Ce record de température dont on ne vous a pas parlé

Le précédent record datait de 1967, il a été battu d’un bon demi degré. Et il ne s’agit pas ici de la température à Bécon-les-Bruyères un premier octobre, mais de la température d’un continent entier sur une saison entière. Comment se fait-il que vous n’en ayez pas entendu parler ?

Peut-être faut-il penser que nos principaux médias, dans leur grande sagesse, se sont montrés parfaitement conscients que ce genre d’événement n’était pas significatif, et qu’en parler aurait donc donné une image trompeuse du climat de notre planète. Si cette explication était la bonne, il conviendrait de les remercier grandement de leur louable tempérance, qui nous aurait épargné pour cette fois les titres faciles à la mode du « dérèglement climatique » tels que ceux de cet été au sujet d’une vague de chaleur au Groenland (qui illustrait, bien sûr, l’« emballement » de la fonte des glaces), ou ceux de l’an dernier sur le record de chaleur en Antarctique du 6 février 2020 (présenté comme « cohérent avec le changement climatique »), au milieu de tant d’autres.

Toutefois, échaudés par ces exemples récurrents, les plus climato-réalistes ne manqueront pas de supposer qu’il y a anguille sous roche. Confirmons donc leurs soupçons en précisant le record dont il est question, validé par le très crédible Programme antarctique des États-Unis : depuis que les mesures existent (1957), il n’a jamais fait aussi froid en hiver en Antarctique que cette année.

On en conviendra, ce n’est pas là exactement un record dans la ligne du parti de l’alarmisme climatique.

Ne croyez pas pour autant que ceux qui ont utilisé le record du 6 février 2020 pour nous expliquer une fois de plus tout le mal qu’il fallait penser de notre consumérisme carbogène seront si peu embarrassés que ce soit par ce record de froid. On ne les imagine que trop bien, en effet, nous expliquer pompeusement que les choses doivent être analysées en tendance et qu’il convient donc de ne pas exagérer la portée d’un record comme celui-ci, qui n’est à tout prendre qu’un phénomène passager.

Faire montre d’une telle prudence ne serait pourtant que reculer pour mieux sauter. Comme l’a confirmé cette année une équipe de chercheurs (Zhu et al., Atmosphere), l’évolution générale de ces dernières décennies en Antarctique va bel et bien dans le sens d’un refroidissement… Tiens donc, vous n’aviez pas non plus entendu parler de cette étude climatiquement incorrecte dûment publiée dans une revue scientifique à comité de lecture ? Elle n’est pourtant que l’une des nombreuses et régulières publications qui montrent que, n’en déplaise au militantisme de certains climatologues, le « consensus » autour du climat est une construction médiatique et idéologique bien davantage qu’une réalité scientifique. À l’approche des prochaines échéances électorales, souhaitons que, par-delà les postures politiciennes et les discours de facilité, la voix du réalisme climatique parvienne enfin à se faire entendre.

Éditorial paru dans le n°4429 de Valeurs Actuelles.

46 réflexions au sujet de « Ce record de température dont on ne vous a pas parlé »

  1. Merci Benoît.
    Je me permets d’ajouter la source https://nsidc.org/arcticseaicenews/
    Extrait :
    « …This is the second coldest winter (June-July-August months) on record, behind only 2004 in the 60-year weather record at the South Pole Station. For the polar darkness period, from April through September, the average temperature was -60.9 degrees Celsius (-77.6 degrees Fahrenheit), a record for those months… »

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    • Heu non, ce n’est pas la source désolé. Je ne la trouve pas par rapport au « record de 1967 » cité. J’ai bien trouvé ça https://www.washingtonpost.com/weather/2021/10/01/south-pole-coldest-winter-record/ mais c’est par rapport à un record de 1957 :
      Extrait :
      « The average temperature at the Amundsen–Scott South Pole Station between April and September, a frigid minus-78 degrees (minus-61 Celsius), was the coldest on record, dating back to 1957. This was 4.5 degrees lower than the most recent 30-year average at this remote station, which is operated by United States Antarctic Program and administered by the National Science Foundation. »

      Enfin il fait froid ça c’est sûr. Je propose d’organiser une transhumance des ours du pôle nord, qui seront ainsi les premiers réfugiés climatiques.

