Lettre ouverte à madame la rectrice de l’université libre de Bruxelles

Madame la rectrice,

L’un des enseignants de l’université que vous dirigez vient d’être la victime d’une odieuse campagne de diffamation dont on s’attendrait à ce qu’elle soit condamnée avec la dernière énergie par le monde académique. Hélas, les instances dirigeantes de l’université libre de Bruxelles semblent choisir le chemin de la soumission à cette cancel culture qui nous vient des États-Unis et à laquelle, pour notre malheur, les universités européennes ne semblent pas savoir résister mieux que leurs sœurs américaines.

Samuel Furfari enseigne depuis 2004 la géopolitique de l’énergie à l’université libre de Bruxelles, et est professeur invité dans d’autres universités. Ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, il y a travaillé pendant trente-six ans dans le domaine de l’énergie, développant et promouvant diverses politiques énergétiques notamment sur le changement climatique. Président de la Société européenne des ingénieurs et industriels, il est régulièrement invité à des conférences en Europe. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence, notamment sur l’importance et l’urgence de l’électrification en Afrique.

Bien des formations universitaires s’enorgueilliraient de disposer d’un enseignant aussi expérimenté et à la compétence aussi reconnue à l’échelle internationale. Mais Samuel Furfari a un défaut impardonnable aux yeux de certains inquisiteurs : il est plus que circonspect sur l’alarmisme climatique actuel. Il constate, comme beaucoup d’autres, que les angoisses sur le « dérèglement climatique » sont excessives, voire largement exagérées, quand elles ne sont pas imaginaires.

Les intégristes ne pouvant tolérer une telle déviance à l’orthodoxie, ils ont utilisé l’une de leurs armes favorites qu’est la dénonciation calomnieuse, violant sans vergogne la belle tradition de liberté académique établie dans les universités européennes depuis le Moyen-Âge.

On peut comprendre, peut-être même excuser, les bien-pensants du jour, issus d’une organisation étudiante. Après tout, nous faisons baigner notre jeunesse dans un monde où une adolescente comme Greta Thunberg est autorisée à faire la leçon aux chefs d’États, et où dans nos programmes scolaires le savoir authentique doit de plus en plus composer avec les proclamations moralisatrices sur l’« urgence de l’action ». Ce formatage intellectuel explique aisément l’incapacité de certains jeunes à prendre la mesure de la profonde régression intellectuelle à laquelle ils contribuent.

Mais qu’en est-il de vos instances dirigeantes, madame la rectrice ? Sont-elles à ce point soumises à l’air du temps pour avoir, 24 heures à peine après les cris d’orfraie, officiellement « pris leurs distances » avec Samuel Furfari ? Trouvez-vous acceptable que l’opprobre puisse frapper aussi vite un des éminents enseignants de votre université sans que celui-ci ait pu s’exprimer ?

Une telle dérive est extrêmement préoccupante. Un établissement qui porte dans son nom le mot splendide de liberté ne saurait choisir le chemin de la servitude volontaire et de la mise à l’index. Ce serait également une grave entorse à sa si belle devise, scientia vincere tenebras. Vaincre les ténèbres par la connaissance : voilà un beau, un grand, un noble combat. La censure d’un enseignant n’y a pas sa place.

Avec tout mon respect,

Benoît Rittaud,
Université Sorbonne Paris Nord.

Lettre ouverte publiée dans Valeurs Actuelles.

28 réflexions au sujet de « Lettre ouverte à madame la rectrice de l’université libre de Bruxelles »

  1. Bonjour Benoît, félicitations pour la défense du Pr Samuel Furfari. Décidemment, dans l’enseignement, il ne fait pas bon se prénommer Samuel en ce moment. Ce prénom semble attirer les extrémistes de tous poils avides de revanche, réfutant l’approche par la science et par l’observation. Bon courage Samuel, pensée aussi à la famille de Samuel Party. Vive la liberté, vive la liberté d’expression, vive la liberté de penser et non à la pensée unique. Résistons. JR

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  2. mouais, que de belles déclarations
    mais en coulisse, n’y aurait-il pas un conflit, entre non pas la clique de la poele à frire, et les scepticisme de Mr Furfari,mais une autre gloire académique, très impliqué dans la nouvelle voie royale hydrogène, avec des paquets de pognon qui tombent de partout

    http://www.science-climat-energie.be/2020/10/09/lutopie-hydrogene/

    une affaire de gros sous, avec comme toujours, le service des idiots utiles

    et en ces temps de crise, des financements alléchants et considérables ne sont pas à négliger pour tout responsable d’une institution,
    j’en profite, car très bientôt, de tels propos complotistes me vaudront une descente immédiate de la section anti haine de notre bien aimée police citoyenne

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    • Ramener l’éviction d’un professeur de faculté à une affaire de gros sous est terriblement réducteur alors qu’il s’agit factuellement et avant tout d’une forfaiture idéologique.
      La filière hydrogène est une technologie « éternellement émergente », elle a seulement la maturité pour produire un échec industriel de grande ampleur et cela sans l’aide de l’UBL.

      La lettre de Benoît Rittaud est impeccable, je regrette juste que d’autres universitaires ne l’aient pas signée.

