Climat et charbon : la bascule chinoise

Les courbes viennent de se croiser : désormais la Chine émet davantage de gaz à effet de serre que l’ensemble des pays de l’OCDE réunis.

Ce dépassement n’a rien d’inattendu. Depuis les années 1990 en effet, les émissions annuelles du « bloc économique occidental » tournent autour de 15 milliards de tonnes équivalent CO2 (avec une légère baisse depuis 2010), tandis que dans le même temps la Chine a triplé les siennes, battant record sur record à peu près chaque année.

Au vu de ce croisement de courbes, une attitude cohérente de la part des prêcheurs d’apocalypse climatique consisterait à hausser le ton vis-à-vis de la Chine pour exiger d’elle qu’elle mette fin sans tarder à cette augmentation vertigineuse de ses émissions. Le CO2 ne serait-il pas, paraît-il, un fléau global auprès duquel le covid-19 ne serait qu’une simple péripétie ? 

On peine pourtant à entendre nos dirigeants et nos médias pointer sérieusement du doigt cette évolution. Début 2020, la Chine a pu annoncer tranquillement son plan de déploiement de 17 GW de production charbonnée en plus pour l’année à venir, soit davantage que les deux années précédentes réunies. Excusez du peu. Pour fixer les idées, cela équivaut à faire sortir de terre une nouvelle centrale au charbon tous les dix jours ! Qui s’en émeut ? Qui pour souligner, en comparaison, le caractère dérisoire de la fermeture programmée (pour sauver la planète) des trois malheureuses centrales au charbon qui restent en France — et qui jouent un rôle bien utile dans la régulation de notre production électrique ? Personne, bien sûr. Car contrairement à ce qu’ils prétendent, ceux qui nous expliquent qu’« il n’y a pas de planète B » ne se servent pas d’une vision globale pour penser l’avenir mais d’un banal logiciel de culpabilisation de l’Occident. Voilà pourquoi il est vain d’attendre de leur part davantage que leur critique confortable du banlieusard qui voudrait traverser en voiture les voies sur berges dans Paris. Pour nos sauveurs de planète, une molécule de CO2 ne sert à prétendre que la planète va bouillir que si cette molécule est émise par l’Occident ou pour lui rendre service.

Greta Thunberg a fait exception en ayant, une fois n’est pas coutume, la bonne idée de relever ce croisement de courbes. Le Global Times, un journal chinois dans la ligne du Parti, s’est chargé de lui répondre, d’une part en s’en prenant à sa personne (présentée comme « manquant de l’aptitude à un jugement sensé. (…) Les filles comme elle sont enclines à être influencées ou même manipulées par certaines forces politiques. »), d’autre part en recyclant pour la énième fois l’argument des émissions de CO2 par habitant : la Chine étant plus peuplée, il serait normal qu’elle émette davantage. Bel exemple de mauvaise foi, car le confortable dénominateur que sont les 1,4 milliards d’habitants de la Chine a en réalité épuisé sa capacité à tromper les mieux avertis. En effet, les pays de l’OCDE totalisent 1,3 milliards de personnes. Au croisement des courbes d’émissions totales correspond donc un croisement presque simultané des émissions par habitant.

Bien sûr, ceux qui souhaitent poursuivre dans la voie du déni sauront le faire. Il y a toujours un chiffre pour venir en aide à qui souhaite s’aveugler. Dès l’annonce du croisement des courbes, certains se sont donc hâtés de se réfugier derrière la comparaison de la Chine avec les seuls États-Unis (qui il est vrai émettent davantage). L’argument peut s’entendre d’un éditorialiste new-yorkais ou californien, mais n’est que de peu de poids de ce côté-ci de l’Atlantique, la France ayant été dépassée par la Chine depuis déjà plusieurs années. Sans compter que des pays tels que le Koweït ou le Qatar sont largement au-dessus des États-Unis, dans l’indifférence générale.

