A votre santé

Par Philippe Catier

Les fêtes de fin d’année nous ont donné l’occasion de lever notre verre à la santé des convives ce qui dans les circonstances actuelles était tout à fait de circonstance. C’est pour chacun l’occasion de se poser la question : « Suis-je en bonne santé et comment faire pour l’être » ?

Répondre à cette question oblige à considérer que nous sommes en France et que l’état providence a mis en place un système dit de santé « que le monde entier nous envie » qui se propose de prendre en charge chacun d’entre nous pour qu’il atteigne cet idéal de santé. Il va même, facteur inflationniste déresponsabilisant, jusqu’à obliger les entreprises à prendre en charge les assurances complémentaires de leurs employés. Tout cela est le résultat d’une intention louable de protéger au maximum les Français des conséquences de la maladie. Et nous avons dès lors tendance à nous tourner vers l’état pour résoudre nos problèmes. Mais est-ce pour autant efficace et suffisant ?

La pandémie à laquelle nous sommes confrontés a au moins permis de nous renvoyer l’image exacte du système en place dont on peut désormais douter de la véritable capacité. Rien n’était prêt pour affronter le problème. Selon l’adage bien connu, « en se regardant on se désole mais en regardant les autres »… on ne se console pas. Les résultats de notre politique de « santé » ne sont pas à la hauteur des budgets qui lui sont consacrés, les plus important d’Europe. Les exemples ne manquent pas pour admettre que l’argent du contribuable est gaspillé…peut être précisément parce que c’est toujours l’argent des « autres » qui est dépensé et que le système Français exclut toute mise en concurrence entre des caisses d’assurance maladie diversifiées publiques ou privées comme par exemple en Allemagne. 

Problème d’organisation donc pour ce qui est de la responsabilité politique avec la situation caricaturale des masques, test, lits, et maintenant vaccins…et aussi problème d’efficacité associé à un déficit abyssal des dépenses de « santé ».

L’organisation est celle d’un pays hyper centralisé dont le mammouth administratif n’est pas prêt d’être dégraissé. Cela vaut pour la santé comme pour l’enseignement. On attend le « cost killer » qui armera son fusil…sans tirer quand même sur l’ambulance car la critique est aisée mais l’art est difficile. D’autant plus difficile d’ailleurs que ce système très généreux a habitué les français à consommer du soin comme une denrée banale dont le coût est anesthésié par les prises en charge assurentielles(1) avec très peu de reste à charge comparé au service rendu. « La santé c’est gratuit ». Il n’y a plus aucune incitation à une économie responsable. D’ailleurs qui connait le coût réel des soins qu’il engage ? L’assuré social est devenu un consommateur de soins mais aussi de confort sous couvert de santé, et le prescripteur un coefficient multiplicateur d’examens par principe de précaution. C’est un peu schématique mais la réalité est là, c’est un engrenage vertigineux. La société pourra-t-elle le supporter longtemps sans remettre en question ce système ? Par ailleurs beaucoup d’interrogations qu’il faut aborder sans tabou se posent :

Comment libérer les soignants du poids bureaucratique et précautionneux ?

« Sauver des vies » est écrit partout. Sur quels critères sans hypocrisie ?

Comment garder conscience face à la science progressant vers l’eugénisme ?

Pourra t on financer longtemps les technologies hyper couteuses, pour quel résultat ?

Comment rééquilibrer l’hospitalo-centrisme et réorganiser l’hôpital ?

Comment mieux utiliser un budget dont on a vu la gabegie ?

Comment arrêter la lente dérive du soin indispensable vers l’accessoire inflationniste ?

Comment mieux responsabiliser le patient ?

Pour ce qui est de l’efficacité vers l’objectif santé il faut donc peut-être aussi remettre le problème au niveau de la responsabilité individuelle et considérer que le soin, qui est fourni par le corps médical, n’est pas le fondement de la santé. Le soin relève en effet du système médical en cas de maladie, mais la santé relève pour une grande part de notre volonté personnelle. 

Par exemple c’est l’erreur qu’a commis cette intervenante à France Culture (A. Fillippeti dans « Esprit public ») en jugeant malicieusement le résultat du système de soins américain à l’aune de l’espérance de vie qui est moindre qu’en France : Elle l’est surtout à cause du mode de vie donc de l’action personnelle et non du système.

