Note de lecture : « La Religion écologiste » de Christian Gérondeau

Les livres de Christian Gérondeau se lisent en général d’une traite et celui qui vient de paraître aux éditions de l’Artilleur ne fait pas exception. L’auteur, membre du comité scientifique de l’Association des Climato-Réalistes, y revient sur un certain nombre d’idées fausses avec la clarté qu’on lui connaît. Certaines sont connues, d’autres moins, toutes méritaient une analyse.

La première partie se partage en seize points, chacun introduit par un graphique présentant une donnée factuelle : évolution du climat, consommation d’énergie, pollution… Petits bijoux de concision et de précision, ces graphiques se suffisent presque à eux-mêmes. Devant cette courbe si régulièrement montante des émissions mondiales de CO2, comment croire à l’utopie onusienne (et européenne) d’une courbe soudain descendante à partir de 2020 qui rejoindrait une émission zéro en 2050 ? Devant les courbes toujours croissantes des réserves prouvées d’hydrocarbures au fil du temps, comment accorder crédit aux prophéties sur la « fin du pétrole » ? Devant cette comparaison entre prévisions et températures et niveau observé, comment accorder une foi aveugle dans la fiabilité des prophéties climatiques assistées par ordinateur ?

L’exposé prend le parti des combustibles fossiles et démontre que leur emploi massif est l’une des meilleures choses que l’Humanité a faite pour assurer son développement et le bien-être du plus grand nombre. L’argumentaire bouscule quantité d’idées reçues, notamment sur le niveau de pollution en France. Sur ce point, une comparaison internationale aurait été la bienvenue pour répondre à l’objection que les pays riches ne font que délocaliser leur pollution. Il reste que l’ignorance collective sur ces questions est telle que la simple « découverte » de la réduction spectaculaire de la pollution de l’air dans les grandes villes françaises sera déjà bien utile pour secouer les certitudes écologistes naïves.

La deuxième partie est dédiée au GIEC, le fameux Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat. Pour en illustrer le fonctionnement, ou plutôt le dysfonctionnement, Christian Gérondeau détaille un fameux communiqué du GIEC de 2011 selon lequel, en 2050, 80 % de l’énergie mondiale pourrait provenir de renouvelables. Une analyse serrée dévoile les dessous de cette annonce, de sa genèse à sa réception dans le monde. La conclusion est implacable : le caractère proprement délirant de ce chiffre de 80 % n’aurait pas dû pouvoir échapper à un organisme qui prétend mener des expertises scientifiques dignes de ce nom. À l’issue de la reconstitution, on comprend que le GIEC ne mérite pas la réputation de compétence et d’impartialité que les médias tentent de nous vendre. Bien loin d’un parangon d’objectivité scientifique, le GIEC sélectionne les prévisions qui entrent dans le cadre de ses a priori — de son « narratif » dirait-on aujourd’hui — sans grand souci de rigueur.

On dira que le GIEC a bien pu se tromper sur l’avenir de l’énergie mais que son cœur de métier est ailleurs et concerne avant tout l’évolution du climat. Christian Gérondeau montre que ce n’est pas si simple et que cette énorme bourde des 80 % est un fil qui, lorsqu’on le suit, déroule toute une pelote. Ainsi de la déclaration de l’un des responsables du GIEC, Ottmar Edenhofer, qui déclare en prélude à la COP16 de 2010 que « le sommet qui va s’ouvrir à Cancún n’est pas en réalité une conférence sur le climat (…) Il faut se séparer de l’illusion que la politique internationale du climat est une politique environnementale. Elle n’a désormais pratiquement plus rien à voir avec la politique de l’environnement…« .

Le livre propose une chronologie des différents rapports produits par le GIEC depuis 1990 mais aussi des principaux acteurs de l’alarmisme climatique, notamment Bert Bolin, Maurice Strong et James Hansen. Il se conclut sur un projet d' »Appel Descartes pour le climat ».

