L’inquiétante alerte de RTE pour aujourd’hui

On l’entend et on le lit partout ce matin : entre 7h et 13h aujourd’hui il faut limiter notre consommation d’électricité pour éviter de mettre le réseau national en tension et risquer ainsi des coupures. Ce qui est inquiétant, au-delà de cet état de fait, ce sont les propos lénifiants de RTE, qui nous assure la main sur le cœur que tout est sous contrôle alors que leurs propres chiffres suggèrent le contraire. Ce n’est pas tant pour aujourd’hui qu’il faut s’inquiéter, mais pour l’avenir.

Voici un extrait du communiqué de RTE publié hier :

En raison de la baisse des températures, la consommation française d’électricité atteint un niveau élevé qui réduit la marge de sécurité disponible. RTE active le signal rouge sur son site MonEcowatt.fr au niveau national. Toutefois, aucune coupure d’électricité n’est prévue. RTE met en œuvre tous les moyens pour garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité et incite les Français à réduire leur consommation, le vendredi 8 janvier sur la tranche horaire 7h-13h.

Du fait de la baisse des températures (entre -4 et -4,5°C sous les normales de saison demain), la consommation d’électricité des Français atteindra demain un haut niveau (prévision de 88 000 MW). Les prévisions de RTE indiquent que la production sera suffisante (88 200 MW) pour couvrir tous les besoins des Français. Néanmoins, les marges de sécurité seront réduites.

Afin d’éviter tout risque de coupure d’électricité, RTE incite les Français à réduire leur consommation d’électricité en appliquant des éco-gestes présentés sur le site MonEcowatt.fr.   

Passons rapidement sur la grossière propagande écologiste qui tâche de faire passer des mesures de restrictions pour des « éco-gestes », cas classique de ce nudging dont nous avait parlé Michel il y a quelque temps. Le problème concerne les données mentionnées dans le communiqué : prévision de 88 000 MW de consommation, contre 88 200 MW de production potentielle. Dire que « les marges de sécurité seront réduites » semble en effet un euphémisme, s’agissant de 0,2 %. RTE sait-il anticiper à ce degré de précision la consommation nationale ? Peut-être, mais quelques éléments tangibles en ce sens ne seraient pas de refus.

Il y a plus grave. Certes, il va faire froid ce matin (le premier qui trouve une coupure de presse faisant le lien avec le réchauffement climatique gagne la queue du Mickey), mais cette grosse consommation prévue de 88 000 MW n’a rien d’exceptionnelle. Voici en effet la courbe de RTE des pics annuels de consommation d’électricité en France de ces dernières années :

La ligne violette horizontale correspond au 88 000 MW qui nous sont prévus pour aujourd’hui. Comme on le voit, ceux-ci ne sont pas spécialement élevés, si bien qu’on peut s’étonner que RTE en soit réduit à lancer une alerte. On doit tout autant s’inquiéter de la capacité de production annoncée de 88 200 MW, presque superposable à notre ligne violette et donc en-dessous (voire très en-dessous) de la plupart des pics de ces dernières années. (La date du 8 janvier où nous sommes n’a rien de remarquable non plus, la plupart des pics se produisant dans cette période de l’année.)

Le site ElectricityMap nous indique ce qui produit l’électricité en ce moment même dans notre pays. C’est tout aussi édifiant :

Comme on le voit, nos 4 principales sources de production à l’heure qu’il est sont le nucléaire (très loin devant), l’hydro, le gaz et le charbon. Ils dominent non seulement en production, mais aussi en pourcentage de capacité installée : 82 % pour le nucléaire, 72 % pour l’hydro, 75 % pour le gaz et 78 % pour le charbon. En clair, nucléaire, hydro, gaz et charbon font le boulot maintenant qu’on en a besoin. L’éolien et le solaire, eux, outre qu’ils ne produisent en ce moment que très peu, sont bien loin de leur capacité théorique : 7 % et 2 %. L’éolien et le solaire se tournent les pouces. La faute à pas de vent et à pas de soleil. (C’est ballot, en hiver, n’est-ce pas ?)

ElectrcityMap ayant une tendance carbocentriste marquée (« Impact sur le climat par zone » de consommation électrique, nous disent-ils), ils ont recours au truc classique consistant à inclure l’hydro dans les renouvelables. Ne nous fions donc pas aveuglément aux 21 % de renouvelables impliqués dans notre production du moment. En revanche, le 80° % de bas carbone est fiable : c’est grâce au nucléaire et à l’hydro.

