Sur le dernier billet de Pensée Unique

Comme d’habitude, excellent article de Jacques Duran sur son irremplaçable site Pensée Unique, cette fois au sujet des événements extrêmes. Régalez-vous, c’est ici. En un mot : rien dans les observations actuelles ne laisse penser que les événements extrêmes s’aggravent. Il y a des malheurs, il y a des cyclones, il y a des sécheresses, mais il en va ainsi depuis que le monde est monde.

Facétieux, l’ami Jacques Duran s’est même donné la peine de montrer qu’il n’y avait pas de recrudescence des tremblements de terre, contrairement à ce que nous a assuré le vainqueur de la semaine 9 du Climathon (qui avait réédité l’exploit en semaine 19, et avait même cru l’emporter une nouvelle fois sur ce thème en semaine 40).

Une chose m’a interpellée dans ce passionnant billet penséeuniquesque :

A tous ceux qui vous assureront que « vous n’êtes pas climatologues », vous pourrez répondre, comme l’a fait le Prix Nobel de Physique Ivar Giaever lors de récente présentation intitulée « Le réchauffement climatique revisité » à la conférence des prix Nobel à Lindau en Juin 2015, qu’il n’est nul besoin d’être climatologue ni même scientifique, pour lire et comprendre le sens d’un certain nombre de graphiques, tels que ceux qui sont reportés ci-dessous.

Je me targue d’avoir dit la même chose en de nombreuses occasions (par exemple à ma conférence Turgot de juin dernier). La compréhension des propriétés qualitatives d’une courbe (ça monte, ça descend, c’est stationnaire, ça monte plus qu’avant, ou moins, ou autant…) n’est pas réservée à une élite climatologique fermée.

Mas seule (petite) divergence avec ce splendide billet de Pensée Unique est que j’irais un peu moins loin que Jacques, qui va lui jusqu’à dire qu’il n’y a pas besoin d’être scientifique pour lire et comprendre une courbe. Ma réticence tient notamment à ces propos qu’Yves Sciama m’avait tenus pour défendre sa présentation (biaisée) dans Science&Vie de l’évolution de la glace de mer antarctique. Son propos avait clairement montré qu’Yves Sciama ne sait pas lire une courbe — il est notamment incapable de faire la différence entre sa tendance récente et son dernier point.

Si un journaliste scientifique peut commettre une erreur aussi grossière, alors on doit penser que soit les journalistes (scientifiques ou pas) sont particulièrement ignares, soit que la lecture d’une courbe n’est pas si facile, et son interprétation pas si naturelle. Je reconnais que les deux réponses ne sont pas incompatibles, mais songeons tout de même à la lecture d’un texte, qui nous paraît si « simple », si « naturelle », si « immédiate », alors qu’il n’en est rien bien entendu : l’aptitude à la lecture est le fruit d’un (long) apprentissage. Le physicien qu’est Jacques a donc bien plus d’aisance à lire les propriétés importantes d’une courbe que n’en a quelqu’un qui y est moins habitué (un journaliste scientifique, par exemple). Apprendre à lire une courbe : voilà bien là un objectif qui mériterait d’être étudié de près par nos têtes d’œuf de l’éducation nationale, aujourd’hui davantage préoccupées d’apprendre aux élèves à trier leurs déchets et à éteindre la lumière en sortant d’une pièce.

Là où je rejoins complètement Jacques, c’est que comprendre une courbe ne demande pas un apprentissage si difficile (sauf peut-être pour les journalistes scientifiques, donc, mais il faut les comprendre : il ont un « message d’urgence climatique » à faire passer, on ne peut pas tout leur demander non plus…). En tout cas, si l’on met une courbe devant le citoyen lambda (au hasard : une courbe de température globale) et qu’on lui en donne, dans l’ordre qu’on veut, une interprétation carbocentriste et une interprétation climatosceptique, alors je regarde comme très probable que ce citoyen lambda est ensuite capable de se faire son propre avis, et que cet avis aura toutes les chances d’être tout aussi éclairé qu’un autre.

