Clémentine Autain dans le texte

Pour poursuivre la série « Les paroles s’envolent, les écrits restent » entamée hier avec Cyril Dion, voici quelques unes des sympathiques déclarations de Clémentine Autain sur France Inter, dans Le Grand Entretien du lundi 5 août. Une nouvelle fois merci au même discret lecteur pour sa transcription.

À propos du CETA (et des nouveaux traités de libre-échange), de leur impact sur le climat et (accessoirement) sur la recherche scientifique elle-même [séquence de 10:17 à 11:59 de l’émission] :

Le Ceta est un scandale autrement plus grave que des permanences saccagées (…). C’est un traité nouvelle génération qui vise à accroître les échanges (…). Il nous reste 8 ans et demi (8 ans et demi, c’est rien), dans 8 ans et demi, on est à sec du point de vue de notre bilan carbone et le réchauffement climatique va à une allure qu’on avait même pas imaginé. Vous savez qu’avec la fonte des glaces, vous avez des scientifiques qui (…) installent leur matériel et ils n’ont même pas le temps de l’installer que ça a déjà fondu… Ils ne peuvent pas observer parce que ça a fondu ! Et dans ce moment où la situation est dramatique, où tout le monde dit qu’on ne peut pas continuer avec ce modèle de développement, des traités nouvelle génération vont accroître les échanges (…) absolument mortifères pour le réchauffement climatique, pour l’écosystème, pour notre santé.

Concernant l’organisation de la « convention citoyenne sur le climat » et l' »écologie concrète » [séquence de 12:26 à 13:39] :


Tant mieux s’il y a Cyril Dion (…). Le problème, c’est qu’il ne faut pas une écologie de communication, il faut qu’on passe à une écologie concrète (…) Il faut changer de modèle agricole, on le sait, il faut basculer… Faut arrêter avec une agriculture chimique (…), avec les espèces de grands projets complètement dingues comme EuropaCity (…). Or le temps presse absolument ! Le temps presse : on est dans un état d’urgence qui est maximal (…).

Enfin, cet échange avec le journaliste où il est question de mesures autoritaires [séquence de 13:39 à 14:53] :

– Le journaliste : « Est-ce que vous partagez le jugement d’Yves Cochet, ancien ministre de l’écologie, qui dit : l’effondrement du monde, c’est entre 2020 et 2040 ? »
– La députée : « Oui… en tous cas il y a un problème (…). Et ce qui m’inquiète (…) c’est qu’on arrive à un moment de bascule où la transition se fera de façon autoritaire. Vous comprenez le problème ? ça risque de se faire de façon autoritaire. (…) »
– Le journaliste : « Autoritaire… Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? »
– La députée : « Bah ! A un moment, quand vous allez avoir des populations qui vont devoir partir de là où ils (sic) sont, (…) les mers qui montent et toutes les conséquences concrètes du réchauffement climatique, il va falloir prendre des mesures drastiques, draconiennes, et donc autoritaires. Aujourd’hui, si on les prend, elles peuvent être une chance pour contester le modèle consumériste (…) ».

26 réflexions au sujet de « Clémentine Autain dans le texte »

  1. On est bientôt blasé de tant d’inepties. La seule chose à craindre c’est une marée montante d’arguties sans fondement dont l’objectif est tout bonnement anticapitaliste. Moi je lui dis « quitte ce monde et retourne dans ta cambrousse communautaire avec les ânes décroissantistes, millénaristes et adorateurs de la secte Gaia-Greta du dernier jour « . Non mais c’est vrai quoi! Et j’essaye de rester poli…

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  2. Je viens d’un petit village de campagne et depuis 20 ans je vis à Paris. Au début, la grande ville c’est génial et puis peu à peu on se rend compte qu’on est complétement déconnecté de la nature : pas de chant des grillons pendant les nuits d’été, pas de chants d’oiseaux variés, pas d’odeurs des différents végétaux, on ne voit même plus la nuit étoilée, on croise très peu d’insectes, bref dans les grandes villes comme Paris notre vie n’est pas en phase avec celle des autres êtres vivants. Nous perdons qqchose. On ne peut se rendre de cela que si on a déjà vécu proche de la nature suffisamment longtemps pour avoir acquis diverses sensations.