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      • Attention, sauvez des ours qui n’ont pas de problème mais risquer l’éradication des manchots empereurs ou pas qui vont pondre et élever leurs petits loin de tout prédateur . Leur solution est l’une des plus efficaces pour des oiseaux. Ils sont moins à l’aise dans l’eau face au redoutable léopard des mers … https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opard_de_mer . Un prédateur ça va, deux bonjour les dégâts.

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  2. Et pour la présidentielle, Benoît Rittaud serait tellement un bon candidat ! Désolée pour la pression mais votre capacité à débattre clairement, posément, avec humanisme et rigueur scientifique est une bouffée d’air frais (avec assez de CO2 pour bien stimuler la respiration réflexe).
    Je pense que vous pourriez motiver de nombreux abstentionnistes et familiers du bulletin blanc.

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  3. Bonjour,

    Le chapitre 5 de l’AR5 de 2013 nous disait à propos des différences entre l’optimum médéval et notre optimum : « Continental-scale surface temperature reconstructions show, with high confidence, multi-decadal periods during the Medieval Climate Anomaly (950 to 1250) that were in some regions as warm as in the mid-20th century and in others as warm as in the late 20th century. With high confidence, these regional warm periods were not as synchronous across regions as the warming since the mid-20th century.”.

    Est ce que tous les endroits de la Terre se réchauffent en même temps à l’heure actuelle ?
    La température de l’Antarctique montre déjà que ce n’est pas le cas. Et d’autres endroits montrent aussi que ce n’est pas le cas sur le site de la NASA :

    Winamac 2Sse, USA depuis 1920:
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=USC00129670&ds=14&dt=1

    Martin U Of T Branch E depuis fin des années 1930, USA :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=USC00405681&ds=14&dt=1

    Ciudad Constitucion depuis les années 1960, Mexique :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=MX000003068&ds=14&dt=1

    Albany Airport depuis env 1960, Australie :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=ASN00009741&ds=14&dt=1

    Plymouth Pwr Substn, depuis au moins 1920 jusqu’en 1995 (date de fin), Chili :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=USC00127028&ds=14&dt=1

    Mais Plymouth, tout près de Plymouth Pwr Substn continue jusqu’en 2020, sans réchauffement :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=USC00126989&ds=14&dt=1

    San Juan, Chili depuis les années 1960 :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=ARM00087311&ds=14&dt=1

    Valpareso, depuis les années 1920 (la série s’arrête en 2005) :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=USC00128999&ds=14&dt=1

    Mais Valparaiso Porter Co Muni Ap, tout près de Valpareso continue jusqu’en 2020 :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=USW00004846&ds=14&dt=1

    Rio Grande (Brésil) :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=ARM00087934&dt=1&ds=14

    Punta Arenas (Chili) :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=CI000085934&dt=1&ds=14

    Grytviken, tendance pas claire (Grytviken est sur une île située en Géorgie du Sud et non loin de King Edward Point) :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=SXM00088903&dt=1&ds=14

    Et depuis les années 1990 (soit environ 30 ans, période climatique), on a par exemple :

    Alice Springs Airport depuis 1990 environ, en plein cœur de l’Australie :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=ASN00015590&ds=14&dt=1

    Huma depuis 1990 environ, Chine :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=CHM00050353&ds=14&dt=1

    Vichy Charmeil depuis les années 1990, France :
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=FRE00104884&dt=1&ds=14

    Sunwu depuis 1990 environ, Chine:
    https://data.giss.nasa.gov/cgi-bin/gistemp/stdata_show_v4.cgi?id=CHM00050564&ds=14&dt=1

    —————————————————————————————————————–

    Je n’ai pas fait toutes les observations de la Terre du site de la NASA, mais en tout cas on trouve donc des endroits dans l’hémisphère Sud et Nord et dans divers continents indiquant que notre réchauffement ne se fait pas partout et en même temps, et parfois on est dans le cas d’un refroidissement comme en Antarctique (grande zone) ou à Punta Arenas par exemple.

    Du coup, puisque c’était, selon l’AR5 (chap 5), la différence qui était soulignée entre notre optimum et l’optimum médiéval, avec je pense le sous entendu que cette différence était forcément d’origine humaine, on peut finalement au vue des données, se demander si on ne serait toujours pas dans le même cas de figure de cet optimum médiéval qui était naturel et ceci même si le CO2 est un GES qui doit avoir au moins un petit effet sur la température ? (Du moins, si l’on suppose, comme l’AR5, que l’OM n’était pas « partout et en même temps »).

