Les dents de la mer

par MD.

Les mers ne s’accroissent point ;
le monde conserve la même forme
et les mêmes limites
(Sénèque, lettre à Lucilius, LXXIX).

1/ Introduction.

Parmi les sujets liés aux questions climatiques, l’élévation du niveau de la mer observée sur le littoral de certaines régions du monde est l’un de ceux qui nourrissent l’inquiétude et alimentent les fantasmes.

Pour des raisons liées à l’histoire de l’économie, des transports et du tourisme, une partie importante et croissante de la population mondiale réside, soit sur les côtes maritimes proprement dites, soit en bordure des estuaires, des deltas et des cours inférieurs des fleuves qui en constituent autant de prolongements. La proportion de population concernée a donné lieu à des estimations très variables selon les auteurs et les critères retenus (éloignement des côtes, altitudes, vulnérabilité, etc.), mais certaines évaluations font état d’un quart ou d’un tiers de la population mondiale.

Certaines très grandes métropoles du monde sont des ports maritimes qui ne cessent de prendre de l’extension. Ces métropoles ont des besoins croissants de superficies, de constructions et d’alimentation en eau. Il en résulte une occupation progressive de terrain, accompagnée de surcharges de sols et de puisements dans les nappes phréatiques, ce qui provoque des tassements littoraux. Il en va de même dans les îles océaniques prisées par le tourisme exotique, qui s’alourdissent de luxueux hôtels et d’infrastructures de transport. Rappelons enfin dans certains pays les surfaces historiquement gagnées sur la mer et garanties par des protections entièrement artificielles.

On comprend donc que le sujet soit particulièrement sensible. Comme il est facile de simuler les effets d’une variation du niveau marin, il ne manque pas de photomontages et de films évocateurs montrant à quoi pourrait ressembler telle grande ville au cas où…, afin de frapper les imaginations.

Précisons que les présents commentaires n’ont pas de prétention scientifique, mais constituent un simple aperçu ; ils se bornent à des constatations fondées sur les mesures marégraphiques disponibles, sans tentatives d’explication de phénomènes qui sont très complexes, comme tout ce qui concerne les sciences de la terre.

Les dents de la mer grignotent-elles nos côtes, à quel rythme et pour combien de temps encore, voilà la question.

2/ Observation du niveau de la mer.

Les seuls instruments d’observation directe de l’évolution du niveau marin sur longues périodes historiques sont les marégraphes, présents dans la plupart des ports de quelque importance. Le niveau de l’eau est repéré par rapport à une référence terrestre, laquelle n’est pas nécessairement immuable en raison des tassements ou soulèvements de natures géologique ou géotechnique qui peuvent l’affecter. Il reste que ce procédé permet de disposer de séries de mesures sur de longues périodes, qui fournissent déjà des informations sur les ordres de grandeur et les tendances.

Les séries de mesures les plus complètes sont tenues à jour par le Permanent Service for Mean Sea Level (PSMSL) fondé en 1933 et basé à Liverpool au Royaume-Uni. Le PSMSL recense environ 2 000 stations marégraphiques réparties dans le monde entier. Les données sont directement et gratuitement accessibles.

Dans la présente note, il ne sera question que des données marégraphiques diffusées par le PSMSL. Pour chaque station, on dispose de séries annuelles et de séries mensuelles. Elles comportent malheureusement des lacunes parfois importantes. Il est néanmoins déjà possible de tirer de ces séries des enseignements au moins sommaires. Les dernières mises à jour du PSMSL comportent les données de l’année 2018.

Les références d’altitudes sont exprimées en millimètres par rapport au « Revised Local Reference » (RLR) dont le principe est ancien et généralisé au monde entier : par convention, le zéro a été choisi à 7 mètres (7 000 mm) au-dessous du niveau moyen, de façon à être certain qu’aucune mesure ne soit négative ; les valeurs RLR ne sont donc que relatives et n’ont aucune signification topographique locale.

Depuis 1993, aux observations marégraphiques se sont surajoutées des relevés par satellites, qui sont censés fournir des données « absolues » c’est-à-dire indépendantes des repères terrestres (université du Colorado). Seules les données globales sont actuellement disponibles : les données par bassins, qui seraient vraiment utiles, ne sont bizarrement plus mises à jour depuis quatre ans (« under revision »). Les tendances globales mises en évidence par ce procédé indirect et distant sont d’ailleurs discordantes par rapport aux données marégraphiques. On ne traitera pas de ce sujet ici.