    Concernant ce mal être des bobos citadins qui se tournent vers l’écologie et qui pensent que la nature disparait à vue d’œil, j’avance l’explication suivante : je me dis que ces gens sont surement citadins depuis leur tendre enfance, ce sont donc des gens qui ont toujours été déconnecté de cette nature qu’ils n’ont jamais véritablement connu, aussi pensent-ils que cette nature n’est plus là puisqu’elle n’a jamais fait partie de leur vie d’où une sorte de stress naturel qui fait qu’ils vont se reconnaitre dans le discours catastrophiste. Ces gens ressentent que la nature leur manque car ils vivent en ville et dans le même temps, on leur dit que cette nature s’abîme. leur ressenti et le discours sont en phase pour faire tilt dans leur cerveau.

    Quand je retourne dans mon village, les gens que je côtoient n’en peuvent plus de cette écologie. Ils ne comprennent pas de quoi on leur parle. Cela me rassure.

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    • Vous faites une juste analyse. Je vis depuis longtemps en pleine campagne et, effectivement, on n’en peut plus ici de cette « écologie ». Et surtout de ces « écologistes » complètement déconnectés de la nature qui font la morale au monde entier en expliquant…. comment fonctionne la nature !

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    • Ce que vous appelez « nature », ce n’est qu’un lieu non urbain, mais entièrement façonné par l’homme. Moi, j’appelle ça la campagne.
      La nature, c’est un concept, la campagne, une réalité.

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  3. On la savait cinglée mais un pete au casque à ce point!!!
    Les historiens s’interrogeront: comment la gauche qui, depuis les Lumières jusqu’au 20 eme siècle adhérait à un paradigme prométhéen: il faut transformer le monde contre la loi de la fatalité est passée de l’autre côté de la barrière et est tombée dans la superstition qu’elle entendait dénoncer.
    Dans le cas de cette pauvre folle comme de Melenchon , s’y ajoute la promesse d’une dictature des défenseurs de Gaia qui vengera la dictature trahie par le prolétariat désormais constitué de Sans Dents !!! Pauvre bécasse!

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  4. Nous sommes probablement plus ou moins proches d’un risque de rupture dans nos approvisionnements petroliers. Comme on ne pourra pas le presenter de cette façon aux populations, on le présentera comme des mesures d’urgence climatique. C’est la seule explication rationnelle que je puisse proposer pour expliquer cette hystérie. Qui (sur)vivra, verra!

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  5. A aztoros:
    Sans doute mais il faut ajouter que Dieu étant mort vers 1970 (même si tout le monde n’a pas reçu le faire part) 2000 ans de culpabilisation chrétienne n’ont pas disparu. Le prolétariat ayant trahi, on s’est reporté vers le Tiers Monde, les femmes puis Gaia . Le plus étonnant , encore une fois est que la gauche ait pu adhérer à ces conneries mais dans l’ouest par exemple le PS a progressé sur l’électorat catho.Et les maoïstes des années 70 étaient souvent des chrétiens défroqués et ils se sont reconvertis dans le Vert (voir la canaille Lipietz chantre du génocide khmer)

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    • Après Christchurch, El Paso : 31 nouveaux puits de carbone.
      Ca ressemble de plus en plus à l’Armée des douze singes, l’urgence à Malthus.

      >If we can ********* enough people, then our way of life can become more sustainable.


      Car, à forcer l’allure
      Il arrive qu’on meure
      Pour des idées n’ayant plus cours le lendemain

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  6. En ce qui concerne la clic à Mélenchon, c’est pire que tout, ce n’est que récemment qu’ils se sont convertit à l’écologisme et il ne parlent plus que de ça. La défense de l’ouvrier n’existe plus dans leurs discours, c’est affligeant. Moi qui suit plutôt de gauche dans l’esprit, je ne me retrouve plus dans les gauches actuelles. Même les pires adeptes de la révolution virent écolos, ils en deviennent encore plus ridicules qu’avant. C’est simple, je fais comme Jean-Louis Aubert, je ne vais pas voter.