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    • Il y a en effet des régions du monde où la température a beaucoup moins augmenté qu’ailleurs. Plus dans l’HS que dans l’HN, mais il y en a. C’est ce qui fait que les moyennes globales calculées ne sont pas très « spectaculaires » pour le commun des gens quand on leur parle de « +1.2°C » par exemple.
      Mais il y a aussi beaucoup de stations où à l’inverse, le RC est plus important.

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      • Le problème c’est aussi et surtout de faire la moyenne d’un ensemble de mesures d’une grandeur physique intensive comme l’est la température. En physique ça n’a pas de sens. La température, c’est comme la densité ou la couleur ou la fréquence, ça ne se moyenne pas, ni ne s’ajoute. Jouez un do et un mi au piano, vous n’entendrez pas un ré ! Vous entendrez un do et un mi. De même, mesurez la température de votre salon à 20°C, et celle de votre cave à 14°C, vous n’aurez pas 17°C dans l’ensemble des 2. ça n’a pas de sens.
        Amicalement Dominique
        (Ce qui aurait un sens, ce serait de faire des mesures de quantités de chaleur océan+atmosphère par exemple, car là ça devient extensif).

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  4. « Comme l’a confirmé cette année une équipe de chercheurs (Zhu et al., Atmosphere), l’évolution générale de ces dernières décennies en Antarctique va bel et bien dans le sens d’un refroidissement… »

    1) L’objet du papier de Zhu et al. est une comparaison des modèles ERA5 et ERA-interim sur le domaine antarctique et absolument pas une analyse de tendances ;

    2) Zhu et al. ne confirment absolument pas que l’Antarctique se refroidi de façon globale : « A cooling trend occurs in ERA5 and ERA-Interim over East Antarctica, and a warming trend occurs over the Antarctic Peninsula with the exception of DJF. » Ca on le savait déjà depuis un bon moment.

    3) Si vous voulez une courbe globale, elle est ici : http://berkeleyearth.lbl.gov/regions/antarctica

    4) Benoit Rittaud, soit vous n’avez pas lu le papier de Zhu et al. ; soit vos connaissances scientifiques volent au ras de pâquerettes ; soit vous mentez à dessein.

    « le consensus autour du climat est une construction médiatique et idéologique »
    Vous n’avez juste aucune notion de ce qu’est un « consensus scientifique »

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    • Anticeptique, votre rhétorique est digne de celle de votre mentor Bréon dans le tweet que vous avez étrangement éprouvé le besoin de rapporter dans un autre fil. (Auriez-vous un lien tous les deux ?)
      Zhu et al : « The temperature trend from ERA5 is consistent with that from observations, in which a cooling trend dominates East Antarctica and West Antarctica, while a warming trend exists in the Antarctic Peninsula except during austral summer. »
      Mais vous allez sûrement nous expliquer que seule compte la Péninsule, et encore, pas en hiver. En tout cas je suppose qu’on peut hélas compter sur vous pour aller chiner un autre détail qui vous permettra de surjouer la compétence indignée.

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      • Benoit, si vous ne savez pas faire la différence entre la citation de Zhu et al. : «The temperature trend from ERA5 is consistent with that from observations, in which a cooling trend dominates East Antarctica and West Antarctica, while a warming trend exists in the Antarctic Peninsula except during austral summer.» (qui est à peu de chose prêt celle que j’ai reprise plus haut)

        Avec : «l’évolution générale de ces dernières décennies en Antarctique va bel et bien dans le sens d’un refroidissement…» qui est de votre plume, on n’a pas le cul sorti des ronces.

        Si vous avez un peu de temps mettez donc dans un tableur les données UAH et vous verrez que la tendance du continent antarctique n’est nullement dans le sens d’un refroidissement. Elle est très légèrement positive mais je doute que ça soit significatif. Vous pouvez aussi vous amuser avec les données des stations, ça intéresserait tout le monde.

        Puisque vous mettez le sujet sur le tapis, revenons à Bréon. La encore si vous bossiez un peu vos dossiers, vous sauriez qu’il est extrêmement facile de refaire la courbe qu’il propose ; reprendre son tweet c’était juste pratique.

        Par contre le commentaire de RICOfr n’a pas eu de réponse … C’est bien joli d’attaquer le messager, mais le message alors ? Le modèle de Gervais est-il vraiment meilleur que celui de Manabe 1970 ?