Le seul problème, c’est que les principaux médias d’information ne donnent pas les courbes de façon neutre. Ou alors (et ce « ou » n’est pas exclusif), on ne leur donne qu’un son de cloche comme interprétation — toujours le même. Notez que, quand on lit le billet de pensée unique, on comprend qu’il s’agit de la meilleure tactique si l’on veut que les gens pensent comme il faut. C’est-à-dire en ne réfléchissant surtout pas par eux-mêmes.

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39 réflexions au sujet de « Sur le dernier billet de Pensée Unique »

  1. Bémol: les apocalyptiques disent surtout que les événements extrêmes VONT augmenter par rapport à la fréquence actuelle, et que cela sera du à l’augmentation de température, notamment si elle dépasse les 2 °C / 1880.

    Et, implicitement, mais implicitement seulement, appuient leur argumentation sur le fait que les événements extrêmes actuels sont en augmentation suite à l’augmentation récente de la température, ce qui est faux, voir http://www.pensee-unique.fr/news.html#extreme

    En logique pure, (mais je ne suis pas climatologue) il n’est pas impossible qu’une augmentation future de la température, importante et à causes CO2 anthropique ou naturelle, puisse se traduire par une augmentation des événements extrêmes. (le monde n’est pas linéaire). Mais c’est une hypothèse et non le résultat d’une démonstration par les faits et les courbes passés.

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    • Complément : une partie des courbes présentées par Duran ne portent que sur les 10 dernières années. Comme il y a eu Pause, cela ne peut challenger l’hypothèse que la hausse des températures induit une augmentation.

      Seules les courbes couvrant un siècle ou plus peuvent challenger l’hypothèse.

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      • Mais elles sont comparées aux moyenne depuis 1980 , ce qui fait plus de 30 ans , valeurs admise pour pouvoir parler de climat.

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  2. Je partage l’avis de M DURAN et al. : la lecture d’une courbe est à la portée du plus grand nombre.

    Concernant les journalistes et d’autres, leur capacité de lecture est biaisée par déformation professionnelle et liée au concept de la prédominance du « fait ».

    Pour eux, incluant les juristes entre autres, le dernier point d’une courbe, la dernière mesure reste le fait le plus récent, soit celui qui a remplacé les précédents.

    Toujours pour eux, les caractéristiques d’une courbe : moyenne générale, moyennes glissantes, écarts- types, pentes, extrema et autres points singuliers ne sont que des interprétations.

    Dès lors je pense qu’il suffirait de leur présenter une courbe de vitesse ou d’accélération d’un paramètre pour éteindre le débat, et non pas de surimposer des graphiques de tendance aux courbes de mesures.

    (d’ailleurs la plupart des capteurs ne font pas de mesures absolues, et ces dernières sont donc elles mêmes déjà des interprétations dépendant de la précision, de l’étalonnage, de la dérive et du procédé de mesure).

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  3. Ivar Giaever a 86 ans. Vu le nombre incroyable d’âneries qu’il débite à la minute, tout cela ne donne pas envie de vieillir….
    On se rassurera en écoutant Rittaud parler climat.

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      • [Pas de bol, 7ic, je n’aime pas qu’on me traite de menteur. Réécrivez autrement votre commentaire si vous voulez qu’il ait une espérance de vie de plus de quelques minutes. Ben.]

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      • Je vois que vous aussi êtes partisan de la censure. Chacun son truc.

        Donc je disais qu’il niait le réchauffement du dernier siècle (entre 8:30 et 10:10, de mémoire, le passage jusqu’à la courbe UAH). A partir de là …

        Je faisais aussi remarquer que, par le plus grand des hasards, vous avez [une erreur] en commun: affirmer que UAH et RSS montrent la même chose que la courbe de la NASA, soit de la température de l’air en surface. Mais lui rajoute un raisonnement pour carrément nier la hausse du dernier siècle (il est Nobel en même temps). Raisonnement complètement idiot vu que les terres se réchauffent plus que les océans (ce qui est prédit par les modèles et qu’on retrouve dans les observations, comme l’amplification Arctique).