3/ Le cas de la France.

La France métropolitaine est un cas intéressant car elle bénéficie d’une double, ou même d’une triple exposition ; Manche, Atlantique (ces deux expositions communiquant d’ailleurs largement) et Méditerranée. La population des zones littorales françaises est parfois estimée à environ un dixième de la population métropolitaine.

Le PSMSL recense 28 stations françaises (9 en Manche, 14 en Atlantique, 5 en Méditerranée) dont les séries marégraphiques sont à jour pour 2018. Cependant quelques-unes ont dû être éliminées, soit pour leurs origines trop récentes, soit à cause de lacunes importantes. On a eu recours à des stations de pays voisins (Royaume-Uni, Espagne, Italie) pour corroborer et compléter les séries françaises.

Les séries les plus longues sont les suivantes :
-Brest : 1807-2018 (avec quelques lacunes)
-Newlyn (pointe extrême de la Cornouaille et sensiblement à la longitude de Brest) : 1916-2018
-Marseille : 1885-2018 (avec quelques lacunes)
-Genova (Gênes) : 1884-1996 (avec une lacune entre 1910 et 1930) et 2001-2016 (deux séries séparées)
On trouve ensuite des stations dont les séries commencent vers 1940 : Dunkerque, Le Havre, La Rochelle (cette dernière avec des lacunes considérables) ; à partir de 1959, l’échantillon de stations commence à s’étoffer, ce qui donne déjà près de soixante ans d’observations basées sur une vingtaine de stations marégraphiques.

On retracera en premier lieu les séries les plus longues, et on examinera ensuite si les autres séries présentent des tendances analogues.

4/ Manche.

Le graphique ci-dessous retrace les données annuelles RLR des stations de Brest et Newlyn.

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Sur la période de recouvrement des deux stations, les deux courbes sont le plus souvent presque confondues ou parallèles.

A première vue, il semble que le niveau soit resté étale à environ 6950 mm entre 1807 et 1920, et qu’il ait augmenté depuis cette date, passant de 6950 à 7150 mm, avec cependant des interruptions de croissance pendant certaines périodes (1915-1925 et 1960-1975). On remarque aussi quelques « pics » très prononcés. Depuis 1915, l’augmentation du niveau de la mer s’établirait ainsi à 200 mm sur 100 ans, soit environ 2 mm/an. Les écarts d’une année à l’autre peuvent être relativement importants (50 à 100 mm) au regard de la tendance générale.

Afin de corroborer les deux séries principales, on a fait figurer les données de cinq stations supplémentaires des côtes de la Manche à partir de 1959, date à laquelle les séries sont à peu près complètes. Malgré quelques lacunes, on voit que les courbes s’inscrivent dans un fuseau de même tendance que les deux stations principales. En soixante ans, le niveau de la mer a généralement augmenté d’une dizaine de cm, ce qui confirme grosso modo les tendances mises en évidence précédemment.

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5/ Atlantique.

Le même exercice a été fait pour les côtes de l’océan Atlantique, en ajoutant sept stations supplémentaires, de Concarneau à Santander.

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On retrouve des tendances analogues aux précédentes, ce qui montre que sur l’ensemble des côtes françaises ouvertes sur l’Atlantique, de Dunkerque à Saint-Jean-de-Luz, le régime d’augmentation du niveau de la mer est homogène. On observe ainsi une relative concordance des tendances observées, malgré la grande diversité géologique et géographique des zones littorales.

6/ Méditerranée.

Le graphique ci-dessous retrace les données annuelles des stations de Marseille et Gênes.

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L’allure des courbes est différente de celles de l’Atlantique. On voit que le niveau a augmenté d’environ 15 cm entre le début et le milieu du XXème siècle, époque à laquelle cette tendance s’interrompt brusquement. On constate ensuite une légère baisse de 1960 à 1980, puis une reprise de l’augmentation depuis lors, avec un « pic » remarquable en 2010 [1]. Sur longue période, de 1885 à 2013, le niveau de la mer a augmenté d’environ 15 cm, mais cette augmentation était déjà presque acquise dès 1960 (ce qui correspondait à 2 mm/an).

Malheureusement, ces trois séries présentent des lacunes importantes, notamment pour les trente dernières années. Pour les compléter, on a eu recours à huit marégraphes situés : en France (Nice et Ajaccio), en Espagne (Barcelone, et L’Estartit sur la Costa brava), à Monaco, et en Italie (Imperia et Carloporte dans le golfe de Gênes). Certaines de ces stations ne sont pas à jour.

