Carbone etc.

Par MD.

1/ Introduction.
Le présent article constitue une simple mise à jour de deux articles de janvier 2021 : « émissions ou rémissions » et complément. Le Global Carbon Project (GCP) vient en effet fort opportunément de publier en « preprint » son rapport annuel, accompagné des bases de données sur les émissions dites « anthropiques » de CO2. Cette année, les séries d’émissions ont été modifiées rétrospectivement. On compare ici les nouvelles séries aux anciennes (période 1970-2020). Rappelons à nouveau que les chiffres fournis par le GCP résultent de calculs et non de mesures in situ.

2/ Emissions anthropiques de CO2 dues aux énergies fossiles.
Le graphique ci-dessous superpose ancienne et nouvelle série. Les quantités sont exprimées en milliards de tonnes (Gt) de CO2. Les courbes sont pratiquement confondues, la nouvelle étant légèrement supérieure à l’ancienne surtout pour les vingt dernières années (environ 0,7% en plus), du fait de quelques ajustements de détail.image001

Le GCP estime par anticipation qu’après la crise du covid et les restrictions subséquentes, les émissions en 2021 seront pratiquement revenues au niveau de 2018 et 2019 (36,4 Gt CO2).

3/ Emissions anthropiques de CO2 dues à l’utilisation des sols.
Le graphique ci-dessous superpose ancienne et nouvelle série. Contrairement aux données fossiles, la série a été profondément modifiée à la baisse pour les vingt dernières années, jusqu’à être réduite presque de moitié en 2020. Le GCP ne donne pas d’estimation anticipée pour 2021.image002

L’estimation de ces émissions est particulièrement hasardeuse, comme le montre le graphique suivant qui représente le chevelu des valeurs calculées selon des « modèles » élaborés par une vingtaine d’équipes de chercheurs. La valeur officielle retenue par le GCP est figurée en rouge gras.image003

4/ Emissions anthropiques totales de CO2.
En additionnant les émissions fossiles et celles dues à l’utilisation des sols, on aboutit au graphique ci-dessous.image004

La différence provient presque exclusivement de la réévaluation à la baisse des émissions dues à l’utilisation des sols. Les émissions totales apparaissent maintenant comme presque stables pendant les dix dernières années, ce qui ne change évidemment rien à la réalité des choses comme on le verra plus loin. En 2021, il est probable que les émissions totales reviendront à environ 40 GtCO2 comme en 2018 et 2019.

5/ Variations annuelles calculées de la masse atmosphérique de CO2 anthropique.
Les séries précédentes retracent la masse annuelle de CO2 que les activités humaines émettent dans la biosphère. On admet généralement qu’une partie de la masse émise est absorbée par la lithosphère et l’hydrosphère qui fonctionnent comme des « puits » (le sujet a déjà été largement abordé sur ce site). Le GCP publie les séries correspondantes, légèrement modifiées cette année par redistribution entre puits terrestres et océaniques, mais sans altérer le total. Une fois soustraits les puits, il ne reste dans l’atmosphère qu’une fraction des émissions anthropiques (« airborne fraction »). Cette fraction est de l’ordre de 45%. D’où les émissions annuelles « nettes » qui sont représentées par le graphique ci-dessous.

image005

Ces dix dernières années, les émissions nettes oscillent autour de 18 GtCO2 par an.

6/ Variations mesurées de la masse atmosphérique de CO2.
Les variations effectives de la masse atmosphérique de CO2 sont connues indirectement grâce aux mesures in situ de la NOAA à l’observatoire de Mauna Loa. Celles-ci sont mesurées en « parties par million en volume » ou ppmv, mais on peut les convertir en masses selon l’équivalence classique : 1 ppmv = 7,8 GtCO2. On trouve ci-dessous le graphique de ces variations annuelles (différence entre la concentration moyenne d’une année et celle de l’année précédente, convertie en masse). On a figuré en légère surimpression les valeurs du graphique précédent.image006

C’est ainsi que la doctrine officielle concilie laborieusement les estimations calculées et les mesures in situ. Quoiqu’on puisse en penser, on ne peut dénier à cette théorie une cohérence interne (trop belle pour être vraie prétendent certains).