Comme pour bien des livres de ce type, il faut s’attendre à ce que le « complexe climato-industriel » (selon le joli mot de Rémy Prud’homme) et les médias dominants se gardent bien d’en rendre compte. Heureusement, selon le mot prêté à Guillaume d’Orange, point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.

Christian GÉRONDEAU, La Religion écologiste, L’Artilleur (2021), 268 p., 18 €.

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30 réflexions au sujet de « Note de lecture : « La Religion écologiste » de Christian Gérondeau »

  1. Merci pour ce résumé ; cela m’évitera de lire un livre , ce qui me prendra des heures ; mais je suis bien s^r d’accord avec Gérondeau et avec votre résumé

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    • @ Christophe Desmaris
      Parce que vous êtes plus intelligent que nous alors que nous sommes des idiots.
      Nos cerveaux ne pourront donc être sauvés du naufrage.

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    • Avez vous regardé le document présenté dans la vidéo ?
      Je ne pense pas…
      Je suis allé le regarder.
      Le nombre de morts annoncé par Barneras est d’environ 40.000 morts. Sauf que… il s’agit du nombre de décès certifiés PAR VOIE ÉLECTRONIQUE qui représentaient début 2020 environ 20% des déclarations de décès.
      Dans le même document de Santé Publique France le nombre de décès À L’HÔPITAL est indiqué : 69.000 morts auxquels il faut ajouter ceux en Ehpad (non indiqué dans le document mais à cette époque cela devait approcher les 25 000 morts : soit un total de 94 000 morts au lieu des 40.000 annoncés dans la vidéo.
      Dans les salles des profs que je connais on apprend aux élèves à lire attentivement les documents et à les analyser.

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      • Si on avait réalisé des tests RT PCR frauduleux sur tous les morts, on aurait sans doute pu approcher les 668 000 décès du Covid en 2020. Petits joueurs… Je me doutais qu’il serait bien difficile de réveiller la salle des profs. On comprend mieux la panne de l’ascenseur social.

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      • Vous ne m’avez pas répondu sur les âneries racontées dans la vidéo…
        Et la surmortalité d’environ 8 à 9% en 2020 vous l’expliquez comment ?
        Les statistiques de l’Insee sont truquées ?

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      • A Nico. Oui, vous avez raison. Il faut aussi parler des âneries dont vous vous faites le parfait relais. Jean-Claude Barescut a fait le travail pour vous et moi en corrigeant la surmortalité comparée de 2020 par rapport à 2019 de l’évolution tendancielle (en tenant compte de son accélération). Ceci donne +20000. Dans ces vingt mille morts, il faudra retirer la surmortalité due aux assassinats par Rivotril, aux fermetures de services hospitaliers entiers ayant conduit à des refus de soins, aux suicides, aux accidents cardio-vasculaires liés au stress, etc. Il n’en reste plus beaucoup pour diffamer le pauvre petit SARS-CoV-2. Voici l’excellent travail de Jean-Claude :
        https://jcbwordpresscom.wordpress.com/2021/02/05/covid-19-bilan-2020/

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      • Précision pour Nico: Dans l’intervention de Pierre Barnérias, l’information essentielle et nouvelle est la procédure de « vaccination en anneau » élaborée par les dingues pour faire aboutir par la contrainte leur obsession d’injecter des produits dangereux à leurs contemporains. Elle suppose un chantage entre un programme d’injections et un internement (dit « quarantaine »). Mais je suppose que « dans les salles des profs que vous connaissez », on ne va pas jusqu’à enseigner aux élèves à hiérarchiser les informations…

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  2. Le jour ou M. Gérondeau sera invité sur un média du Service Public à une heure de grande écoute les poules auront des dents.
    Ceci dit, de moins en moins de monde écoute et regarde le Service Public qui est de facto moins public. Il est devenu aussi moins Service.