Le graphique ci-dessous retrace les séries de ces onze stations pour la période 1980-2018.

image005

A toutes les stations, on retrouve le pic de 2010 qui est ainsi confirmé. En moyenne entre 1980 et 2018, le niveau de la mer a augmenté d’environ 10 cm, soit environ 2,5 mm/an sur la période, mais avec des évolutions erratiques (on observe même une sorte de stagnation ou même de baisse depuis 2010).

6/ Conclusions.

Insistons sur le fait que ces commentaires ne comportent aucune interprétation scientifique des phénomènes décrits. On sait que le niveau des océans et des mers, que ce soit dans l’absolu ou par rapport aux repères terrestres, varie sous l’influence de paramètres variés : température de l’eau qui provoque l’effet dit « stérique », fonte ou re-glaciation des glaciers et des inlandsis circumpolaires, régime des vents, courants marins, activité des dorsales sous-marines, et enfin mouvements terrestres dus au rebond glaciaire, aux affaissements naturels ou anthropiques, à l’activité sismique, etc.

Le présent examen a été limité aux littoraux de la France métropolitaine et de certains littoraux voisins, ce qui donne déjà une première idée des ordres de grandeur et des tendances sur plus de 3 000 km de côtes relativement urbanisées et fréquentées.

On a vu que depuis le début du XXème siècle la tendance est à une élévation du niveau de la mer, avec des fluctuations parfois notables. Les données publiques et accessibles des différents marégraphes concordent sur ce point. En un siècle, on a ainsi observé une élévation de 20 ou 25 cm, soit la valeur d’un empan. Pour le moment, les conséquences en sont peu perceptibles, car cet ordre de grandeur de long terme est faible au regard des fluctuations mensuelles, annuelles et pluriannuelles, ou encore des marées.

La question actuellement posée est de savoir si cette élévation va se poursuivre, et à quel rythme. Si le rythme restait le même, ce qui serait l’hypothèse « naïve » comme disent les statisticiens, la mer gagnerait encore une vingtaine de centimètres d’élévation d’ici la fin du XXIème siècle, ce qui paraît tout à fait gérable. Au-delà de cette échéance, on se projette dans un grand avenir que personne au monde n’est capable d’envisager et encore moins de maîtriser.

Certains augures ne nous en annoncent pas moins à cette échéance des élévations réputées catastrophiques, à grands renforts de discours emphatiques et d’illustrations suggestives, telle cette affiche de 2007 dont se sont malheureusement rendus coupables des sociétés et organismes français pourtant respectés et écoutés.

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Pour ajouter foi à ces pronostics, il nous manque encore beaucoup d’informations essentielles, par exemple :

-les paramètres qui sont intervenus dans l’évolution du niveau de la mer depuis le XIXème siècle, y compris les anomalies, les pauses ou les régressions ; l’influence de chacun de ces différents paramètres ;

-les raisons pour lesquelles ces paramètres évolueraient dans le proche et moyen avenir au point d’entraîner une rupture de la tendance séculaire de montée des eaux.

Malgré d’innombrables articles dans les revues spécialisées, ces questions restent ouvertes.

7/ Annexe sur les repères terrestres.

On a vu précédemment que les relevés marégraphiques donnaient des résultats relativement homogènes malgré la diversité des situations. On pourrait en déduire, soit que le socle terrestre reste fixe, soit que son altitude évolue partout uniformément.

Depuis une vingtaine d’années, la NASA (Jet Propulsion Laboratory) publie des mesures journalières d’altitude de différents points géodésiques terrestres (il ne s’agit donc pas de niveaux marins). Certains d’entre eux sont situés dans des ports, non loin des marégraphes. Simplement à titre d’illustration, voici les graphiques des stations de Brest, La Rochelle et Marseille. Quoique l’existence de nombreuses ruptures de séries ne facilite pas l’interprétation, la NASA calcule néanmoins pour chaque station la tendance centrale et l’incertitude associée, qui sont rappelées ci-après.