7/ Masse totale mesurée du CO2 contenu dans l’atmosphère.
Les accroissements annuels se cumulant, la masse de CO2 contenue dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter comme l’indique le graphique ci-dessous. En valeurs cumulées, les variations annuelles sont à peine perceptibles.image007

Le stock actuel de CO2 est d’environ 3 250 milliards de tonnes, ou exprimé en volume par rapport à l’ensemble de l’atmosphère, 415 parties par million en volume (ppmv).

8/ Remarques finales.
La publication du GCP comporte d’autres informations, notamment sur les émissions détaillées par Etats et entités géographiques, mais on s’en tiendra là pour le moment.

Comme on l’a vu, l’atmosphère contient actuellement un stock de 3 250 Gt de CO2. Il s’y ajoute chaque année un flux net d’environ 18 Gt. Le système équivaut à peu près à une baignoire de 100 litres à laquelle on ajouterait chaque année une pinte de 50cl. Il y a donc plus de 2 ordres de grandeur entre le stock et le flux. En 2020, à cause des restrictions dues à la pandémie, les émissions avaient momentanément diminué, disons pour simplifier environ 2 GtCO2 de moins que les quelques dernières années, soit un écart de plus de 3 ordres de grandeur par rapport au stock. Ceci n’a pas empêché même certains bons esprits de scruter les mesures de la NOAA pour y déceler la trace de cette légère chute. Bien entendu, cette minuscule entaille était indiscernable à l’échelle des concentrations globales.

Des bévues de ce genre sont courantes et devraient alerter les têtes pensantes qui planchent sur le « net zéro » et autres obsessions du jour, carboniques ou non. Mais qui se soucie des ordres de grandeur par les temps qui courent ?

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27 réflexions au sujet de « Carbone etc. »

    • Pastilleverte
      Vous pouvez vous en faire une idée en vous référant au bloc-diagramme de la page 471 de l’AR5 (figure 6.1) : dans les océans, environ 50 fois l’atmosphère ; dans les sols et la végétation, environ 3 fois l’atmosphère (attention les chiffres donnés sont en Carbone, pour le CO2 il faut multiplier par 3,664).

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  1. Et ne jamais oublier que lorsque l’on augmente les déséquilibres entre l’atmosphère est ses différents puits on augmente les flux de l’atmosphère vers ces puits. Le phénomène finit donc par plafonner si les émissions se stabilisent en arrêtant d’augmenter (inutile de les ramener à 0).

    Aimé par 1 personne

  2. @Jean Claude Barescut qui a dit
    «  » » » » » les émissions se stabilisent en arrêtant d’augmenter «  » » » » »
    La Palice n’aurait pas dit mieux
    Mais je pense que votre raisonnement est faux , car la biosphère et l’hydrosphère ne prennent que 50% de nos émissions ; donc même en stabilisant nos émissions le CO2 continuera d’augmenter dans l’atmosphère
    Fritz

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    • Supposons que les émissions doublent et restent ensuite constantes. Il est clair que le stock atmosphérique va continuer à augmenter dans un premier temps mais les flux de sortie vont aussi augmenter et il arrivera un moment ou les flux de sortie seront égaux aux flux d’entrée.
      Imaginez encore une barre de fer que vous chauffez avec un chalumeau à une extrémité. Elle va bien entendu monter en température mais les pertes vont augmenter en même temps et il arrivera un moment où il y aura un équilibre stationnaire.
      Le point clef du problème est la taille des différents réservoirs. Quand les réservoirs agissant comme des puits sont petits devant celui qui reçoit le flux ajouté, alors l’accumulation est sans limites. En revanche si les réservoirs puits sont bien plus grands que celui qui est en première ligne, alors ils peuvent être considérés comme infinis et l’accumulation dans le point d’entrée (atmosphère en l’occurrence) finit par plafonner.

