Sur l’enseignement scientifique au lycée

par Murps (publié comme commentaire dans le dernier fil de discussion et élevé en article pour son intérêt propre ; au fait : n’oubliez pas de signer la pétition si ce n’est pas encore fait…)

Il convient de préciser que l’article parle de l’enseignement des « sciences » or le terme exact est « Enseignement Scientifique ». Ce n’est pas une nuance car l’Enseignement Scientifique est dispensé dans le tronc commun et s’adresse à tous les élèves, même pour ceux qui ont choisi une spécialité de terminale de 6 h en mathématiques ou physique/chimie.

A cette analyse des textes officiels s’ajoute la désorganisation patente sur le terrain, ce que vous ne pouvez imaginer si vous n’enseignez pas dans un lycée.

– Cet Enseignement Scientifique est un subtil dosage de physique, de chimie, de sciences de la vie et de la terre, de Sciences de l’ingénieur, de mathématiques, avec parfois un soupçon d’histoire-géographie, d’économie et de sociologie.
Se pose alors la question – en salle des professeurs – lors de la répartition des services : qui veut-enseigner ce fatras idéologique ?
Personne ne semble prendre conscience en haut lieu que les différentes matières présentes dans le programme sont tellement imbriquées dans chaque thème qu’il est difficile de leur attribuer telle ou telle partie à traiter.

On se tourne naturellement vers les corps d’inspection chargés de « piloter », selon les termes à la mode, la mise en place des dispositifs.

Las !
– l’inspection de SVT, assez conservatrice, estime qu’il est hors de question que les parties identifiées comme relevant de sa compétence soient enseignées par un non spécialiste.
(un Inspecteur de SVT a même déclaré qu’il demanderait une inspection pour un enseignant qui se permettrait de violer cette règle… )

L’inspection de physique est plus ouverte, mais se garde de bien de définir dans les programmes ce qui relèverait des compétences d’un enseignant de SVT ou de physique ici et là.

Inutile de préciser que ce surcroit important de travail de préparation sur des sujets que l’on ne maîtrise pas et qui ne représentent pas le coeur de votre formation académoque n’a fait l’objet ni de formations et encore moins de primes incitatives.

L’organisation des enseignements dépend donc beaucoup des établissements de la bonne volonté (pour ne pas dire la « gentillesse »…) des enseignants, ce qui est un comble pour un diplôme supposé « national » et « égalitaire ».

Le Conseil National des Programmes envisageait certainement de confier totalité du programme d’enseignement scientifique à une seule personne.

Sur le terrain, la réalité est souvent la suivante :

1 h par semaine enseigné par le professeur de physique/chimie

1 h par quinzaine enseigné par le professeur de SVT

1 h par quinzaine enseigné par le professeur de mathématiques

Il s’agit d’un charcutage en règle du programme, une négation de l’esprit qui l’a porté.

Beaucoup d’élèves n’ont pas compris qu’il s’agit de la même matière et le même manuel : ils continuent à « aller » en cours de physique, de maths et de SVT. (alors que certains n’ont pas eu mathématique en classe de première).

Les enseignants de maths et SVT voient au mieux leurs 35 élèves 5 ou 6 fois par trimestre. Un cours de lycée d’une heure tous les quinze jours n’a aucune valeur en termes pédagogiques : on y enseigne trop peu, pas assez longtemps et le contenu n’est pas assez solide pour faire l’objet d’un contrôle de connaissances représentatif. Une heure par semaine est à peine mieux.
L’enseignant de physique qui a la partie la plus « calculatoire » et la plus « sciences dures » met souvent des notes très en dessous de ses collègues de maths et SVT. Mais comme ceux-ci – voient peu leurs élèves, ils évaluent bien plus largement, le différentiel fait souvent jaser élèves et parents. Ambiance.

Conséquence : les évaluations sont tellement simples que les notes explosent : il n’est pas rare d’avoir des classes à 17/20 de moyenne en enseignement scientifique (17/20 seulement à cause de l’enseignement de physique à 13/20, comptant pour 1/3 du total).

Un véritable naufrage national.
Des contenus politisés, une désorganisation permanente, une absence quasi-totale d’évaluation (uniquement des moyennes de « contrôle continu » qui s’envolent), une pression administrative et politique pour que lesdites moyennes restent hautes…

Pour ceux qui pensent être face à un accident industriel, qu’ils sachent qu’il n’en est rien :
il s’agit d’un choix politique clairement assumé.