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      • Est-ce si difficile de comprendre que vous n’avez pas à m’injurier, et que ça n’a rien à voir avec la censure ? Si je voulais vous censurer, il y a longtemps que je vous aurais dégagé – vu votre ton et le vide de vos commentaires, je ne manquerais d’ailleurs pas d’arguments pour le faire.
        Le reste de votre commentaire est du niveau de votre commentaire antérieur (on apprécie particulièrement votre argument « à partir de là… », tout comme l’affirmation d’une erreur sans le plus petit début de démonstration que c’en est une).
        Dernier point : comme souvent quand certains essayent de me contredire ici sans y parvenir, vous partez dans le hors-sujet. Merci de nous épargner vos lumières sur les propos que Gaiever a tenu par ailleurs, et plus généralement de ne plus faire dévier le sujet de ce fil. (Oui, sûrement de la censure de ma part, comme d’hab…)

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      • .Vous défendez quelqu’un qui nie le réchauffement du siècle dernier: Effectivement, il n’y a pas a argumenter: ça donne une idée du niveau.
        (mais comme je suis sympa, je l’ai quand même un peu fait: les océans se réchauffent moins que les continents. Exit donc son explication).

        Pour la question du hors sujet, peut être devriez vous mettre un message expliquant que réagir à une vidéo que vous mettez en lien est hors sujet. Tout le monde n’a pas votre logique…

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      • Mais oui, vous devez sûrement être très sympa dans la vraie vie, personne n’en doute…
        Pour le reste, vous pouvez certes faite mine de ne pas comprendre ce qu’on vous dit, mais prenez garde : on pourrait croire que vous ne comprenez effectivement rien.
        Bon : fin de cette discussion. Soit vous vous recentrez comme je vous le demande, sout vos commentaires vont à la poubelle.

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      • Vous pouvez rester simple et générique. Les applications aux courbes complexes, telles que les inversions de rythme de chômage, les réductions d’intensité d’émissions carbone chinoises ou les modèles prédictifs avec forçages rebouclés aléatoires, peuvent n’être vues qu’en thèse 🙂

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  4. Pareil pour vous, Robert : vous accusez quelqu’un de mensonge => votre commentaire va à la poubelle direct. Avis aux amateurs (ça vaut pour les climatosceptiques) : apprenez à écrire de façon plus cordiale si vous voulez éviter le même traitement.
    D’une manière générale, je souhaite que cessent les attaques inutiles envers les uns et les autres. Tant pis si ça me baisse mes stats : je préfère moins de commentaires mais une meilleure qualité, à la fois sur le fond et sur la forme. Benoît Rittaud.

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    • Deuxième édition pour Robert-le-mal-comprenant : les commentaires inutilement agressifs, les injonctions à faire ceci ou cela, et plus généralement toute remarque désobligeante qui mettent une mauvaise ambiance dans le fil n’ont pas (ou plus) leur place ici.
      La prochaine fois, vous serez modéré a priori.

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      • Monsieur Rittaud,

        Merci de me démontrer que ce n’est pas la recherche de la vérité scientifique qui vous préoccupe. Pour que vous me compreniez bien vous êtes du mauvais coté de la barrière, pas du coté de la bonne science.

        Je laisse volontairement ce commentaire visible in extenso pour que chacun comprenne bien la raison qui fait que vous serez désormais modéré a priori. Benoît Rittaud.

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  5. Bonjour Mr Rittaud,

    Effectivement, tout le monde peut lire une courbe, ou apprendre à le faire.
    Mais la question est surtout de savoir ce que représente cette courbe, sur quelles données elle se base, comment on interprète les ça monte ça descend et que ça sous-entend sur le phénomène qu’elle veut illustrer.

    Sur les températures, il y a plein de courbes différentes qui en réalité ne mesurent pas tout à fait la même chose et c’est facile de faire des raccourcis pour mettre la personne non initiée (voir naïve) de son côté : « regardez celle-là, c’est plat donc il y a pas de réchauffement climatique ». ou alors, « regardez celle-ci, comme ça grimpe, on va tous mourir si on ne fait rien ». En fait si on n’est pas du tout dans la partie, on ne comprend pas l’intérêt de ces courbes. Je pourrais très bien commenter des courbes d’économie en chinois, pourtant je conseillerai à personne de se fier à mon interprétation.