Autre exemple : beaucoup de malades du Sars Cov 2 sont décédés du fait de comorbidités. Celles-ci sont peut -être issues pour une part de facteurs pathogènes mais beaucoup sont le résultat de négligences personnelles, de sédentarité ou de passivité dans ce contexte où, de toutes façons, « l’état providence y pourvoira ». Il n’est pas nécessaire de faire ici le catalogue des mesures que chacun connaît pour être en bonne santé, mais simplement d’encourager les efforts en ce sens. Obésité, diabète gras, alcoolo-tabagisme, sédentarité, malbouffe… sont à la portée de chacun.

La frugalité, tant vantée par les écologistes, en sera le maitre mot…

 La période est propice aux bonnes résolutions et je lève donc mon verre de champagne à votre santé de manière à ce que les bulles de COqui en font le charme pétillant montent jusqu’à vous pour bien engager l’année dans la voie du réalisme. Santé !

  1. Voir les ouvrages de Fréderic Bizard dont « Complémentaires santé : le scandale » chez Dunod

7 réflexions au sujet de « A votre santé »

  1. Une fois de plus tu vises juste ! Mais n’est ce pas aussi la faillite du pseudo service public, dont tout comme pour le réchauffement, on nous rabâche les oreilles probablement d’ailleurs, parce qu’il ne fonctionne plus (ou pas)?

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  2. La faillite du système n’est pas due au comportement des malades (qu’ils vivent comme ils l’entendent, notre seul devoir en tant que professionnel de santé étant de les informer) mais récemment à une volonté délibérée de ruiner l’économie de notre pays. Nous assistons à cette destruction systématique depuis le 16 mars au prétexte de lutter contre une épidémie, éternelle bien sûr, comme l’est la lutte contre l’Etat islamiste.

    Aimé par 1 personne

    •  » qu’ils vivent comme ils l’entendent  » OK si la société n’intervient pas dans le règlement de la facture…mais bien sûr nous, soignants, ne pouvons que les informer et non pas les contraindre. C’est le problème de la responsabilisation que par exemple la dispense d’avance de frais annihile complètement.
      Et je ne crois toujours pas à la « volonté délibérée de ruiner notre économie » en général…La trouille est plus forte que le complot. La mondialisation permet en temps réel la comparaison avec les autres pays et il suffit qu’il y en ai un qui, soucieux de ne pas avoir à se justifier, ferme la boutique pour que les autres suivent, même sans preuves de l’efficacité de la manoeuvre.

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      • Oui, la trouille et la connerie sont les nouveaux cavaliers de l’apocalypse, avec la bureaucratie et le clientélisme politique, ils sont bien quatre.
        Et à côté d’eux, les originaux bibliques font figure de petits Mickeys.
        Les historiens seront impitoyables avec cette bande de mollusques au pouvoir et dont l’élection relève plus d’un accident que d’un mouvement social de fond.

        Les dégâts dépassent tout ce qu’on peut imaginer, et la question des conséquences est vite répondue : « c’est nous qu’on paie !! ».

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  3. Comme on dit (en France seulement ?) : La santé n’a pas de prix… mais elle a surement un coût !
    je me joins à l’émission de satanique CO2 via les bulles de champagne et autres vins pétillants.
    Bonne (meilleure ?) année, plein de bonnes choses et surtout..; la santé !

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  4. De la part de Fer9 cet excellent décompte des institutions sanitaires dont on se demande comment un tel panel a pu nous laisser en situation de pénurie…QUAND JE DISAIS QU’IL Y AVAIT UN PROBLEME D’ORGANISATION ET D’EFFICACITE

    Le ministère de la santé
    La direction générale de la santé publique
    Santé publique France
    la direction de la haute autorité de santé
    les directions des agences régionales de santé
    La direction de l’agence nationale sanitaire
    La direction de l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé
    L’Agence Epidémiologie-France
    Le Centre national de recherche scientifique en virologie moléculaire
    L’Agence nationale de sécurité du, médicament et de la santé
    Le Conseil Scientifique de la présidence de la république
    Le Haut commissariat de lutte contre les épidémies
    Le Haut Conseil de la veille sanitaire
    L’Agence Nationale sécurité de logistique médicale

    Ont le plaisir de vous annoncer la naissance du petit dernier

    Le Haut Conseil d’orientation pour la stratégie vaccinale

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