Le vrai visage de la pollution

L’information a été rapportée par 20 MinutesBFMTV ainsi que Valeurs Actuelles : un Bangladais asthmatique a obtenu en France le statut de réfugié en raison du risque vital qu’il encourait en retournant dans son pays. L’intense pollution de là-bas lui aurait fait courir un risque mortel.

Indépendamment du fond de l’affaire, deux enseignements d’importance dovent être tirés de cet épisode.

Le premier, c’est la confusion médiatique persistante autour des concepts de climat et de pollution. Une confusion joyeusement entretenue par l’avocat du désormais réfugié, qui a déclaré sans état d’âme : « à ma connaissance, c’est la première fois que le critère climatique, atmosphérique, est pris en compte dans ce type de dossier. Il était essentiel d’introduire ce critère dans l’appréciation. »

Il est de bonne guerre de la part d’un avocat de jouer sur l’air du temps plutôt que sur la vérité. Il ne fallait hélas pas compter sur les médias tout acquis à la bonne cause pour rectifier ce qui constitue une grossière erreur d’appréciation : non, le Bangladais qui a ainsi obtenu le droit de séjourner en France n’est ni de près ni de loin un réfugié « climatique ». On pourra le qualifier de réfugié sanitaire, à la rigueur de réfugié environnemental, mais rien d’autre.

Il faut le dire et le redire : la pollution n’a rien à voir avec le climat. Elle est affaire de particules fines, de métaux lourds et autres germes bactériens. Elle n’a en rien liée au gaz carbonique dont on nous dit qu’il réchaufferait la planète. Le CO2 n’est pas un polluant ! La preuve en est que nous en produisons en grande quantité à chacune de nos expirations, sans le plus petit dommage sur nos organismes.

Confondre pollution et climat est l’une des erreurs de diagnostic les plus courantes dans les questions environnementales. Elle a hélas atteint le plus haut niveau de l’État, avec des conséquences catastrophiques. La plus importante d’entre elles est l’aberrante « transition énergétique », qui revient in fine à confondre la pollution nucléaire avec les émissions de gaz carbonique. Les principaux effets mesurables d’une telle faute de jugement par les pouvoirs publics sont d’une part l’augmentation colossale du prix de notre électricité (près de 45 % depuis 2006, en attendant la nouvelle hausse de 2,4 % planifiée pour février), d’autre part des risques accrus de panne générale du réseau. L’alerte lancée par RTE le 8 janvier dernier sur la tension presque critique du réseau un jour de grand froid nous en a donné un avant-goût.

L’autre leçon à retenir tient au vrai visage de la pollution. En général, tout article ou reportage télévisé sur la pollution et ses 3 ou 4 millions de morts annuels (hélas bien réels) s’accompagne d’une illustration de Paris dans le brouillard, ou d’une voie rapide encombrée d’automobiles par temps maussade. Le cas du réfugié bangladais vient utilement rappeler que la réalité est bien différente : c’est dans les pays les moins avancés que la pollution tue. L’explication facile à base de délocalisation de la pollution ne résiste pas à l’analyse, tant la notion de pollution est en réalité plurielle et souvent bien éloignée de l’image commoode des cheminées d’usines rejetant leur fumée sombre. La réalité est qu’un pays pauvre n’a tout bonnement pas les moyens de se préoccuper d’environnement comme peut le faire un pays développé.

Un homme bien nourri a plein de problèmes tandis qu’un homme affamé n’en a qu’un, dit l’adage. Les préoccupations environnementales sont des problèmes de riches : souhaitons que l’arrivée de ce nouveau réfugié nous éveille à cette réalité.

Tribune publiée dans Valeurs Actuelles.

11 réflexions au sujet de « Le vrai visage de la pollution »

  1. M’enfin Benoît, tu devrais savoir, avec Maitre Bruno Lat*ur, que « tout est Climat » (ou que le Climat est tout ??)
    pollution / climat, météo/ climat, danger / risque, science/religion … et autres « confusions », volontairement ou pas pratiquées et diffusées par certains médias, certains « hommes » politiques, voire certains savants (pas de nom !).

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  2. Toute d’accord avec cet article, dont je guettais la publication depuis avoir vu un reportage très court, avec écrit en blanc sur fond rouge :  » Le premier réfugié climatique !  » (le point d’exclamation est de moi). Son avocat a tout de même précisé qu’il s’agissait plus justement d’un réfugié environnemental.
    Je n’avais pas pensé aux potentielles conséquences positives – en-dehors de l’immédiat soin que cela apporte à cet homme – donc, merci M. Rittaud, d’avoir soulever un peu mon pessimisme quant aux interprétations que chacun pourra en tirer. En espérant que plus nombreux seront ceux à relever la nuance qu’à amalgamer.
    Pour ma part, cela m’a rapidement fait penser que c’était une machine sans fin et que certains font feu de tout bois pour abonder dans le sens d’une théorie qui ressemble de plus en plus à un vortex dont des coulées d’air polaire vont s’échapper plus ou moins aléatoirement sous l’effet de sa densité. Du vortex. Ou de la densité de l’air froid dans le vortex… Enfin bref! Vous m’aurez peut-être comprise.

    Merci pour vos billets et discussions souvent drôles, fins et dans le respect de chacun.

    Courage et bonne année !