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      • @Jean Claude
        depuis 8000 ans , la fin du réchauffement holocène , la nature est en équilibre , de même que le taux de CO2 dans l’air ; la taille des réservoirs et des puits n’a guère changé ; ce qui a changé , c’est les flux , principalement celui émis par la combustion des fossiles , insignifiant avant le Moyen Age ; la biosphère s’est adapté; la forêt progresse et la fixation du CO2 par les organismes carbonatés aussi , ce qui fait que 50% de ce que nous émettons ne rentre pas dans le réservoir atmosphérique ; si nous continuons à émettre autant, il ne faudra pas empêcher la forêt ( boréale) de progresser et les coraux de pousser , sinon on va arriver aux 4000 ppm comme au temps des dinosaures

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  3. Alors, ce n’est pas dit dans l’article mais ce changement à la baisse des émissions anthropiques dans l’usage des sols est principalement causé par la moindre déforestation et un peu par l’extension des forêts. Si pour Libé et quelques confrères alarmistes en gestions de risques, « la planète brule », voilà encore une preuve qu’elle verdit puisque les forêts captent de plus en plus de CO2 ; ce qui rejoint la position du GIEC (et des CR bien avant le GIEC) sur le verdissement observé de la planète (AR6, WG1, TS).
    En télédétection, il est difficile de quantifier si la reforestation à des dynamiques naturelles ou sont liées à des plantations humaines car on utilise à l’échelle du globe le spectre infra-rouge qui donne la quantité de biomasse. Sur des espaces restreints, ce travail de différentiation peut être fait mais il reste délicat. Il faut en passer par les données des Etats qui, bien entendu, dans le cadre des accords de Paris, peuvent être largement surestimées dans les reforestations anthropiques afin d’atteindre leurs objectifs.
    Par exemple, sur les mangroves sénégalaises, la mangrove (arbre champion du captage de CO2) repousse seule mais l’humain peut planter avant qu’elle ne vienne y pousser. De là, attribuer certaines causes naturelles à des dynamiques humaines est simple car les hommes, même s’il n’ont pas mis en valeur ces espaces reforestés naturellement, peuvent être considérés comme responsable de cette reforestation (le choix de laisser pousser est une décision anthropique, un usage choisi des sols).
    Ainsi, l’UNESCO déclare qu’elle a préservé des forêts classées patrimoine mondial en millions de Km² alors qu’elle ne fait rien puisque ça pousse tout seul du fait de caractéristiques bio-physiques plus favorable (+ de CO2, + d’H20, + de chaleur). Mais comme cela entre dans une logique de parc, elle attribue à l’homme les mérites de cette reforestation ou de la non déforestation.
    https://whc.unesco.org/fr/actualites/2344
    Sur le fond, l’article déclare que cette baisse des émissions de CO2 dans l’usage des sols résulte moins de la reforestation (car trop lente) que de la baisse de la déforestation qui entraine une baisse relative des émissions humaines de CO2 par rapport aux périodes précédentes. Ainsi, alors que nos ONG écolos disent que l’homme détruit de plus en plus la forêt, en tous cas, pour le GCB, c’est de moins en moins.
    Sur le fond, c’est sûr que cela tombe opportunément car cela remet sur les rails les objectifs de 1,5°C de la COP21. Et commes les états décident de l’usage des sols dans leurs territoires, tout ralentissement de déforestation par des conditions bio-physiques plus favorables ainsi que toute reforestation naturelle peuvent en théorie leur être attribués, donc être atribués à l’homme.

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  4. @Pastilleverte
    Vous voulez parler de Carbone sous ses différentes formes ou de CO2 dissous dans la mer et les eaux gazeuses ou libre dans la lithosphère comme le méthane dans les gisements de gaz et de pétrole ?

