Carte de vœux

par Jean-Claude CROIZE.

Une image pas veaiment innocente pour des voeux 2022.

Barre des Écrins, 6 août 2021, vers 6h

Si on veut bien y regarder, on y voit une haute montagne qui revêt un aspect printanier en plein mois d’août. Avec un aperçu d’un de nos grands glaciers qui, richement approvisionné à sa source et longuement protégé par sa couverture neigeuse, a passé quant à lui « une excellente année », comme le constatait le gardien du refuge. Bref, deux mauvais sujets (le glacier et le gardien), prêchant dans leur coin contre la manie médiatique »mondialisée » des sécheresses et des incendies qui faisait alors fureur. Fidèle à son bon maire (« l’écologiste » consacré E. Piolle), le très grenoblois Dauphiné Libéré ne disait pas un mot de l’état du Glacier Blanc, plus blanc que jamais, qu’il avait pourtant dans sa « zone de chalandise« ,« à ses pieds », pourrait-on dire. Portant son regard beaucoup plus loin, et trouvant là une matière émotionnelle enfin « convenable », ce brave quotidien réservait des « unes » aussi incendiaires que spectaculaires aux calamités venues d’ailleurs…

16 réflexions au sujet de « Carte de vœux »

  1. Bien content de la bonne santé de ce glacier que j’ai grimpé il y a une dizaine d’années. À ce sujet il faut signaler que les chutes de Séracs y sont frequentes et imprévisibles ce qui en fait un glacier assez dangereux. J’ai failli en prendre une à une heure près. Les glaciers sont des êtres vivants qui bougent vivent grandissent s’amenuisent et se renouvellent. Il n’y a pas lieu de faire les écolos effarouchés quand on les voit se restreindre. Ce n’est pas la première fois ni la dernière.

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    • Je comprend bien ce que vous voulez dire, mais un glacier n’est pas plus vivant qu’une plaque d’égout. Attention au piège rhétorique de vouloir tout animer voire anthropomorphiser, détestable habitude de nos « amis » écolo-mystiques.
      Là-dessus, bonne et heureuse année et un minimum d’emmerdement.

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      • Le mouvement étant une caractéristique de la vie je me permets cette allégorie. D’ailleurs le principal problème de ceux qui veulent normaliser la planète comme étant un être immobile dans ses critères que ce soit de température, de géographie, de tectonique, de limite terre mer etc., c’est qu’ils ne comprennent pas que nous sommes dans un mouvement terrestre permanent qu’il est difficile de percevoir sur une courte durée mais qu’il faut rapporter aux millions d’années précédentes.
        Mais je ne doute pas que vous ayez bien compris mon propos.

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      • En effet.. je suis sismologue et quand je parle de tremblements de terre devant des écoliers, je ne parle plus des « battements de coeur de la Terre » même si ça fait joli… Les Américains parlent a tort du Mississippi comme de l’intestin des États Unis. Et la forêt amazonienne n’est pas le poumon de la Planète.

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    • Un glacier est un gros réservoir d’eau. Il en retient quand il grossit et en relâche quand il fond.
      Donc quand un glacier avance, il réduit la quantité d’eau disponible en aval ; quand il recule, il restitue l’eau accumulée plusieurs siècles auparavant. Quand il n’avance ni ne recule, il restitue exactement les précipitations qui sont tombées.

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  2. Merci pour le lien vers la page des Écrins. Cet été le glacier était en retard, cet automne il reprenait son cours normal de recul depuis le milieu du 19ème siècle. Mais en été, selon Jean-Claude, les écolos du « coin » ne voyaient que les problèmes plus loin…Probablement en craignant que leur alarmisme soit menacé. L’automne a du les rassurer. … mais au moins l’affreux CO2 a pu dormir quelques mois. Et tout le monde a pu bénéficier en été d’un splendide glacier.

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    • L’été n’a pas été splendide (j’habite sur place…) ; en effet, les effets du réchauffement climatique sont maintenant bien visibles. La zone des séracs du bassin d’alimentation du Glacier Blanc est devenue très dangereuse en raison de son instabilité : la voie normale du Dôme et de la Barre des Écrins est praticable en mai-juin et est fortement déconseillée à partir de la fin juin. La presque totalité des courses glaciaires sont devenues dangereuses ou impossibles : les arêtes de l’Ailefroide Orientale, du Râteau Est ne sont presque plus praticables ; la montée à la Grande Ruine n’est plus qu’un vulgaire tas de cailloux ainsi que la magnifique montée au col de la Temple par le Glacier Noir… Le Club Alpin Français mène une réflexion de fond sur la question. À Vallouise-Pelvoux, nous avons eu cet automne plusieurs réunions de tous les acteurs du tourisme de montagne où le constat est unanime : l’alpinisme glaciaire qui était un marqueur des pratiques sportives du massif des Écrins est en train de disparaître.

      Par ailleurs, il n’est pas sérieux de prendre en compte l’état du glacier en automne. En effet, il faut considérer le bilan une fois le cycle annuel alimentation-ablation terminé, soit à la fin de septembre et au début d’octobre. Quant au « cours normal » du glacier c’est un concept sans fondement. Voyez les travaux de Christian Vincent et collègues sur les évolutions historiques des glaciers du massif des Écrins par exemple.

      Et enfin, on voit mal ce que viennent faire « les écolos du « coin » » dans l’état du glacier Blanc, situé dans les Hautes-Alpes, alors que Piolle est maire de la préfecture de l’Isère.

      Conclusion : ce billet est bêtement anti-écologiste mais surtout mal informé sur l’état des glaciers et particulièrement du Glacier Blanc.

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      • Il me semble normal de brocarder le penchant des « écologistes » à considérer que quelque soit l’évolution qu’ils observent, elle est forcément négative et qu’il faut punir les humains de l’avoir provoquée. Les glaciers avancent et reculent. On dit que ceux des Alpes avaient pratiquement disparu à l’époque romaine puisque les troncs qui en émergent datent souvent de deux millénaires.

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      • Bonjour et meilleurs vœux Olivier, certes, mais la nature n’est pas là, que pour satisfaire nos activités hivernales et/ou économiques. La nature vit sa vie et c’est à nous de nous adapter si nous ne pouvons pas la maitriser.
        Plus qu’un long discours, voici un document de synthèse qui explique ce que vous constatez: https://static.climato-realistes.fr/2021/01/FicheACR4-1.pdf
        Nous ne pouvons nier l’impact économie autour de notre petit glacier national, mais l’homme n’a pas encore la maitrise de l’évolution géologie, ni celle du climat. Merci. Bien à vous

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