Climats et civilisations sur Arte

Un courrier que m’a adressé Joaquim, suffisamment intéressant pour mériter d’être reproduit ici in extenso.

Je voudrais attirer votre attention sur trois documentaires anglais sur le thème « civilisations et climat », qui sont restés plusieurs mois sur le site Arte TV et que j’ai visionnés récemment un peu par hasard.
À mon grand étonnement, le contenu de ces documentaires va à l’encontre de la doxa climatique et des programmes généralement diffusés sur les chaînes publiques qui annoncent la fin du monde pour demain matin.
Malheureusement ces trois documentaires viennent tout juste d’être supprimés du site Arte TV, mais on peut encore les retrouver sur Internet.

Le premier et le plus intéressant s’intitule « l’aube des temps », on peut le consulter sur le lien suivant :
https://ne-np.facebook.com/Citoyen-du-Monde-368796023191474/videos/civilisations-et-climat-1-laube-des-temps/601039537879755/

Avec pour les plus pressés un résumé de 3 minutes qui en dit l’essentiel sur le lien suivant :
https://www.facebook.com/artetv/videos/civilisations-et-climat-arte/527152215695017/


Le documentaire n°2 intitulé « Rome et Athènes » est  sur ce lien :
https://hi-in.facebook.com/Citoyen-du-Monde-368796023191474/videos/civilisations-et-climat-2-rome-et-ath%C3%A8nes/542772983991648/

Et le troisième intitulé « la chute de Rome » sur ce lien :
https://ms-my.facebook.com/Citoyen-du-Monde-368796023191474/videos/740734463739377

Le premier documentaire apporte un éclairage nouveau sur la fin soudaine des civilisations de l’âge de bronze final dont les causes ne semblaient pas établies avec certitude. Selon de nouvelles recherches, le changement climatique serait la cause principale de cet effondrement de civilisations prospères. Changement climatique dévastateur certes mais qui va dans le sens de la baisse des températures ! (NB : Je n’accorde pas plus de crédit à ces « recherches » qu’à celles qui prédisent la fin du monde pour cause de réchauffement, ce sont, pour moi, des recherches parmi d’autres qui ont toutes les chances d’être démenties un jour…)

Dans le docu n°1 on apprend (avec des cautions scientifiques qui ont l’air sérieuses, mais comme toujours à pendre avec réserves) que dans un monde sans énergie fossile :

• Dans la période de l’Âge de Bronze final (1250 à 1150 av. J.-C.), un changement climatique majeur (refroidissement !) et très rapide (sur 2 générations !) a été observé (contrairement à la doxa climatique qui prétend que l’augmentation actuelle de la température de 1,1° sur 150 ans est un changement climatique d’une rapidité « jamais observée dans l’histoire de la terre » donc forcément dû à l’activité humaine récente).

• Les sociétés de l’Âge de Bronze final autour de la Méditerranée étaient à leur apogée quand la température était élevée. Lorsque la température a commencé à baisser rapidement autour de 1250 av. J.-C, la richesse a fait place au chaos, les civilisations se sont effondrées. (La doxa répétant sans cesse que l’augmentation de la température ne peut qu’aboutir à la fin du monde, ici on observe selon ces scientifiques que c’est le refroidissement qui a été fatal.)
 
• Le refroidissement a entraîné la sécheresse provoquant d’une part l’affaiblissement des moussons qui chargeaient les fleuves en sédiments permettant aux civilisations de devenir florissantes autour des grand fleuves, et d’autre part une désertification générale entraînant des migrations massives, sources de désordres et de guerres. (La doxa prétend souvent tout et son contraire, mais entre autres que le réchauffement climatique entraîne la sécheresse et la désertification ; ici, à l’observation du passé on nous dit que c’est le refroidissement qui a abouti à cette situation de sécheresse malheureuse…)
• On comprend que c’est la sécheresse et non la température qui provoque des incendies (ce qui est logique), c’est donc le refroidissement qui, à terme, a provoqué des incendies qui ont participé à la destruction de ces civilisations anciennes.