N’allons pas accuser les Gaulois réfractaires que nous sommes qui, fumant des clopes et roulant au diesel, consommeraient de plus en plus d’électricité d’année en année. Au contraire, à l’instar la hauteur des pics annuels dont on a vu plus haut la tendance à peu près plate ces dernières années, la consommation annuelle d’électricité est stable en France depuis quinze ans (graphique : RTE).

S’il y a une chose qui augmente en revanche, c’est le prix de l’électricité, comme l’a relevé l’INSEE en avril dernier et dont ce site a tiré ce graphique dont la ligne orange est tristement parlante :

C’est moi, ou il y a comme une odeur de déclassement, dans ce pays ?

52 réflexions au sujet de « L’inquiétante alerte de RTE pour aujourd’hui »

  1. Il n’y a pas de mots assez durs pour qualifier ces écolos fascistes qui détruisent notre plus belle industrie, reconnue mondialement.
    Le plus affligeant c’est que ce gouvernement vendrait père et mère pour quelques voix en étant prêt à sacrifier l’industrie, l’emploi et le CO2, qui parait il est extrêmement dangereux.

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  2. Les écologistes ne sont pas au pouvoir, les mondialistes le sont. Organiser avec application la pénurie énergétique de la France s’inscrit dans le programme général de guerre totale, un concept qui vise, non pas des forces militaires, mais l’anéantissement des populations civiles. Les secteurs d’activité qui sont impactés en priorité par les décrets d’interdiction sont depuis plusieurs mois la restauration, les spectacles culturels et les activités sportives dont l’importante économie du ski alpin. Si l’on cherche une logique en considération des risques épidémiques de ces secteurs d’activité, on conclue un peu vite à l’incompétence crasse des décideurs. Si l’on suit en revanche le projet mondialiste de confiscation de la propriété privée pour la remplacer par un revenu universel sous condition d’obéissance à des normes sociales (vaccination par exemple), on comprend alors le point commun de ces trois secteurs: ils sont un réservoir immense de boulots précaires, intermittents, saisonniers, où de nombreux petits emplois se font et se défont chaque saison ou chaque festival, cette foule de personnes réussissant tant bien que mal à survivre en toute indépendance, d’un job l’autre, tout en réussissant à pratiquer une activité qui correspond à leur passion: la musique, le théâtre, la cuisine, le ski, etc. En attaquant ces secteurs, on est donc assuré d’obtenir de la façon la plus rapide une masse d’indigents, devenant immédiatement dépendante de l’Etat et à laquelle on va pouvoir tendre le miroir aux alouettes qu’est le revenu universel. Chose qui n’aurait pas été possible en s’attaquant à des secteurs où les emplois sont solides et ont permis aux salariés d’épargner. Si vous n’admettez pas enfin que tout ceci est délibéré, prémédité, pensé, mûri, c’est que vous n’aurez pas été jusqu’au bout du raisonnement. « Nous sommes en guerre… » a dit l’autre. Comment faut-il qu’il vous le dise?

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  3. Ça faisait bien longtemps que l’on avait pas eu en France une période de froid assez marquée. Oh certe pas « glacial ou polaire  » , on est loin des hivers 54 ou autres, mais il faut bien reconnaître que dans ces périodes de températures négatives, on a besoin de beaucoup d’énergie, en particulier d’électricité. Alors le pic évoqué aujourd’hui de 88 GW est important, mais on est là aussi loin des records de 100 GW dépassé il y a quelques années. Mais on n’était plus habitué ces dernières années, avec des mois de décembre ou janvier extrêmement doux (3, 4, ou même 5°C au-dessus des moyennes), à ces besoins. Ainsi ERDF avait programmé pas mal de réacteurs en maintenance, ou rechargement. Sur les 60 GW possibles, seuls 52 GW sont fournis aujourd’hui. Pour assurer la production aujourd’hui, c’est l’hydraulique qui est monté de 5GW à 15GW, et 10GW de gaz. Ça montre que le nucléaire est important, et qu’il faudra toujours un mix assez large pour couvrir ces pics. Et ça met aussi en lumière le besoin impératif de développer le stockage pour les ENR ,qui lisserait ces quelques heures de pics. Ça viendra un jour. Allez, je vais faire un calcul d’ignare non diplômé que je suis. 30 millions de maisons individuelles et d’immeubles chacun avec 20 m2 de PV (seulement) , fournissent (et stockent), 2KW , ça fait 60GW ! plus quelques millions de hangars, garages, entrepôts inutilisés , c’est trop… n’en jetez plus ,la cour est pleine.

