Quel est le lien entre le beau temps et le changement climatique ?

par Robert Girouard.

Il fait beau aujourd’hui, je dirais même extrêmement beau. Soleil radieux, ciel sans nuage, légère brise qui me caresse le visage, chaud mais pas trop, agréablement sec, bref des conditions parfaites, tant pour les activités physiques que pour le farniente. Ce genre de beau temps extrême, j’en prendrais tous les jours. De fait, on a vraiment été gâtés ici, à Montréal, côté météo. Je ne compte plus les jours consécutifs de beau temps, dix, douze ou plus encore ? Peut-être un record.

Malheureusement, je ne le saurai jamais car il n’existe pas de statistiques sur le beau temps. J’ai beau chercher, je n’en trouve pas. Par contre, il y en a plein pour le mauvais temps : records de chaleurs, journées consécutives de plus de 30 degrés, records de précipitations, nombre de journées consécutives avec de la pluie, etc. 

Les météorologues ont aussi accumulé une mine de connaissances sur les « événements météorologiques extrêmes », mauvais il va sans dire, tels que sécheresses, inondations, tornades, ouragans, sans compter (sic) les ruptures de glaciers, les glissements de terrain, les feux de forêt, les tremblements de terre et les tsunamis. Lorsqu’un tel événement se produit quelque part sur la planète, MétéoMédia peut ainsi en parler pendant toute une semaine, car la matière est abondante. 

D’autre part, force est de constater qu’il y a peu à dire sur le beau temps : s’il faisait beau tout le temps partout dans le monde, les bulletins météo seraient tristes à mourir. En fait, le beau temps c’est comme le bonheur, c’est l’absence de négatif. Or, les bulletins de météo s’attardent davantage au mauvais temps pour les mêmes raisons que les médias rapportent surtout les choses qui ne tournent pas rond : c’est plus spectaculaire. 

Mais nous savons très bien qu’habituellement, les choses tournent rondement. Nous ne craignons pas de prendre l’avion parce que nous savons que la quasi-totalité des vols se déroulent sans anicroche. Nous savons aussi, en dépit de la propagande climatophobe, que le beau temps est infiniment plus fréquent que le mauvais et qu’il est possible de planifier des vacances sans trop se soucier du temps qu’il fera.  En ce qui concerne les événements météorologiques extrêmes, le fait est qu’ils sont rarissimes.  À Montréal, par exemple, j’ai connu de mon vivant — et croyez-moi j’ai passablement de vécu — seulement quelques canicules, une ou deux pluies diluviennes, du très gros vent à l’occasion, une méga tempête de neige en 1971 et la fameuse tempête de verglas de 1998… c’est tout. Mais du beau temps, il y en a eu toutes les années, beaucoup et même en hiver. 

Du coup comme disent mes amis Français, la question peut sembler naïve, pourquoi diable les climatologues n’ont de cesse de rechercher les causes des événements météorologiques néfastes… mais pas les principes derrière le beau temps ?  Il me semble que si nous connaissions les causes profondes du beau temps, nous pourrions prendre des mesures — draconiennes s’il le faut — pour qu’il fasse beau encore plus souvent et plus longtemps. Si les humains ont quelque contrôle que ce soit sur le climat, convenons que c’est la chose à faire.  

Or, il existe bien une science nouvelle qui étudie les causes du temps — la science de l’attribution — mais celle-ci ne semble s’appliquer qu’au mauvais temps, du moins pour le moment. Comme l’explique un grand journal dont je tairai le nom, « la science de l’attribution examine les événements météorologiques extrêmes (inondations, tempêtes, vagues de chaleur, sécheresses…) a posteriori pour calculer à quel point leur survenue a été influencée par le changement climatique ».  Par exemple, ajoute-t-on, c’est grâce aux travaux de la World Weather Attribution (WWA), les grands manitous en la matière, que nous savons que le changement climatique a rendu les inondations en Allemagne et en Belgique 9 fois plus probables et la vague de chaleur au Canada 150 fois plus susceptible de se produire en 2021. Wow, c’est vraiment fort ! 

Mais, à bien y penser, qu’est-ce qui nous empêche d’utiliser cette science de pointe pour examiner le lien entre le changement climatique et le beau temps ?  En principe, rien, car le changement climatique n’apparaît pas comme par magie juste quand le temps est mauvais. Non, le GIEC a clairement établi que le changement climatique a commencé avec le début de l’ère industrielle et qu’il s’accélère depuis 1950 en raison de l’accroissement exponentiel de nos émissions de CO2. Le changement climatique est donc quelque chose qui ne change pas au gré de la météo, mais qui se fait sentir beau temps, mauvais temps. 

