La preuve par le confinement

par Rémy Prud’homme.

Les journalistes, qui sont absolument persuadés que la circulation des véhicules est la cause unique ou principale de la pollution des villes, en concluent que le confinement, et la quasi-disparition de la pollution qu’il entraîne, ont éliminé la pollution des rues de Paris. Leurs certitudes les dispensent de regarder les chiffres quotidiens publiés par Airparif. Un ami (qui veut rester anonyme) s’est donné le mal de chercher ces données, et a produit le graphique suivant, qui montre la concentration de l’air en Ile de France en PM10, c’est-à-dire en particules depuis le début de l’année. Il le fait pour trois types de stations de mesure : les stations urbaines, les stations au bord des voies de circulation, et les stations rurales (il est vrai peu nombreuses).

Vous vous attendez sans doute à voir les courbes plonger à partir du 16 mars, début du confinement. Détrompez-vous. On observe même plutôt le contraire. Les niveaux de pollution des deux dernières semaines (les semaines 12 et 13 de l’année) sont supérieurs, pas inférieurs, aux niveaux des 7 semaines précédentes (les semaines 5 à 11). Le 26 mars, au beau milieu du confinement, enregistre même un pic de pollution, assez comparable au pic qui avait été noté le 24 janvier.

  Cette hausse de la pollution dans la deuxième partie de mars doit bien avoir des explications. Je ne les connais pas. On parle de tempêtes de sable qui nous viendraient du Sahara. Pourquoi pas ? Ce qui est sûr en revanche c’est que la circulation automobile ne peut pas être coupable, puisqu’elle n’a pas augmenté, mais au contraire diminué, et très fortement.

Tous les candidats à l’élection à la mairie de Paris, sans exception, affirmaient que la pollution de l’air à Paris était intolérable, qu’elle était causée par la circulation automobile, et s’engageaient à réduire fortement la pollution en faisant la chasse aux voitures. Le covid19 nous a donné l’occasion d’une expérience grandeur nature (dont on se serait bien passé). Le confinement nous a apporté la preuve que ces proclamations étaient des sottises. Au moins deux des candidats (Mme Buzyn et M. Villani) sont des scientifiques. Cette preuve va les convaincre. Ils vont changer leur discours et leurs programmes. Vous le croyez ? Pas moi. Comme dit à peu près Pascal, la politique a ses raisons que la raison ne connaît point.

23 réflexions au sujet de « La preuve par le confinement »

    • et un peu faux…

      Cliquer pour accéder à communique_presse_evaluation-impact-confinement-sur-air_25032020.pdf

      Quelques extraits:

      « Cette évaluation met en avant une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 à 30 % dans l’agglomération parisienne, consécutive à une baisse des émissions de plus de 60% pour les oxydes d’azote. Le long des axes de circulation, cet impact peut être encore plus important. Il était en revanche peu visible pour les particules (PM10 et PM2,5) lors de ces premiers jours de confinement. Autre bonne nouvelle, cette baisse des polluants de l’air s’accompagne d’une baisse du dioxyde de carbone (CO2), gaz à effet de serre, soulignant les liens entre ces deux problématiques et le co-bénéfice pour le climat de toute amélioration de la qualité de l’air. »

      « En revanche, peu d’impact a été constaté pour les particules qui sont issues de davantage de sources et pour lesquelles la diminution du trafic n’a pas compensé l’augmentation liée au chauffage résidentiel et au maintien des activités agricoles, conjugués à une météorologie printanière favorable à la formation de particules observée dans plusieurs régions avoisinantes. De fait, la qualité de l’air n’a pas été aussi bonne qu’escomptée mercredi 18 mars. Mais avec la forte limitation du trafic, les niveaux n’ont pas augmenté au point de nous placer en épisode de pollution. Ce qui aurait vraisemblablement été le cas en temps normal, avec des conditions similaires et un trafic normal. »

      Vous dites vous mêmes que vous ne savez pas expliquez les chiffres mais ça ne vous empêche pas de nous faire profiter de vos analyses toutes personnelles, c’est quand même fantastique…

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      • Réponse de Rémy Prud’homme :