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    • Je suis sûr que ça va faire réagir mon ami Don Quichotte, pourfendeur de moulin à vent ! 😀
      C’est pour ça que j’en ai pas parlé des géants tueurs de chauve-souris !

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    • Ça viendra peut-être un jour, mais pas visiblement ce n’est pas pour aujourd’hui…
      Pas mal, votre gosplan pour produire 60 GW 😂 À 1000 € le m2 de photovoltaïque je vous le fais à 600 milliards d’euros rien que pour les panneaux. Ajoutez le prix des batteries, du raccordement, et quelques joyeusetés genre gestion et location des lieux de stockage… allez, disons mille milliards d’euros et n’en parlons plus. C’est à peine dix fois le montant de ce qu’a coûté la fabrication de notre parc nucléaire, alors pourquoi se priver…

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      • Que voulez-vous, cet aimable monsieur a le sens des réalités.
        Aimable? Oui, la preuve : quand Zimba tique 😉

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      • Oui, ça a déjà bien baissé et ça va continuer, d’ici 10 à 15 ans, le prix du kwh solaire sera imbattable. Ce n’est qu’un debut. Et les rendements augmentent aussi (on était à 10% , on dépasse les 20%). Ce qui me désole, c’est que nos gouvernants sans imagination, ni vision d’avenir, ni compétence technique, aient abandonné il y a dix ans les industriels français (et européens), dans le PV comme dans tant de domaines électriques et électroniques. Ils parlent maintenant d’un « Airbus des batteries » européen.
        Ça me fait bien marrer. Le retard pris par rapport aux chinois est immense, comme pour les PV.
        Mieux vaut tard, mais….

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    • Quand au malheureux ERDF qui n’est plus habiitué, le pauvre, aux périodes de froid, on croirait entendre Sibeth Ndiaye cacher la misère en expliquant que les masques ne servent à rien contre le virus. C’est pas pour rien que j’ai mis dans l’article le graphique des pics de conso : avoir besoin de 88 000 MW n’a rien d’exceptionnel ces dernières années. Et si vous regardez non pas les seuls records annuels mais le nombre de jours de l’année où cette grandeur est atteinte, vous verrez qu’on est tout à fait dans la ligne de ce qu’il faut prévoir dans le cadre d’une bonne gestion.

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      • 88 GW, c’est à la fois peu et beaucoup. En fait, de nombreux bâtiments, logements, sont des passoires thermiques, donc quand les températures deviennent négatives, ce sont des gouffres énergétiques. Et s’ils sont en plus équipés de convecteurs, au lieu de pompes à chaleur, c’est nul. Et il y a également des gaspillages énormes. Mais il faut pouvoir disposer d’une puissance suffisante, vous avez raison. Et ça viendra, mais on perd du temps, surtout en France.

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      • Non, ce n’est pas que « ça viendra » : c’était là. On a su produire en quantité suffisante, rebranchez Fessenheim et notre marge d’aujourd’hui aurait été beaucoup plus grande. C’était là, mais on a choisi de flinguer un outil industriel fonctionnel et performant avant d’avoir de quoi le remplacer, en s’accrochant aux espoirs de vent et soleil gratuits et de batteries miracles qui ne sont toujours pas là.

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      • Zimba, vous oubliez que le petit boitier que l’on plante dans le tableau électrique coûte un saladier, pas loin de 5000 Euros. Qui a les moyens de se payer cela, plus l’onduleur à 4000 Euros, plus les panneaux plus la pose?
        De plus, vous passez sous silence qu’il faudrait stocker un certain volume de batteries au plomb ou salines. Ce n’est pas possible partout, surtout en ville.
        Mais vous faites sans doute partie des privilégiés habitant à la campagne?

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      • Zimba oublie une chose importante concernant les pompes à chaleur. Leur COP, (coefficient d’efficacité) baisse avec la température. Excepté peut-être pour certaines eau-eau. Donc s’il fait très froid, les pompes à chaleur air-eau deviennent aussi efficaces que les grille-pains et la thermo-sensibilité du parc électrique s’en trouvera de fait accentuée.

