Emissions ou rémission? Compléments

Par MD.
1/ Introduction.
L’article précédent n’avait évoqué que sommairement certains aspects relatifs au « cycle du carbone », ce qui avait suscité des commentaires. Voici donc quelques pièces à conviction complémentaires. On aura à nouveau recours à la base ICOS qui accompagne le rapport Global Carbon Project (GCP).
Rappelons que les deux séries de valeurs fondamentales que la théorie officielle cherche à réconcilier sont : d’une part les émissions dues à la combustion des énergies fossiles calculées à partir des consommations des différents produits, d’autre part les concentrations de CO2 dans l’atmosphère mesurées in situ. Ces deux séries de valeurs ne sont généralement pas contestées. Les quantités seront ici exprimés en milliards de tonnes (Gt) de CO2.

2/ Utilisation des sols.
Le graphique ci-dessous est un rappel de l’article précédent, qui montre que les émissions dites « anthropiques » se composent essentiellement (à 85%) des émissions fossiles.image001Pour leur part, les émissions dues aux changements dans l’utilisation des sols (Land use change emissions) ne sont connues que très approximativement. Elles sont calculées à partir de « modèles » conçus par 17 équipes scientifiques. Le graphique ci-dessous retrace l’ensemble des séries ainsi que la valeur officiellement retenue (en rouge gras).image002On voit que les variations interannuelles sont erratiques. Par ailleurs, les 17 séries de valeurs forment un faisceau dont l’étendue va du simple au quintuple ; au fil des années, la série officielle retenue s’écarte progressivement du centre du faisceau vers les valeurs les plus faibles.

3/ Les « puits ».
L’augmentation annuelle de la concentration atmosphérique en CO2 est nettement inférieure aux émissions anthropiques. Il est donc communément admis qu’une partie de ces émissions est absorbée par des « puits » au sein des terres émergées et des océans. Ces puits absorbent environ 55% des émissions. La partie qui subsiste dans l’atmosphère (fraction atmosphérique ou airborne fraction) est donc de l’ordre de 45%. Le graphique ci-dessous illustre les évolutions de ces paramètres, les puits étant indiqués en valeurs négatives. Par définition, la fraction atmosphérique et l’absorption par les puits varient tendanciellement en sens inverse, et la balance budgétaire oscille autour de zéro.image003Le graphique ci-dessous détaille les types de puits : océans, végétation terrestre, (plus un petit appoint qualifié « cement carbonation » sur lequel on ne s’étendra pas).image004Calcul des puits océaniques.
L’absorption par les puits océaniques est calculée à partir de modèles conçus par 9 équipes scientifiques. La valeur retenue (rouge gras) en est la moyenne arithmétique.image005Calcul des puits terrestres.
L’absorption par les puits terrestres est calculée à partir de modèles conçus par 17 équipes scientifiques. La valeur retenue (rouge gras) en est la moyenne arithmétique.image006Les valeurs des puits terrestres sont beaucoup plus dispersées que celles des océans, au point que la dispersion est du même ordre de grandeur que la valeur centrale.

4/ Conclusion.
Commençons par rendre justice aux institutions climatiques sur un point précis : pratiquement toutes les données de base sont rendues publiques. Ainsi chacun peut, s’il en a le courage et la patience, faire ses analyses, élaborer ses propres « modèles » et se forger ses propres convictions.
Cela dit, les aperçus précédents montrent que la science officielle doit recourir à nombre d’ajustements, d’approximations et de corrections pour parvenir à boucler, laborieusement et année après année, son « Global Carbon Budget ». Il est permis d’y voir une fragilité du système élaboré par le GIEC. Mais il n’est plus guère permis de le faire observer.

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11 réflexions au sujet de « Emissions ou rémission? Compléments »

  1. « Cela dit, les aperçus précédents montrent que la science officielle doit recourir à nombre d’ajustements, d’approximations et de corrections pour parvenir à boucler, laborieusement et année après année, son « Global Carbon Budget ». Il est permis d’y voir une fragilité du système élaboré par le GIEC. Mais il n’est plus guère permis de le faire observer. »

    Que voulez vous démontrer? Que les modèles du GIEC sont hautement sujets à susciter le scepticisme? Ce n’est pas vrai que pour ceux que vous citez!

    Mais cela ne met aucunement en doute que le système océan plus biosphère absorbe, en moyenne sur la planète et en moyenne dans le temps, 2 ppm sur les 4 ppm que nous émettons, les 2 autres restant dans l’atmosphère.. C’est même à peu près la seule chose dont on peut être sûr dans ce bazar.

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  2. Il est question ici de la précision des émissions ou de l’absorption de CO2 des différents puits de carbone et du solde de l’ensemble. Bien, bien. Il y a quelques années, il s’agissait plutôt d’affirmer que le CO2 avec ses pauvres 4 molécules sur 10000 autres dans l’atmosphère pouvant avoir une influence sur les températures terrestres et le climat était vraiment ridicule. Les temps changent… pas certain qu’il faille s’en réjouir.

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  3. Bonjour, je pense justement que le débat sur le C02 est le plus important des débats actuelles. C’est celui qui conditionne toute la supercherie climatique. Le prétexte à toutes les taxations et au droit à la vie par le contrôle du C02 est devenu un enjeux majeur. Qui contrôle le C02, contrôle la vie. C’est un impôt sur le droit de vivre, à l’image du Spectre dans James Bond… Tout ceci (90 000 Milliard de $) pour une variation de 0,01 point, les dinosaures en perdraient leurs écailles… Merci. Bien à vous. JR

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    • Oui comme vous dites, c’est un enjeu majeur. Les 0.04% de ce gaz CO2, ça paraît très faible, mais c’est plus de 2000 milliards de tonnes. Et chaque année 30 ou 40 milliards de tonnes en plus.

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      • Qu’est ce que ce raisonnement ?
        « 0.04 % parait très faible mais c’est plus de 2000 milliards de tonnes ».
        0.04 % ne « parait » pas très faible : c’est très faible.
        « 2000 milliards de tonnes », ça nous fait une belle jambe, ça ne démontre rien, les molécules ne vont pas tomber sur votre pied brutalement.

        Facile de confondre concentration et quantité de matière dans un but d’enfumage.
        Il y aurait 0,05 grammes d’or pour 1000 litres d’eau de mer.
        C’est très faible mais c’est plusieurs milliers de milliards de tonnes au total.
        Yaka extraire l’or de l’eau de mer…

        Sinon, pour en revenir à l’article j’adore le :

        Elles sont calculées à partir de « modèles » conçus par 17 équipes scientifiques

        J’imagine que politiques et journalistes baptisent cela « science ».
        Ca doit impressionner les gogos.
        Je suis prêt à parier que la moindre critique de ce barnum vous fait passer pour un sale Trumpiste irresponsable.

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  4. Pour tout N : si N >= 17, le modèle relève de la science environnementale anthropique; il bénéficie d’un large consensus; il ne peut pas être réfuté; il échappe aux phénomènes chaotiques; il ignore les barres d’erreurs; il converge forcément (dans le futur, sinon dans le passé); les équipes scientifiques sont indépendantes et neutres politiquement. Budget prévisionnel = O( N*logN )
    https://www.afis.org/Rechauffement-climatique-les-fondements-du-consensus

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