        Il y a deux Airparif: le premier fait des mesures, le second fait des commentaires. Les mesures – de la concentration des différents polluants – sont crédibles, et reflètent la réalité. Les commentaires reflètent l’idéologie des financeurs de l’institution, et ne sont pas crédibles. Aux chiffres d’Airparif que je donne (sous la forme d’une courbe) vous opposez le commentaire d’Airparif. Il est facile de montrer que celui-ci est très biaisé:
        – . Airparif ne mesure pas du tout la teneur de l’air en CO2: il calcule la quantité de CO2 rejetée. La teneur en CO2 est la même dans tout le globe, très faible (4/10000), et affectée d’une façon infinitésimale par le confinement. Présenter la CO2 comme un polluant, ce qu’il n’est pas, est une forme de mensonge. Le croire et le répéter une forme d’ignorance.
        – Le commentaire écrit que pour les particules, »l’impact [l’amélioration] est peu visible ». Les mesures que je donne montre au contraire une nette détérioration Transformer une détérioration nette en une amélioration peu visible, comment appelez-vous cela? « Fantastique » peut-être.
        Ce que vous pouvez légitimement me reprocher, c’est d’avoir ignoré l’impact du confinement sur les concentrations d’oxydes d’azote. Je ne l’ai pas fait parce que je n’avais pas les séries nécessaires (elles existent, mais il faut du temps, que je n’ai pas, pour les extraire des archives d’Airparif). J’ai même hésité à diffuser ma rapide analyse sur les seules données relatives aux particules. Mais j’ai si souvent entendu que les particules étaient le pire des polluants, et émises par la circulation, que j’ai trouvé intéressant de montrer que 60% de circulation en moins allaient de pair, sur deux semaines de confinement, avec une diminution des teneurs en particules.

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      • Je m’excuse pour la formulation de mon commentaire semble discourtoise. En raisonnant par l’absurde, selon vous Paris serait moins polluée s’il n’y avait pas de confinement? Je ne suis pas d’accord avec vous sur bien des choses, mais je ne pensais pas que sur un tel sujet ça puisse être le cas. Sceptique ou non, les voitures polluent, et ce effectivement ce ne sont pas les seules, c’est ce qu’on apprend en primaire je crois…

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      • Malheureusement Benoît les données horaires d’AirParis sont très facilement accessibles ici : https://www.airparif.asso.fr/telechargement/telechargement-polluant
        Pas la peine de se donner du mal pour les chercher.
        Très facile de coller ces données (toutes ces données et pas simplement les PM10) dans Excel, R ou SAS ou Matlab ou ce que vous voudrez et de s’apercevoir très très vite qu’elles disent absolument l’inverse de ce que M. Prud’homme raconte.
        C’est juste factuel one more time.

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      • Rien de « factuel » dans ce que vous présentez comme une réfutation. Rémy Prud’homme montre le graphe des PM10 tel qu’il est, et pose la question de l’absence d’une baisse. (En passant : n’en déplaise à certains, il n’est pas sacrilège de poser une question.) Vous pouvez tout à fait proposer de regarder aussi d’autres données qui vont en sens contraire, mais ça n’est pas une réfutation en tant que telle. Compléter avec d’autres données est effectivement une bonne idée pour nourrir la discussion. Surtout si c’est l’ocasion d’essayer de réfléchir ensemble plutôt que d’étaler un parti-pris à la première occasion qui semble se présenter.

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      • Réponse de Rémy Prud’homme :

        Je connais ces statistiques. Elles sont tout sauf “très facilement accessibles’. Ce qui est facile, c’est de faire apparaître sur son écran le tableau xls relatif à un polluant donné. Pour la période 3 février-7 avril, on a un tableau de 1500 lignes (heures) x 40 colonnes (stations). Il y a des cases de non-disponibles. Les staqtions sont classées dans un ordre mystérieux, très difficiles à regrouper en urbain, rural, bords de routes. On peut en sortir des “faits”, mais il faut se lever de bonne heure et y mettre beaucoup de temps. Si notre critique veut bien s’y atteler, nous lui en serons tous reconnaissants.