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  5. @Cedric
    «  » » » » » »Alors, ce n’est pas dit dans l’article mais ce changement à la baisse des émissions anthropiques dans l’usage des sols est principalement causé par la moindre déforestation et un peu par l’extension des forêts » » » » » » » »
    L’usage des sols ne concerne pas uniquement la forêt; certes, couper la forêt équatoriale pour planter des palmiers, faire de l’huile de palme , la distiller pour faire du biodiesel n’est pas très bio à mon avis ; je ne suis pas non plus sûr que dans nos régions la forêt gagne ; on fait du bio diesel avec plein de choses autres que l’huile de palme
    Une chose que je pense être possible , c’est que on retourne moins la terre que dans le passé,
    et que par conséquent on « fossilise  » du CO2 dans les sols , mais pour combien de temps ?
    Mais on est d’accord , qu’il s’agisse du fossile ou de l’utilisation des sols , l’homme ne peut que faire monter le niveau de CO2 dans l’air ; les dinosaures en ont fait autant au crétacé

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    • C’est dit dans l’article du GCB, la révision des émissions de CO2 est causée surtout par l’usage du sol et en particulier par une moindre déforestation.

       » land-use change (ELUC), mainly deforestation, are based on land-use and land-use change data and bookkeeping models » – «  »Mainly deforestation » »

      « short-term changes in land-use dynamics, such as a temporary decrease in deforestation, influences gross emissions dynamics more than gross removals dynamics. »

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  6. En attribuant aux activités humaines l’intégralité de l’augmentation de la masse du CO2 contenu par l’atmosphère, on fait l’hypothèse implicite que les flux naturels ne varient pas. C’est tout simplement faux. Ils ont augmenté de quelque 20 % depuis le début de l’ère industrielle et ils représentent plus de 10 fois les flux générés par l’homme. L’atmosphère contient moins de 10 % du CO2 ‘anthropique’.

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      • @Fritz
        Prenez la peine de regarder WG1 AR5 figure 6.1 qui résume le cycle du carbone et son évolution depuis l’ère pré-industrielle. Le flux naturel depuis les océans et la végétation vers l’atmosphère est passé de 169 à 198,5 GtC/an (multiplier par 3,6 pour obtenir la masse de CO2). S’y ajoute une contribution anthropique de 0 à 8,9 GtC (c’était en 2013). De l’atmosphère vers les océans et la végétation, le flux est passé de 163 à 203. Bilan en 2013 : 198,5 + 8,9 – 203 = + 4,4 GtC/an
        Ces chiffres sont certainement faux mais les ordres de grandeur sont corrects. La nature rejette 10 ou 20 fois plus de CO2 que l’humanité. Invariablement ?

        Pourquoi le flux naturel a-t-il augmenté? Pour la même raison que la température a augmenté, raison que je ne connais pas mais il en résulte que les océans tropicaux dégazent davantage et que la végétation prospère ce qui fait que sa décomposition produit un surcroit de CO2. Dans le même temps, avec plus de CO2 dans l’atmosphère la végétation devenue plus abondante et les océans froids en absorbent davantage. D’où le bilan ci-dessus.

        Avec le verdissement de la planète, reconnu par le GIEC, quelque chose comme 20 à 30 % de matière organique en plus, on ne plus faire comme si le flux naturel était constant. Il faut au minimum se donner la peine de rappeler que c’est une hypothèse.

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  7. Bonjour,
    Le graphe des émissions de CO2 dus aux changements dans l’utilisation des sols est aussi intéressant car c’est un des éléments qui permet aussi de réfuter la publication de Schwalm de 2020 (“RCP8.5 is a problematic scenario fo rnear term emissions ») suggérant que le scénario RCP8.5 (le pire) pourrait être encore crédible, en particulier à cause d’une utilisation des sols qui serait croissante. Mais visiblement ce n’est pas le cas ! Hausfather lui a répondu 1 fois (dans le PNAS en 2020). Maintenant, on a encore d’autres arguments. L’AR6 enfonce le cloud sur ce point aussi (le RCP8.5 est étiqueté maintenant de « low likelywood », ce qui a donc changé rapidement depuis l’AR5 de 2013).

    ps : je n’aurais pas dit « chevelu » mais « spaghetti » !

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  8. Comme dirait Klein
    « L’évolution du climat pour les 30 prochaines années est jouée, elle va dépendre de ce que l’on a fait en terme d’émission de Gaz à effet de serre. Ca va être une balistique et ça va évidemment mal se passer. »
    et ça déroule sur la science dit le vrai et la recherche doute.