Il ne faudra probablement guère plus de 5 ans pour que la Chine dépasse cette fois l’Union Européenne en émissions par habitant. Cela n’empêche pas la Commission de tirer force plans sur la comète avec son « Green New Deal » qui doit faire de l’Europe « le premier continent neutre pour le climat », dès 2050.

On pourra se rassurer en se disant que ce genre de prophétie ne mange pas de pain, d’autant que la Chine a aussi déclamé la même intention pour 2060. La différence essentielle, c’est que les dirigeants européens ont vraiment l’intention de mettre en œuvre ce qu’ils disent. Ils sont d’accord pour sacrifier nos économies sur l’autel de la peur climatique, même s’ils sauront sûrement s’arranger pour ne pas en payer personnellement le prix. Les Chinois, eux, n’ont jamais fait autre chose que des promesses vertes destinées à n’engager que ceux qui y croient, et d’autant plus ambitieuses qu’elles concernent des échéances éloignées. Ainsi, alors que les eurodéputés ont adopté l’objectif délirant de réduction d’au moins 55 % des émissions européennes d’ici à 2030, les Chinois se sont bornés à annoncer qu’à cette date ils auraient atteint… le pic de leurs émissions, se laissant toute latitude pour émettre toujours davantage d’ici-là. Sur ce dernier point, on peut leur faire confiance. Su Wei, directeur général du département du changement climatique de la commission nationale chinoise du développement, a clairement expliqué en septembre dernier que, « en raison de l’intermittence et de l’instabilité des sources d’énergie telles que le soleil et le vent », la Chine n’avait « pas d’autre choix » que de recourir au charbon pour satisfaire son objectif majeur qu’est le développement.

Pendant ce temps, la température globale ne montre toujours pas le moindre signe d’emballement, et personne bien sûr n’a signalé que, signe de l’extrême variabilité de cet indicateur climatique, la Terre vient de perdre près de 0,7°C en à peine plus d’un an. Pour mémoire, l’affolement général tient à 1°C en plus gagné en un siècle et demi. Le CO2 a décidément moins à voir avec le climat qu’avec la culpabilité occidentale.

(Éditorial paru, sous une forme un peu raccourcie, dans l’édition du 20 mai 2021 de Valeurs Actuelles (n° 4408).)

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36 réflexions au sujet de « Climat et charbon : la bascule chinoise »

  1. Je m’interroge depuis longtemps sur les motivations des « dirigeants européens » : banal racolage de voix des escrologistes, suicide assisté, cucuteries bien-pensantes, connerie pure et fière de l’être ?

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    • Je suis plus sur le « suicide assisté ». Quand une idéologie s’empare des européens, ils ont tendance à s’auto-détruire (avec des répercussions dramatiques dans le monde entier) dans des proportions qu’aucun autre continent n’a été capable d’atteindre jusqu’à présent. Sans remonter plus loin dans l’histoire, juste sur le siècle dernier, je pense notamment aux deux guerres mondiales dont l’épicentre a été européen… Ces drames lui ont fait perdre son leadership mondial au profit des USA. Notre époque écologique lui fait perdre celui face à la Chine (désindustrialisation) mais l’Europe n’a pas encore touché le fond, loin s’en faut. Il n’est d’ailleurs pas exclu qu’elle parte en croisade « climatique », d’une manière bien plus dure que ces tentatives diplomatiques à l’ONU et d’orientation de l’aide au développement. C’est un scénario envisagé dans la prospective militaire en tous cas.