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      • @antisceptique
        Bonsoir, il serait quand même surprenant d’avoir dans le même temps un antarctique qui se réchauffe (légèrement), et une banquise antarctique qui grossit (légèrement aussi) , non ?
        Amicalement Dominique

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  5. L’Antarctique est connu des climatologues pour présenter des changements « naturels » de climat, par exemple l’oscillation décennale Pacifique. Avec des inversions de cycles froid au nord / chaud au sud, puis le contraire. De plus, la couche de glace de plusieurs km d’épaisseur provoque un effet d’albedo plus important et constant qu’au pôle Nord, et limite les effets indirects. Mais il ne faut pas se leurrer, même si ces alternances pouvaient laisser croire que le RC n’avait pas lieu au pôle sud, sur la période passée de 50 ans ou 100 ans, l’amplitude moyenne du réchauffement est au moins aussi importante qu’ailleurs, voire même plus d’après les dernières études. Ceci étant, vu la température moyenne là bas, palmiers et orangers, ce n’est pas pour demain.

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    • « Mais il ne faut pas se leurrer, même si ces alternances pouvaient laisser croire que le RC n’avait pas lieu au pôle sud, sur la période passée de 50 ans ou 100 ans, l’amplitude moyenne du réchauffement est au moins aussi importante qu’ailleurs, voire même plus d’après les dernières études »

      Faux, comme d’habitude.

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    • Ceci étant, vu la température moyenne là bas, palmiers et orangers, ce n’est pas pour demain.

      Ouf, on est rassurés pour les ours blancs. Parce que le jus d’orange, c’est bon, mais cela leur donnerait le diabète…

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      • Seulement pour ceux qui auront reçu l’asile climatique AVANT de périr noyés ou affamés, car c’est ce qui les attend par la très grande faute des humains.
        (Rappel : pas d’ours blancs en Antarctique. Pas folles les bêtes !)

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  6. Le refroidissement de l’antarctique est donc la preuve irréfutable du réchauffement, c’est une baisse des températures qui cache une hausse…
    cqfd.

    De même que la hausse des évènements « esstrêmes » est une preuve supplémentaire de ce réchauffement.
    Les évènements « esstrêmes », ce sont les trucs vraiment très très rares, en excès, qui n’auraient jamais du arriver si y avait pas eu le changement climatique de à cause des humains.

    Comme évènement « esstrême » vous avez par exemple les moments ou il y a beaucoup, beaucoup de vent en excès : là, c’est « esstrême » !!
    Mais quand il n’y en a exceptionnellement pas, c’est aussi « esstrême ».

    En cette année 2021, la vitesse moyenne des vents à la surface du vieux continent est particulièrement faible par rapport aux dernières décennies. Cette situation affecte très directement la production d’énergie européenne par les parcs éoliens.

    « l’esstremitude » peut donc être un excès de pas de vent.
    re-cqfd

    https://www.numerama.com/sciences/740747-11-000-turbines-mais-pas-de-vent-leolien-britannique-souffre-dune-meteo-imprevue.html
    https://sciencepost.fr/europe-energie-eolienne-manque-de-vent/

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  7. Il faut revenir à de la physique simple. Aux fluctuations près et au effets de stockage temporaires près, la terre émet autant qu’elle reçoit d’énergie. Comme l’émission se fait par radiation à partir des hautes couches de l’atmosphère, cela signifie que les hautes couches ne doivent pas beaucoup changer (un peu à cause des écarts au corps noir parfait). Par ailleurs la communication entre les couches hautes et les couches basses se fait principalement par convection (le profil vertical de température résulte d’un profil quasiment adiabatique en tenant compte bien sur des échanges de chaleur latente) qui se fiche complètement du taux de CO2. Il en résulte que les basses couches ne peuvent pas non plus changer beaucoup. Cela n’exclut pas des changements climatiques mais il faut y trouver d’autres causes que des petites petites variations du CO2. A long terme il y a bien entendu la réorganisation des masses continentales. A cout terme il peut y avoir des changements d’albedo avec l’artificialisation et peut être aussi des changements dans le cycle de l’eau : grands lacs de retenue, irrigation des déserts…Je suis toujours étonné par la prétention des modélisateurs à rendre compte de phénomènes aussi complexes. Si la météorologie (on nous serine que la climatologie n’est pas la même chose) arrive à des prévisions à quelques jours c’est parce qu’à cette échéance, les effets « balistiques » sont dominants (les masses d’air continuent leur mouvement sur leur inertie). Les effets impliquant des sources et des puits de chaleur (anticyclone d’origine thermique par exemple) sont bien plus délicats à traiter et ne parlons même pas de la convection à petite échelle comme les nuages d’orage !

