Prudence médicale et précipitation climatique

Une tribune de Bertrand Alliot publiée dans Causeur et republié avec l’autorisation de l’auteur.

Le virus est virulent ! HS sont les milliers de personnes qui s’entassent dans les hôpitaux. Sans qu’on puisse évaluer l’impact de la mesure, le confinement est décidé. C’est un pari osé. Il y a un bénéfice attendu, mais des risques associés : crise économique majeure, angoisse généralisée de la population, augmentation du risque de suicide, etc. Gouverner c’est prévoir et gouverner c’est agir. Dont acte.

À peine l’épidémie commencée, un gaulois réfractaire nommé Raoult avait annoncé un remède efficace : la chloroquine. Il n’était pas n’importe qui : un ponte mondial des maladies infectieuses, soutenu dans ses recherches par l’État et « pratiquant » depuis longtemps cette molécule, ennemie du lupus et du palu. Aussitôt, pourtant, les décodeurs du Monde faisaient tomber la bonne nouvelle dans le vide-ordure des « fake news ».

Dans son service, aux premiers cas qui se présentent, Raoult commence illico à tester in-vivo le médicament. Sur une vingtaine de patients, les résultats sont pour le moins spectaculaires, notamment lorsque la chloroquine est associée à l’azithromycine.

Malgré les tests effectués par son champion, le gouvernement hésite. Le virus est mal connu, l’échantillon de patients est insuffisant, des études sont encore nécessaires. Gouverner c’est prévoir, gouverner c’est agir. La décision est prise : il faut attendre. Surprise car le pari n’est pas osé au vu de la faiblesse des risques associés : le médicament est bon marché, connu et administré depuis des décennies et, aux doses utilisées, les effets secondaires sont contrôlables. Le triomphe serait sans gloire car la décision est sans péril !

Sur ces entrefaites, on apprend que le Global Risks Reports du très sérieux Forum Économique Mondial n’identifiait pas, dans son rapport 2020, le risque pandémique dans la liste des risques les plus probables pour l’humanité. La meilleure place est trustée par le changement climatique. On se remémore alors que la France a engagé des milliards d’euros pour lutter contre ce mal évanescent et poursuit une transition énergétique hasardeuse. Elle a prévu, elle a agi. Elle a prévu le climat de la Terre des décennies et des siècles à venir, elle a prévu les graves conséquences, elle a prévu les résultats que produirait sa politique sur cet insaisissable « objet » climatique. Elle a fait un pari qui se situe dans le ciel éthéré des incertitudes sous les conseils avisés d’une enfant viking réfractaire à l’école.

Vercingétorix, lui, a fait ses classes. Depuis des décennies, il travaille sous les yeux vigilants d’Hippocrate et n’a cure des prévisions et des sermons des « autorités ». Il se murmure qu’il serait aussi climato-sceptique, donc de ces gens que les décodeurs, de manière chloroquignolesque, accusent de propager des fausses nouvelles.

7 réflexions au sujet de « Prudence médicale et précipitation climatique »

  1. « Sur une vingtaine de patients, les résultats sont pour le moins spectaculaires, notamment lorsque la chloroquine est associée à l’azithromycine »

    Comment le savez-vous ?

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  2. Excellent texte qui pose bien l’équation que l’on a de la peine à résoudre. La gestion objective du risque n’existe pas, car la seule réalité à laquelle nous ayons accès est la perception que nous en avons. La où certains voient un verre vide d’autres le voient plein. Si nous étions en démocratie (les tenants d’une thèse et de la thèse opposée ayant le même poids), aucun gouvernement ne persuaderait la population de s’appauvrir pour chasser des chimères. Mais dans notre monde électronique c’est celui qui a le micro qui mène le bal. Il faut inventer un nouveau modèle politique.

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  3. Excellente analyse de l’incurie de nos gouvernants. Ils congratulent Greta Thunberg à l’Assemblée pour son attitude visionnaire, son audace, sa longue pratique du sujet climatique. Ils fustigent Raoult pour son impréparation, sa vision à court terme et ses 40 années de pratique clinique dans le domaine des épidémies et de la virologie.

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  4. Un rapide parcours des règles de l’OMS et donc de l’Inserm en France permet de voir comment théoriquement on doit comptabiliser les données morbides pour alimenter les statistiques.
    Voir les exemples 9 et 10 en particulier dans le lien ci-dessous.
    https://cepidc.inserm.fr/causes-medicales-de-deces/cim-9/certificat-medical-et-regles-de-classement
    Le moins que l’on puisse dire à l’écoute des divers médias et rapporteurs médecins, c’est que ces règles ne sont pas appliquées.
    Pourquoi donc cette course aux chiffres ronflant ?
    Il y aurait intérêt à gonfler la crise sanitaire pour justifier sa position de sauveur du monde ?
    Pour justifier les mesures crétinaudes vis à vis le l’économie ?
    Et au final on retrouve le même schéma que sur le climat : prétention de sauveur conformité confortable, commerce de peur, profits individuels, et adhésion massive.

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