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  2. Un petit « espoir » pour la Chine.
    Malgré le flicage systématique et la répression des « déviants »,, une (bonne ?) partie de la population réagit de plus en plus contre les impacts environnementaux et la pollution.
    Or donc, considérant que les nomes anti pollution (suie, particules, émissions soiffrées, bruit) des centrales à charbon sont assez mal (euphémisme) respectées en Chine…
    (je n’inclus évidemment pas les rejets de CO2 dans l’appellation « pollution » )
    Seuls les chinois peuvent se donner en exemple de « vertu climatique » en assénant une neutralité carbone en … 2060 ; et aucun des gouvernements occidentaux ne moufte, apparemment.
    Nous vivons une époque formidable !
    PS pour la « température globale », cf les derniers relevés UAH
    https://www.drroyspencer.com/.

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  3. @benoitrittaud La Chine a un argument béton en dernière carte : si ses émissions sont les plus fortes, son développement relativement récent fait qu’elle a beaucoup moins participé au stock de CO2 dans l’atmosphère (surtout ramené par habitant) que les pays occidentaux comme les US et l’UE. Ok, il faudrait des chiffres sur ce point mais on peut considérer comme injuste le fait qu’on lui demande de tendre vers la neutralité carbone tant qu’elle n’a pas atteint le même stock de CO2 par habitant que ceux qui ont été relâchés dans l’atmosphère par les occidentaux, à l’exception d’une voie d’émissions négatives (puits et séquestrations de carbone dominant) qui serait choisie par les occidentaux, ce qui n’est pas le cas puisque les occidentaux visent « simplement » la neutralité des émissions carbone et non la réduction du stock qu’ils ont créé pour se développer.
    Mais pourquoi la Chine ne donne pas « maintenant » cet argument massue de justice climatique ? Tout simplement car elle tire profit de ces politiques climatiques avec sa camelote de renouvelables et ses batteries (+terres rares) qu’elle vend à toute la planète.
    Et pourquoi c’est hypocryte ? Car elle a à sa disposition les renouvelables les moins chères du monde et qu’elle continue pourtant à utiliser ses fossiles, ces dernières étant bien plus utiles et fiables à son économie.

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    • Oh, vous être vache avec les chinois en les traitant d’hypocrites.
      Ils sont simplement réalistes en vendant les produits qu’on leur demande de fabriquer , la qualité desdits produits ne cesse d’ailleurs de grimper pour atteindre et même dépasser les standards occidentaux.

      Concernant leur politique climatique, si on peut l’appeler comme ça, ils participent aux réunions internationales et on ne peut pas les empêcher de dire que « « en raison de l’intermittence et de l’instabilité des sources d’énergie telles que le soleil et le vent », la Chine n’avait « pas d’autre choix » que de recourir au charbon pour satisfaire son objectif majeur qu’est le développement. »

      Cela peut se résumer par « charbonnier maître chez soi ».

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    • Salut Cédric,
      L’argument sur la participation plus récente de la Chine au stock de CO2 est justement celui que j’avais en ligne de mire en évoquant les chiffres qu’on peut toujours invoquer pour continuer à culpabiliser toujours les mêmes (nous). Je n’ai encore jamais entendu quelqu’un dire clairement que, la Chine et autres émergents n’ayant par définition jamais été sur le front du développement, il est logique qu’ils aient en fait peu de risques de faire aussi « mal » que nous sur le long terme, tout simplement parce que leur trajectoire pourra s’appuyer sur ce que les autres ont fait avant eux. Je reconnais que ce genre de chose est difficile à quantifier.
      Et de toute façon, avec les chiffres des émissions historiques tout le monde est légitime à faire ce qu’il veut : l’Asie se développe, l’Occident se flagelle, tout le monde est content.

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      • Un flagellement de l’Occident, c’est le moins qu’on puisse dire, hélas. Mais il n’y a pas qu’en interne que l’Occident se flagelle (inquisition) mais il flagelle aussi l’extérieur (croisade).

