Référendum climat : la Suisse en avant-première, opposition de l’industrie

Il n’y a pas qu’en France qu’un référendum sur le climat est en gestation. En effet, un référendum maudit se prépare également en Suisse, suite à une loi sur le CO2 votée à l’automne. Pour que cette loi fasse l’objet d’un référendum, la loi suisse prévoit qu’il est nécessaire de rassembler 50 000 signatures de citoyens, et ce avant le 14 janvier. D’après Michel de Rougemont (que je remercie de ses précieuses informations — je profite de l’occasion pour signaler son blog), l’obstacle devrait être franchi. Il est donc fort probable que la Suisse devienne très bientôt le premier pays au monde à organiser un référendum sur le climat. La Suisse pourrait ainsi servir de ballon d’essai pour d’autres initiatives éventuelles dans le domaine, le projet d’Emmanuel Macron venant en second. Tournons-nous donc vers ce qui se passe en ce moment en Suisse.

Dès octobre dernier, la Tribune de Genève (qu’on ne peut guère soupçonner de climato-négationnisme) a fait écho aux oppositions suscitées par la loi votée par le Parlement, en des termes étonnament proches de ce que les climato-réalistes français disent et répètent depuis des années : la Suisse n’est responsable que d’une fraction négligeable des émissions de CO2 (un millième du total mondial, contre un peu moins d’un centième pour la France), et ses émissions en baisse en font déjà un pays exemplaire (tout comme la France).

Deux camps opposés s’en prennent à la loi et demandent un référendum : le premier, hélas sans surprise et qui saura sans doute faire le plus de bruit, est constitué de ceux qui estiment que la loi « est insuffisante pour freiner le réchauffement climatique ». (En un sens ils ont raison : même si la Suisse était rayée de la carte, les 0,1% d’émissions que cela économiserait auraient peu de chances de sauver la planète 😂) De l’autre, le tissu économique et industriel du pays qui, lui, estime que cette loi revient à se tirer une balle dans le pied sans bénéfice à en attendre. On aimerait qu’en France le même genre de voix s’élève pour que le bon sens retrouve droit de cité.

Le Carnot-Cournot Netzwerk vient ainsi de publier une prise de position sur le climat extrêmement éclairée et courageuse, qui signale notamment que  » Les estimations du climat futur sont fondées sur des modèles dont les principes et les hypothèses sont peu convaincants« , mais aussi qu' »il convient de prendre en compte les impacts de mesures politiques sur le climat lui-même, et de les mettre en balance avec de potentielles conséquences sociales et économiques. » Une version française de ce rapport est disponible sur leur site. Je mets également ce fichier à disposition ci-dessous, en espérant favoriser autant que possible sa lecture par des industriels français. Ils y liront des propos qui feront sûrement écho à leurs propres préoccupations, il ne leur manque que le courage de les exprimer tout haut… Puissent-ils prendre exemple sur les Suisses.

Outre le possible référendum français, nous devrons donc être attentifs à ce qui va se passer bientôt chez nos voisins. Il n’y a pas d’association climato-réaliste en Suisse, mais nous comptons dans nos rangs plusieurs soutiens de là-bas, dont celui de Jean-Claude Pont, ancien professeur ordinaire à l’université de Genève et membre de notre comité scientifique. Stay tuned.

13 réflexions au sujet de « Référendum climat : la Suisse en avant-première, opposition de l’industrie »

  1. Cela peut sembler inquiétant mais aussi intérréssant car le débat contradictoire va peut être enfin avoir lieu véritablement, les acteurs économiques ne pouvant plus se cacher derrière leur petit doigt vert, le risque pour eux étant trop important. A suivre de près en effet
    PS: la dernière vidéo de Jancovici portait également sur ces votations possibles. !C’est toujours du Janco…)

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  2. Je suppose que vous connaissez déjà tous Denis Rancourt, professeur de physique à Ottawa, ici chez Salim Laïbi:

    Relations entre Covid19, propagande climatique, privations de liberté, Trump et succès de l’Eurasie. Et même le pétrole pour faire plaisir à Keppeler, mais ici trop de pétrole !