    Sur la superficie de banquise, c’est pareil. Vous dites que Mr Sciama ne sait pas lire une courbe, mais on pourrait dire la même chose de vous selon ce qu’on regarde : Arrêté en 2009, Mr Sciama dit que la tendance est à la baisse (ce n’est pas faux). Ensuite il dit qu’il maintient cela même si on prend les données les plus récentes. Et effectivement, sur 35 ans, il semblerait que la tendance soit à la baisse (malgré les rebonds de ces dernières années). Au final difficile de dire objectivement qui a raison et qui a tort. Vous préférez vous focaliser sur le dernier rebond de cette courbe, lui sur la tendance à long terme.

    Enfin, une bonne illustration du problème serait la courbe de la croissance des populations d’ours polaires : selon Mr Duran, elle a doublée, selon István E. Markó et Drieu Godefridi, « leur population a été multipliée par six ou sept en 45 ans » et vous semblez partager le même avis (multipliée par 4 selon les chiffres que j’ai pu trouver). Montrez une courbe qui illustre ces propos à quelqu’un qui n’y connait rien, il sera vite convaincu. Pourtant est ce que cette courbe est valable, à la vue des données qui la constitue ? A titre personnel j’avoue que ça ressemble davantage à un exemple d’optimisme exponentiel.

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    • Je répète qu’il faut donner deux interprétations (carbocentriste ET sceptique) pour permettre de se faire un avis éclairé. C’est cette ouverture au débat contradictoire qui est nécessaire (et refusé) et que vous négligez – ce qui invalide aussi bien vos remarques sur les températures que sur les ours polaires.
      La réponse d’Yves Sciama n’est pas ce que vous dites. Dans celle-ci, il se focalisait sur le chiffre rouge de la fin de la courbe (qui était bas au moment où il était allé voir) pour suggérer une interprétation « alarmiste », refusant ainsi d’observer que le morceau 2009-2014 renforce l’idée d’un changement de régime avec une stabilisation récente.
      Enfin, je ne vois pas d’optimisme exponentiel là-dedans — en tout cas vous ne citez personne qui prétende que la population des ours polaires augmenterait à un rythme exponentiel au XXIè siècle.

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      • Quand même, une population d’ours multipliée par 4 à 7 en 45 ans c’est énorme, sachant que le temps de génération est d’environ 5 ans. On ne doit pas être loin de l’exponentielle. Et pourquoi cette formidable croissance s’est arrêtée ces dernières années, mystère… Peut être à cause du réchauffement climatique? Ou peut être que les chiffres des années 1970 ne sont pas fiables.

        Je suis assez surpris de voir comment ceux qui s’affichent comme sceptiques ressortent ces chiffres sans aucune prudence à longueur de temps, alors que même aujourd’hui les personnes qui travaillent sur la question disent qu’ils n’ont pas assez d’informations pour statuer sur l’état de plusieurs sous-populations et qu’ils ont d’importantes marges d’erreurs

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      • Là, on est vraiment complètement hors-sujet, mais bon, allez, un effort…
        Une progression, même rapide, n’est pas forcément exponentielle. Et l’optimisme exponentiel ne peut exister que pour une prévision, pas sur un constat portant sur le passé.
        Le fait qu’une population se tasse peut correspondre à une simple logistique. (Une info : on a arrêté la chasse des ours polaires au milieu du XXè siècle.)
        Quant à votre « ceux qui » non sourcé… allez : fin du hors-sujet et des accusations gratuites, svp.

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      • « Je répète qu’il faut donner deux interprétations (carbocentriste ET sceptique) pour permettre de se faire un avis éclairé.  »

        Il faut nécessairement être dans une de ces deux catégories? C’est très binaire. Mais essayons.
        Je suis sceptique. Aucun doute la dessus. Vous vous qualifiez donc de « carbocentriste ». Oui c’est peut être bien choisi: soit le CO2 ne joue aucun rôle, soit le CO2 doit expliquer absolument toute les variations.