        Greenpeace Afrique :
        « Le déni climatique n’est plus une option. L’industrie des combustibles fossiles et les gouvernements « africains » doivent être tenus responsables. Grâce à des mesures juridiques stratégiques, nous exerçons des pressions sur les gouvernements et les entreprises pour qu’ils prennent des mesures immédiates afin de protéger les générations actuelles et futures »
        « Pour protéger notre climat, nous devons les forcer à accélérer l’élimination progressive des combustibles fossiles et à adopter des énergies renouvelables moins coûteuses et plus durables. »

        Oxfam Afrique :
        « Oxfam s’engage aux côtés de ses partenaires et de la société civile ouest-africaine pour promouvoir des modèles de développement et des économies sobres en carbone »

        PNUD en Afrique ;
        « Les pays « doivent » considérer le changement climatique comme une question de développement et en tenir compte systématiquement dans leurs stratégies et leurs politiques de développement afin de promouvoir un développement à faible émission de carbone….»

        Banque mondiale en Afrique :
        « Le Business plan pour le climat en Afrique (BPCA) vise à sensibiliser et accélérer la mobilisation de ressources pour des initiatives prioritaires, résistantes au changement climatique et à faibles émissions de carbone en Afrique. »

        Donc, l’Afrique qui pèse 2-3% des émissions de GES actuellement et qui est probablement responsable de moins d’1% du stock de CO2 dans l’atmsophère devrait se flageller à réduire ses émissions de GES alors que les Occidentaux, responsables de dizaines de % du stock de CO2) ne l’ont pas fait pendant 2 siècles et n’ont pas prévu de s’attaquer à leur stock ?

        Et le pire, c’est que Greenpeace, Oxfam et beaucoup d’autres parlent de justice climatique pour l’Afrique tout en lui imposant de réduire son CO2 ? C’est de la tromperie pure… mais il faut penser en terme de stocks et non en terme d’émissions, encore moins en terme de taux de croissance des émissions. Mais une fois de plus, bcp de monde ne fait pas la nuance et préfère répéter comme des péroquets ce qu’on leur dit de source bien-pensante.

        PS : Merci à C. Gérondeau des CR pour nous rappeler que les notions de stocks de CO2 sont plus importantes que les notions de flux (d’émissions) car il participe à nous ouvrir les yeux.

        Visualisation des stocks de CO2 anthropique sur la planète (très durs à trouver en ligne mais je vais arriver à avoir des chiffres précis) :

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      • Pour la visualisation des stocks de CO2 dans l’atmosphère émis par l’Afrique par rapport au reste du monde, c’est exactement à 6min 53 secondes sur cette vidéo :

        Et encore, j’ai pas cherché à vérifier ce dataviz mais ça donne un bon ordre de grandeur.

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  4. L’adversaire réchauffiste nous attire en permanence sur son terrain ( la diabolisation du CO2) .En le faisant il nous oblige à entériner cette accusation …Nous sommes dans le piège. Comment en sortir…?

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    • J’ai discuté avec des personnes qui connaissent bien le sujet et qui pronaient comme stratégie pour être entendus de ne pas remettre en cause la diabolisation du CO2 prônée par le GIEC mais plutôt de montrer que les stratégies d’atténuation étaient utopistes et là, en parlant du stock de CO2 (plutôt que les émissions), je suis pile dedans.
      Ce n’est toujours pas ma stratégie globale que de diaboliser le CO2 car la science n’est pas dite sur la sensibilité climatique, loin de là et que la stratégie d’adaptation est pour moi la meilleure stratégie. Mais il faut bien montrer les erreurs de raisonnement, même en prenant pour hypothèse un danger du CO2 qui serait avéré.