    Sauf que l’on voit avec cet article que l’on est en pleine recherche fondamentale puisque les émissions anthropiques de CO2 à un instant T varient encore en 2021 dans l’état des connaissances. Si ce n’est pas une donnée fiable, vraie, selon Klein, c’est que ce n’est pas de la Science (établie). Si ce n’est pas de la science, dans sa logique, ce serait donc de la recherche et il serait ainsi permis de douter; d’être sceptique. Mais il affirme sans douter que c’est balistique, déterminé pour 30 ans et que « ça va mal se passer ». Cela est incohérent, car il devrait douter puisque c’est de la recherche fondamentale.
    Pourquoi Etienne Klein fait-il donc passer la recherche sur le climat pour de la science établie ? Confrondrait-il recherche et science ? Comme dit Benoît, à quoi bon un énième rapport du GIEC puisque la science serait dite ? A quoi bon d’autres rapports synthétisant des recherches puisque tout a été déjà déterminé ?
    Donc, sur le fond, cet énorme changement dans les stats sur les émissions de GES anthropiques nous montre bien que la climatologie n’est pas une science établie et que des changements statistiques d’une telle envergure impacte directement la qualité de ses prévisions.

    Aimé par 2 personnes

    • Il n’y a pas plus rigide que les milieux universitaires. Ce qui est affligeant est lorsque ce dogmatisme se manifeste en sciences.
      Du coup Etienne Klein manque cruellement d’esprit critique et reste sur une ligne consensuelle, sans doute par auto-censure.
      Tout cela explique sans doute ses explications embarrassées.

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      • Il est financé par le CEA pour faire de la vulgarisation scientifique. C’est donc une courroie de transmission du CEA, un temple du carbocentrisme qui a mis sur le devant de la scène des Jouzel et des VMD.
        Je regarde toujours de près ces vulgarisateurs, leurs financements et les positions des organisations qui les contrôlent.
        De toutes manières, comme il le reconnait lui-même, les classes populaires s’en foutent de la vulgarisation. Et pourquoi ? Parce qu’une grande partie de la classes des diplômés du supérieur, qui compose le 1/3 dans la population fr au XXième siècle, utilisent cette vulgarisation à des fins politiques, scientistes, comme ici sur le climat. D’où cette masse de scientifiques militants, modèles pour cette classe.

        Le scientisme : nouvelle discrimination de classe

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      • Et pour en rajouter une couche sur le CEA, c’est bien est un lobby.

        « Le CEA est inscrit comme représentant d’intérêts auprès de l’Assemblée nationale. Il déclare à ce titre en 2012 un budget global de 4 300 millions d’euros, dont 3 440 millions d’euros de financement public, et indique que les coûts annuels liés aux activités directes de représentation d’intérêts auprès du Parlement sont compris entre 150 000 et 200 000 euros55.

        Le CEA est inscrit depuis 2011 au registre de transparence des représentants d’intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare, en 2015, pour cette activité, cinquante collaborateurs à temps plein et des dépenses d’un montant compris entre 100 000 et 200 000 euros.  » WKP

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  9. @Richarddoi
    @Fritz
    Prenez la peine de regarder WG1 AR5 figure 6.1 qui résume le cycle du carbone et son évolution depuis l’ère pré-industrielle. Le flux naturel depuis les océans et la végétation vers l’atmosphère est passé de 169 à 198,5 GtC/an (multiplier par 3,6 pour obtenir la masse de CO2). S’y ajoute une contribution anthropique de 0 à 8,9 GtC (c’était en 2013). De l’atmosphère vers les océans et la végétation, le flux est passé de 163 à 203. Bilan en 2013 : 198,5 + 8,9 – 203 = + 4,4 GtC/an
    Ces chiffres sont certainement faux mais les ordres de grandeur sont corrects. La nature rejette 10 ou 20 fois plus de CO2 que l’humanité. Invariablement ?
    ———
    Merci pour cette démonstration claire que les océans et la végétations absorbent 50% de ce que rejette l’homme
    ——-
    Pourquoi le flux naturel a-t-il augmenté? Pour la même raison que la température a augmenté, raison que je ne connais pas mais il en résulte que les océans tropicaux dégazent davantage et que la végétation prospère ce qui fait que sa décomposition produit un surcroit de CO2. Dans le même temps, avec plus de CO2 dans l’atmosphère la végétation devenue plus abondante et les océans froids en absorbent davantage. D’où le bilan ci-dessus.
    ———
    La suite est incompréhensible
    – «  » » » » » »les océans froids en absorbent davantage. » » » » » » —–??????