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    • pas besoin d’être diplômé pour savoir qu’en hiver il fait nuit à 17 heures et que donc ça ne produit plus rien un panneau pv. le jour se lève à 08 heures, il n’y a que 9 heures de jour, pas tous les jours du soleil, et même si il y a du soleil ce jour là, si il y a 20 cm de neige sur le panneau…
      donc ça fait sans doute 2kw à midi en été quand on n’a pas besoin de chauffer les bâtiments, mais en hiver, ça n’en fait que le quart (le tiers dans le meilleur des cas), alors qu’il fait froid.
      https://ptaff.ca/soleil/?l1pays=France&l1etat=Doubs&l1ville=Besançon&l2pays=&l2etat=&l1cityname=Besançon%2C+Doubs%2C+France&l1ltd=47&l1ltm=14&l1lts=35&l1ltx=N&l1lgd=6&l1lgm=1&l1lgs=19&l1lgx=E&l1tz=1.0&l1dst=EU&l2cityname=&l2ltd=&l2ltm=&l2lts=&l2ltx=N&l2lgd=&l2lgm=&l2lgs=&l2lgx=E&l2tz=0&l2dst=&year=2021&month=01&day=08&lang=fr_CA&go=Voir+le+graphe%21
      bref, ça ne marche pas.

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    • Soit-dit en passant, ERDF n’existe plus, c’est Enedis désormais la filiale qui distribue. Je trouve comique de fustiger les « Passoires énergétiques » qui ont sans doute sauvé des vies, car ventilées de fait, le coronavirus s’y développe moins que dans ces insalubres maisons hautement isolées qui ont été transformées en cristallisoirs, remplis d’un bouillon de culture de germes ramenés par les mômes de l’école, et qui innocemment ont expédié Mémé en réa ! Tout comme les insouciants californiens en maudites voitures individuelles polluantes ont sauvé leur peau, alors que le clampin de New York qui sauve la planète a attrapé la mort dans les collectivistes transports en commun, c’est très immoral, mais la nature n’en a aucune, de morale…

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  4. Et pour couronner le tout, les importations sont nécessaires. Mais à quel prix?
    Au prix fort, pas à 0.04 Euro le KWh. Dans les 0.40? Plus?
    Pour plus de 5 GWh. Cela promet, car les Suisses vont bientôt débrancher leur derniers réacteurs nucléaires, et les Allemands aussi.
    Ils deviendront eux aussi importateurs.
    Cela va saigner, promis sur facture.
    On va rire les cocos. Ressortez les bougies et préparez les bonnets.

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  5. S’il y a nécessité de délestage, voilà à quoi vous allez être mangés. Le câble 20 000 volts qui vous alimente peut être réglé sur un des 5 échelons de délestage, dans les postes sources (On sidait jadis sous-stations). Si vous n’avez pas de chance, vous êtes sur l’échelon 1. (Comme moi en Bretagne…). Si vous avez du pot, vous êtes sur l’échelon 5 (Comme moi si je suis en région parisienne). A chaque échelon correspond 20 % de la puissance nationale. En mode de croisière, c’est la fréquence et la tension que l’on surveille. Si d’un coup la fréquence baisse, si une grosse alim lâche, on largue un échelon d’un coup sur toute la France, en 200 millisecondes, car la fréquence est continentale, Cela se passa ainsi le 4 novembre 2006. Si on est en régime tendu, on fera du point de croix, et sur un clic, on délestera sans doute une région, et pas l’autre, c’est RTE qui demandera à Enedis qui au final a la main sur les disjoncteurs 20 000 volts, et pas RTE. Tout comme si on baisse la tension de 5%, c’est encore Enedis qui a la main sur les régleurs des transformateurs HT/MT (225, 90, 63 000/20 000, 15 000, 13 200, 10 000). Et dire que l’on ne pensait pas il y a trente ans à devoir essayer en vrai cette quincaillerie complexe…

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  6. Perso, j’ai commandé un groupe électrogène essence-gaz (7500W) qui devrait arriver ces jours-ci. Je pensais anticiper avec beaucoup d’avance. A priori, j’espère le recevoir VITE!!