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    • Ce n’est pas le sujet du fil mais il me paraît intéressant de revenir sur certains de vos propos.

      « Comme l’émission se fait par radiation à partir des hautes couches de l’atmosphère,… »

      L’émission d’IR vers l’espace se fait dès la surface, environ 25 % du flux de chaleur total, et les 75% restants sont assez bien répartis sur la colonne troposphérique, ce qui est émis en-dessus de la tropopause est négligeable. Les graphiques d’irradiance vu depuis satellites donnent une idée convenable des ordres de grandeur même si les émissions effectives sont en fait un peu plus élevées.

      « Par ailleurs la communication entre les couches hautes et les couches basses se fait principalement par convection… »

      La convection assure un flux thermique d’environ 100 W/m2 au départ de la surface, ce flux se réduit assez régulièrement jusqu’à zéro à la tropopause. Les flux thermiques dans la troposphère sont en réalité majoritairement radiatifs car il faut ajouter la puissance solaire absorbée directement par l’atmosphère.

      « …le profil vertical de température résulte d’un profil quasiment adiabatique en tenant compte bien sur des échanges de chaleur latente… »

      Non absolument pas. Si le profil était quasiment adiabatique, il serait proche de 10°C par km et pas de 6.5 car l’essentiel de la masse troposphérique est en état de subsidence. D’autre part, comme la presque totalité du flux thermique montant est évacué radiativement au sein de la troposphère, les conditions adiabatiques ne sont absolument pas remplies.

      « …qui se fiche complètement du taux de CO2. »

      Encore non. Le CO2 avec les autres GES assure le refroidissement de l’atmosphère, refroidissement provoquant l’instabilité de la colonne. Sans GES, pas de convection.

      Tout cela a été clairement exprimé par Manabe, le tout neuf Nobel de physique, dans son papier de 1964 :

      « The observed tropospheric lapse rate of température is approximately 6,5°C/km. The explanation for this fact is rather complicated. It is essencially the result of a balance between (a) the stabilizing effect of upward heat transport in moist and dry convection on both small and large scales and (b) the destabilizing effect of radiative transfer. »

      Pardonnez-moi ce petit jeu mais il me semble que si nous pouvions éviter les conceptions erronées de la physique de l’effet de serre, nous pourrions plus aisément mettre cette affaire climatique à sa juste place.

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      • Les 10 degrés par km ne sont valables que pour une atmosphère sèche. Par beau temps chaud c’est effectivement le gradient que l’on trouve dans une très basse couche qui s’épaissit dans la journée. Mais un thermique qui se développe dans cette couche atteint rapidement un niveau où la condensation commence (la base des cumulus de beau temps) et au-dessus le gradient devient beaucoup plus faible. D’où la valeur moyenne que cite Manabe et qui est aussi celle utilisée en aéronautique pour définir une atmosphère moyenne permettant de graduer les altimètres. C’est de toutes façons un détail.
        Et il est bien évident aussi au niveau mondial que les zones de subsidence (affaissement pour ceux qui ne connaissent pas) sont compensées par des zones où l’air monte.
        Toujours dans les bilans, il est bien évident que les flux convectifs et radiatifs s’équilibrent forcément. Là où l’on peut être en désaccord c’est qu’une petite variation des propriétés d’émission et d’absorption des radiations (ce que l’on peut attendre de la variation du taux de CO2) ne va pas forcément être compensée par une variation des gradients thermiques, elle peut aussi l’être par une variation de la convection. En réalité il y aura à la fois les deux mais l’effet sur la température sera bien plus bas qu’il ne l’aurait été à convection constante.
        Je ne suis évidemment pas capable de tout expliquer dans les détails. Si je le pouvais d’autres le pourraient aussi et l’on aurait alors des modèles « parfaits », ce qui est loin d’être le cas ! Et c’est bien cette prétention que l’on sait tout expliquer qui me parait la plus critiquable, tout comme bien sûr l’attitude des forces politiques qui instrumentalisent cela en surfant sur la propension de beaucoup de personnes à croire qu’un « modèle mathématique » est l’argument massue (idem pour le covid !).
        Un politicien raisonnable, plutôt que d’annoncer régulièrement la fin du monde par réchauffement devrait plutôt avoir plusieurs fers au feu et donc des stratégies réalistes même pour les éventualités les plus désagréables. Au lieu de couvrir la France d’éoliennes (ce qui de toutes façons ne résoudra pas le problème), on pourrait aussi se demander comment faire évoluer l’agriculture, comment faire évoluer l’aménagement du territoire, comment arrêter l’expansion de la population mondiale (la cause ultime de tous nos problèmes de ressources naturelles)…Le fait qu’ils préfèrent continuer le cirque sur le réchauffement climatique et l’anxiété induite fait plutôt penser que ce n’est pour eux qu’un prétexte pour d’autres objectifs (principalement une aspiration à une plus grande mondialisation-multilatéralisme dirigée par les élites qu’ils pensent être !). Je m’arrête là car ça devient complotiste !