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    • En fait les gens ont un avis plutôt neutre vis à vis des informations « mainstreams ».
      C’est mieux que rien, mais ce n’est pas suffisant pour faire changer les choses !
      Climatiquement vôtre. JEAN

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      • Bonjour Jean, c’est justement ce qui inquiète nos politiciens. Mais comment, il y aurait des autres sources d’information ! Réalistement vôtre.

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    • @herte07
      S’il s’agit de relativiser le nombre de morts par rapport à leur âge et à d’autres épidémies ou canicules j’avais bien compris…
      S’il s’agit d’affirmer comme le dit Christophe Desmaris (dans un post sous un autre billet) qu’il n’y a pas eu d’épidémies en France vous me permettrez de le contredire ; raison pour laquelle je réagis à ses messages.

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  3. Pour en revenir au sujet initial de Benoit Rittaud , je pense qu’il est difficile voire utopique de dire ou même souhaiter ce que sera le panel énergétique en 2050. Il y a depuis disons une décennie, des perspectives différentes de ce qui était en place depuis 50 ans. Tout ce que l’on peut dire, c’est que des voies nouvelles qui étaient marginales ou inexistantes vont se développer très rapidement. En témoignent le nombre de startups qui se sont lancées dans ce domaine, rappelant celles des années 90 dans le numérique orienté GSM puis internet. Même si à cette époque, l’explosion de la « bulle » internet avait un peu ralenti les ardeurs spéculatives (toujours un peu inévitables dans la newtech), la progression du numérique est impressionnante et loin d’être terminée. Pour l’énergie, c’est moins évident et ce sera moins rapide, mais des signes forts sont envoyés par les majors, les investisseurs, les recherches tous azimuts des startups dédiées, et même dans les articles récents de l’AIE. Tout ça entraînera probablement des nouveautés et des solutions que l’on imagine pas et pour cause. Prudence quand même, car le « just greenwashing » est très courant et le sera encore…il ne suffit pas de racheter une usine de PV et de rajouter « ….ÉNERGIES » à son nom.

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  4. Bonjour Zimbra, Il peut se passer beaucoup de choses en effet. Mais une impasse reste une impasse. Tant qu’on ne saura pas stocker l’électricité à grande échelle, le renouvelable peut stagner longtemps. On peut aussi assister à quelques black-out, et/ou à un refroidissement soudain, et/ou à quelques mouvement sociaux anti-taxe style gilets jaunes. On peut même voir émerger une prise de conscience (enfin). Ou pas. Tout est possible.
    C’est assez hasardeux de faire des prévisions dans ce domaine très chaotique de l’innovation, ou il peut aussi ne pas se passer grand chose. Mais si pouvais me hasarder à quelques possibles, ce serait ceux qui consisteraient juste à parier que tous les pays qui ont besoin d’hydrocarbure et de charbon pour maintenir leur forte croissance actuelle (Ghana, Ethiopie, Inde, Cote d’Ivoire, etc., 7-8%) ne changeront pas de cap, ils auront bien raison, et nous laisseront à nos velléités bien prétentieuse à « sauver le Monde ».
    Une possibilité à ne pas exclure donc, c’est qu’on dépense « un pognon de dingue » dans des machins qui ne marchent pas (ex V.E), tout en regardant ces pays se développer, eux, comme nous l’avons fait, et au final nous rattraper, et pourquoi pas nous dépasser, comme la Chine l’a fait.
    C’est aussi une chose possible.
    Et quand on voit ça « Le nombre de centrales en construction recule partout dans le monde. Sauf en Chine, où les capacités vont augmenter de 30 % d’ici à 2030. » (source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/centrales-a-charbon-la-chine-donne-le-mauvais-exemple-1004442) on se dit que les chinois bien malins font certes de l’innovation, mais restent les pieds bien sur terre, et n’abonneront pas les trucs qui marchent comme nous nous obstinons sottement à la faire.
    Amitiés. Dominique