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  7. Bonjour,
    Peut-être qu’une série de black-out aura le mérite de faire réfléchir une grosse proportion de français sur la politique énergétique qui est menée dans ce pays, et leur fera changer d’avis sur la transition écologique qu’on veut nous faire avaler… et qui n’a rien, mais absolument rien d’écologique !
    Merci Benoît Rittaud, pour votre investissement sur cette cause !
    Frédéric Schlotterbeck

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    • Surtout les « gens » n’ont pas idée du caractère indispensable de l’électricité, désormais ! Les volets électriques qui restent fermés, quand la panne de la nuit se prolonge, et que vient le soleil: La maison reste dans le noir ! L’inverse m’est arrivé, je m’endors dans une maison sans courant, et vers trois heures, la lune me réveille ! Ben oui, pas pu fermer les volets… Plus grave, la fin du réseau téléphonique RTC auquel on substitue des « boxes ». Et qui exigent du 220 V. Plus de courant, donc, plus de téléphone fixe. Et généralement les émetteurs GSM s’en trouvent saturés, et ne sont pas aussi bien secourus que les vénérables centraux du réseau téléphonique commuté, dont les installations 48 volts, à base d’énormes batteries, et de groupes électrogènes essayé régulièrement garantissaient du téléphone, même dans les maisons privées de courant. Un jour, des énarques demanderont un topo à 2 millions d’euros à un cabinet McKinsey pour leur expliquer comment marchent les choses les plus bêtes de la téléphonie en période de disette électrique, si il y a eu des morts, suite à des urgences mal gérées…

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      • C’est vrai moi j’ai gardé pour le moment, la bonne vieille ligne téléphonique fixe, auto-alimentee de France Télécom…pardon Orange. Mais ils m’ont annoncé plusieurs fois la fin du maintien de cette ligne, déjà pour fin 2018. Rien encore … un sursis sûrement…

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      • Le petit vieux cardiaque qui va se retrouver avec une box, je suis d’accord, c’est le progrès, mais souvent on greffe au téléphone des dispositifs d’appel d’urgence, avec un bouton pour déclencher l’alerte, pas certain que l’ampleur du problème soit tout le temps saisie au fil des évolutions techniques…

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      • Pour le téléphone, c’était vrai pour France Télécom ,ce n’est plus le cas avec Orange : pratiquement plus de groupes électrogènes (le réseau électrique est fiable), autonomie des batteries fortement diminuées (plus de contrainte de service public) Sur mes dernières années d’activités, en campagne, l’autonomie réelle d’un site pour la téléphonie mobiles était supérieure à celle du central téléphonique (batteries communes pour le RTC et l’internet). De plus le réseau mobile a une très grande probabilité de passer par ce central avec des équipement actif (nécessitant de l’électricité). Bref l’avantage du RTC en cas de panne électrique est plus qu’aléatoire et compter sur le téléphone mobile est bien optimiste. Mais je pense qu’une expérience en vrai grandeur ne va pas tarder pour savoir si le RTC a encore de l’intérêt et si nous pouvons compter sur les mobiles.

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      • La différence est qu’un central téléphonique sera repéré sur les plans Enedis comme tel, et donnera un certain niveau de priorité au câble, en cas de panne, on donnera une certaine urgence à réparer, même si le central est encore sous tension par sa reprise de secours, il en va de même avec les stations de pompage, les relais radios de certaines administrations, les ventilations de tunnels. En revanche les relais GSM sont inconnus, et parfois, une panne engendre la saturation des relais de report. Il m’est arrivé de ne pouvoir joindre des agents en dépannage, dans des zones privées de courant, car tout le monde s’appelle les uns autres pour demander s’ils ont du courant !

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    • Bonjour Frédéric, oui et par par analogie, c’est la même chose avec la monnaie fiduciaire (liquide), que nos énarques compromis et nos banquiers mondialistes font tout pour la faire disparaitre. Il suffit de poursuivre plus ardemment son usage pour qu’elle perdure. Résistons. Bien à vous. JR

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      • J’aimerais voir en cas de panne comment la monnaie électronique va fonctionner.
        Ils veulent supprimer le cash. Ou aimeraient dans leurs rêveries.
        Reviendront-ils sur terre?
        Faudra-t-il les lester de plomb?

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  8. Je rajoute une couche : la multiplication des sources de courant sur le réseau compliquent considérablement son équilibre. A chaque changement de la topologie du réseau maillé (arbre qui tombe sur une ligne, centrale en rideau…) il faut recalculer l’ensemble de la distribution des ampères sur chaque branches.
    Problème non linéaire…

    En plus c’est vrai qu’un blackout à notre époque prendrait une dimension inédite avec l’interruption de l’ensemble des services internet… Rien à voir avec l’aimable plantage Newyorkais de 1965.