Il suffisait donc d’y penser. Grâce à la science de l’attribution, il sera donc possible de savoir dans quelle mesure le changement climatique a de l’influence sur le beau temps, et déterminer s’il y a lieu de prendre des mesures d’accélération ou non. Il n’y a plus de temps à perdre, il faut agir sans délai pour le bien de l’humanité.

23 réflexions au sujet de « Quel est le lien entre le beau temps et le changement climatique ? »

  1. J’adore ce ton délicieusement persifleur et promoteur de l’absurde qui fait cependant toucher du doigt à quel point la fascination du pire est un commerce intemporel… J’ai toujours rêvé de disposer sur les ondes d’une « Radio Bonheur  » qui ne diffuserait que des bonnes nouvelles.

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    • Bonjour Philippe,
      Radio Bonheur existe, elle émet depuis Pléneuf Val André. Elle diffuse assez peu de nouvelles, et jamais de mauvaises. En fait elle diffuse surtout de la variété française des années 60 (généralement des chansons peu connues) et quelques gloires locales, bretonnantes ou non.
      Comme toi, j’adore cet article, et merci à Robert qui, derrière la métaphore du beau temps, nous fait comprendre qu’on ne mesure presque jamais les conséquences positives d’un changement dès lors que celui est subi (non provoqué), et donc considéré a priori comme indésirable.
      Il est possible d’évaluer, par exemple, dans quelle mesure l’augmentation du taux de CO2 de 280 à 420 ppm a contribué à la hausse des rendements agricoles, évitant peut-être des famines; combien de vies sont épargnées ou prolongées chaque hiver dans les pays de climat polaire ou tempéré grâce au réchauffement climatique; quelle superficie de nouvelles terres arables seront libérées par le recul des glaces… etc. De telles statistiques sont sûrement disponibles, mais aucun média ne s’en fait jamais l’écho. Cet énorme biais de sélection ne touche pas que les médias, il affecte à la base l’heuristique et la méthodologie des organismes dont la mission devrait être de conduire ces évaluations de la façon la plus objective possible. Avec le GIEC, on en est loin.

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  2. J’aimerais bien connaître l’influence du changement d’instrumentation des stations météo sur les records de température. Météo-France a remplacé il y a plusieurs décennies les thermomètres au mercure à maxima et minima lus une fois par jour par des sondes à résistance de platine relevées toutes les quelques minutes.
    Selon les documents de l’OMS, les fluctuations rapides locales de température atteignent ±2 °C. Les thermomètres au mercure étaient trop inertes pour y réagir. Les sondes Pt100 les relèvent fidèlement.
    Je recherche des documents sur la date du changement d’instrumentation et les données de comparaison entre les deux types d’instruments.

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  3. Bonjour,

    Dans la constitution de l’air, la part du dioxyde de carbone est de 0,04% ! Si quelqu’un peut m’expliquer comment ce gaz peut influer autant sur notre Terre…

    Ce que je vais dire n’est pas statistique mais, avant (genre été 1976), on disait « qu’est ce qu’il fait beau ! » aujourd’hui dès 23°, on entend « qu’est ce qu’il fait chaud ». L’écologisme fait son travail…

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    • Voici, calculé par un code de transmission IR de l’université de Chicago, la façon dont l’atmosphère s’oppose à la transmission des infrarouges en été aux latitudes tempérées par ciel clair :

      La courbe en rouge est la transparence actuelle, celle en bleu celle qui prévaudrait en l’absence totale (0 ppm) de dioxyde de carbone dans l’atmosphère (et donc en l’absence totale de vie sur la terre).
      On voit en bas à droite que les concentrations actuelles de CO2 bloquent 14,26 W/m² sur les 312,3 bloqués en moyenne par l’atmosphère et qu’en conséquence, ils contribuent (par ciel clair) à ce que la chaleur reçue du soleil ne parte pas trop vite vers l’espace. Par temps couvert, 100% des émissions IR au niveau du sol sont bloquées. Ce n’est pas grave parce que les 2/3 de la puissance reçue du soleil sont évacués autrement (principalement par évaporation et convection) vers la haute atmosphère.