-Brest : -1,119 ± 0,820 mm/animage007-La Rochelle : -0,206 ± 0,235 mm/an
image008-Marseille : -0,422 ± 0,235 mm/animage009

Ces trois exemples, ainsi que d’autres points géodésiques littoraux (Genova : -0,383 ± 0,157 mm/an, Newlyn : -0,435 ± 0,331 mm/an, à comparer avec l’observatoire de Paris : -0,332 ± 0,219 mm/an et celui de la Côte d’Azur : -0,217 ± 0,146 mm/an) confirmeraient la tendance générale à un enfoncement inégal mais général du socle continental, avec toutefois des fourchettes d’incertitude qui sont du même ordre de grandeur que les tendances. Cet enfoncement se combinerait avec l’élévation du niveau de la mer, lequel serait en réalité légèrement plus faible que ne l’indiquent les marégraphes. Compte tenu de la brièveté de la période d’observation et de l’incertitude des mesures, toute conclusion serait cependant prématurée.

[1] Observé aussi sur les côtes de l’Adriatique, mais moins accentué. Les séries mensuelles montrent que ce pic a notamment pour cause des niveaux très élevés pour les mois d’octobre à décembre.

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17 réflexions au sujet de « Les dents de la mer »

  1. J’aime bien le dernier chapitre. Ce facteur est souvent oublié des alarmistes. Et pourtant il est un facteur lié à la déformation de la croûte terrestre sous l’impact des différentes contraintes tectoniques régionales. C’est lui qui fait s’ennoyer de nombreuses îles du Pacifique, peuplées seulement depuis un millénaire par des migrateurs tardifs, comme les Polynésiens « les réfugiés climatiques ». Le massif armoricain est une marge passive et a tendance à s’affaisser côté océan: il le fait déjà à très courte échelle de temps avec le cycle tidal et à long terme suite à l’ouverture de l’Atlantique -200m depuis 40 Ma . Pour la zone PCA, c’est un peu plus compliqué d’un pt de vue tectonique avec la collision alpine et la sismicité qui l’accompagne.
    Un des facteurs de relèvement « naturel » à ne pas oublier est l’ajustement glacio-isostatique (GIA) lié à la déglaciation des zones polaires: c’est lent et peu intense mais continu : 0,3 mm/ an ( cf. 2 juillet 2018 / Usbek sur ce site). La fonte actuelle des glaces l’entretient à merveille ( étalement gravitaire thermique de l’Antarctique= amincissement de la calotte = décharge). Le vêlage des icestreams « express » lié à cet étalement amène tout comme les eaux de fontes superficielles du Groenland un relèvement eustatique,….. pour le moment . Ce n’est pas une nouveauté en période d’évènement de Bond (ou Dansgaard Oeschger) lié à un forçage radiatif solaire plus important pour une 60aine d’années (cf. cycles solaires et leur corollaire l’AMO).
    Si on prend le relèvement du niveau marin corrigé de la subsidence géologique des Pays Bas, soit 30 cm depuis 1830 d’après la jauge d’Amsterdam, le GIA est responsable en gros de 6 cm et le relèvement eustatique de 24 cm, ce qui donne un relèvement de 1,26 mm/ an au lieu des 3,3 mm clamé par les « pratiquants » de l’altimétrie satellitaires du niveau marin. Faut-t-il s’alarmer??

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  2. merci pour cet article très clair.
    reste à « convaincre » les « sceptiques » (pour une fois de l’autre côté…), que cela n’empêche pas des retraits de côtes, parfois importants, et qu’il ne faut pas confondre l’érosion et ses multiples causes (dont tempêtes « extrêmes », qu’on pourrait, à la limite dûes, au moins en partie, aux changements climatiques, quels qu’ils soient), et la monte, inéluctable et bien sûr catastrophique du niveau de la mer.
    A propos des îles coralliennes (# choulette), de mémoire, tant que le corail est « sain » (cf; dégradations à causes multiples), la croissance des coraux corrige en partie voire totalement la montée du niveau des mers, ce qu’avait montré Moerner pour le Maldives.

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  3. Pour compléter l’article, un lien vers le site pourtant très « réchauffiste » de la NOAA qui comporte une carte zoomable permettant de se faire une idée plus globale (par exemple en se centrant sur l’Europe). La carte donne aussi un accès direct aux données du PMSL.
    On observe l’effet du « rebond isostatique » qui provoque une « baisse » marquée du niveau des océans dans les régions nordiques, ou au contraire les effets de la subsidence (résultant d’un pompage trop important dans les nappes phréatiques) qui provoque l’effet inverse, par exemple sur la côte est des USA

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  4. Intéressant. Je préciserais que pour relier directement la hausse du niveau des mers au réchauffement climatique, c’est le taux d’élévation qu’il faut examiner. Cela simplifie en partie le problème de l’attribution car les causes agissants sur le très long terme sont éliminées et l’effet thremostérique se réduit pratiquement à une constante. A l’échelle séculaire, on peut considérer que le taux d’élévation est proportionnel à l’apport massique et donc à la température globale.