    ———————————————-
    Richarddoi
    Je ne peux pas laisser passer vos réflexions à côté de la plaque : pendant les phases glaciaires /interglaciaires la température a varié de près de 10°C et le CO2 atmosphérique de 100 ppm; depuis le début de l’ère industrielle il s’agit de 0,6°C et de 120ppm; et si vous voulez vous plonger dans les données isotopiques du CO2, n’hésitez pas ; elles sont claires et montrent que l’augmentation du CO2 atmosphérique recente est due à la combustion des fossiles et pas au dégazage des océans
    je vous recommande de lire la thèse de Laurence Pépin et l’article des universitaires de Grenoble et en fin de compte la discussion entre Engelbeen et Maurin sur SCE ou Maurin en prend plein dans les gencives

    Variations de la teneur en CO2 de l’atmosphère au cours des 4 derniers cycles glaciaire-interglaciaires, à partir de l’analyse de la carotte de Vostok (Antarctique) : implications sur l’évolution du climat et du cycle du carbone
    Laurence Pepin

    On constate que la teneur en CO2 de l’atmosphère pendant les interglaciaires est de 280 à 300 ppmv (partie par million en volume) hors de l’influence anthropique, alors que la concentration caractérisant les périodes glaciaires est d’environ 180 ppmv. Ces variations sont à mettre en parallèle à celles de la température en Antarctique qui présente des oscillations d’environ 10°C.
    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00701284/document
    ————————————————————

    En évaluant ce modèle au regard notamment des données issues des carottes de glace (concentration en CO2 et rapport isotopique 13C/12C du CO2, leur étude pointe le dégel de ces sols en début de déglaciation comme le possible responsable de la première phase d’augmentation du CO2 dans l’atmosphère.

    Cette contribution importante du dégel des sols et du transfert de carbone vers l’atmosphère prédomine durant la période de temps comprise entre moins 17 500 et moins 16 000 ans, alors que le CO2 augmente d’environ 35 parties par million, soit plus d’un tiers de l’amplitude de l’augmentation glaciaire-interglaciaire du CO2, et le rapport isotopique 13C/12C du CO2 diminue de 0,4 ‰.
    https://newsroom.univ-grenoble-alpes.fr/sciences-et-technologies/sols-geles-le-chainon-manquant-pour-expliquer-l-evolution-du-co2-atmospherique–106432.kjsp

    engelbeen
    https://www.science-climat-energie.be/2018/12/02/__trashed-4/
    Pour une augmentation de température de 0,6ºC depuis 1958, les températures à la surface des océans sont bonnes pour une augmentation d’environ 10 ppmv. Le reste de l’augmentation de 95 ppmv provient de la contribution humaine de plus de 180 ppmv dans la même période…
    Fritz