En conclusion, on apprend (on le savait déjà) que quand l’homme dépend de la nature (pluies, moussons, niveau des océans, incendies, cyclones) il est fragile et que toute catastrophe naturelle ou tout changement climatique sur le plus long terme peut lui être désastreux. On découvre (on s’en doutait !) que l’homme doit s’adapter à ces changements et en réguler les effets pour profiter des effets positifs des changements (il y en a toujours) et se prémunir de leurs effets négatifs (il y en a toujours également). 

Remarques personnelles : La politique climatique comprend généralement 2 volets,
• Volet 1: l’adaptation aux changements, ou aux aléas, ce qui peut se traduire par des objectifs clairs, des stratégies bien définies et des moyens d’action précis, chiffrables et contrôlables.
• Volet 2 : la « protection du climat » qui, en dehors de quelques mesures punitives (souvent irréalistes voire surréalistes), ne comprend que des formules vagues et incantatoires dont les effets ne sont pas contrôlables et les financements infinis.
(NB : juste pour en rire, j’entendais M.-E. Leclerc à la télévision dire qu’avec la nouvelle « loi climat », il pourrait toujours vendre ses carburants à prix coûtant, mais qu’il lui sera désormais interdit d’en faire la promotion… au même titre que pour les cigarettes ou les alcools… voilà une disposition bien utile !)

Les écologistes sont généralement opposés aux interventions humaines du volet 1 (qui détériorent la planète sans régler les vrais problèmes climatiques), et ils demandent aux dirigeants d’agir directement sur le climat pour que le monde revive enfin comme dans le passé dans un paradis climatique, stable et amical… Disons qu’ils seraient favorables au mieux à une politique faite à 10% de volet 1 et 90% de volet 2 (estimation toute personnelle quand j’entends les « autorités » écologistes du monde).

Les deux autres documentaires sont moins centrés sur le climat, mais plus sur l’environnement en général. Dans le docu n°2, on apprend que lorsque la température a augmenté à nouveau, de nouvelles civilisations florissantes ont vu le jour en Méditerranée : Athènes puis Rome (le fameux optimum climatique romain…).
Le docu n°3, consacré à la chute de Rome, nous explique que Rome a connu son âge d’or quand le climat était chaud, puis en raison de l’augmentation de la population et des échanges commerciaux mais aussi des habitudes sociales (les fameux thermes publics pas très hygiéniques) ce sont les épidémies (malaria, typhus, variole, pestes Antonine et justinienne) qui, si elles ne l’ont pas directement causée, ont largement participé à la chute de l’empire romain d’Occident puis d’Orient.
La douceur de la période faste de l’empire romain d’Occident a pu favoriser la malaria, mais on apprend aussi que ce sont des hivers très froids de 530 à 540 ap. J.-C. qui ont favorisé la terrible peste justinienne. 


NB. Si on est pressé, on peut ne regarder que le docu n°1, qui est plus centré sur le climat proprement dit, et même accélérer la vitesse de lecture !
Autre remarque personnelle : je n’apprécie guère ces documentaires qui cherchent à faire sensation par des images de reconstitution pseudo historiques et surtout qui allongent sans cesse la sauce pour faire 3 formats de 50 minutes alors qu’un seul de 30 aurait largement suffi… mais le titre m’avait attiré et je ne regrette pas d’y avoir jeté un œil.

27 réflexions au sujet de « Climats et civilisations sur Arte »

  1. La semaine dernière, dans « Les Echos », il y a eu une série de 5 articles sur le climat responsable de l’effondrement des cités mayas, de la Révolution française, de la chute de Rome, ou encore des Ming au XVIIème ou des Kmers au XVème. Ils soulignent que tous ces évènements qui ont marqué l’Histoire ont en commun une origine climatique. La météo, notamment celle de ce jour terrible du 13 juillet 1788, qui fait flamber le prix du pain, les famines qui déciment des régions entières en Chine, la fin de « l’optimum climatique romain », ont provoqué révoltes ou révolutions, crises sociales ou alimentaires qui ont finalement conduit à un changement de régime.
    Les émissions anthropiques de CO2 étaient alors bien faibles.