20 réflexions au sujet de « Sur l’enseignement scientifique au lycée »

  1. D’une façon générale, enseigner une matière en la saupoudrant à raison d’une heure par semaine ou par quinzaine ne sert à rien, que ce soit pour les matières scientifiques, littéraires ou les langues.

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    • Je ne vous le fais pas dire.
      L’heure par quinzaine ne peut être considérée comme un « enseignement ». Tout au plus un sensibilisation à un sujet particulier, de plus sans donner lieu à une évaluation.
      Autant inviter les élèves à des conférences données par des intervenants, ca serait plus rentable.

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  2. C’est vrai que pour le bulletin de note trimestriel dans ProNote, pour la matière « enseignement scientifique », il y a 3 professeurs désignés pour enseigner cette matière et ils peuvent tous laisser leurs appréciations et leurs notes. Dans les faits, elle m’a dit n’avoir eu qu’un seul prof sur les 2 premiers trimestres pour cette matière, un prof de physique-chimie.

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    • C’est ça. Trois profs pour enseigner un contenu foutraque prévu pour deux heures par semaine. J’imagine que dans son établissement les autres trimestres se répartiront entre les maths et la SVT…
      Alors que par rapport au programme TOUS les thèmes sont solidement imbriqués, impossible de les traiter séparément.

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  3. Quand je lis ça, avec un bac C obtenu en 1981, on se dit qu’on ne connaissait pas notre chance. On avait un prof de math (9h/semaine), un de physique/chimie (6h je crois), un d’histoire/géo, un de français, un d’anglais, un de sport. C’était simple. Je me souviens qu’on se lançait des défis. Par exemple, un champ circulaire, une chèvre attachée au bord du champ, calculer la longueur de la corde pour que la chèvre broute la moitié du champ (c’est pas immédiat !). Et après on passait au même problème en 3D. On s’amusait.

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    • Bonjour Dominique, en 1981, la France était encore la 3 -ème puissance mondiale, reléguée depuis à la 7 -ème place. C’était encore un pays libre, le pays comportait 1,8 M fonctionnaires pour 55 M d’habitants et tout fonctionnait plutôt bien, aujourd’hui nous sommes 67 M (ou 75 M avec les fausses cartes Vitale), soit que 22 % de plus, mais 5,7 M de fonctionnaires, cherchez l’erreur. En 1981, nous n’étions pas encore un pays en déclin en Marche arrière à 80 km/h et aux malus à 50 000 € . La peste verdâtre n’était pas encore élevée en dieu suprême, le Greta Recette 🤑 n’existait pas. Le 10 juillet 1985, Mitterrand faisait couler le navire espion Rainbow Warrior. Le paquebot France, le Concorde, le TVG, le Minitel (ancêtre d’internet), le réseau autoroutier, le parc thermonucléaire, les Mirages, puis le Rafale, n’ont pas été étudiés avec de l’idéologie climatique, mais avec de la technique, des mathématiques et de la science. Dov Kravi a raison, le pays de l’impôts, des taxes, des malus, des supers malus, des malus au poids, des 80 km/h et du rabougrissement général est au fond du gouffre, mais on va pas se laisser faire, les Français ont l’âme résistante, alors Résistons. Merci. Bien à vous

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      • Une autre anecdote aussi avec mon fiston (Bac S). Un mercredi on écoutait le jeu des mille euros junior, et la question était « quel est la somme des 10 premiers nombres ? ». C’est trivial, mais dans un temps court, sans papier ni calculette, et aujourd’hui on n’apprend plus à compter correctement et rapidement. Bref, le vieux croûton (Bac C, moi) lui dit en moins de 2 seconde « Ça fait 55 ». Il me regarde interloqué. Je lui dit « Ben oui, (1+10) + (2+9) + … + (5+6), ça fait 5×11 soit 55. En 2 secondes c’est plié ! » Et j’ajoute « Pour les 100 premiers nombres, de tête aussi et toujours en 2 secondes, ça fait 5050 ! (50 x 101) ».
        On apprenait des choses qui nous amusaient et qui s’imprimaient définitivement.

