Magie des mots (5/5)

par Philippe Catier.

U comme Urgence

La notion d’urgence est la seule qui puisse inciter le public à aller contre son confort. Quand le château est assiégé, les habitants se soudent et se mobilisent. Là il y a urgence !

Dans le cas qui nous occupe, malgré tous les discours apocalyptiques destinés à engendrer cette peur mobilisatrice de l’assiégé, rien n’y fait. Greta s’en lamente et s’en offusque à l’unisson de tous les commentateurs. N’y aurait-il donc aucune urgence ? Ou faudrait il nous la sortir du chapeau par un tour de magie ?

V comme Vent

On sait qu’il ne souffle que par intermittence et on attend qu’il tourne au profit de la science réaliste moins soumise à l’idéologie…

W comme Watt

Unité de mesure de puissance électrique. Souvent utilisée comme valeur de comparaison entre les énergies « renouvelables » et les énergies classiques sans faire mention du KWatt/h c’est-à-dire de la production. La confusion s’installe entre capacité et production pour le plus grand bonheur des bonimenteurs. L’effet de la puissance installée en Watt masque une production aléatoire et souvent inadaptée à la demande. Un petit « h » peut avoir de grands effets.

X comme polytechnique

La plupart des commentateurs du climat tire argument de « la science » comme parole d’évangile pour justifier leur activisme. Mais qu’est-ce que « la science » alors que les voix des scientifiques ayant des remarques pertinentes à faire concernant précisément le dogme climatique sont interdites d’exposition médiatique.

On pourrait retourner la proposition en s’étonnant que dans le concert catastrophiste et idéologique qui envahit nos oreilles on trouve nombre de scientifiques soutenant sans aucun état d’âme ce dogme alors que beaucoup de questions se posent.

Sortir de polytechnique est-il insuffisant pour comprendre à quelles manipulations nous sommes soumis pour nous faire accepter la pensée magique et renoncer au doute scientifique ?

Y comme Ypérite

Baptisé le « roi des gaz » lors de la première guerre mondiale…

Aujourd’hui, mais dans une autre guerre, celle du climat, c’est le CO2 qui tient le sceptre. Ses dégâts nous sont relatés avec force par les médias et les morts par catastrophes naturelles qui en résulteraient seraient bien plus nombreux que son célèbre prédecesseur!

Ce n’est pourtant que la source de l’oxygène que nous respirons et le carburant des plantes mais la confusion doit se faire avec le monoxyde de carbone dont on connait la toxicité. Quoiqu’il en soit l’évocation du dioxyde de carbone évoque désormais le gaz mortel. L’effet de ce mot sur le public est dévastateur.

Z comme ZAD

La pensée écologiste se nourrit volontiers d’utopie et en matière d’utopie la Zad de notre dame des landes est un exemple type d’un retour à la nature de type Rousseauiste tout à fait sympathique. On conçoit que cette utopie puisse avoir cours dans des domaines circonscrits à des adeptes convaincus rejoignant ainsi un courant de pensée qui ne s’est jamais démenti au cours des siècles. Cependant, de là à vouloir en faire un modèle de société comme certains le proposent, il y a un pas qui ne peut être franchi que par la coercition. Le romantisme d’un retour vers un mode primitif d’existence peut avoir un effet séducteur mais rapidement on découvre qu’il ne peut faire le bonheur de tous et tout le temps. 

Voilà donc un dictionnaire incomplet des sens cachés de la sémantique climatique et écologique. De quoi éviter peut-être quelques pièges…

21 réflexions au sujet de « Magie des mots (5/5) »

  1. Attention à l’unité de production (ou consommation) électrique : c’est le watt-heure (Wh), qui est une quantité, et non le watt par heure (W/h), qui n’a pas de signification physique (le watt équivaut à 1 joule par seconde, c’est déjà une grandeur par unité de temps). Une ampoule à filament de 100W allumée pendant 2 heures consomme 100×2=200 Wh, le réacteur numéro 1 de Fessenheim d’une puissance de 900MW produisait en moyenne chaque année 900MW x 8760h x 80% = 6 307 000 MWh ou 6,3 TWh.
    La puissance d’un parc de production d’électricité doit être dimensionnée en fonction des pointes de consommation qu’il doit alimenter (lesquelles pointes ont lieu indépendamment de la présence du vent et du soleil ) et non en fonction de la quantité annuelle à produire. C’est l’escroquerie de l’éolien et du solaire que de ne s’attacher qu’à la seconde.

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  2. Polytechnique c’est bac + 5, faut-il s’incliner devant un tel niveau ? Les élèves y étudient certes les mathématiques et la physique (mais pas que, ils font aussi de la finance etc. et heureusement pour eux vu ce à quoi ils se destinent) mais cela n’en fait absolument pas des chercheurs. D’ailleurs la plupart de ces bac + 5 vont ensuite faire cadres en entreprise et n’auront jamais publiés aucun article ni mené aucune recherche de toute leur vie.

    Mais bon, il doit y avoir des anciens élèves de polytechnique climatosceptiques, alors il faut forcément les prendre en sérieux (et considérer leurs remarques comme « pertinentes »), puisqu’ils ont fait polytechnique et que c’est « une grande école ».