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    • @Frédéric Sommer
      [Vous écrivez : « Merci pour cette démonstration claire que les océans et la végétation absorbent 50% de ce que rejette l’homme »]
      Les auteurs de WG1 AR5 figure 6.1 ont bien évidemment pris soin de boucler le bilan des flux annuels entrants et sortants de l’atmosphère. Avec nécessairement quelques ‘ajustements’ pour que l’excédent (4,4 GtC) s’accorde avec la variation de concentration du CO2 au Mona Loa. C’est cet accord trop parfait qui m’a fait suggérer que ces chiffres des flux sont faux…
      Mais là n’était pas l’essentiel de mon message. Il tenait en 2 points:
      1) les flux naturels sont énormes par rapport aux émissions anthropiques;
      2) ils ne sont certainement pas invariants et je donne deux exemples : leur augmentation considérable depuis le début de la période industrielle et le ‘verdissement’ de la terre (qui implique que la végétation absorbe et émet davantage de CO2).
      Je voudrais donc seulement que l’affirmation que X% du CO2 émis par l’homme reste dans l’atmosphère soit assortie d’une mise en garde : ‘sous réserve que les flux naturels soient restés constants’.
      ———
      [«  » » » » » »les océans froids en absorbent davantage. » » » » » » ]
      Pardonnez le raccourci. Les zones chaudes des océans dégazent du CO2 (et d’autres gaz) et les zones froides en absorbent. L’absorption augmente avec la concentration de CO2 (alors que le dégazage n’est pas significativement affecté).
      ———
      [Vous écrivez : « pendant les phases glaciaires /interglaciaires la température a varié de près de 10°C et le CO2 atmosphérique de 100 ppm etc…. »]
      J’ai des doutes, peut-être à tort, sur les valeurs absolues qu’on tire de la lecture des carottes de glace. Mais admettons les. Connaissez-vous les températures de surface des océans au début des interglaciaires, quand la température était à 10 °C au dessous de l’actuelle et que la zone d’absorption océanique était par conséquent beaucoup plus étendue ? Ne pouvez-vous pas envisager que l’absorption par les océans empêchait la teneur en CO2 d’augmenter ?
      ———
      [En évaluant ce modèle au regard notamment des données issues des carottes de glace (concentration en CO2 et rapport isotopique 13C/12C du CO2, leur étude pointe le dégel de ces sols en début de déglaciation comme le possible responsable de la première phase d’augmentation du CO2 dans l’atmosphère.
      Cette contribution importante du dégel des sols et du transfert de carbone vers l’atmosphère prédomine durant la période de temps comprise entre moins 17 500 et moins 16 000 ans, alors que le CO2 augmente d’environ 35 parties par million, soit plus d’un tiers de l’amplitude de l’augmentation glaciaire-interglaciaire du CO2, et le rapport isotopique 13C/12C du CO2 diminue de 0,4 ‰.]
      Les sols ont peut-être libéré du CO2 à ce moment-là mais c’est parce que la température avait d’abord augmenté! Que ce CO2 ait provoqué la poursuite du réchauffement…Ockham reviens !
      ——–
      [Vous me piquez au vif en écrivant : «  si vous voulez vous plonger dans les données isotopiques du CO2, n’hésitez pas » ]
      J’ai donc tenté de comprendre, avec mes bien modestes facultés.

      Avant l’ère industrielle d13C = – 7 pm (estimation)
      Actuellement d13C = – 8,7 pm
      Moyenne des combustibles fossiles d13C = – 29 pm

      si x est la proportion de carbone fossile dans l’air.
      – 8,7 = – 29 x – 7 (1- x) ==> x = 8 %

      Pour l’être simple que je suis, il y a donc actuellement dans l’air quelque 8 % de carbone provenant des fossiles. On est loin des 32 % attribués à la rétention de 50 % des émissions anthropiques qui sont censées avoir provoqué l’augmentation de 280 à 420 ppm. Science is unsettling !

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      • Dernière réponse de ma part , le CO2 émis par l’homme ne va pas que dans l’air , il va dans la biosphère , marine ou océanique qui représente bien plus que le CO2 atmosphérique , il va même dans les coraux qui se nourrissent des ions bicarbonates de l’eau de mer et montrent la même baisse du delta C13
        Alors cessez de lire du Camille Veyres

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  10. Dernière réponse de ma part , le CO2 émis par l’homme ne va pas que dans l’air , il va dans la biosphère , marine ou océanique qui représente bien plus que le CO2 atmosphérique , il va même dans les coraux qui se nourrissent des ions bicarbonates de l’eau de mer et montrent la même baisse du delta C13
    Alors cessez de lire du Camille Veyres

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