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  7. Il me semble que certains mélangent un peu tout et n’importe quoi. Ce qui ressort est une forme de panique car c’est une situation nouvelle et inquiétante. On sent bien que personne n’est en mesure de donner des perspectives précises. Le GIEC affirme des choses déjà peu rassurantes pour des dates lointaines. Pour des gens de 50,60 ans ou plus ,2100 ne les concernera plus. D’autres se disent que la technologie du futur les sauvera de toutes situations,le monde continuera de tourner. Certains n’y croient même pas du tout. Mais il faut reconnaître que l’on voit des choses bizarres de plus en plus souvent. On peut nier, mais ça ne sert pas a grand chose. L’avenir proche dira s’il y avait lieu de s’inquiéter ou pas. Pour moi 45°C en juin en france, canicules à répétition, suivies immanquablement par des orages d’une extrême violence, des températures moyennes qui ont gagné dans le sud de la france 2°C (2 fois plus que la moyenne mondiale), oui il y a pire que ca dans le monde, mais si ca continue à ce rythme, vous n’avez pas fini d’entendre des discours alarmistes je vous le dis.

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    • Voyons Zimba 3 grosses journées de très fortes chaleur en France et c’est la fin du monde, réveillez-vous bon sang ! Vous semblez découvrir que la nature n’est pas idéale et réserve de grandes variations. Instruisez-vous nom d’une pipe ! Lisez les bouquins de Le Roy Ladurie pour découvrir quasi au jour le jour les variations climatiques de nos ancêtres, au moins vous serez autant surpris de ce qui est arrivé dans le passé que par les prédictions du giec.

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    • Zimba a dit: «Pour moi 45°C en juin en france, canicules à répétition, suivies immanquablement par des orages d’une extrême violence, des températures moyennes qui ont gagné dans le sud de la france 2°C (2 fois plus que la moyenne mondiale),»
      La station où l’on a mesuré les 44 et quelques degrés est installée sur un toit de tuile et son historique remonte à quelques années. A la station, pas trop lointaine du Mont Aigoual (rurale, plus de 100 ans de données) , le record de températures maximales a été pulvérisé de 0,5°C, ce qui est parfaitement compatible avec 0°C compte tenu du remplacement des thermomètres à mercure par des sondes Pt100. Quand aux orages violents (ah bon ?) en fin d’après-midi, c’est le temps normal pour un été chaud.

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      • Pour Zimba, le résultat de cette station vaut pour toute la France et pour toutes les années à venir. C’est LA preuve irréfutable du réchauffement climatique pour des siècles et des siècles, Amen !

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  8. @Paul Aubrin et aztoros : d’Abord je souhaite me tromper et vous donner raison un jour.
    Mais vous simplifiez ou déformez mes propos. Il est entendu qu’il fait chaud , voire très chaud en été, et qu’il y a des orages parfois forts, et qu’il y en a toujours eu. Et des records de chaud battus aussi, pas de soucis. C’est une évidence. Mais si tous ces records de 1911, 1947 ou 1956 et autres sont maintenant battus tous les ans ou tous les deux ans, mes maigres connaissances en statistique me font penser que les flux de données ont changé. Pour l’intensité des phénomènes météos, ce n’est encore pas facile de se prononcer, les études (ISO) ont débuté il y a peu, mais des premiers résultats apparaissent. Et puis il y a le vécu, ce que racontait mon père agriculteur et observateur de la nature et de la météo importante pour son travail, de ses observations sur nos montagnes où les glaciers disparaissaient de plus en plus vite. Des granges de montagne datant de plusieurs siècles, bâties à l’abri des avalanches, mais détruites par des torrents de boue lors des orages des années 2010. J’effectue depuis longtemps des suivis et tracés l’évolution des températures moyennes mobiles pour un certain nombre de stations autour de chez moi (Bordeaux, Toulouse et Pau), ainsi qu’une vingtaine de stations reparties un peu partout (surtout hémisphère nord). Ce n’est en aucun cas une preuve de quoi que ce soit. Mais la différence entre 1900 – 1970 pour faire simple, et 1970 – 2019 a la même allure à peu près partout. Alors je vois déjà vos arguments, il y en a eu d’autres, ce sont les variations habituelles du climat, etc… oui je sais tout ça. On n’y était pas au siècle machin truc, ces mesures proxy etc, je m’en méfie un peu. Dans un sens ou dans l’autre. Mais pour le futur proche, on verra bien … Nul doute que vous me préviendrez quand on reperdra les 2°C ici !