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      • Jean-Claude BARESCUT,

        Je suis d’accord avec votre analyse politique mais pas avec votre physique. J’insiste parce qu’il y a une logique dans la narration erronée du GIEC que vous reprenez dans les grandes lignes et que cette logique mène à une situation climatique effectivement préoccupante; GCM fiables ou pas car ces modèles sont de circulation et pas d’effet de serre.

        Les 10 °C ne sont pas seulement valables pour une atmosphère sèche, ils le sont également de manière générale pour les subsidences; or le gros de la masse troposphérique étant en subsidence, le gradient adiabatique de référence pour la troposphère est bien proche de 10 °C par km.

        La valeur de 6.5 °C observée en moyenne n’a rien à voir avec le gradient adiabatique, elle est la résultante du refroidissement radiatif, de la compression dans les subsidences et, seulement dans une plus faible part, de la détente humide dans les ascendances. C’est en gros ce que Manabe explique dans le passage que j’ai cité.

        « C’est de toutes façons un détail. »

        La dépendance du gradient thermique à la structure radiative comme le décrit Manabe en 1964 interdit tout espoir de calcul de l’effet des variations du taux de CO2. La Pataphysique du climat qui pointe le bout de son nez dès le Manabe de 1967 contourne cette impossibilité en niant cette dépendance essentielle.

        Cette astuce arbitraire introduite par Manabe en 1967 ne lui vaut pas moins qu’un prix Nobel.
        Elle ne vaut pas moins non plus que l’alarmisme climatique.

        Sont-ce des détails ?

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      • Expliquez moi comment la plus grande partie de l’atmosphère pourrait être en subsidence. Si cela descend quelque part il faut bien que cela monte ailleurs ? Dans les zones tropicales il y a de fortes montées. Dans nos région tempérées c’est plus intermittent. Le long du front polaire il y a régulièrement des gouttes froides qui se détachent et qui ont tendance à passer sous l’air chaud. L’air chaud, en particulier dans les occlusions des perturbations est rejeté en altitude (et vers le nord) par un mouvement ascendant (et il rejoindra les régions polaires ou il s’affaissera par subsidence). Tous ces phénomènes sont de puissants moteurs de mélange qui atténuent non seulement les gradients verticaux mais aussi les différences entre les pôles et les régions tropicales. Il y a des quantités de mécanismes turbulents (ce n’est pas ce qui est le plus aisé à modéliser) et des quantités de contreréactions dans l’atmosphère. Mon optimisme naturel me conduit à penser que si l’atmosphère a résisté dans le passé à des évènements autrement plus violents, c’est qu’elle a des marges de restabilisation gigantesque que l’augmentation de CO2 aura du mal à entamer sérieusement. C’est peut être un article de foi mais surement pas plus que de croire aveuglément à des modèles sommaires.

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      • Jean-Claude BARESCUT,

        « Expliquez moi comment la plus grande partie de l’atmosphère pourrait être en subsidence. »

        Les ascendances sont rapides à très rapides alors que les subsidences sont lentes à très lentes. Comme il y a conservation de la matière et disproportion des vitesses, il y a aussi disproportion des masses intéressées.

        « C’est peut être un article de foi mais surement pas plus que de croire aveuglément à des modèles sommaires. »

        Certainement mais si on se limite à des articles de foi, on n’est pas prêt de faire entendre raison.

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    • Petites variations de CO2, comme vous y allez. Passer de 280 à 415 ppm, ce n’est pas rien ! Mais justement, il ne s’est rien passé du point de vue climatique qui sorte de l’épure des variations naturelles. N’est-ce pas une preuve que le CO2 n’est pour rien dans cette affaire, comme vous le dites si justement ?