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  2. Non, ce ne sont pas les évolutions climatiques qui induisent la fin de certaines civilisations mais les manques d’adaptation des civilisations face à ces évolutions. Quand je vois que l’Europe veut maintenant rouler à l’électrique et planter des éoliennes pour résoudre les problèmes liés à son récent réchauffement climatique, je me dis qu’elle n’est pas loin de manquer son adaptation, car, comme vous dites, c’est 90% au moins des budgets qui partent dans l’atténuation et 10% au plus dans l’adaptation.
    Par exemple, sur les incendies de forêt en France, cela fait des années que les cadres de la sécurité civile, dont la doctrine d’attaque massive des feux naissants a amplement fait ses preuves, clament leurs besoins de moyens aériens supplémentaires dans le cas où plusieurs zones de défenses devaient être menacées simultanément par de nombreux départs de feu :

    C’est ce qu’il s’est passé cet été avec le sud-est et le sud-ouest en proie à de nombreux départs de flammes mais dont les moyens aériens étaient déjà mobilisés sur les feux naissants du sud-est et bien peu disponibles pour attaquer ceux naissant dans le sud-ouest.
    On savait que l’on aurait des problèmes dans cette configuration et qu’avons nous fait ? Où à porter l’effort financier ? Sur l’atténuation climatique bien entendu, cette chimère. Et les exemples de ce type de manques d’adaptation sont tellement nombreux.
    Et sur les réseaux sociaux, dans la presse et au gouvernement, qu’entend-on au regard des incendies de forêt de cet été ?
    « Il faut diminuer davantage les gaz à effet de serre », de manière plus ou moins extrémiste selon les tendances. Donc, aucune prise de conscience du rôle primordial de l’adaptation et de la résilience face aux événements météos et aux évolutions climatiques.

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    • Bonus tweet diminution GES au lieu d’adaptation (parmi d’autres) :

      Le climat sur Twitter au sujet de cette sécheresse en Europe me donne juste encore de vomir tant il est déconnecté. Qu’ils dépensent donc sans compter dans leur diminution des GES, ils verront bien vers quelle hypo-résilience cela va les mener…

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  3. Moi, à l’inverse je n’ai pas voulu regarder ces documentaires tant je savais ce qu’ils allaient nous marteler une fois de plus sur le sujet de l’homme et du climat… Je vais donc y jeter un œil. Merci du conseil.

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  4. Un climat favorable peut engendrer des conditions favorables au développement et aujourd’hui, si on se projette ? La notion d’apogée de civilisation est assez relative. Qu’entend-on par là ? On pourrait se dire qu’il s’agit de la capacité d’une civilisation à asservir celles qui l’entourent. Où bien on peut la définir comme la capacité de faire vivre un maximum d’habitant au km². Ou bien encore la capacité à être le lieu de « sauts culturels ou technologiques » tels que l’agriculture, la roue, l’écriture. C’est sans doute un peu un mélange de tout ça.

    Quand les agriculteurs ont foutu sur la gueule aux nomades, cela s’est fait pour des raisons d’une arme militaire infaillible : Le nombre. D’une part, les agriculteurs peuvent nourrir bien plus de gens aux km². D’autre part, les naissances se gèrent plus efficacement par la spécialisation du travail et la sédentarité. On a pu montrer que les sociétés de nomades espaçaient bien plus leurs naissances que les sociétés d’agriculteurs, car trimbaler des enfants en bas age et tout le fatras associé n’est pas évident du tout pour des nomades qui marchent de longues heures durant. Ainsi, les nomades ont rapidement été décimés par les agriculteurs grâce au nombre, alors que cette forme d’organisation humaine a été exclusive pendant des millions d’années.

    Peut-on parler de déclin des nomades pour autant ? Les agriculteurs devaient travailler bien plus, vivaient moins longtemps, et ont eu des rages de dents terribles liées au changement d’alimentation (céréales). Ils ont aussi connu des épidémies à répétition liées aux concentrations humaines. Bref ils vivaient plutôt moins longtemps et moins bien, mais étaient simplement plus nombreux au km², et donc supérieurs militairement.

