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  4. Oui c’est de bon aloi d’être prudent et de ne pas annoncer n’importe quoi. Ceci étant, autant de cyclones de si forte intensité dans cette région, en si peu de temps (ce n’est que la moitié de la « saison ») est tout de même assez rare et heureusement. Et même si les gens concluent un peu trop vite, il faut bien avouer que le principe même de la création d’un ouragan avec les eaux très chaudes de l’océan ne plaide pas pour que les cyclones deviennent plus faibles ou plus rares , si l’eau est plus chaude non ? Bon j’entends déjà ceux qui vont dire rien ne prouve qu’ils se rechauffent les océans ! Peut être mais qu’ils se refroidissent encore moins je suppose d’après les rares mesures données par les balises. Et quid des températures à différentes profondeurs etc ?

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  5. Ce matin sur France Info Valerie Masson Delmotte a plutôt été sur la ligne de Le Treut, parlant d’un échauffement des eaux naturels , liés aux grandes oscillations.
    Rétropédalage? Crainte que les bêtises des politiques et des media soient contreproductives pour la Cause?

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  6. Bonjour
    Un peu de fun :
    De qui parle M Huet dans ses commentaires sur
    http://huet.blog.lemonde.fr/2017/09/20/lecons-de-cyclones-pour-le-climat/#comments
    Un internaute a cité votre blog peu avant :
    Rédigé par : Ronan | le 20 septembre 2017 à 21 h 56 min

    Je cite M Huet :
    « Vous devriez vous méfiez un peu plus de ce blogueur, qui ne constitue pas une référence sérieuse en climatologie, référence qui s’acquiert par la participation à la recherche et la publication d’articles scientifiques dans ce domaine.
    Cordialement
    Sylvestre Huet
    Rédigé par : huet | le 21 septembre 2017 à 18 h 08 min | |  »

    J’espére que vous allez vous en remettre sans trop de difficulté !
    Salutations

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