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      • @JR Il y a le dogme (diabolique CO2 proné jusqu’aux Nations Unies) qui est difficilement attaqué par les scientifiques eux-même alors les politiques, n’en parlons pas mais ils peuvent attaquer les stratégies d’attéuation.
        C’est ce qui est fait par exemple dans le rapport d’un goupe parlementaire européen en anglais « Road to EU Climate Neutrality by 2050 » en page 104 et qui ne fait que reprendre les chiffres du GIEC en plus :
        “Even optimistically assuming that promised emission cuts are maintained throughout the century, the impacts are generally small:
        – The impact of the US Clean Power Plan (USCPP) is a reduction in temperature rise by **0.013 °c by 2100**. The full US promise for the COP21 climate conference in Paris, its so-called Intended Nationally Determined Contribution (INDC) will reduce temperature rise by **0.031 °c**.
        – The EU 20-20 policy has an impact of **0.026 °c**, the EU INDC **0.053 °c**, and China INDC **0.048 °c**.
        – All climate policies by the US, China,202 the EU and the rest of the world, implemented from the early 2000s to 2030 and sustained through the century will likely reduce global temperature rise about **0.17 °c in 2100.**”

        Si c’est pas une attaque en règle des stratégies d’atténuation (sans remettre en cause le dogme) ça ?
        Mais c’est le rôle du politique de trouver ces chemins.

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  5. En émission carbone, c’est exact, mais il faudrait faire la comparaison en « empreinte carbone », c’est à dire comptabiliser le CO2 émis par la chine pour les besoins de l’OCDE et vis versa.

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    • Bonjour Herté, ne nous inquiétons pas, si la France, les Français, les animaux qui vont avec disparaissaient, cela ne changerait strictement rien au taux de C02 mondial. Que la France est insignifiante… mais que l’égo de Pompili est démesuré. Que d’argent gaspiller, jeté par les fenêtres à fond perdu, qui serait mieux investi dans la science et la recherche. Ou dans la recherche pétrolière sur le territoire Français et à la construction de centrale nucléaire. Pompili, il faudra répondre de vos actes au Français tôt ou tard. Bien à vous. JR

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  6. Il est un autre angle d’attaque pour dédiaboliser le CO2 et ceci à partir de données citées dans l’AR5 : les émissions anthropiques ne représentent actuellement que 6% des émissions naturelles (végétations et océans) qui sont loin d’être invariables puisqu’elle ont augmenté d’au moins un quart depuis l’ère pré-industrielle.

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  7. Je partage pleinement votre constat (et votre intérêt sur le sujet) sur l’énorme écart entre les pseudo résolutions des pays qui promettent de réduire drastiquement leurs émissions de GES et la réalité qui voit en réalité ces émissions augmenter chaque année. Vous citez la Chine à qui l’Occident sous traite hypocritement sa production pour faire croire que lui-même a diminué son quota de CO2. Pour le moment et pour longtemps encore, c’est du pipeautage et de la com. Pour le charbon dont vous parlez, il n’y a pas que la Chine, les USA, l’Australie, la Pologne et même l’Allemagne en utilisent beaucoup pour fabriquer leur électricité. Et même si les choses commencent (à peine) à évoluer, ça sera extrêmement long (il n’y a qu’à voir les échéances données de 2060 ou 2050, promesses de gascons sûrement où les dirigeants se déchargent sur les futures générations). Bref tout ça est de la com, et ne suffira pas à résoudre le problème loin de là. Alors dans les prochaines années, les projets de géo ingénierie (autres que planter des milliards d’arbres) qui ont déjà commencé vont de plus en plus être évoqués à l’avenir. Thérapie aussi risquée que le mal, qui pour l’instant freine les essais, mais qui va revenir sur le devant de la scène. Aura t’on le choix un jour ?
    Concernant la tendance de T°, cette année ne sera certainement pas l’une des plus chaudes, avec l’influence « la Nina », mais il faudra la comparer avec les années la nina du passé, pour avoir une bonne corrélation.

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    • Zimba, votre affirmation sur ce que l’on peut conclure du rapport 13C/12C atmosphérique me parait faux.
      D’après gml.noaa.gov le δ13C à Point Barrow en décembre 2014 valait -8,737 PDB.
      Le δ13C naturel de l’atmosphère est -7 PDB.
      Le δ13C des combustible fossile est -26 PDB
      Un calcul de dilution donne :
      0,0914 x -26 + 0,9086 x -7 = 8,737
      L’atmosphère contenait donc en décembre 2014 environ 9% de carbone d’origine fossile et 91% de carbone d’origine naturelle.