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      • Bonjour Michel, Je ne sais pas précisément ce qu’ils apprennent. Mais quand mon fils y est passé, je me suis souvenu de ce qu’on apprenait nous, et j’ai eu l’impression que le niveau avait vraiment baissé, particulièrement en mathématiques. Je pense quand même qu’ils ont des apprentissages que nous n’avions pas, en science naturelle par exemple. Le problème à mon avis pour les maths, c’est qu’une volonté de les « démocratiser » a entraîné une volonté de les rendre moins « abstraites », plus « concrètes », plus proches de la vraie vie. Ça part d’un bon sentiment, mais c’est contre-productif car les maths, c’est justement la science de l’abstraction. Si on s’éloigne de l’abstraction, on s’éloigne des maths. Nous rentrions bien préparés pour math sup, mais j’ai entendu dire qu’aujourd’hui les prof de math sup sont un peu désemparés pour remettre à niveau leurs élèves. Amitiés Dominique

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      • Je pense surtout qu’on est passé d’un enseignement démonstratif à un enseignement axiomatique. J’ai même vu qualifier le théorème de Thalès d’axiome dans un bouquin d’un de mes fils. « Appliquez, ne cherchez pas à comprendre par quel cheminement déductif nos ancêtres sont parvenus à élever l’intelligence, car nous n’avons besoin dorénavant que de bons exécutants bien dociles et pas trop réfléchis ». Arnaud Upinski avait bien détaillé la réforme Bourbaki dans 2+2=5 malheureusement introuvable. Je crois néanmoins que l’ouvrage de M-L Guérard des Lauriers (sorti cacique de Normale Sup vers 1920) La Mathématique, Les Mathématiques, La Mathématique Moderne peut s’obtenir en ligne en PDF… mais ça vole assez haut !
        Comment expliquer sinon que des personnes ayant soi-disant un niveau scientifique correct aient pu gober le bobard du RCAC, sans parler du coronacircus ?

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    • Même chose en maths élém (en 67, avant la réforme…), avec en plus 3 heures de sous-colle en maths et 3 heures en physique/ semaine, sans calculatrice mais avec règle à calcul…

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  4. Il y a eut une distinction phylogénétique externe aux mammifères à l’intérieur de la classe des primates hominidés sapiens, qu’on n’observe pas chez les primates hominidés bonobos.
    Pas vraiment non plus chez les chimpanzés dont le cerveau ne mesure pas le temps thermique (pas de comportements violents de profondeurs, que des violences de surfaces).
    Les hominidés non-mammifères, homo psycho est en train de disparaître emmenant le reste de l’espèce humaine et de la biosphère à haut métabolisme et faible résilience dans son sillage mortel.

    Telles des nodosités autour du pouvoir, le pouvoir est une plante qui a besoin de nodosités avec des human psycho qui fixe l’angoisse.
    Les homo psycho mesurent le temps thermique, or le cerveau des homo sapiens normaux ne peuvent pas mesurer le temps thermique, ils mesurent le rythme d’échelle.
    Or quand les les homo psycho ont pris le pouvoir, le maintient a été possible par un mécanisme de convection bien peu compris même par les principaux interlocuteurs déclenchants la troisième guerre mondiale.

    Je pense quand l’agriculture émerge, la sédentarité généralise l’utilisation de boucs émissaires pour évacuer les tensions du groupe.
    Or un mouvement de convection se créé : les homo psycho sont les plus performants dans l’externalisation des fautes du groupes sur les boucs émissaires.
    Cette stratégie par défaut dénote déjà du déclin d’homo sapiens, dès lors parasité en interne par une distinction intra-phylogénétique aux mammifères.

    Le logiciel génétique des homo psycho les rend d’emblé parfait pour un environnement composé de chair humaine d’homo sapiens.
    Homo sapiens est parfait pour un environnement nomade et permacole, le logiciel d’homo sapiens est basé sur l’égalité et mesure le rythme d’échelle (ce que ne peut pas faire homo psycho).
    Le modèle Kantien est le reflet parfait de ce décalage non pas entre cosmos géocentrique et système de planète héliocentrique mais entre umwelt sapiens et umwelt psycho.