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  3. Pour le coup, je suis d’accord avec vous pour toute la partie de confusion entre pollution et climat. C’est à dire que les gens y compris des politiques et des médias non spécialisés, mélangent un peu tout. Déjà parler de « pollution » ou de « voiture propre », par exemple est soit faux, soit très imprécis. Il faudrait dire à chaque fois, « générateur de… » particules, de CO2, ou de tel ou tel produit chimique. Avec des conséquences multiples selon les produits et surtout les quantités émises. Et en prenant tout en compte. En effet, le CO2 n’est pas un polluant direct pour les humains (quoiqu’il ne fait pas bon dormir à 5 dans une même pièce pas bien aérée). Et il facilite la photosynthèse. Son défaut, souvent controversé ici est son puissant pouvoir radiatif. Il n’est pas le seul, H2O, le méthane, les HFC, les oxydes d’azote sont d’autres GES. L’exemple du diesel est bien l’archétype des paradoxes et confusions faites par certains. D’abord accusés (à raison) d’émettre plus de particules nocives pour les poumons par rapport aux essences, il y a eu extrapolation pour les émissions de GES alors que le diesel en émet moins pour une même puissance. Et même pour les particules, il semble bien que les plus récents diesels n’en émettent pas plus. Il y a juste les oxydes d’azote qui sont supérieurs, avec des effets indirects sur le RCA. Compliqué…Pour terminer, les pollutions et le climat sont des problèmes de riches. Oui, dans un premier temps, car les riches ont les moyens de faire face, de s’adapter, bouger, villas, clims, piscines, avec quantité d’énergie sans limites (et pas chèrepour eux). Les pauvres, eux, doivent d’abord se nourrir, oui si les conditions sont favorables à des cultures basiques, supportables (températures, parasites,…), et avec un accès minimum à l’eau potable.

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  4. Bonjour, merci Benoît, une fois de plus, pour ces précisions. Les médias, une fois de plus, se vautre dans la fénéantise intellectuelle. Et d’ajouter, que toutes les particules fines ne sont pas d’origine « polluante » bien qu’entrant dans la mesure, par ex: les pollens et le sable saharien contenu dans les vents, qui font monter rapidement le compteur. Merci. Bien à vous. JR

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    • Fainéantise intellectuelle : j’approuve des deux mains et du clavier (bien tempéré), ou serait-ce aussi,? plutôt ? de la paresse intellectuelle (nuance subtile…), et pourquoi seulement de la part des médias et ne pas y inclure « certains » hommes politiques, et même « certains » scientifiques » ?

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  5. Bonjour et merci pour votre investissement.

    Quoiqu’il en soit, est-il normal d’accorder un statut de réfugié pour ce motif ?
    Je ne le crois pas !
    N’y a t-il pas de zone non polluée au Bangladesh ? Et pourquoi devrions-nous accueillir, de fait, toute personne dont le ouvertement de leur fait n’importe quoi ?
    Enfin, cela risque de faire « jurisprudence » et être un appel d’air supplémentaire à l’immigration… et gageons que toutes les associations, qui, sous des atours humanitaires, ont pour but premier de faire rentrer le maximum de « réfugiés » en France, vont s’empresser de servir de cet argument !

    Attendons nous à avoir une recrudescence de réfugiés asthmatiques !

    Bien cordialement,

    Frédéric

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  6. « Confondre pollution et climat est l’une des erreurs de diagnostic les plus courantes dans les questions environnementales. Elle a hélas atteint le plus haut niveau de l’État, avec des conséquences catastrophiques. La plus importante d’entre elles est l’aberrante « transition énergétique », qui revient in fine à confondre la pollution nucléaire avec les émissions de gaz carbonique. »

    In fine, confusion certes. Aux conséquences catastrophiques, assurément.
    En tout ca, doux euphémisme pour dénoncer l’idéologie écologiste, sa haine irrationnelle contre le nucléaire et sa bêtise (euphémisme aussi) consistant à croire que l’ « éolaire » soumis à la variabilité météo et à l’alternance jour/nuit peut remplacer une production pilotable et indépendante de la météo et de la luminosité.

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  7. Bonjour, beau billet de mise en évidence.
    Les espaces d’expression grand public pour les sachants qui n’ont pas droit à la parole sont infimes alors que les disants de mots qui font bien dans le paysage, au service des nuisants, disposent de tous les relais médiatiques inimaginables pour propagander. À quand le changement pour mettre le bon sens près du pouvoir ?

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  8. Bonjour Benoît, bravo pour ton calme Olympien devant une activiste à la limite de la crise de nerf. A 18 ‘, sa posture (main sur la joue, signes d’énervements, secoue la tête, grimaces insolentes) démontre qu’elle perd la confiance et risque d’être en difficulté, car sans arguments structurés. Seule sa récitation Stalinienne lui permet de tenir péniblement jusqu’au bout, encore 1/4 d’heure et c’était le KO. Vous l’imaginez un seul instant au pouvoir et le despotisme qui en découlerait ? Pol Pot n’a qu’à bien se tenir… Le communisme vert est bien en marche (à 80 km/h ?). A quand un nouveau débat en petit comité pour l’éduquer sur la SVT ? Merci. JR

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  9. Bonjour, récemment, un des neveux Kennedy, tenant un discours en Allemagne, rappelait qu’à la question posée à Nuremberg à Göering : “Comment avez-vous pu entrainer tous les gens à cela ?” Celui-ci avait répondu « Quel que soit le régime, monarchie, république, etc… on peut faire faire n’importe quoi à n’importe qui, si on leur instille la peur »….
    La peur est une constante dans l’histoire de l’humanité, c’est l’outil indissociable de l’influence de celle-ci. Le climat est la peur d’aujourd’hui, les jeunes eux, comme habituellement, sont les victimes des narcissiques manipulateurs. Résistons.
    Bien à vous. JR

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