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  9. Je vois qu’on parle beaucoup de l’incidence des coupures chez les particuliers, mais ce n’est sans doute pas le plus grave. Il ne faut pas oublier (outre nos industries):
    – Pas de courant … pas d’alimentation en eau potable (pas totalement vrai, beaucoup de stations ont un secours diésel)
    – Pas de courant … pas de pompes de relevage des eaux usées (ce doit être agréable de voir ce qui circule dans les égouts déborder sur les trottoirs devant chez vous)
    – Pas de courant … pas de caisses enregistreuses … tous les commerces ferment
    – Pas de courant … pas de pompes essence / gas-oil (si on a un groupe électrogène, mieux vaut y penser avant !)
    NB: J’habite à la campagne et ai pu constater tout ça il y a quelques années lors d’une coupure de 72 h suite à un orage (j’ai eu des baisses de pression d’eau, mais pas de coupure. Et le courant a été rétabli dans le village avant que les égouts ne débordent – mais pas dans les supermarchés « en banlieue » qui ont du jeter le contenu de leurs congélateurs. A la campagne chez moi, en assainissement individuel, tout est heureusement en gravitaire…. et on n’a pas de feux de circulation, ni des métros, ni des ascenseurs, ni des digicodes !)

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    • « pas de pompes de relevage des eaux usées (ce doit être agréable de voir ce qui circule dans les égouts déborder sur les trottoirs devant chez vous) »
      En effet ! 😥
      Ce fut le cas pour le quartier où j’habite, au début du mois de janvier 2000. En voici un aperçu alors que la chaussée envahie avait commencé à se libérer très leeentement lors de la décrue du fleuve.

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  10. Si les évènements vous dépassent, feignez d’en être les organisateurs, suggérait badin Jean Cocteau… Je serais bien curieux de savoir d’où RTE sort ses chiffres, en quasi temps réel, pour les énergies renouvelables car l’essentiel de cette production disséminée est raccordée aux installations du distributeur Enedis. Unitairement cette poussière de générateurs ne saurait être traitée par RTE. Une centrale nucléaire de 1000 MW oui, un barrage de quelques centaines centaines MW, oui, mais une éolienne de quelques centaines de KW, voire de quelques MW, on ne va pas développer des chaines de télémesures à gogo pour générer une consolidation nationale en points 10 minutes, complètement hors sol vue du réseau de transport 400 KV ! Seule de rares concentrations de moulins à vent peuvent relever de ce suivi, mais la grande majorité des petites productions injectent sur un câble 20 000 volts de distribution sans que personne ne sache en temps réel ce qu’il produit. Il peut y avoir un automatisme de contrôle, mais on s’y connectera à volonté, via le réseau téléphonique commuté, en priant que la télémesure soit opérationnelle, ce qui n’est pas gagné. Et pour les productions des cogénérations, c’est pareil depuis quarante ans, RTE n’en sait rien, aussi pour le fossile, il faudrait rajouter le gaz et le fuel qu’on y brûle pour, par exemple, la chaufferie de la Défense, de la ville de Versailles, et des tas d’hôpitaux qui injectent de l’électricité invisible pour RTE. J’ai eu jadis, en temps que « technicien de conduite » de réseau, le cas de Renault qui à Flin, avait installé des auvents en panneaux solaires pour protéger leur voitures sorties d’usine, je m’amusais parfois à me connecter à leur bazar pour voir au mois d’août, le soleil au zénith, enfin produire 7 MW ! Pour 7 hectares de panneaux. Mais ça ne durait pas longtemps. Aussi il fallait faire gaffe de ne pas prendre en compte cette production aléatoire quand se concoctaient les manœuvres de reprise pour travaux. Faire comme si ça n’existait pas… Très commode cette génération sur laquelle on ne peut compter le jour J.

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    • Merci Christian de ces éléments techniques. Pour mesurer ce que produit un moulin à vent, peut-être fait-on une estimation à partir de la vitesse du vent et/ou de la production d’une grosse ferme éolienne ?
      Vous dites que la quantité injectée sur le câble est inconnue : ne peut-on la déduire par soustraction des quantités connues injectées par les sources « sérieuses » (nucléaire, hydro) ?