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  6. Bonsoir Mr Rittaud,
    Je pense que vous avez raison en évoquant la nécessité de modérer certains commentaires, je suis votre blog depuis quelques temps et il me semble que, loin de permettre une saine discussion,même contradictoire, certains commentateurs amplifient en fréquence et en intensité les provocations et les injures, monopolisant de l’espace, le plus souvent, pour ne rien dire de constructif dans le débat!
    Certes, la discussion sur le climat attise les passions, mais cela ne doit pas exclure un minimum de retenue dans la formulation du propos, cela n’apporte rien sinon d’accroître les antagonismes et les tensions! Je n’inclus pas dans ce constat vos réponses qui me paraissent parfaitement justifiées face à l’agressivité qui accompagne certaines argumentations.
    Peut-être verrons nous bientôt la naissance du fichier des climatosceptiques souhaité par certains!
    Cordialement

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  7. Au contraire, je trouve que mon propos est dans le sujet de votre article mais sans doute que je ne m’exprime pas comme il convient. Je reprends.

    Vous dites que n’importe qui peut, ou pourrait (moyennant une petite formation à l’école) comprendre « les propriétés qualitatives d’une courbe (ça monte, ça descend, c’est stationnaire, ça monte plus qu’avant, ou moins, ou autant…) ». Je suis d’accord sur ce point, là où se situe mon désaccord c’est sur l’essentiel, à savoir l’interprétation de la dite courbe.

    Et c’est pour illustrer ce point que je me sers des ours polaires.
    Regardez cette courbe :

    qui illustre grosso modo ce qui est dit à propos des ours dans :
    http://www.contrepoints.org/2015/11/02/227500-photos-dours-polaires-la-manipulation
    http://www.lopinion.fr/4-aout-2015/referendum-maudit-315-l-eclair-climatosceptique-26820

    On est tous d’accord pour dire que ça monte énormément au début puis que ça stagne.

    Donc selon vous, pas besoin d’être biologiste ou écologue pour voir ça, je suis d’accord. Par contre, là où certains y voient une multiplication des ours par 6 ou 7, j’y vois des données (surtout pour les plus anciennes) pas fiables et des biais qui font qu’on ne peut pas en dire grand-chose au final (Je pourrais argumenter plus longuement pour essayer de vous convaincre mais ce n’est pas le sujet).
    Toujours est-il que tout le monde n’a pas les connaissances en écologie et en suivi des populations animales pour pouvoir commenter cette courbe, et l’interpréter convenablement. Et c’est justement un constat, beaucoup de gens pensent qu’ils peuvent s’improviser écologues, et commenter certains travaux juste parce qu’ils estiment qu’ils comprennent suffisamment les propriétés qualitatives d’une courbe. Or c’est nécessaire mais pas suffisant.

    Et j’ai l’impression que c’est un peu pareil en climatologie.

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  8. « Monsieur Rittaud,
    Merci de me démontrer que ce n’est pas la recherche de la vérité scientifique qui vous préoccupe. Pour que vous me compreniez bien vous êtes du mauvais coté de la barrière, pas du coté de la bonne science. »

    Bonsoir,

    Quand je lis cela, je fais mon mea culpa ; je m’étais permis de considérer que vous étiez agressif avec le dénommé « Robert » ; mais à la lecture de ce genre de messages, on voit bien que le personnage n’est pas franchement ouvert au débat (doux euphémisme).

    Concernant le fond du sujet, je n’ai pas de formation scientifique et je ne trouve pas la lecture d’une courbe si évidente que cela, si on veut en tirer des conclusions assez fines.
    Ceci explique peut-être qu’une grande partie de la population est assez mal informée… et pas seulement sur le réchauffement climatique.