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      • Euh … non Benoît. M. Prud’homme ne pose pas de question ; il affirme :
        «Tous les candidats à l’élection à la mairie de Paris, sans exception, affirmaient que la pollution de l’air à Paris était intolérable, qu’elle était causée par la circulation automobile. Le confinement nous a apporté la preuve que ces proclamations étaient des sottises.». Et ce sur la base de courbes de PM10 qui sont réputées ne pas être un marqueur spécifique de la circulation automobile.
        Si M Prud’homme se posait vraiment la question, au sens scientifique du terme, il ne tomberait pas aussi sottement dans un biais de confirmation aussi grossier. Proposer en parallèle la courbe des NOx aurait été plus honnête. Mais certes cette courbe va à l’encontre de ce qui devait être démontré.
        Mais puisque vous avez suivi mon chemin vers les données d’AirParif j’attends avec impatience une analyse sérieuse.

        Monsieur Prud’homme, c’est un peu comme si je vous demandais d’analyser des températures globales pour vous montrer que le changement climatique existe non ?

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      • @Antisceptique : À chaque fois je crois qu’on pourra discuter et à chaque fois je me trompe. En fait vous n’êtes là que pour critiquer en faisant flèche de tout bois, amalgamant les propos, assénant votre point de vue comme une évidence, le tout en étalant une morgue tout à fait déplacée. (Ce dernier point se voit tout particulièrement dans le « Euh… » du début de votre commentaire, procédé typique de celui qui croit devoir signaler son mépris.) Enfin, vous vous permettez d' »attendre » que je fasse quelque chose pour vous, avec l' »impatience » de celui dont les désirs sont des ordres.
        Et moi qui parlait de réfléchir ensemble ! Naïf que je suis.

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      • Benoît, vous ne cherchez pas à discuter mais juste à avoir raison, quitte à vous draper dans la mauvaise foi la plus épaisse. Ceci est d’autant plus flagrant que vous n’avez pas réagit au commentaire de «Dulieu» qui dit exactement la même chose que moi, ni à l’article de Météo-France (proposé par «Gilles Granereau») qui est l’exact pendant de l’article de M. Prud’homme. Et en complément, lorsque je vous invite à faire une analyse sérieuse vous nous jouez les vierges effarouchées (vous aimez le drame, je l’ai déjà remarqué) et vous préférez sortir un billet sur «oulala-comme-c’est-compliqué-de-récupérer-les données-d’AirParif». Fin de la discussion ; c’est votre blog et vous y faites ce que vous voulez. Si vous préférez la quantité à la qualité c’est votre problème.

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      • 😂Me voilà coupable de vouloir avoir raison.
        Et la preuve « flagrante » c’est que c’est avec vous que j’ai discuté et pas avec d’autres… Vaut mieux arrêter, en effet.

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  1. Le graphique est intéressant. On voit que le niveau de pollution n’est guère plus élevé en ville qu’à la campagne, à l’exception des axes de circulation principaux où sont situées les stations-trafic. En somme ce sont surtout les automobilistes qui sont victimes de la pollution qu’ils génèrent…
    Mais il est certain que le discours anti-voiture ne va pas changer, il va au contraire se renforcer, surtout à l’encontre du diesel, car c’est sur le dioxyde d’azote que va se concentrer l’opprobre, vu qu’il est incontestablement émis par les voitures diesel et que lui a vraiment presque disparu depuis l’instauration du confinement. En omettant évidemment le fait que les diesels récents répondant à la norme euro6 n’en émettent presque plus…

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  2. Sauf que pour au moins deux des graphique d’Airparif ils choisissent comme jours du 17 au 19 mars, jours où la pollution est au plus bas; et il serait intéressant de savoir ce qu’ils entendent par « pollution habituelle » donnée en comparaison. Est-ce une moyenne et sur quelle période ?