      Rappel Zimba a dit :« Non, les 33% d’augmentation de CO2 depuis l’époque préindustrielle sont quasiment intégralement issus de l’activité humaine ,ce qui a été démontré clairement par les analyses des isotopes de carbone, C12/C13 de l’atmosphère ».

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  8. @Richarddoi
    vous confondez tout; les 6% c’est ce que rajoute la combustion des fossiles ; les 94% , ce sont les échanges qui permettent à la nature de vivre

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    • Je ne dis rien d’autre . 94 % des émissions sont « naturelles ».
      A peu de choses près, 94 %du stock est lui aussi d’origine naturelle.
      Comment peut-on affirmer que les émissions (ou les absorptions) dites naturelles sont constantes lorsqu’on nous dit que les émissions ont augmenté d’un bon quart en 200 ans ?

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      • Oui, il faut faire la nuance entre le stock anthropique de CO2 dans l’atmosphère et le stock de CO2 dans l’atmosphère, pareil pour les stock de GES dont la vapeur d’eau.

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      • Non, les 33% d’augmentation de CO2 depuis l’époque préindustrielle sont quasiment intégralement issus de l’activité humaine ,ce qui a été démontré clairement par les analyses des isotopes de carbone, C12/C13 de l’atmosphère.

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      • @zimba
        Le delta 13 a varié 1,5 pm (au Mona Loa), de -7 à -8,5, environ . Sachant que le delta 13 des fossiles est de l’ordre -28 pm, si l’atmosphère contenait un tiers de carbone anthropique le delta 13 serait – 14 pm. Ce qui est très loin d’être le cas.

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    • Sans être un spécialiste, je pense que les combustibles fossiles (qui ont plusieurs millions d’années) ne contiennent plus de carbone 14 car celui-ci a une durée de vie limitée et n’est pas stable (lorsque l’on fait des datations au carbone 14 on ne peut pas aller au-delà de 40 à 45000 ans).
      L’absence de l’isotope 14c dans l’atmosphère permettrait donc de définir à contrario l’origine anthropique du dioxyde de carbone.

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  9. @Richardooi
    vous n’y comprenez rien et Zimba a raison; les plantes prèfèrent le carbone léger et le fixent; les plantes représentent 96% des échanges et fixent donc du carbone léger, ce qui est un fait , les animaux aussi et les coquillages aussi ; faut faire un petit effort de réflexion

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    • @Fritz
      Le fractionnement isotopique par les plantes ne peut pas influer significativement sur la composition de l’atmosphère dans un intervalle de temps aussi bref (à l’échelle géologique) que l’ère industrielle. En effet, si les plantes ‘préfèrent’ bien les atomes de carbone léger, leur décomposition les restituent presque intégralement. Au cours des deux derniers siècles, seule une petite quantité appauvrie en 13C (minuscule par rapport au stock de l’atmosphère) a été retenue dans la matière fossilisée. Songez qu’il a fallu des centaines de millions d’années pour former les fossiles que nous brûlons.

      Par ailleurs les plantes ne font pas 96 % des échanges avec l’atmosphère. L’océan, par des processus non biologiques, n’est sans doute pas loin d’être prépondérant…

      Je persiste: si, comme l’affirme Zimba, un tiers du carbone de l’atmosphère provenait de la combustion des fossiles, la proportion de C13 serait beaucoup plus faible (δ 13C = 14 pm) que celle qu’on y observe (δ 13C = 8,5 pm) .