    L’apogée d’une civilisation se caractérise donc plutôt par le nombre que par la qualité de vie. Loin de moi l’idée de faire l’apogée de la décroissance. Mais juste celle de relativiser la notion d’apogée de civilisation et de faire une transition sur la situation actuelle :

    Dans notre société moderne, il y a un paradoxe naissant. Les sociétés croissent dans un premier temps avec la modernité grâce aux progrès de la médecine, à l’hygiène, et à l’alimentation. Mais ensuite, la modernité entraîne une chute de la fécondité qu’on constate partout dans les sociétés qui se développent. Ceci est lié à la maîtrise de la contraception et sans doute à l’aspiration des femmes à devenir un peu plus qu’un simple ventre à faire des enfants. Ainsi le Japon, l’Allemagne et même la France entament une phase de décroissance démographique qui commence à sérieusement inquiéter les démographes et les économistes, la démographie étant un levier essentiel de la croissance.

    La fécondité baisse partout, même en Afrique où elle est passée de 8 à 4 enfants par femmes, et tout indique que le continent suit notre chemin certes avec quelques générations de retard. Les dernières projections mondiales pour le pic démographique sont aux alentours des années 2060 (pic estimé à 9,73 milliards d’humains en 2064 https://www.thelancet.com/article/S0140-6736(20)30677-2/fulltext). Lui succédera une décroissance inéluctable, et à terme, … ? un déclin de l’humanité ? Le seuil de renouvellement d’une population est de 2,05 enfants par femme. Donc si la fécondité est au-dessus, la population augmente, mais si elle passe au-dessous, la population à terme, disparaît ! En dessous du seuil, ce n’est plus qu’une question de temps.

    Voici donc enfin venu le temps béni pour nos amis écologistes qui rêvent d’une Terre sans homme ! Le paradoxe, c’est que c’est justement la modernité qu’ils fustigent, qui leur apporte sur un plateau en faisant baisser la fécondité, ce déclin démographique global de la civilisation moderne tous continents confondus, ce « paradis » sans humain tant espéré. Gloire à toi Gaïa, ta résurrection est proche !

    Amitiés Dominique

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    • Merci pour votre avis complémentaire enrichissant.
      Il me semble qu’un autre point de vue pourrait aussi qualifier l’apogée d’une civilisation : c’est sa tendance vers la décadence. C’est un fait aussi intéressant de voir que bien souvent la décadence précède de peu le déclin des civilisations. En l’occurrence Rome ou la renaissance en sont des témoins.
      Quand on voit (et je ne regarde plus depuis plusieurs années) le niveau de la « production artistique » télévisuelle je me demande si on est pas précisément à ce niveau de non-retour..?
      Une chose est sûre, c’est que cette decadence est la nourriture spirituelle de tous les ayatollahs d’ici et d’ailleurs…!

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      • Merci à vous ! Pour le critère de « la décadence » qui mesurerait l’apogée d’une civilisation, on peut la constater subjectivement de ci delà, mais on pourra difficilement en faire une mesure objective. Il y aurait peut-être une façon de mesurer plus objectivement l’apogée d’une civilisation en mesurant sa capacité à imposer sa langue. Une langue qui s’impose est le reflet d’une civilisation qui se développe et étend sa zone d’influence. Ainsi la France a imposé sa langue dans pas mal de pays et son empire déclinant peut se mesurer à son influence linguistique déclinante. Aujourd’hui l’anglais est la langue du business, … ok mais de moins en moins… Le chinois prend le relai de plus en plus.
        On retrouve dans notre langue les influences de pas mal de civilisations qui nous ont influencé et asservis. Pour un linguiste, à l’exception du basque et du finnois, toutes les langues européennes sont les mêmes (les racines des mots essentiels étant tellement proches). Ce sont toutes des langues indo-européennes. Hors une diversité linguistique insoupçonnée pré-existait forcément avant cette uniformisation comme on la constate dans les sociétés traditionnelles (voir les travaux de Jared Diamond qui a étudié de près les sociétés de nouvelle guinée, où des langues aussi différentes que l’hébreu et le chinois se côtoient parfois d’une vallée à l’autre).
        Cette diversité anciennes est la marque de pas mal de civilisations et cultures qui ont disparu, ou ont fusionné, englouties par d’autres qui ont imposé leur langue. Pour la langue indo-européenne, l’hypothèse la plus répandue est la domestication du cheval qui aurait prodigué un avantage militaire, et conduit à l’émergence d’une seule et même langue (ou presque) sur le continent européen.

