La passe d’armes continue sur le « pausebuster »

J’ai signalé hier que l’article de Karl et al. de 2015 (dit « pausebuster« ), qui affirmait que le plateau de températures observé au XXIe siècle n’existait pas, a été attaqué dans ses méthodes par John Bates. La contre-attaque n’a pas tardé, évidemment relayée par les chiens de garde climatiques. À présent que le Guardian a fait le travail, peut-être n’est-ce plus qu’une question d’heures avant que la presse française utilise Google Translate fasse son métier de façon professionnelle, sur le mode « à peine lancée, l’attaque des vilains sceptiques contre les gentils scientifiques fait pschit. »

Sauf que John Bates n’est pas parti sans biscuits, et qu’il vient de répliquer point par point à ses critiques.

J’ai hier commis l’erreur de renvoyer le lecteur sur un article de David Rose du Mail on Sunday. Erreur, car je n’ai pas fait attention à tout ce qui y était dit, me concentrant surtout sur les propos tenus par Bates lui-même et non à l’habillage de l’article, qui n’est pas sans défauts. Le bon article sur lequel renvoyer est en réalité le texte de Bates lui-même, publié sur le site de Judith Curry. Aujourd’hui, celle-ci fait une mise au point dans laquelle elle insiste (comme moi dans un commentaire hier) sur l’aspect « à côté de la plaque » de nombreuses critiques. Surtout, elle permet à Bates lui-même de répondre point par point aux objections scientifiques qui lui ont été faites. Je tâcherai de faire un point sur la question dans les prochains jours, si j’arrive à dégager un peu de temps.

Même s’il est encore un peu tôt pour être affirmatif, peut-être voit-on ici l’émergence d’une nouvelle controverse « à la crosse de hockey », où les données de températures tirées des navires remplaceront les mesures des cernes d’arbres. (Au passage : Paul Matthews vient de publier un article intéressant sur CliScep au sujet de l’instabilité des ajustements du GHCN.) La principale différence est sans doute que l’homme par qui le scandale arrive, John Bates, dispose d’un cv incontestable, alors qu’en son temps Steve McIntyre (qu’on lit hélas moins ces derniers temps) avait dû batailler pour se défaire de son étiquette d' »amateur ». Autre différence : la situation politique aux États-Unis n’a jamais été aussi favorable aux climatosceptiques. Avec cette nouvelle affaire, les carbocentristes ont désormais une nouvelle épine dans le pied, dont ils se seraient sans doute bien passés.

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8 réflexions au sujet de « La passe d’armes continue sur le « pausebuster » »

  1. > l’article de Karl et al. de 2015 (dit « pausebuster« ), qui affirmait que le plateau de températures observé au XXIe siècle n’existait pas, a été attaqué dans ses méthodes par John Bates.

    Pas vraiment. Bates, après avoir lancé un os aux contrariens avec son « pouce sur la balance » (thumb on the scale, se camperait plutôt maintenant sur la question de principe « sans ma propre méthode CDR, point de salut », pour paraphraser comme de raison.

    Autrement dit, Bates se distancerait maintenant du « verbiage » (terme choisi par Judy elle-même) de Rose.

    Nous sommes encore loin d’un CG III.

    Soit dit en passant, l’expression bâton de hockey est plus simple, plus élégant et surtout plus précis, même en matière d’analogie, car le noeud de l’affaire n’est pas dans la crosse, mais l’extrémité (sans grande conséquence) du manche.

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    • Désolé pour les coquilles.

      Judy vient de citer un article où l’on peut lire ce bijou de déni plausible:

      Bates accused former colleagues of rushing their research to publication, in defiance of agency protocol. He specified that he did not believe that they manipulated the data upon which the research relied in any way.

      « The issue here is not an issue of tampering with data, but rather really of timing of a release of a paper that had not properly disclosed everything it was, » he said.

      http://www.eenews.net/stories/1060049630

      Deux jours et voilà déjà que Bates pédale en marche arrière.

      Le ClimateBall ™ n’est plus ce qu’il était.

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    • Il n’a pas à se distancer de qui que ce soit : Bates parle pour Bates, c’est tout. Je ne vois nul rétropédalage dans sa réponse par rapport à son texte initial : il précise sa pensée, rien de plus normal dans une situation comme celle-là.

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      • > Je ne vois nul rétropédalage dans sa réponse par rapport à son texte initial […]

        Fermer les yeux rend la chose encore plus facile:

        Gradually, in the months after K15 came out, the evidence kept mounting that Tom Karl constantly had his ‘thumb on the scale’—in the documentation, scientific choices, and release of datasets—in an effort to discredit the notion of a global warming hiatus and rush to time the publication of the paper to influence national and international deliberations on climate policy.

        https://judithcurry.com/2017/02/04/climate-scientists-versus-climate-data/

        Dois-je traduire ce que thumb on the scale signifie, ou bien aurons-nous droit à une ronde de sémantique?

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      • « Fermer les yeux rend la chose encore plus facile »

        Ce n’est pas de cette façon que vous me donnerez envie de discuter avec vous. Soyez respectueux, ou allez déposer votre fiel ailleurs.

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