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  10. @Cédric, merci pour ces rappels concernant l’ingérence de certaines ONG en Afrique. Plutôt que de « croisade », je préfère utiilser le terme de « néo-colonialisme ». Car il s’agit bel et bien d’occidentaux qui imposent aux Africains la manière dont ils doivent gérer leurs pays. Cet activisme scandaleux est présent dans l’énergie, mais aussi dans l’agriculture et bien d’autres secteurs. Ces ONG, ainsi que certains politiques préfèrent laisser l’Afrique dans la misère pour satisfaire leur obsession de « protéger la planète ». Ils sont prêts à sacrifier des êtres humains pour ça.

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    • Ingérance, croisade, néocolonialisme et néoimpérialisme se mélangent dans les approches de certaines ONG.

      En utilisant le terme d’ingérance, on a juste à tous les coups mais le terme reste un peu faible et trop global.

      Croisade est un peu fort dans le sens où la dimension armée directe n’est pas (encore) pertinante mais ce terme reste valable dans la volonté de conversion des populations par ces ONG à un nouveau dogme. Les ONG sont les missionnaires pieux de cette croisade, non ses chevaliers.

      Néocolonialisme renvoie à administrer les territoires des Etats du Sud selon les logiques et les intérets des Etats du Nord, ce qui est le cas de beaucoup de territoires du Sud que gèrent des ONG écolo (baux, réserves) comme par exemple dans les mangroves sénégalaises (j’avais écrit un article). Cela peut aller jusqu’à l’annexion de territoires entiers de pays du sud par certains états du Nord : les îles éparses, riches en pétrole, revendiquées par Madagascar mais annexées par la France sous des prétextes de préservation de la biodiversité.

      Néo-impérialisme économique renvoie au renforcement des empires économiques possédés au Nord, dans les pays du Sud. C’est clairement le cas avec cette idéologie portée par certaines ONG écolo qui joue le jeu des immenses entreprises mondialisées autour des renouvelables. Ces entreprises mondialisées étant du Nord mais aussi (nouveauté du XXIè) de Chine. Ils opposeront qu’il existe aussi des empires économiques autour des fossiles mais nient la souverenaité et la pertinance des choix des Etats indépendants dans leurs partenaires énergétiques privés et n’hésitent pas à s’y opposer (ce qui renvoie au néocolonialisme).

      Les exemples sont nombreux et comme vous dites, ne touchent pas que l’énergie. Et le bilan indirect est en effet désastreux, ne serait-ce parce que mettre l’écologie au même niveau d’importance que la santé, l’éducation ou l’éradication de la pauvreté divertie des ressources financières et humaines utiles au développement de ces pays. C’est une régression humaine.

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      • Je ne sais pas si de nos jours apprendre aux pays africains à exploiter eux-mêmes par exemple l’énorme potentiel solaire que leur continent permettra, est pire ou mieux que ce que les compagnies pétrolières ont fait pendant des décennies, en spoliation et pollution sans scrupules.
        De toute façon, ils décideront eux-mêmes ce qui est mieux pour eux.

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      • Ils sauront choisir… Evidemment mais si les idéologues comme vous leur laisse le choix. L’aide au développement est de plus en plus conditionnée par la réduction des GES. Par exemple, l’AFD n’octroie ses prêts que s’il y a un volet réduction de GES (pas un volet réduction de la pauvreté ou amélioration des conditions de travail ou de santé hein !). Et je ne parle pas de l’ingérence, à un niveau supra-national, portée par des idéologues comme vous jusqu’aux Nations Unies. Venez voir sur le terrain ce que cela donne le solaire : panneaux solaires publics HS la plupart du temps et sinon, avec une faible luminosité et rarement dépoussiérés, centrales solaires villageoises dans le noir faute d’argent pour changer les batteries et quand elles fonctionnent, c’est peut à peine pour recharger un mobile et allumer 3 lampes. Il est beau le bon avant dans le développement ; le bon avant dans le développement idéologique, seulement.

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      • Sans technologie de haute volée, ils sont mal partis. Et il leur faudra apprendre le respect de la propriété privée.

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