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  3. Citer les travaux d’un ami n’implique pas que l’on ne reste pas honnête sur l’interprétation de la totalité du rapport. Ce dernier montre la diminution considérable de la pollution et explique pourquoi les PM10 et 2.5 présentent des pics, lors d’épisodes à pollution faible pour les NO par exemple. Tirer de cela un argument tendant à démontrer que l’industrie automobile n’est pas si responsable que ce que l’on veut faire croire est tordu. Il est connu que les PM résultent des combustions de bois et de foyers mal réglés. Par ailleurs, cette mode de faire des diagrammes en joignant les points est aussi un moyen tordu de faire croire que les PM passent en deux jours à une pointe et mettent deux jours pour baisser à nouveau, le pic occupant ainsi la moitié de la semaine. En réalité, le « pic » a duré sans doute moins qu’un jour (une mesure!); il faudrait donc montrer simplement les points, ou bien des barres à chaque mesure faite. Airparif est par contre complètement asservi à la théorie du CO2, gaz à effet de serre, polluant, qu’il est bon de réduire, au même titre que les oxydes d’azote!
    Moralité : chacun utilise les procédés malhonnêtes qu’il juge bon pour défendre une cause qu’il « croit » juste! Une foi basée sur la science ou une science basée sur une foi? : c’est une pseudoscience.

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  4. Ecologie participative, ou hypocrisie participative. Me rappelle au siècle dernier de mes déambulations sur la nationale 20, qui rentre dans Paris par la porte d’Orléans. Je travaillais à Bagneux, et souvent on passait par la Vache Noire, un grand carrefour situé vers Arcueil, et, en voiture, à l’arrêt un collègue m’avise d’un gros camion-poubelle garé à côté de nous et me fait observer sa spécificité: C’est un truc hybride. Et lui qui souvent passait sur cette route me donne un détail poilant: Là, roulant en banlieue, il roulait avec sa motorisation diesel, et il me certifia que sitôt franchit le périphérique, il basculerait en mode électrique dans Paris, de la même manière que la capitale se débarrasse de sa merde dans les incinérateurs de cette même banlieue… Tout comme on déteste les aéroports et leurs avions, mais on file vers Roissy ou Orly, en douce, pour porter son indispensable parole dans le vaste monde, et peu importe pour y parvenir le diamètre des particules, leur densité, leur chimie…

    Devant chez moi (Vers la prison de Fresnes), une grosse chaufferie au gaz qui passe en mode fuel quand on dépasse un certain niveau de puissance souscrite. Je n’ai jamais senti l’odeur du mazout. Mais dès qu’il fait un peu froid, toute la citée empeste désormais d’une douce odeur de feu de bois, du fait des chauffages des villas environnantes. Je suppose que cette odeur caractéristique est aussi celle des particules fines, mais ce sont là de gentilles particules encouragées par l’ADEME, et même subventionnées…

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  5. Ping : L’usine à gaz d’Airparif | Mythes, Mancies & Mathématiques

  6. Vous avez déjà vu une alerte pollution aux Nox ?????
    Pour l’instant à chaque fois qu’il y a eu des alertes pollutions entrainant des restrictions de circulation cela a été du aux particules.
    L’été 2019 a vu une alerte à l’ozone, 2 ème quinzaine de Juillet, avec restriction de circulation mais à ce rouler par terre de rire. Une bonne partie des gens étant déjà partie en vacances, c’était déjà une belle preuve que les voitures n’y étaient pas pour grand chose.
    Et donc la remarque de M Prud’homme est tout à fait juste.
    Les voitures ne sont pas la cause unique de la pollution, loin de là.
    La vignette Crit’air en plus d’être antisociale, discriminante et une injure aux progrès techniques est inutile.
    Pour la mobilité en Ile-de-France la voiture n’est pas un problème ni un ennemi, c’est une partie de la solution.
    PS : d’ailleurs en ce temps de confinement, pour aller au travail quand il n’est pas possible de faire du télétravail, c’est bien la meilleure solution pour limiter les contacts pendant ses déplacements.
    Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ce moyen de déplacement n’est pas actuellement largement promu par le gouvernement.
    L’idéologie aurait-elle pris le pas sur le pragmatisme ?

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  7. Ping : Vidage de crâne : Pourquoi l’Homme n’influe pas sur le climat par le CO2 – Attention aux mythes contemporains !

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