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    • Oui, selon certains, le pétrole n’est pas comme le bon vin: Plus on en extrait, plus il en reste…. Allez comprendre…. Joyeux Noel a tous les membres du blog et au taulier, qui garde toujours la tete froide dans les pires tempêtes, et celle ci en est une.. Christophe, continuez vos écrits sur Alpinisme sans guide. Ils sont pleins d’oxygène salutaire en ces périodes de masques qui au moins « démasquent » ceux qui les portent…..

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  3. «  »=== les impacts de mesures politiques sur le climat lui-même, et de les mettre en balance avec de potentielles conséquences sociales et économiques.=== ». Qu’est-ce qui prouve que les mesures sur le climat devraient avoir des conséquences si négatives sur l’économie ? Par le passé, les changements et les évolutions technologiques ont amené un développement positif, même si ça n’était pas évident au départ.

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    •  » Qu’est-ce qui prouve que les mesures sur le climat devraient avoir des conséquences si négatives sur l’économie ?  »
      Tout simplement parce que on nous propose un monde décarboné, Mais aussi sans nucléaire — pour des raisons obscures de sécurité —
      Récapitulons : pas de pétrole, ou de charbon, ça rejette du CO2
      Pas de nucléaire, donc pas d’électricité.
      Ce qui veut dire : pas de déplacements autre que le vélo, la marche à pied et à cheval ; pour les entreprises, pas de transport de marchandises, pas d’approvisionnement en matière première , pas de fabrications de produits, car pas d’électricité ; les produits finis ne pourront être transportés dans les magasins ; seuls le vélo avec porte-bagage et la charrette équestre pourront être utilisés par les clients pour venir chercher le produit hors de prix. Le produit ne devra évidemment pas être tributaire d’une source d’énergie, car inexistante.
      Pas d’avions, pas d’automobiles, pas de camions, pas de produits importés.
      Pas de chauffage, pas d’électricité, pas de lumière ( …… à par nos dirigeants ! )
      Je pourrais continuer la liste à l’infini !
      C’est un retour au XIX° siècle, avec des conditions de vie — …..survie — autrement plus difficile qu’actuellement.
      Avec une population d’à peine plus d’un milliard d’habitants à la fin du XIX°, la moitié de ceux-ci mourrait de faim. Les 6,5 milliards de plus que l’on a actuellement ne survivraient pas à la famine.
      Inutile de revenir sur les sources d’énergie dérisoires, excessivement chères, non pilotables, et pas toujours neutre en carbone que l’on nous propose !
      Si, comme vous le pensez, le climat a besoin d’être  » sauvé ? « , celà ne passera pas par la transition dite écologique ; mais par l’adaptation à des conditions climatiques pour l’instant tout à fait acceptables.
      Climatiquement et Respectueusement vôtre. JEAN

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      • Et pour l’agriculture ?
        Revenir à ça ?

        Ou encore, à ça ?

        « Le progrès fait rage et le futur ne manque pas d’avenir. » ©Philippe Meyer

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  4. Comme d’habitude, la façon dont la question est posée fera que bon nombre de gens seront bernés à l’insu de leur plein gré. Qui n’est pas partisan de protéger les gentils pandas et d’éviter que les neiges du Kilimandjaro ne fondent à cause d’une poignée de vilains profiteurs qui ne veulent pas retourner à une existence préindustrielle comme les gentils écologistes ?
    Ils ont été préparés à prendre « les bonnes décisions » par des décennies de bourrage de crâne. Nombreux sont ceux qui ne mettent pas un instant en doute la validité des modèles « d’empreintes écologiques » ou celle des valeurs de la sensibilité climatique des modèles CMIP. Le mythe qui veut que ce qui sorte d’un calculateur ne peut être que profondément scientifique est solidement enraciné.

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  5. Etonnant quand même de lire ceci dans
    «  » » »Les éléments clés d’une politique climatique sensée » » » » » » »

    «  » » » » » » » » »Le sevrage de la société de sa dépendance aux combustibles fossiles est nécessaire
    et judicieux pour diverses raisons – aussi afin d’arrêter l’augmentation
    anthropique de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. » » » » » » » » » »

    Le sevrage viendra tout seul quand le baril arrivera à 200 dollars ; d’ici là on pourra se préparer en relançant le nucléaire

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