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      • A l’extrême, on se livre à des comptes d’apothicaires en regardant la télémesure du câble au poste source, et si la valeur est faible, on a un doute, et on remonte dans le temps par les courbes d’historiques, et avec un peu de chance vous tombez sur des valeurs plus représentatives de la réalité consommatrice. En plus, les télémesures ne sont pas signées, vous ne savez pas si le courant rentre ou sort des départs des sous-station, il faut faire des sommes comparatives pour déduire le sens. (Sacrifier un bit pour le sens aurait réduit les bits significatifs de la mesure, et donc la précision, jadis on ne pensait pas que les postes sources « avaleraient » du courant venant du réseau…). Pour les gros projets offshore, ça sera plus simple car des câbles 225 KV déboucheront à terre sur une installation RTE, il existe aussi des postes sources dédiés à récupérer ponctuellement des zones éoliennes, un collègue à moi était affligé de voir tout cet onéreux matériel n’être fonctionnel que par moments, tout en mobilisant des moyens d’entretien, de personnel, alors que l’installation tournait à vide la plupart du temps.
        La trentaine d’entités qui supervisent en France la distribution fonctionnent en 3×8, et en dehors des heures ouvrables, il n’y a qu’une personne. La région parisienne, c’est trois « Agences », Paris, la zone Ouest, et la zone Est. Alors évidemment, avec des montées à 5000 MW par zone en hiver, le soir, se livrer à ces jonglages prédictifs en contexte tendu, avec des pannes simultanées, et des réseaux tentaculaires, genre 25 000 postes MT/BT, la Défense ou Rambouillet, c’est pas pareil, tout saisir relève de la gageure, on fait comme Cocteau le prescrivait… En région parisienne, peu d’éoliennes, mais de la cogénération, il y an a plein.

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      • Je me trompe peut-être, mais le réseau est piloté selon la tension et la fréquence.
        On peut avoir une idée de la puissance consommée ou produite hors mesures selon ces données, mais surtout des variations. C’est un peu comme le flotteur des WC. Maintenant, s’il faut dépenser des milliers d’Euros pour ajouter des instruments de mesures pour contrôler chaque branchement éolaire aux sous-stations, le KWh va se payer quelques Euros. Déjà qu’ils remplacent les postes pour qu’ils soient bidirectionnels, ce qui coûte un petit saladier. Peut-être sont-ils équipés de racks de communication HF pour transporter les données?
        Que fait exactement Enedis dans ce domaine?

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      • L’îlotage, voilà le cas de figure redouté par l’alimentation multiple d’un réseau. Le disjoncteur EDF s’ouvre, et l’éolienne arrive à « reprendre » tout ce qui est alimenté par ce réseau, qui dès lors est désynchronisé du réseau national. Aussi les éoliennes ne peuvent débiter que si un ordre logique les avise que le disjoncteur est bien fermé, tout ça via une liaison spécialisée dédiée à cette fonctionnalité. Don EDF peut aussi user pour autoritairement découpler le moulin à vent pour des raisons diverses, comme les impératif de sécurité. Dire que tout cela est opérationnel partout est optimiste vu que ce bazar doit être installé et entretenu par des intervenants qui n’ont pas forcément une compétence universelle en courant, en téléphonie, en électronique, bref, j’a vu parfois des clients se plaindre que ce fourbis restait dans leur poste, inutilisé, oublié, alors qu’ils l’avaient payé ! Genre 30 000 francs. Des règles tombent des hautes sphères, sans que celles-ci s’avisent des capacités du personnel, dans des domaines disjoints de compétences, on ne peut pas tout savoir. Aussi, ce genre de dispositif, supposé obligatoire, est parfois inexistant. Je le répète, la production décentralisée, en temps réel, c’est la mouche du coche, on fait comme si elle n’existait pas, elle est imprévisible, rien ne s’engage en comptant sur elle…

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  11. « et en dehors des heures ouvrables, il n’y a qu’une personne. »
    Lors du pic de 19 h il n’y a qu’un péquin au dispatching ou bien c’est une heure ouvrable ??

    Quand tout le monde dans les départements à l’est va se confiner à 18 h demain lundi soir chez soi et allumer le chauffage alors qu’il neige dehors, on peut peut-être s’attendre à des surprises ?
    😦