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    • Pour qu’il y ait convection libre, il faut une source froide en altitude. Dans notre atmosphère ce rôle est essentiellement joué par les GES répartis dans la masse.

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      • On ne peut donc pas chauffer un gaz qui n’a pas les propriétés radiatives d’un GES ?
        Et si on considère une atmosphère parfaitement sèche et pure et donc constituée uniquement de 80 % de diazote et 20 % de dioxygène, il n’y aura aucune convection ?
        Pas d’ascendances entrainant des gouttes d’eau, pas de nuages ?
        Pourquoi l’air chauffé au sol par conduction ne pourrait pas monter ?

        Il n’y aurait pas des trucs qui coincent dans cette histoire ?

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      • Murps,

        « Il n’y aurait pas des trucs qui coincent dans cette histoire ? »

        Cela coince tellement que sans GES plus rien ne bouge !

        En gros, la convection libre s’établit entre une source chaude en partie basse et une source froide en partie haute.

        Si la source froide est en bas et la source chaude en haut, l’air est super stable et il n’y a qu’un flux conductif, et le cas échéant radiatif.

        Si les deux sources sont au même niveau, il se forme une couche mince plaquée contre la surface en inversion de température. Il y a bien quelque chose qui ressemble à de la convection à la différence notable que le courant froid est en bas et le chaud en haut. De plus, toute la masse en-dessus de cette couche limite en inversion est isotherme à la température de la source chaude.

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  8. Les personnes ayant le plus de mauvaise foi, en surdose, vous rétorqueront que c’est bien la preuve d’un dérèglement. Il n’y a plus de réchauffement aujourd’hui, mais un dérèglement, dans un sens ou dans l’autre, c’est pratique, comme si le climat était quelque chose de stable. Et dérèglement par rapport à quelle source, ça, je n’ai pas encore trouvé. Quelle vision fantasmée du temps ont-ils? Car des canicules, des hivers froids et des intempéries, l’Histoire en regorge.

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  9. Totalement dubitatif avec cette histoire de source froide en haut ou en bas.
    A mon époque on disait : « l’air se réchauffe au contact du sol par conduction, puis la bulle d’air chaud monte sous l’effet de la poussée d’Archimède »…
    Et on appelait ça « phénomène de convection », ça pouvait donner des cumulo-nimbus.
    Y aurait-il un énorme taux de CO2 sous un cumulo-nimbus ?

    Si le taux de CO2 est si important par son effet Manabe/effet de serre, pourquoi n’observe-t-on pas de massives variations de la convection en fonction de la variation saisonnières du taux ?
    Y-a-t-il moins de convection observée dans l’hémisphère sud ou le taux de CO2 est en moyenne plus faible ?

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    • Vous Murps ? vous doutez qu’un système mécanique (ici les mouvements convectifs) puisse se passer d’un puits de froid (en opposition à la source chaude) pour correctement fonctionner ? sans un puits de froid quelque part, c’est l’entropie locale rapide, tout devient également à la même température, et le cumulo-nimbus ne pourra pas voir son développement se réaliser verticalement: le sol chauffé va juste créer une bouillasse chaude limitée à la couche d’air de faible épaisseur au-dessus du sol !
      Oui, il y a un énorme taux sous le cumulo-nimbus, mais pas de CO2 ! de vapeur d’eau, c’est pire 😉

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    • Murps,

      La bulle d’air chaude ne montera que dans un environnement plus froid. Si la source chaude a par exemple une température fixée par l’équilibre radiatif, la bulle ne montera que si l’environnement a une température inférieure à cette température d’équilibre. S’il n’y a pas de source froide dans la masse de l’atmosphère, à force d’y faire grimper des bulles d’air chaudes, cette masse atteindra uniformément la température de la source chaude et tout mouvement vertical cessera.

      Dans notre atmosphère, les sources chaudes sont mouvantes et hétérogènes dépendant essentiellement de la position du soleil. Les sources froides sont réparties assez uniformément dans la masse (GES). Les ascendances ont donc un caractère dynamique et les subsidences sont plus inertielles. Si j’ai bien compris, nous devons à cette dichotomie deux météorologies différentes pour représenter une même réalité.

      Je n’ai pas prétendu que la variation du taux de CO2 provoquait un effet détectable mais que cet effet concernait autant le gradient thermique que le niveau général des températures. On ne peut pas, comme le fait la pataphysique du climat, décréter par commodité que les GES fixent le niveau des températures et la convection le gradient thermique.

