Les délires d’Airparif

par Christian Gérondeau.

Le « Bilan de la Qualité de l’air » constitue le document annuel de base d’Airparif. Celui de 2017 est gravement mensonger.

Il porte en exergue la phrase suivante :

En 2017, les concentrations de particules et de dioxyde d’azote (NO2) en Ile de-France restent problématiques, avec des dépassements importants des valeurs limites.

On lit en outre un peu plus loin :

Au total, 1,3 million de Franciliens (soit environ 10 % de la population régionale) restent potentiellement exposés au dépassement de la valeur limite annuelle en NO2, dont près de 1 parisien sur 2.

Très largement reprises par les responsables politiques de tout niveau et par les médias, ces affirmations sont des faux grossiers comme le montre le contenu du document lui-même.

  • S’agissant tout d’abord des particules, on constate ainsi (page 16) que toutes les stations urbaines dites « de fond » c’est-à-dire représentatives de l’air respiré par les Franciliens respectent très largement la valeur limite de 40 microgrammes par mètre cube, puisqu’elles enregistrent des teneurs variant entre 15 et 21 microgrammes.

La seule station qui excède, d’ailleurs de très peu (43 microgrammes par mètre cube), la valeur limite de 40 microgrammes par mètre cube est celle qui est située en bordure immédiate de la chaussée de l’Autoroute A1 à Saint Denis, c’est-à-dire en un endroit où personne ne vit.

La première affirmation d’Airparif selon laquelle les concentrations de particules restent « problématiques avec des dépassements importants des valeurs limites » est donc  doublement mensongère.

  • Il en va de même de celle qui concerne l’oxyde d’azote (NO2).

A nouveau, il apparaît en effet (page 36) que toutes les stations de fond enregistrent des concentrations qui respectent la valeur limite de 40 microgrammes par mètre cube. Seules excèdent celle-ci les stations dites de « trafic », mais qui ne représentent en rien l’air que respirent les Franciliens car elles sont systématiquement implantées en bordure de chaussée. 

Le document d’Airparif lui-même relève ainsi (page 35) que la station de mesure du Boulevard Soult relève le taux le plus faible de toutes les stations « trafic », parce que

cette station est implantée en façade d’immeuble et non pas en bordure immédiate du trottoir comme les autres sites de trafic parisiens.

Autrement dit, l’air est différent en façade d’immeuble de ce qu’il est en bordure de chaussée, quelques mètres plus loin. Il en découle que les stations « trafic » ne représentent en rien la réalité de ce que respirent les habitants. 

Cette réalité n’empêche pas Airparif de comptabiliser les riverains des voies où les stations « trafic » ont relevé des concentrations supérieures à la valeur limite annuelle, et d’en déduire (page 37) :

environ 10 % de la population francilienne, soit 1. 300 000 habitants, est exposée à des niveaux supérieurs à 40 microgrammes par mètre cube, et notamment près de 1 parisien sur deux.

Mais le même document précise en note (surréaliste) de bas de la page 37 que cette évaluation ne concerne que : « des personnes qui respireraient en permanence l’air extérieur au niveau de leur domicile ». Pour qu’ils soient exposés à des concentrations supérieures à la valeur limite annuelle, il faudrait donc que les 1 300 000 habitants concernés sortent de chez eux et passent 365 jours par an et 24 heures par jour en bordure de trottoir.

De qui se moque-t-on ?

La vérité, c’est que le nombre de franciliens exposés à des concentrations dépassant la valeur limite annuelle de 40 microgrammes par mètre cube n’est pas de 1 300 000, mais de 0.

À lire : Christian Gérondeau, L’Air est pur à Paris mais personne ne le sait, L’Artilleur, 2018 (7,90 €).

3 réflexions au sujet de « Les délires d’Airparif »

  1. Coucou,

    Le blog semble adopter la méthode des catastrophistes du climat. Parler de tous les sujets, tout azimut !

    Dire qu’on se croirait dans les alpes quand on respire à Paris, c’est fort de café.

    PLus c’est gros, plus çà passe, comme dit l’autre.

    Bonne soirée

    Stéphane

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    • bah..moi je suis à la campagne à l’abri de toute pollution humaine ,et pourtant je suis serieusement handicapé par les pollens..
      il ne fait aucun doute que l’air n’est pur nulle part

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