    D’où l’énigme essentielle posée par les marégraphes : l’absence d’accélération depuis les années 1980 alors que les indices de températures s’envolent.

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    • « L’énigme » posé par les marégraphes ?
      Je vous souhaite bien du plaisir pour démontrer rigoureusement que les variations erratiques à la hausse des moyennes de températures mondiales de l’ordre du dixième de degré pourraient avoir une influence sur les variations de hauteurs mesurées par l’ensemble des marégraphes (ou inversement…? ).

      Trouver des interprétations, ça, même moi je peux le faire.

      Prouver qu’elles soient exactes est une autre paire de manche.
      Il n’est même pas évident que les mesures soient pertinentes.

      Et il ne sert à rien de noyer la démonstration dans des tonnes de graphiques et de calculs savants si les prémisses sont fausses…

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  5. Remarquons que les mesures de Brest correspondent à sa rade, qui se vide et se remplit via son goulet, un marégraphe implanté au Conquet, face à l’océan donnerait sans doute les mêmes tendances, mais avec des valeurs moins… « amorties ». La rade est toujours en « retard » par rapport à la grande bleue ! Mais l’eau y est plus chaude !. Et aussi, selon le sens du vent, ceux qui pratiquent les « grandes marées » savent qu’en fonction de ce vent, à coefficient égal d’une marée à l’autre, des rochers se découvrent; ou pas. Par vent du sud, il y aura fort à parier quel le marégraphe de Brest notera un niveau plus haut, alors que par vent du nord, peut-être sera-t-il plus bas… Les masses liquides sont dans un lieu clos où la mer n’est pas forcément d’huile. (J’ai nagé durant l’été 42 km, mesurés au GPS, dans la rade, en y mesurant aussi la température, d’où mon intérêt !…)

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    • « Si on voit de l’autre côté de la rade, c’est qu’il va pleuvoir, si on le voit pas c’est qu’il pleut. » (Proverbe brestois). Que va devenir ce proverbe avec le « changement climatique » ?

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      • L’autre côté, c’est Crozon, et là où se situe ma maison; laquelle, dotée d’une station météo m’a permis de constater qu’il y pleut très largement moins qu’à Brest, à 10 km, dont j’observais les relevés comme des références. En fait, il y a autant de météos que de lieux d’observation pour l’apprécier. La presqu’île de Crozon se rapproche plus du régime insulaire que celui des rives de la Penfeld qui tiennent du pot de chambre ! J’ai dû mesurer 1000 mm l’année passée alors que Brest devait voguer vers les 1300 mm… Ce qui me permet désormais de contredire les gens compatissants qui grimacent quand je leur situe mon lieu de résidence qui n’a rien d’un marécage permanent. En revanche, la proximité marine fait bien régner une humidité permanente…

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    • Les relevés du marégraphe du Conquet (PSMSL n°1294) ne commencent qu’en 1971, et les deux graphiques (annuels mais aussi mensuels) sont exactement superposables. Le Conquet aurait fait double emploi, c’est pourquoi je n’ai pas estimé utile de l’incorporer dans mes graphiques.
      Merci pour votre message
      Michel

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  6. Tout le monde a entendu parler de Bruges la Venise du Nord.Au Moyen-Âge. Bruges était port de mer !
    A la même époque, les villes d’Ostende, de Westende et de Middelkerke, sur la côte, étaient sur une île. Cette époque était aussi celle de l’optimum climatique médiéval.
    Avec le refroidissement qui suivit, lle Zwin s’est « ensablé » Bruges est tombée en léthargie et les trois villes (Ostende, Westende et Middlekerke) se sont reliées à la terre avec toutefois une zone de polders.
    je vois là un lien entre le climat et le niveau des mers…

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  7. Bêh dis-donc que d’eau, que d’eau !

    Mais d’où qu’elle vient-elle ?

    La glace qui font (aux sources chaudes sous-glaciaires) PERD du volume. Donc le niveau baisse.

    Mais, comme ces ‘relevés’ ne sont examinés qu’en France… même si toutes les mers et océans communiquent, çà veut pas dire que !