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      • La décadence, c’est aussi de croire le « quoi qu’il en coûte » de certains, nombreux, de l' »élite ».

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  5. Bonjour,
    Dans le premier document et comme je l’avais appris à l’école, il est dit que plus la température baisse moins l’eau des océans s’évapore favorisant ainsi les sécheresses. Par conséquent et à l’inverse, si la température augmente, l’évaporation augmente favorisant ainsi les précipitations. Nous devrions donc plutôt aller vers un climat plus humide. Non ?

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    • Oui, c’est ça. Plus il fait chaud plus il y a d’évaporation et plus il y a de précipitations. Corollairement, plus il y a d’évaporation plus le refroidissement convectif de la surface est important. Ce mécanisme d’évaporation est un puissant régulateur de la température de surface.

      Très curieusement, dans les modèles climatiques, cette atténuation du réchauffement par évaporation devient une amplification. La rétroaction sur la vapeur d’eau y est la plus puissante rétroaction positive.

      La climatologie moderne est coutumière de ces inversions. Cela n’est finalement pas si étonnant quand on sait que la théorie qui sous-tend la modélisation s’est construite sur l’escamotage de la thermodynamique (voir le passage de Manabe et Strickler 1964 à Manabe et Wetherland 1967).

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      • Merci pour la réponse. Une autre question concernant le CO2. Ce gaz représente 0,04% de l’air qu’on respire. Comment un climat peut-il être aussi sensible à ses variation ?

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      • Alice,

        La faible quantité de CO2 n’est pas un argument en soi contre un effet important. Ce qui compte est que le CO2 soit actif dans les IR et on observe qu’il libère vers l’espace une quantité d’énergie non négligeable.

        Le problème est que nous n’avons aucun moyen de calculer l’effet d’une augmentation de son taux. Les modèles sont basés sur une théorie hallucinée évacuant la thermodynamique et donc sans valeur. Du point de vue purement théorique, nous ignorons le type d’effet engendré et a fortiori si c’est préoccupant ou pas. Les observations quant à elles ne permettent pas d’attribution pour le moment. Disons que d’une manière générale et selon les connaissances actuelles, le CO2 ne paraît pas constituer un problème particulièrement préoccupant.

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      • Concernant les 0,04% de CO2, j’ai lu cette analogie pour voir ce que cela peut représenter : Tout le monde a vu des images du stade de France avec ses 80 000 spectateurs. 0,04% ça fait 32 personnes !!! réparties dans tout le public. Elles peuvent toujours s’agiter comme elles peuvent, elles n’ont aucune influence, elles sont invisibles. Par contre, si on les regroupe sur le terrain, ça fait 2 équipes de foot qui peuvent faire le spectacle.

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      • La loi de Kirchoff dit qu’à l’équilibre thermique, pour chaque longueur d’onde, les flux d’émission et d’absorption sont égaux. Déterminer l’émittance est identique à la détermination de l’absorbance. Le modèle MODTRAN est donc un moyen facile, même s’il est un peu plus approximatif que HITRAN, de déterminer l’effet d’une variation de la composition de l’atmosphère. On voit facilement qu’en chaque point de la Terre, une augmentation de 325 à 400 ppm de la concentration en dioxyde de carbone élève la température de la « source froide » constituée par le ciel clair de 0,15 °C.
        Imaginez un lac avec trois déversoirs de hauteurs à peu près égales nommés conduction, chaleur latente et radiation. Élevez le seuil du troisième déversoir de 15 mm. Le débit de ce déversoir diminuera légèrement. Le niveau du lac s’élèvera de moins de 15 mm.

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      • J’oubliais : Sur le modèle MODTRAN que j’ai utilisé (celui de l’université du Michigan) apparaît, en plus du profil d’absorption de l’atmosphère, le profil thermique. Contrairement à votre supposition, il est changé quand on change les différents paramètres de concentrations en CO2, CH4… Le modèle donne aussi accès aux calculs détaillés qui permettent d’établir la courbe d’absorption et le profil thermique de l’atmosphère. Les tableaux de calculs sont énormes et n’auraient présenté aucun intérêt dans la discussion. Je les ai donc omis.