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      • Faut-il comprendre que le rayonnement émis vers l’espace est la partie comprise entre la courbe de Planck à 15 °C (non représentée) et la courbe rouge ( et ci actuellement, aux latitudes moyennes, en été, par temps clair) .
        Merci de confirmer ou d’infirmer…

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      • à P. Aubrin:
        Avez-vous la référence à ces travaux ? Les courbes méritent une explication complète. Je pense que l’atmosphère par ciel clair est complètement transparente et évacue les IR sans freinage aucun.
        Si on regarde les valeurs du tableau : 312.304 W/m2 est le flux solaire venant du ciel vers la terre; 326.56 est le flux réémis par la terre. On voit bien qu’il est supérieur : on perd plus qu’on ne gagne 14.26 W/m2.
        La courbe montre en fonction du nombre d’ondes (c’est toujours une manie de changer les unités; le nombre d’ondes pour 15 microns est 666). On voit que la transparence est maximale. Le CO2 est donc totalement transparent!
        Si vous pouvez expliquer cette figure et ce tableau autrement, ce serait bien.

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  4. Reprocher aux scientifiques qui font des études d’attribution de ne se focaliser que sur les évènements climatiques extrêmes c’est aussi ridicule que si on accusait les épidémiologistes de ne s’intéresser qu’aux maladies. C’est du niveau des arguments de pochetron qu’on retrouve dans l’espace commentaire du figaro ou du point  » Ils ne sont pas capables de prévoir le temps qu’il fera dans 15 jours , comment voulez-vous qu’ils arrivent à anticiper le climat qu’on aura dans 30 ans « 

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    • M. Tolnack : Dans la même veine, c’est vraiment poche de reprocher aux météorologues de ne pas produire de statistiques sur le beau temps. Non mais,,, Plus sérieusement, je dirais qu’affirmer que le changement climatique a rendu la vague de chaleur au Canada 150 fois plus susceptible de se produire en 2021 n’est vraiment pas sérieux….si vous comprenez ce que je veux dire.

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    • Conservez d’un trimestre sur le suivant les prédictions météorologiques trimestrielles. Vous pourrez constater que les météorologistes sont incapables de prédire le temps qu’il fera 3 mois à l’avance. Les simulations informatiques appelées « modèles climatiques » sont 10 à 100 fois plus grossières que les prévisions météo. De plus, les modèles « climatiques », et leurs petites boîtes pleines de paramètres d’ajustement ad hoc, n’ont jamais été validés en les confrontant à la réalité. Ou plutôt si… ils ont été invalidés. On sait que ces modèles sont inappropriés pour l’usage qu’en fait le GIEC et les politiques de tous les pays. Voyez la publication DOI:10.1029/2020EA001281

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    • Je ne me souviens plus très bien de mes cours de statistiques, mais l’idée de caractériser une distribution de probabilité par une poignée de points de probabilité nulle me paraît intuitivement impraticable.

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  5. Je viens justement d’envoyer le commentaire suivant concernant un article dans le Bien Public du 12/07/2022 de deux pages pleines sur l’attribution au changement climatique des fréquences et longueurs des épisodes anticycloniques:

    La découverte du siècle !

    Juillet 2022 : mois le plus chaud de l’année ! Les météorologues prévoient donc une vague de chaleur. Ils ne risquent donc pas de se tromper de beaucoup.
    Et pourtant, dès qu’on regarde les températures maximales de l’après-midi, on voit, pour aujourd’hui 12 juillet, 31°C à Dijon ; pour demain et ensuite : 34, 36, 32, et 34.
    Ce qu’oublient volontairement de dire ces météorologues (ou climatologues ?)(pages 28 et29, du BP de ce 12 juillet), cités « Sébastien Leas et Mathieu Sorel », c’est la valeur des minimales du matin : 17, 18, 18 et 17. Cela veut dire que le ciel sans nuages, comme indiqué dans les vignettes, permet l’évacuation normale de la chaleur du jour, à la vitesse de (les journées sont de 15:27 (15,45 h), en moyenne, base du 12/07, et donc les nuits de 8.55 h), respectivement (31-17)/8.55 , (34-18)/8.55, (36-18)/8.55 et (32-17)/8.55, soit 1.64, 1.87, 2.1 et 1.75°C par heure de nuit. L’apport solaire étant de 15, 18, 18, 14 pour 15.45h de jour, soit 0.97, 1.16, 1.16, et 0.91 °C par heure de jour.
    La baisse de t°C la nuit se fait donc plus vite que la hausse journalière sous le soleil. Cela démontre qu’il n’y a pas d’effet de serre sans nuages mais aussi que la nouvelle appellation de « dôme de chaleur » n’est pas appropriée puisqu’il y a refroidissement très net au cours de la nuit. C’est ce qui se passe dans tous les déserts des zones subtropicales où la température minimale peut descendre de 50°C par rapport à la température maximale.
    Il est donc plutôt osé de prétendre relier le régime banal anticyclonique au réchauffement climatique dû au CO2, en laissant croire qu’il suffit de réduire les émissions de CO2 pour modifier les fréquences et les intensités des épisodes de chaleur !
    Rappelons que lors de la canicule de 2003, la proportion de CO2 dans l’atmosphère était seulement de 375.8 ; elle est maintenant de 412 ppm. Cela n’empêche ni ne favorise les vagues de chaleur.
    C’est la température des océans qui augmente, étant directement ensoleillés, avec une intensité énergétique solaire variable, pour l’instant croissante. Cela provoque de l’évaporation, des mouvements d’air, et du largage de CO2, ce dernier phénomène n’étant qu’une conséquence des températures des eaux de surface.