    Idem pour le climat dont les relevés ne sont pas choisis aux pays où demeurent des records de froids battus chaque années !

    Idem quand des articles sont illustrés de photos du Pont d’Alma ! Seine non draguée depuis plus de 40 ans ! 5 m de merde au fond ! Bientôt les parisiens vont pouvoir traverser la Seine à pieds !

    Notez tout-de-même qu’il y a tous les jours des centaines de tremblements de terre sous marins et sous océanique ! Et que la rencontre des plaques fait naître des ‘îles’ pas encore visibles ni dangereuses pour la navigation mais dont – bizarrement – personne ne parle ! Cà alors !

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  8. Pour Choulette.
    1/ L’article d’Usbek est accessible ici : https://www.climato-realistes.fr/rebond-post-glaciaire-incertitude-niveau-de-la-mer/
    2/ Les Pays-Bas disposent de 8 marégraphes PSMSL, dont 7 depuis le XIXème siècle. De 1865 à 2018, l’élévation du niveau (apparent) de la mer a été de 23 à 35 cm en 153 ans, soit linéairement entre 1,5 et 2,4 mm par an. Pour connaître la part eustatique de cette élévation, il faudrait en déduire la subsidence du socle, or les deux repères géodésiques NASA les plus proches (Borkum et Westerbork) ne la mesurent que depuis 25 ans (environ -0,5 mm par an). On est donc réduit à des conjectures : je ne connais pas la source de vos chiffres de 6 cm et 24 cm. Le sujet du niveau de la mer aux Pays-Bas mériterait à lui seul un article spécifique, vue son importance pour les Néerlandais.
    Pour Papijo.
    Référence du site NOAA : https://tidesandcurrents.noaa.gov/sltrends/sltrends_global.shtml
    1/ Les graphiques « relative sea level trend » des stations sont à mon avis sans intérêt : il est préférable de recourir directement à la source PSMSL et de travailler soi-même sur les séries.
    2/ Le rebond post-glaciaire en Scandinavie, bien connu, est aussi confirmé par les repères géodésiques NASA qui font apparaître cette surrection. A première vue, la limite régionale entre surrection et subsidence doit se situer à une latitude vers le sud du Danemark.
    Pour phi.
    Il y a très probablement une relation tendancielle sur longues périodes entre la température et le niveau de la mer, compte tenu notamment de l’effet stérique et de l’ablation des inlandsis, qui augmentent mécaniquement le volume d’eau. Mais, d’une part les mesures de ces deux variables sont incertaines, et d’autre part il existe des inerties considérables dans le système océanique. Depuis les années 1980, comme vous dites, la température augmente tendanciellement et le niveau de la mer monte tendanciellement. Je ne vois pas là d’« énigme » particulière, à ce compte le climat regorge d’énigmes. Pour moi, l’énigme serait plutôt de savoir comment les « climatologues » peuvent être aussi péremptoires…
    Amitiés à tous
    Michel

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    • MD,
      C’est bien une énigme très sérieuse et qui fait couler beaucoup d’encre, voir sous énigme de Munk.

      Il faut considérer le taux de variation qui est proportionnel à la température et pas l’évolution du niveau.

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    • « Je m’en tiens pour ma part au papier de Guy Wöppelmann »

      Et que dit ce papier ?
      Que les températures que l’on suppose pour le XXème siècle sont bien trop faibles pour expliquer la hausse observée du niveau marin.

      Cela ne vous rappelle rien ?
      Y a-t-il là vraiment une énigme ?
      Le problème n’est-il réellement pas élucidé ?

      Quand quelque chose paraît complexe, très embrouillé, il vaut parfois la peine de prendre un peu de recul.

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  9. Je ne saurais parler en toute objectivité de cette évolution des choses car moi (Me la pète…) je possède des terres qui « tombent » sur la mer ! Aussi je paie des impôts fonciers proportionnels à des superficies qui s’érodent, mais comme on ne remet pas à jour le cadastre, eh ben je paie pareil que mes ancêtres qui disposaient d’une plus grande surface; il est vrai que eux en vivaient, y cultivant blé et patates ! Vers sa cinquantaine, un jour, alors que nous remontions péniblement de la grève, en passant par un de nos champs, pensivement, mon père émit l’hypothèse que depuis sa naissance, le champ s’était raccourci de 50 cm, inéluctablement, vulnerant omnes, ultima necat…

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