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  9. amha, il y a un problème général avec les courbes dans ce débat sur le climat – mais pas que celui-ci d’ailleurs. Les gens passent leur temps à se battre sur des interprétations de courbe (ça monte, ça descend, ça monte moins vite, mais pas sur cet intervalle, …). Mais une courbe n’est qu’une représentation graphique, elle ne dit rien en elle-même. La question clé est de savoir si les mécanismes physiques sont bien compris, et dans ce cadre la cohérence de tendance de l’évolution est une condition nécessaire, mais très loin d’être suffisante. Même si les températures tmag suivaient en gros les prédictions sur les dix dernières années, cela ne suffirait pas : il faudrait aussi que la répartition océans/continents soit bonne, de même que celle en longitude, en altitude, en saisons, en heures du jour, … et sur toutes analyser les résidus, y faire une analyse et trouver la raison physique sous-jacente et recommencer.
    Bref, c’est pas un problème de courbe mal lue qui monte ou qui descend, c’est un problème de maîtrise des processus physiques.

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    • Les courbes en question ne sont pas issues de calculs physiques ni de modélisations : ce sont des mesures, des signaux naturels, et par nature imprévisible. La seule source d’énergie dans notre petit bout d’univers reste notre Soleil et dont les courbes d’irradiance sont particulièrement chahutées.

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      • Je suis d’accord avec vous, j’essayais juste de le généraliser.
        On ne saura anticiper l’évolution climatique que lorsqu’on maitrisera le comportement interne du soleil, mais aussi qu’on saura prédire les nino/nina et leur amplitude longtemps à l’avance, les éruptions volcaniques, la formation des nuages, … ou à défaut avoir des domaines d’incertitude adéquats. Si j’ai bien compris, la thèse chauffiste principale, c’est le forçage de l’effet de serre vapeur d’eau par l’effet de serre co2, mais justement c’est celui qui a la plus grande incertitude dans les bilans.

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  10. Sur le soleil précisément, les progrès récents en physique des plasmas, en mhd, et la multiplication des expérimentations (pour la fusion contrôlée) sont quand même significatifs, et je supposerais volontiers qu’on aura une bonne compréhension du soleil avant 2040. Mais c’est de l’optimisme ! 🙂

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  11. Il semble qu’il y ait deux grands types d’approches mises en oeuvre aujourd’hui :

    – une approche analytique qui cherche à comprendre le fonctionnement du système étudié : [soleil => espace Terre], en découpant en sous systèmes élémentaires, cohérents du point de vue physico- chimique, et définis de façon pertinente:
    le soleil (source d’énergie et de matière),
    l’espace (milieu de propagation de l’énergie et source de matière),
    l’atmosphère, l’hydrosphère, la biosphère, la lithosphère
    le manteau (stock originel de carbone se dégazant en CO2 par les volcans),
    voire le noyau (source vraisemblable du champ magnétique),
    puis s’intéresser ensuite à leurs interactions, liaisons, etc…
    Cette approche conduit à la définition d’un modèle dont on peut ensuite faire varier les données d’entrée pour prévoir ses réactions. Sans avoir lu ses divers rapports, il me semble que cette approche, est celle principalement adoptée par le GIEC. On comprend facilement qu’un manque de paramètres d’entrée, ou un découpage trop large des sous systèmes, ne conduit pas à un fonctionnement pertinent du système.

    – une approche observationnelle, tout autant systémique, basée sur l’enregistrement de paramètres soigneusement choisi pour surveiller les mêmes sous-systèmes élémentaires. On peut ensuite de tenter de déterminer les corrélations entre les signaux /courbes obtenus (cf. transformées de Fourier et autres). Par exemple, on peut corréler l’énergie émise dans l’espace par le soleil avec les variations de température d’une face rocheuse tournée vers le Sud dans le Sahara, (hors tempête de sable). Pour une face rocheuse en Provence, la même corrélation sera facile en été. En Normandie, la météo sera déterminante et cette corrélation ne pourra pas se faire sans inclure d’autres signaux (nébulosité par ex.) dans la démarche de corrélation. Si la surface est liquide (mer, lacs, océans) ou polyphasique (sols, biosphère), des paramètres de convection libre ou forcée (courants, vents), de changement d’état, de réactions chimiques, etc.. viendront modifier la réponse du récepteur au signal initial solaire, et selon des contributions très diverses.

    C’est cette surveillance des signaux naturels qui fournissent les éléments les plus factuels propres à « falsifier » au sens de Popper les théories des scientifiques du GIEC : par exemple l’observation incroyablement déterminante du décalage temporel de 800 ans entre les variations du CO2 et de celles des températures déduites des analyses des rapports isotopiques des glaces de l’Antarctique.