    Homo sapiens ne peut pas mesurer proactivement le temps thermique (l’angoisse)
    Homo sapiens mesure réactivement le temps thermique (fluctuations des affects)

    Pour créé un moteur transfini et oscillateur, aiguillage, embrayage transcendantal :
    Il faut localiser un réservoir à angoisse, à psychopathes, à nodosités d’angoisses psychopathiques (l’onto-théologie la base de toute secte ?).
    Ensuite il faut un piston transperceur de hiérarchie (idéologie, conventions, altruisme passionnées égalitaires : chasseurs-cueilleurs, amérindiens, 1789, hippies des années 70), un injecteur qui amène, du réservoir à nodosités psychopathes jusqu’à la combustion, les postulats-(corrélats) opératoires psychopathes (le rêve fonctionne sur les postulats mais pas nécessairement les corrélats, pour les corrélats la torture par le travelo way lgbtiqi+ peut être une bonne idée).

    Enfin c’est toute la logique de la transmission de l’énergie qui n’est pas de l’énergie mécanique mais de l’énergie stigmergique qui est donc à revoir.
    Il faut sédimenter cosmiquement le réservoir à angoisse, à psychopathes, à nodosités d’angoisses psychopathes (ce qui compte c’est la quantité d’arguments de phénoménologie logique à résolution d’échelle biologique engrangé dans les discours et la conversation et la conception cosmique, j’insiste sur le critère quantitatif car la propagande connait très bien ce terme)
    Il faut une axiomatique de l’égalité, démocratie et coopération ainsi qu’une schizo-analyse basée sur le rythme d’échelle, seul le manga japonais réussi à cet exercice pleinement.

    La schizo-analyse part du principe implicite qu’homo sapiens subit stigmergiquement par fluctuations des affects la mesure du temps thermique exercé par homo psycho.
    L’angoisse spontané vient du cerveau des nodosités psychopathes qui minent sur le temps thermique.
    Les variations des fluctuations des affects, c’est les variations météo du chaos déterministe (non-opérationnel et opérationnel) du logiciel par défaut d’homo sapiens.

    à l’injecteur transfini il faut faire correspondre l’oscillateur, l’aiguillage, l’embrayage transcendantal à rythme d’échelle.
    il faut analyser la totalité des couples, contingence relative, altérités transcendantales.
    le couple de base c’est toujours temps thermique, affect ; rythme d’échelle, sens.

    totalité des couples corrects :
    homo psycho – le plus fort
    sadique de base – jester, pepe, risitas
    troubles statistiques mentaux – égalitarisme permacole, démocratie à vote obligatoire, punir les tricheurs qui ne respectent pas le code des mammifères, le code des jedi
    troubles statistique biochimiques – modèle absolu du rythme d’échelle (par exemple mettre ensemble maison de retraite et maternelle).

    totalités des couples incorrects :
    homo psycho – criminels – le plus fort
    sadique de base – charisme, hitler, joker – jester, pepe, risitas
    troubles statistiques mentaux – automutilation – égalitarisme permacole, démocratie à vote obligatoire, punir les tricheurs qui ne respectent pas le code des mammifères, le code des jedi
    troubles statistiques biochimiques – paraphilies – modèle absolu du rythme d’échelle

    totalités des sous-couples corrects
    criminels – justice impitoyable
    charisme – l’humiliation burlesque (interactionnelle) plutôt que l’humiliation coupable (opérationnelle)
    automutilation – faire le plein de sensations, kiné à raisonnement clinique pour la musculation, sports de contacts sans violence, retrouver un contact physique inter-vivant sans violence
    paraphilies – complexité biologique exaptante hormonale et sexualité maximale (il faut être au top partout : hormone, génétique : sexualité collectiviste, dans la fleur de l’âge sexuel, immunitaire : microbiotes, odeurs)

    Pour la sexualité maximale il ne peut y avoir que 5 types de fantasmes : criminels, charismatiques, automutilants, paraphiles et évolutifs. Il faut éliminer les 4 premiers types de fantasmes et mettre toute la libido et le sens dans les derniers.
    Et toi c’est quoi ton fantasme sexuel évolutif maximal.

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  5. Le sabotage (je ne trouve pas de mot plus adéquat) du système éducatif français a commencé peu après que l’enseignement « libre » ait été plus ou moins forcé de suivre. Précédemment la rivalité entre enseignement public et « libre » (majoritairement catholique) favorisait l’excellence. La première atteinte d’envergure a été celle de la réforme « Bourbaki » touchant l’enseignement des mathématiques. Je ne voudrai pas donner dans le complotisme bien sûr mais…

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  6. Mais alors, ils font quoi au collège et au lycée?
    Ils rabâchent l’écologie? Jouent au Mikado? Jouent au Tarot? À la Belotte? L’é.cri.tu.re in.clusive?

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