    Hubert Dulieu, le 12/07 :2022

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    • L’affirmation selon laquelle il y aurait un largage massif de CO2 est contredite par toutes les observations . C’est le contraire qu’on observe . La quantité de carbone dans les océans ne cesse de croître ,ce qui explique leur acidification. Vous auriez bien du mal à me citer des études qui iraient dans votre sens sur cette question .

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    • Vous avez mis le doigt dessus,
      mais je vous avais précédé ici sur skyfall fil info des sceptiques : n°586 MichelLN35 https://www.skyfall.fr/2022/01/01/fil-info-de-sceptiques-2022/comment-page-12/#comment-419994 .
      Ce qui est déterminant c’est la mauvaise définition des moyennes de températures parce que la T est une variation de volume, 1/100 de dilatation du mercure entre glace fondante et eau bouillante, ce qui ne peut pas donner de moyenne car ce ne sont pas des grandeurs d’ordre 1 mais d’ordre 3 pour le volume et d’ordre 2 pour la chaleur ou énergie cinétique, M*v^2.

      Pour faire des moyennes il est nécessaire de passer par celles des racines carrées ou cubiques ou leurs produits ou rapports ce qui peut être fait par la fonction detrend: du logiciel Wood For Trees.

      D’autres discussions demain si vous le voulez bien, je ne suis ni matheux ni physicien mais avec seulement une carrière de biologiste en écologie végétale à l’ENSA de RENNES, ministère de l’agriculture entre 1966 et 1999..

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    • Surtout qu’on a bien vu que la baisse de l’activité pendant la 1ère phase du COVID n’a absolument rien changé au taux de CO2 présent.
      Sur la base de ces faits observés et mesurés, de combien d’années faudra-t-il baisser les activités mondiales pour faire opérer une baisse (si tant est que ce soit étroitement lié, puisqu’il y a les forêts, les océans etc) ?

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  6. allons allons, la poele à frire est là, il faut prendre des mesures, car il en va de notre survie

    https://www.lalibre.be/lifestyle/magazine/2022/06/17/3-astuces-pour-dompter-la-chaleur-de-ce-vendredi-survivre-a-lalerte-canicule-en-belgique-avec-trois-bons-conseils-SZORM4KLQVEWHK4VXT66HFF6ME/

    d’ailleurs en Allemagne ils ont prévu…. des locaux d’accueil pour les gens qui ne seront pas en mesure de se chauffer cet hiver
    ce chaos, changement bouleversement,armaguedon climatique est une vraie malédiction de dieu

    cette sciences de l’attribution nous apprend d’ailleurs que la crise énergétique est entièrement le fait des vilains ukrainiens qui font de la résistance, et qu’il nous faut absolument accélérer la transition énergétique , qui a si bien réussi à tous les pays qui s’y sont attelés à coup de milliards

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  7. Le temps est toujours beau, surtout quand il est mauvais. Et le beau temps d’un restaurateur n’est pas celui d’un agriculteur. Reste a définir le bon temps.
    Une question de tempo peut-être ?

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    • En tant qu’agriculteur, j’ai comme définition pour le mauvais temps « le temps figé », soit trop longtemps chaud, soit trop longtemps pluvieux. En fait, un bon temps est un temps qui alterne le plus possible.

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