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      • J’explique juste à Alice par quel mécanisme le dioxyde de carbone est supposé avoir un effet sur les températures. Bien sûr qu’il faut tenir compte de l’évaporation et de la convection…

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    • Voici ce que l’on m’a expliqué au cours de très longs échanges sur le mécanisme dit de « l’effet de serre ». Assez bizarrement, les rapports du GIEC n’en traitent pas.

      La surface de la Terre se refroidit simultanément par plusieurs mécanismes, par conduction et convection pour 15%, par évaporation et convection pour 53% et par radiation essentiellement infrarouge (IR) essentiellement pour le reste (32%). Tous les objets perdent ou gagnent de la chaleur par radiation avec ceux avec qui ils sont en vis-à-vis. La chaleur va chaque fois de la source chaude (l’objet à la plus haute température) à la source froide. Dans le cas de la Terre, la source froide est le fond de l’univers s’il est dégagé (par ciel clair), ou les nuages s’il y en a.

      Là où la Terre est plus chaude, ou là où le ciel vu à travers le filtre de l’atmosphère (nuages compris) est plus froid, la perte de chaleur augmente. Si le filtre de l’atmosphère masque en partie le ciel, la perte de chaleur par IR diminue et elle doit s’évacuer par les autres mécanismes (conduction, évaporation, convection), ce qui implique une légère augmentation de la température du sol.

      Le modèle théorique des échanges de chaleur par IR est le « corps noir », qui a été soigneusement étudié par les physiciens il y a un peu plus d’un siècle. On considère que la surface du sol se comporte assez bien comme un « corps noir » dont on connait bien le rayonnement IR, longueur d’onde par longueur d’onde. Il est représenté pour différentes températures, de 220K (-53 °C) à 300K (+27 °C) par les courbes rose, bleue, mauve, verte et jaune dans le graphique ci-dessous, qui représente (en rouge et en bleu intense) l’absorption d’un ciel clair (dépourvu de nuages) en été aux latitudes moyennes :

      Le ciel ne se comporte pas vraiment comme un corps noir. la façon dont il absorbe les IR apparait sous la forme d’une courbe irrégulière sur le graphique. La courbe rouge correspond à une atmosphère qui contient 400 ppm de dioxyde de carbone. La courbe bleue, cachée presque partout par la courbe rouge, correspond à une atmosphère qui contient 325 ppm de dioxyde de carbone.

      L’atmosphère se comporte dans les IR comme un « radiateur froid » dont on peut calculer la « température équivalente » qu’elle aurait si elle était un « corps noir », en appliquant (à l’envers) la formule bien connue des « corps noirs ».
      On trouve que pour une concentration en dioxyde de carbone de 325 ppm une température de 275,35 K (2,22 °C) et pour 400 ppm une température de 275,50 K (2,37 °C). L’augmentation de 325 ppm à 400 ppm du dioxyde de carbone atmosphérique qui est intervenue depuis 150 ans (selon le GIEC) a donc augmenté la « température apparente » du ciel de 0,15 °C (aux latitudes moyennes en été par ciel clair).
      On peut refaire les calculs pour d’autres conditions, on trouve des ordres de grandeurs voisins de quelques dixièmes de degrés de l’augmentation de la « température équivalente » de la « source froide ». L’augmentation est un peu plus importante près des pôles, et moindre sous les tropiques.

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      • Je me permets de reprendre quelques points de votre message parce que nous sommes là au coeur de la question technique RCA et qu’il me paraît bon d’en avoir une représentation la plus claire possible.

        1. Vous dites que le graphique MODTRAN représente l’absorption de l’atmosphère. Il s’agit en réalité de l’irradiance de l’atmosphère vue de la surface, donc pas absorption, à la rigueur émission. Je relève ce point parce que l’effet de serre est en général expliqué comme l’absorption d’énergie et parfois de chaleur par les GES alors que c’est bien entendu erroné. L’atmosphère est chauffée par convection et se refroidit par les GES, il serait donc moins faux de parler d’émission des GES et dans tous les cas pas d’absorption.