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    • Au siècle dernier il y avait 75 « Tours de contrôle » pour le territoire, avec un agent en 3×8, avec sept ou huit agents, alternativement en cycle, ou en « Bureau » aux heures ouvrables. Le coût de la machinerie informatique en développement permanent a vu ses coûts croitre, et sa puissance aussi, d’où mutualisation réduisant les tours de contrôle à trente, puis vingt cinq, avec une une équipe en 3×8, pour la permanence et une équipe 2×8 en plus pour la journée. Au fil du temps, on s’est rendu compte qu’un homme seul hors heures ouvrables, ce n’était pas assez lors des moments tendus. Donc, on a créé une astreinte d’un agent dans le cheptel 2×8, qui débarque la nuit ou le weekend, quand le clampin en 3×8 est dépassé par les évènements. Notons que Paris bénéficie d’un duo 3×8, alors que le réseau parisien est plus sage, et plus uniforme, ayant été reprofilé depuis les années soixante. Et totalement souterrain, ignorant les aléas climatiques courants. Donc, les nuits, et les weekends, Enedis ce sont une trentaine de personnes dans les « Dispatchings », qu’on appelle des « Agences de Conduite », il y en a une à Montigny-le-Bretonneux, pour l’ouest parisien, soient 3.5 millions d’habitants, et qui couvre les Yvelines, les Hauts-de-Seine, le Val-d’Oise, et des bouts du Val-de-Marne, de l’Essonne… De l’autre côté de Paris, c’est Melun qui s’occupe de l’Est. Au-dessus, RTE est découpé en six ou sept régions, là, on parle de dispatching, et il doivent être trois la nuit, dont un « chef »…

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  12. Le tableau d’évolution des prix de l’électricité est trompeur pour les années 2018,2019,2020, car l’échelle de l’abscisse change (2 fois plus large) ; il faudrait empiler les taux de chaque année , soit environ + 0,2% pour 2018, 9,3% pour 2019 et 4,9% pour 2020 , ce qui montrerait mieux le changement de pente !

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  13. L’ampleur du problème… Quant aux chiffres que diffuse RTE en direct « Live », comme on dit, en temps réel, kouâ (Comme dit Joey Starr…), un petit détail au coin d’une page Wikipédia.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_%C3%A9olienne_en_France#:~:text=En%202018%2C%20avec%20pr%C3%A8s%20de,au%207e%20rang%20mondial.

    « Puissance installée
    En 2019, le parc éolien de la France s’est accru de 1 361 MW, soit +9 % en un an, atteignant 16 494 MW installés et raccordés au 31 décembre 2019 ; cette puissance installée se répartit en 1 106 MW raccordés au réseau de transport de RTE et 15 388 MW sur les autres réseaux (Enedis, entreprises locales de distribution d’électricité et de gaz et Corse) »

    Les électricien pilotent les réseaux via un « Système de Conduite ». C’est lui qui permet de manœuvrer les « organes de coupure », disjoncteurs et interrupteur, tout en mesurant les grandeurs, électriques en l’occurrence. RTE a un système de conduite par région (6 ou 7 entités), Enedis en a une trentaine. Aussi, RTE ne voit de la production éolienne que le gigawatt raccordé directement à son réseau, à partir de 63 KV et au-dessus. Alors que ça sera Enedis, et autres (Petits) distributeurs qui récolteront quinze fois plus, sans nulle part les regrouper, aucun intérêt car on ne saurait conditionner quoique ce soit avec cette production intermittente. Aussi peut-on supposer que les productions évaluées en mode instantané sont des données issues de modèles aussi performants que ceux de la climatologie. Je ne suis pas médisant, mais le vent ne souffle jamais uniformément sur toute la France. Comment additionner en direct la production famélique de 9000 éoliennes, D’autant qu’Enedis ne s’embêtera pas à connecter une télémesure, de manière permanente, à d’aussi petites unités, qui nourrirait ses trente systèmes, eux aussi indépendants les uns par rapport aux autres. Quand vous gérez 5000 MW, on se moque de quelques MW fugitifs et incontrôlables…

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    • Christian Palud
      Merci pour vos commentaires de praticien, toujours très intéressants.
      Si je vous ai bien compris, les productions éoliennes instantanées horaires publiées par RTE ne sont que des estimations. Elles ne seraient basées sur des mesures directes que pour la seule fraction directement raccordée à son propre réseau, c’est-à-dire actuellement environ 1 200 MW, sur 17 000 MW de capacité totale. Or les productions éoliennes horaires affichées par RTE varient généralement entre 1 500 MWh et 14 000 MWh selon les jours et les heures. On retrouve bien un facteur de charge global qui varie entre moins de 10% et (rarement) 80%, la moyenne annuelle étant de l’ordre de 22%.
      Savez-vous comment RTE estime la fraction collectée par Enedis et autres ? (pro-rata, parcs éoliens témoins, sondages, doigt mouillé ?)
      Dans une moindre proportion, n’en va-t-il pas de même pour l’hydraulique, dont certaines productions ne sont pas directement raccordées à RTE (autant que je sache) ?
      Cordialement
      MD

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