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  5. Pour étayer un peu le constat de stagnation des renouvelables, il faut se souvenir du grenelle de l’environnement. C’était dans les années 2000. Sarko lançait un taux de rachats du kWh photovoltaïque à 60c€, le plus cher du monde disait-il, donc le plus incitatif. On pouvait s’attendre à voir tous les toits de France et de Navarre, s’équiper des magiques panneaux. 20ans après, où en est-on ? On en voit bien de-ci de là mais ça n’est pas le ras de marré annoncé, loin s’en faut. La part du PV reste très marginale.
    Comme quoi une volonté de fer du président lui-même, et des discours à l’époque dithyrambiques, n’ont fait l’effet que d’un pétard mouillé.
    N’assiste-t-on pas aujourd’hui à la même chose avec la voiture électrique ? Le principe de réalité ne va-t-il pas tous les rattraper ici encore ? Et La V.E. n’est-elle pas qu’un pétard mouillé de plus ?
    Je ne fais pas de prédiction, je regarde juste le passé récent qui peut se répéter… Ou pas.
    Rendez-vous dans 20 ans.

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    • Il n’est pas prévu que vous conserviez ni votre maison ni votre voiture. Voir les grands projets du PM espagnol. Tous vos petits soucis électriques seront donc heureusement résolus grâce à la sagesse des hommes de Davos : « Vous ne posséderez rien, vous n’aurez plus de vie privée, et vous serez heureux. » Le pass sanitaire de toutes façons vous interdira de vous éloigner de façon intempestive de votre lieu de détention…

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    • Bonsoir Dominique
      Je ne peux pas vous donner tort, du moins pas entièrement. Effectivement, le mouvement est plutôt lent, voire très lent. Je m’intéresse au sujet PV depuis bien longtemps, un ami Toulousain a fait installer ses 1er panneaux en 1991, puis un 2ème lot en 2005. Les vieux qui devaient être HS au bout de 20ans ont baissé de rendement (80% de l’initial), mais produisent toujours et il pense que c’est loin d’être fini. Mais kes rendements de l’époque (environ 10%) ont été quasiment doublé aujourd’hui.
      Beaucoup de gens se posent encore des questions, coût, aides, fiabilité, risque, rendement, rapport bénéfice, etc…
      Pour les VE, c’est pareil, c’est encore insuffisant pour l’autonomie, la technologie, les bornes de recharge et surtout le coût ! J’en ai déjà parlé, les prix sont encore trop élevés (neuf), et surtout le prix des recharges en bornes (Ionity et autres…). Je suppose que ces coûts baisseront d’ici 5 à 10 ans avec les effets volume de production. Et puis il y aura (peut-être) des innovations, autonomie, consommation (kwh/100km) batteries (sodium, solides…), piles à combustible, Hydrogène et autres.
      Mais je m’avance sans doute un peu trop, comme vous, j’ai quand même des doutes (comme disait Devos). Sans parler des gros véhicules, tracteurs, semi-remorques, tractopelle, bulldozer, pelleteuses, etc… là c’est pas demain la veille !!!

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      • Bonjour Zimba.
        Encore une fois, ce qui fait défaut, ce n’est pas tant la façon de produire de l’énergie efficacement, mais plutôt la façon de la stocker sur une longue durée sans perte dans des conditions d’environnements classiques de température et de pression, et avec une densité d’énergie importante (surtout pour les transports).
        Si on fait abstraction de l’impact environnemental, on s’en fout un peu du rendement du pv ou du vent, ce qui fait défaut, c’est l’impossibilité qu’on a à stocker l’énergie produite, qui rend l’intermittence rédhibitoire.
        Car au fond le pétrole/charbon à la source, c’est l’énergie du soleil, que la photosynthèse a conféré avec un rendement ridicule. Mais ce qui donne des caractéristiques inégalées à ces matières, c’est le stockage. On peut stocker sur un temps quasi infini sans perte, par des températures/pressions très variables, et avec une densité d’énergie très importante.
        C’est de ce coté là qu’il n’y a pas de progrès ou très peu sur pv et vent. Vous pouvez doubler encore le rendement, ce n’est pas trop le problème.

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