        2. Vous utilisez MODTRAN pour calculer l’irradiance de l’atmosphère avec deux concentrations de CO2 différentes. Le résultat obtenu est purement fictif et n’a aucun sens physique parce son calcul utilise dans les deux cas le même profil de température or ce profil est en réalité dépendant du contenu de l’atmosphère en GES. Le calcul correcte est impossible et c’est bien là que le bât blesse. La principale différence entre la doxa et la physique, entre la science et la pseudo-science réside dans ce point précis.

        3. Vous faites un bilan radiatif à la surface or les flux y sont essentiellement convectifs. Même si vous disposiez des irradiances correctes, leurs différences ne vous permettrait donc pas d’en tirer une différence de température. La doxa évite cet écueil en considérant l’équilibre radiatif à la tropopause.

        4. A ma connaissance, une sensibilité climatique initiale de 3 °C à humidité relative constante, dans le cadre étroit de la doxa à laquelle vous semblez souscrire, n’a jamais été contestée.

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      • paulaubrin,

        L’émittance et l’absorbance sont nécessairement identiques mais ce ne sont pas des flux. Par exemple, les flux IR globaux émis par l’atmosphère ne sont, dans un état stable, identiques aux flux absorbés que s’il n’y a pas d’autres flux thermiques. Donc en particulier s’il n’y a pas de convection. C’est le calcul purement radiatif de l’effet de serre.

        « Le modèle MODTRAN est donc un moyen facile, même s’il est un peu plus approximatif que HITRAN, de déterminer l’effet d’une variation de la composition de l’atmosphère. »

        Non. justement pas. Une variation de la structure radiative de l’atmosphère agit en premier lieu sur le gradient thermique, c’est de la thermo de base. Pas plus MODTRAN que les GCM ne prennent en compte ce mécanisme parce qu’il n’est ni calculable ni modélisable. Vous n’avez pas bien observé le profil de température dans le modèle MODTRAN, il ne change pas quand vous modifiez les taux de GES. L’irradiance avec 0 ou 2000 ppm de CO2 est calculée avec exactement le même gradient thermique.

        Ce principe est celui de l’indépendance du gradient thermique par rapport au phénomènes radiatifs, vous le trouverez exprimé d’une manière ou d’une autre dans tous les articles scientifiques orthodoxes sur le sujet.

        Nous sommes là au coeur de la doxa, le gradient thermique n’est supposé dépendre que de la convection. C’est bien entendu une hérésie thermodynamique.

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  6. Dans le sujet des émissions qui s’écartent du discours dans la ligne des stations publiques.
    Sur France Culture ce débat où pour une fois les invités semblent faire preuve de lucidité sur les énergies.
    L’unique contradicteur membre d’un « réservoir d’idées » avait des arguments assez faibles.
    C’est ici: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-temps-du-debat-d-ete/le-temps-du-debat-du-mercredi-10-aout-2022-1612647

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  7. Bonjour,

    Merci de vos réponses et je vois d’une part que le sujet n’est pas si simple et d’autre part que l’on se donne le droit de discuter les arguments des uns et des autres. Ce dernier élément est celui qui manque au débat national pour corriger une stratégie qui risque de nous mener à une défaite cuisante sur le plan économique. Le gouvernement est actuellement conseillé, entre autres, par Négawatt qui prône le 100% éolien et solaire en 2050.

    Mais il semblerait que les gens en redemande (cf covid et sondages)…

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    • Bonsoir Alice.
      Je n’avais répondu plus tôt à votre question car il fallait que je retrouve ce graphique, ce que je viens de faire suite à ta relance :

      Source : Agence de protection de l’environnement des États-Unis
      Donc, oui, au niveau mondial, le réchauffement actuel s’accompagne de davantage de précipitations, comme vous l’aviez déduit. Après, il y a des différences selon les régions du globe, les chiffres plus hauts ne sont qu’une moyenne mondiale.

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  8. Je ne vois pas pourquoi l’espèce humaine ferait exception au reste du règne animal concernant les dynamiques de population.
    Lorsque le climat est favorable et les ressources abondantes la population s’accroît pour ensuite se trouver en difficulté lors des périodes climatiquement défavorables où les ressources peuvent venir à manquer eu égard à la population, indépendamment des progrès technologiques qui peuvent compenser l’environnement naturel défavorable.

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