      On ne peut pas, comme le fait la pataphysique du climat, prétendre que les GES chauffent l’atmosphère alors qu’ils ne font que la refroidir.

      S’il y a un vrai consensus scientifique, il dit bien que :

      1. La convection refroidit la surface et réduit le gradient thermique.

      2. Les flux IR refroidissent la planète et créent un gradient thermique dans l’atmosphère.

      Que Manabe reçoive un Nobel de physique parce qu’il élimine un terme d’une équation pourtant partie du consensus scientifique en dit long sur la déliquescence de notre rapport à la réalité.

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  10. « Si j’ai bien compris, nous devons à cette dichotomie deux météorologies différentes pour représenter une même réalité. »
    Vous avez compris qu’il y aurait deux météorologies ? Vous avez bien de la chance. Moi j’ai rien pigé.
    J’ai toujours naïvement pensé qu’il n’y avait pas de science citoyenne et de médecine douce mais seulement de la science et de la médecine tout court.

    La bulle d’air chaud apparait car l’air chauffe au contact du sol, elle monte ensuite à cause d’Archimède parce que le milieu qui l’entoure est ipso facto plus froid donc plus dense.
    Je m’arrête là.

    Par contre je partage votre étonnement à propos du Nobel de Manabe : on récompense une modélisation qui est probablement fausse mais justifiée par la politique de l’ONU et du GIEC.

    Un naufrage de la science comme celui du Nobel des théoriciens de la couche d’ozone…

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    • Je reformule ma vision de ces enchainements :

      1/ un changement de la composition en GES (vapeur d’eau, CO2…) entraine une modification de l’équilibre radiatif
      2/ ce changement d’équilibre modifie les gradients thermiques
      3/ les changements de gradients impliquent une modification des conditions de convection
      4/ la convection accrue réduit les gradients
      5/ au final la modification du profil vertical de température est bien plus faible que ce qu’elle aurait été sans prendre en compte la totalité de cet enchainement.

      Comme tous ces effets sont imbriqués, il est bien évident que leur modélisation est particulièrement difficile, raison pour laquelle j’ai les plus grands doutes sur les performances des modèles. La difficulté n’est d’ailleurs pas tant dans le coté mathématique et codage que dans les connaissance physiques de base sur les mécanismes de transport turbulent qui sont bien plus complexes que les mécanismes radiatifs pour lesquels on a des tonnes de données spectroscopiques. Mes connaissances sur les échanges turbulents datent un peu mais autrefois on traitait cela avec des relations empiriques farcies de nombres adimensionnels (Reynolds etc…) je ne suis pas sur que l’on fasse beaucoup mieux maintenant. Les relations de fermeture dans les grands codes (en gros ce qui lie les fluctuations) ne sont hélas pas basées sur de la physique très solide, pas plus que la « paramétrisation » des phénomènes d’échelle inférieure aux mailles (comme les nuages convectifs par exemple).

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      • « Comme tous ces effets sont imbriqués, il est bien évident que leur modélisation est particulièrement difficile, raison pour laquelle j’ai les plus grands doutes sur les performances des modèles. »

        C’est tellement difficile que personne n’a évidemment jamais eu la prétention de modéliser l’effet de serre [1]. Encore une fois, les GCM sont des modèles de circulation générale et pas des modèles de l’effet de serre.

        L’effet de serre y est paramétré selon l’astuce proposée par Manabe [2]. Vraiment, Manabe a mérité son prix au vu du chambard que son escamotage de la thermodynamique est en train de créer dans le monde.

        [1] Ramanathan et Coakley 1978 : »An exact treatment for qc [convective heat flux] would require the solution of the equations of motion and continuity in addition to the solution of the energy equation. This ambitious task has not been attempted by any of the radiative-convective models. »

        [2] Manabe et Wetherland 1967 : « Free and forced convection, and mixing by the large-scale eddies, prevent the lapse rate from exceeding a critical lapse rate equal to 6.5C km-1. »

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      • Je n’ai pas accès à votre ref 2 (ni à la biblio scientifique en général). Si j’en juge par son seul titre, il dit simplement que plus on mélange moins il y a de gradients. Difficile de faire plus banal ! S’il suffit de cela pour avoir un prix Nobel !

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  11. @Jean Claude Barescut qui a dit
    «  » » » » » »3/ les changements de gradients impliquent une modification des conditions de convection » » » » » » »
    Franchement , je pense que vous auriez mérité le prix à la place de Manabe

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