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      • vous avez lu l’article en lien?
        oups je n’ai pas recopié le lien, cela du coup devient difficile à comprendre

        http://www.science-climat-energie.be/2020/10/09/lutopie-hydrogene/

        dans les commentaires, vous comprendrez mieux de quoi je parle, il y a un conflit avec un collègue qui est visiblement subventionné par la filière hydrogène

        les conflits d’ego dans les milieux scientifiques sont féroces,quand des généreux lobbys sont derrière la porte cela devient sanglant

        cela n’empêche que l’attitude de l’ULB est lamentable, mais que ce soit sur le climat, ou sur la chloroquine, il a toujours quelqu’un en coulisse à la manoeuvre

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  3. Lettre parfaite. Je signe aussi.
    Dans la série  » raison contre pensée magique « , l’université de Strasbourg dispense des « formations de médecine anthroposophique ». Une dangereuse infiltration de spiritualisme occulte dans ce qui devrait être un temple de la pensée rationnelle.

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  4. A l’heure où tout le monde se prévaut de la liberté d’expression, on voit que celle-ci n’est pas forcément acquise, même dans les endroits où l’on s’en enorgueilli le plus.
    Pseudo-écolos, pseudo-anti-racistes, pseudo-féministes : même combat : faire taire ceux qui les contredisent avec leurs fallacieux arguments extrémistes. On n’est pas sorti de l’auberge pour retrouver notre liberté.

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  5. Bonjour,

    Merci pour ce billet. Nous vivons une époque inquiétante et le milieu universitaire n’est hélas qu’une petite partie de ce problème. J’ai récemment été confronté à ce dernier. J’ai relayé sur un réseau social professionnel un écrit de Benoît Rittaud relatif aux catastrophes naturelles et leur soi-disante augmentation, le tout sans commentaire, juste pour apporter un autre éclairage. Un interlocuteur a alors, partant du fait que seul Valeurs actuelles accueille les climato-réalistes, tenté d’insinuer que ces derniers, donc Benoît Rittaud, ne sont que des « fascistes » au prétexte que cet hebdomadaire est classé bien à droite !!! Le syllogisme était impressionnant. Pour essayer d’aller plus loin et pour tenter de comprendre : https://www.contrepoints.org/2020/10/27/382892-la-liberte-dinexpression-danne-sophie-chazaud

    Bonne journée

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    • « Tu vois, dans la vie, il y a deux sortes de gens : il y a ceux ceux qui pensent comme moi, et puis il y a les fachos.
      Toi, tu es un facho. »
      D’après Clint.

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  6. Les climato-réalistes ont déjà été comparés à Hitler sans que cela n’émeuve qui que ce soit ou que cela ne déclenche l’attribution d’un point Godwin de la patrouille de la bien-pensance.
    Pour certains esprits un peu étroits, le point de vue scientifique argumenté n’a aucune valeur à partir du moment ou on passe pour des cuistres aux crânes rasé qui boivent de la bière en faisant des saluts nazis.

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  7. Bon, je vois qu’ici, on somnole un peu. On a connu davantage de commentaires. Alors, voici de quoi vous réveiller. Puisque de toute façon, les climato-réalistes sont déjà catalogués « conspirationnistes » (ouh le vilain néologisme fabriqué pour fermer les bouches…), un peu plus un peu moins…
    https://covidinfos.org/2020/10/30/non-au-grand-reset-lappel-de-larcheveque-vigano-a-donald-trump/

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  8. Comprendre ce qui arrive à nos compatriotes avec CJ Hopkins:
    https://lesakerfrancophone.fr/le-culte-de-la-covid
    Un formidable article, très bien écrit, avec la distance nécessaire et qui touche juste, applicable autant au carbocentrisme qu’au covidisme. Lecture bien sûr spécialement recommandée à notre ami Cunctator qui après cela va forcément rejoindre promptement les rangs de la Résistance…

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    • C’est clair et bien écrit, mais cela n’infirme en rien le fait que les services de réa sont aujourd’hui presque à saturation dans ma région, comme ils le furent dans le nord et l’est au printemps.

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      • En réalité, que les services de réanimation soient ou ne soient pas en saturation n’a aucune espèce d’importance, ce qu’a montré de façon magistrale Louis Fouché. Essayons de ne pas être aussi nuls que les occidentaux des années de guerre qui ne voulaient pas voir ce qui se passait au fond du Reich. Aujourd’hui, on entend très clairement le bruit des bottes. Un exemple parmi tant d’autres : Le Rivotril tue par décret.

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      • Chaque hiver, les services (urgence, réa) sont saturés. La facturation amène l’hôpital à avoir le max de lits occupés, sous peine de réduction des crédits. Conséquences : n’importe quel évènement un tant soit peu hors moyenne et nous sommes dans les choux.

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    • Bonjour Christophe, et d’ajouter: L’anti Raoulisme. Ainsi les outils – mondialistes – sont à disposition des bons – Moutonistes – de panurge. Résistons. Bien à vous. JR

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      • Resistons , réagissons, mais comment? J’espère que Benoit va bien , mais son silence , dans ces moments où l’on espérait une réaction à notre confinement, infantilisation et emprisonnement m’inquiète ; j’espère qu’il va bien

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