    Les modèles climatiques devraient donc voir leurs sous systèmes élémentaires redéfinis à chaque avancée de toutes les disciplines impliquées ( i.e. toutes les disciplines scientifiques sans exception).

    Est ce vraiment le cas ?

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    • Merci pour votre long et intéressant commentaire.
      Pour ce qui concerne l’approche observationnelle, pour le spatial, on ne l’utilise que pour enrichir l’approche analytique ou modéliser correctement les résidus (en forme et amplitude quasi-gaussienne résiduelle). Est-ce qu’il existe des domaines où on se « contente » plus volontiers de l’approche observationnelle seule, sans véritable souci d’interprétation physique ?

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      • « sans véritable souci d’interprétation physique ? »
        Non bien sûr, mais c’est l’observation qui conduit ou réoriente la modélisation : par exemple chaque gros séisme permet d’enrichir le modèle structural des couches profondes de la planète, par interprétation des ondes arrivées sur des sismographes répartis sur toute la planète. Certains bâtiments, dont on ne connait pas la constitution, sont instrumentés pour surveiller leur réponse dynamique au bruit microsismique continu, modéliser leur fonction réponse, puis prévoir leur comportement en cas de gros séisme, et peu importe les sections de leur ferraillage ou la résistance de leur béton. Analyse-t-on plus facilement le comportement des animaux par la modélisation de leurs schémas neuronaux ou par l’observation de leurs réactions face à divers stimuli ? Quand on sait que les atomes sont plein de vide et parcourus par des corpuscules agités plutôt mystérieux entre lumière et matière, des paramètres comme viscosité, résistance, température, pression, ne sont-ils pas définis de façon observationnelle et statistique ?

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  12. laurantd @

    «  » » »par exemple l’observation incroyablement déterminante du décalage temporel de 800 ans entre les variations du CO2 et de celles des températures déduites des analyses des rapports isotopiques des glaces de l’Antarctique. » » » » »

    Quelle augmentation de température serait à l’origine de l’augmentation du taux de CO2 actuel ? 120 ppm à une bricole près dont 35 ppm sur les quarante dernières années ? Tout ceci sachant que l’écart entre un maximum glaciaire et un maximum interglaciaire c’est 100 ppm et entre 5 et 6° Celsius. Je ne sais pas si vous le savez mais le CO2 peut avoir un double rôle rétroaction ou forçage. Dans le cas que vous citez c’est rétroaction puis forçage. Aujourd’hui le paramètre rétroaction n’existe pas nous n’avons que le forçage.

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  13. Pour la question telle que posée, je dirais : un partout, balle au centre (avec ou VS Jacques Duran). Essentiellement à cause du biais de confirmation. Même à supposer que la courbe soit « juste », l’enregistrement a un début et une fin donnés ; on ignore tout de ce qui précède, et bien sûr de ce qui suivra. Ainsi, par exemple, quand la courbe ressemble à un bout d’exponentielle, celui qui voudrait prédire un avenir catastrophique n’a qu’à s’imaginer que la tendance est inéluctable. Un autre se rappellera qu’on peut lire un bout d’exponentielle dans n’importe quelle sinusoïde… ou n’importe quelle tangente hyperbolique. Mais qu’importe, je crois que n’importe qui sait lire une courbe mais a toujours tendance à la lire dans le contexte d’une question qu’il se pose a priori. Je voulais aussi vus dire que dans votre dernier bouquin, que j’ai lu (disais-je), j’ai trouvé que le petit « concours » que vous lancez sur la fin n’est pas bien compréhensible… S’il ne s’agit que de se marrer au sujet des types qui brassent des bouts d’exponentielle sur la base d’une physique dont ils démontrent eux-mêmes qu’ils n’en comprennent rien, la palme d’or devrait revenir (pur longtemps, je gage) à Hansen, dont vous démontrez très simplement que son extrapolation, après quelques siècles seulement, mènerait le niveau des océans de la Terre à submerger le Soleil (j’ai beaucoup ri sur celle-là en particulier).

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