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    • Concernant des changements brusques des T° dans un passé très récent, voici de nombreux exemples tirés du livre « les températures et l’effet de serre » d’Alain Giret :

       »
      • Entre 1950 et 1975, la moyenne thermique planétaire fut de 14,2°C avec un écart-type de 0,09°C, ce qui traduit une assez bonne stabilité (coefficient de variation de 0,7 %). On sait que les glaciers des Alpes avaient même entamé une progression dans les années 1960. Les températures ont effectivement augmenté, mais la tendance fut très lente : 0,002°C/an.
      • Puis, brutalement, les températures se sont emballées après 1975 (dont la canicule de l’été 1976), et cela jusqu’en 2004 (précédé par la canicule de 2003). Les températures sont passées de 14,1 à 14,8°C. La moyenne fut élevée : 14,5°C avec un écart-type important : 0,19°C, et le coefficient de variation monta à 1,3 %. Au cours de cette courte période, la tendance linéaire fut très forte 0,018°C/an, ou pour comparer avec le passé : 1,8°C/100 ans.

      Mais ce n’est pas nouveau, les températures reculèrent de 5°C/100 ans entre 1725 et 1736, et encore de 1,7°C/100 ans entre 1944 et 1956 (documents 7.5). Les augmentations furent elles-mêmes parfois très rapides à la période historique 2°C/100 ans de 1736 à 1762, 1,3°C/100 ans entre 1821 et 1856. Ces variations brèves vont effectivement à l’encontre d’une croissance régulière et générale des températures pour le siècle en cours. Le document 7.4 rappelle que l’analyse des cernes des arbres a révélé de fortes et courtes variations de températures pendant l’optimum thermique médiéval et pendant le « Petit Âge de Glace ».
      • C’est d’autant plus crédible que les températures marquent effectivement le pas depuis 2004. Certes, la moyenne reste élevée : probablement 14,8°C, mais avec une stabilité accrue : écart-type de 0,03°C et coefficient de variations de 0,2 %. Ces températures continuèrent d’augmenter, mais très faiblement 0,0001°C/an. Ce n’est pas nouveau, les températures furent très stables de 1605 à 1692 (-0,2°C/100 ans) et de 1762 à 1821 (-0,3°C/100 ans).
      • Toutefois, on pourrait objecter que le recul majeur des températures de 1000 à 1475 (document 7.4) avait été interrompu par une relative , stabilité (+ 0,08°C/100 ans) entre 1185 et 1390, mais que le recul avait repris. De même, la croissance qui mit fin au « Petit Âge de Glace » fut interrompue par une période stable de 1765 à 1900 (-0,15°C/1 000 ans (document 7.4).
      Il existe des données concernant la variation des températures des océans. Cette masse d’eau de 1.4.109 km3 est extrêmement stable, et sa température globale est immuable. À l’inverse, sa partie superficielle (les 700 premiers
      mètres) accompagne les variations des températures de l’air. « 

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    • Simba a dit :«Mais si tous ces records de 1911, 1947 ou 1956 et autres sont maintenant battus tous les ans ou tous les deux ans, mes maigres connaissances en statistique me font penser que les flux de données ont changé.»

      Les records ne sont pas battus tous les ans. La station où le record a été battu n’existait pas en 1947. Personne ne sait quelle température il aurait été mesuré alors sur un toit de tuiles avec un thermomètre à faible inertie échantillonné toutes les quelques minutes.
      Il faut comparer ce qui est comparable pour en tirer des tendances. Et il ne faut pas prendre un événement isolé pour une statistique.

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  9. « Puis, brutalement, les températures se sont emballées après 1975 (dont la canicule de l’été 1976) »
    Oui tout à fait d’accord
    « C’est d’autant plus crédible que les températures marquent effectivement le pas depuis 2004… »
    Euh…oui juste quelques années , mais depuis 2010 et surtout 2014, c’est à nouveau un gradient important sur les moyennes mobiles. Obligatoirement puisque les 5 dernières années (et probablement 6 avec 2019) sont toutes parmi les 10 plus élevées. Mais aucun signe de baisse encore, qui pourrait signifier ou ressembler à un cycle naturel de variabilité. Faut attendre ?
    Bonne soirée

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    • Les tendances sur 30 ans (ou plus) font très bien apparaître un cycle de 60-70 ans qui explique les fluctuations des vitesses de réchauffement. A ce cycle de 60 se superpose un lent réchauffement qui a commencé il y a plusieurs siècles.

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