    Dans les quelques dizaines de français à avoir signés votre dernière pétition, il doit bien y avoir un ou deux polytechniciens non ? Juste par curiosité, vous les avez comptés comme « scientifiques » (et alors je serais curieux de savoir sur quelle base : leur bac + 5 ?) ou comme « professionnels » ?

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  3. Je pense qu’une des clés qui permet d’ébranler des réchauffistes qui ne le sont que parce que la majorité l’est, est d’attaquer sur cet angle :
    Avec Y pour Ypérite, j’aurais appuyer sur la différence en utilisant des mots fort.
    L’Ypérite, gaz de la mort, le CO2, gaz de la vie.
    J’aime appuyer là-dessus : ça fait toujours son effet de dire que le CO2 n’est pas un polluant mais LE gaz majeur de la vie. L’immense majorité des gens ne savent pas que sans CO2, pas de photosynthèse, donc pas de vie végétale donc pas de vie animale. Leur dire les laisse sans voix.
    Cela démontre l’inculture scientifique de base.
    Systématiquement j’enchaîne sur l’étude de la NASA montrant un verdissement de la planète…. »mais chutttt, il ne faut pas le dire car il faut faire peur aux gens pour qu’ils paient plus d’impôts et que leur liberté soit encore plus restreinte »

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    • La quantification précise de la fertilisation du CO2 sur les écosystèmes est étudiée depuis les années 80.

      Dans les années 1990, toutes les recherches menées à ce sujet (en conditions contrôlées) sont arrivées à la conclusion qu’un doublement des concentrations en CO2 (soit de 350 à 700 ppm) provoquait chez les plantes une augmentation de production de biomasse de l’ordre de 30%. Les plantes les plus réactives étaient les légumineuses, suivies par les herbacées, et enfin les arbres. On a également mis en évidence à l’époque que cet effet bénéfique sur C02 sur la production de biomasse n’était significatif que dans de très bonnes conditions d’alimentation hydrique et minérale.

      Dans les années 2000, toutes les recherches menées à ce sujet en « plein champ » avec les systèmes FACE, c’est-à-dire en conditions naturelles, ont également montré des augmentations de biomasse de l’ordre de 30% mais cette fois en passant juste de 375 à 575 ppm de CO2. Première conclusion : la fertilisation par le CO2 n’est pas un phénomène linéaire. Pour l’instant il augmente mais on sait que l’on s’approche de la saturation.
      Le second résultat obtenu dans les FACE était que la réaction des plantes « en conditions naturelles » était fort différent de ce qui avait été obtenu sous serre. Les arbres sont les plus réactifs cette fois, suivi par les légumineuses puis les herbacées (en C3). En d’autres termes, l’augmentation du rendement des cultures (blé, riz, soja) avait été surestimé.
      Et puis, comme dans les années 90, les systèmes FACE ont bien mis en évidence que le moindre stress hydrique ou minéral entrainait l’annulation de l’effet positif du CO2.

      Proclamer en 2020 que le CO2 est un miracle pour la vie, cela démontre l’inculture scientifique de base.

      Une question pour terminer : pourquoi les sceptiques utilisent-ils les résultats de la NASA quand il s’agit de verdissement de la planète et crachent d’autre part sur les données de température ?

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  4. Je vais vous raconter une anecdote personnelle concernant « l’élite » et son rapport à la complexité.
    Il y a très longtemps, lorsque le service nationale était obligatoire pour tous les jeunes hommes bien portant, j’avais décidé de ne pas subir cette période mais de la mettre à profit : j’avais donc fait une préparation militaire parachutiste pour découvrir le saut, puis une préparation militaire Terre, étape indispensable avant la Préparation Militaire Supérieur.
    Quelques semaines plus tard, j’intégrais une formation d’élève officier de réserve à l’ESM de Saint-Cyr Coëtquidan.
    Nous, les « EOR » (Elèves officiers de Réserve), étions amalgamés aux EOA (les cyrards), les EOX (polytechnique) et EOC (Commissaire, non politique mais les tenants des finances des armées).
    La rivalité « grandes écoles » entre EOA et EOX était assez visible des EOA envers les EOX. Ces derniers étant très majoritairement peu « mili » dans l’âme.
    Lors de cette formation, il y avait un examen intermédiaire pour valider la capacité à être au moins « chef de groupe » (grade de Sergent, 10 personnes à commander).
    Et là, j’ai pu voir de manière concrète la déformation que subissait cette jeune élite.
    Habituée à travailler durement, sur des problèmes complexes nécessitant d’importantes connaissances, cette élite était INCAPABLE pour une grosse part d’entre elle, d’envisager qu’un problème simple EST un problème simple (et pas un piège tordu tendu par l’encadrement) et n’A pour solution qu’une solution SIMPLE.
    Je l’ai vu plus d’une fois, et c’était à tel point qu’on les appelait les poliotechniciens…………
    Je sais, c’était inutilement méchant mais c’était vraiment notre sentiment envers eux!
    J’ai rencontré bien d’autres X : généralement attachant, brillant et avec une force de travail impressionnante.
    Mais le ver est dans le fruit. Et quand dans la partie la plus structurante de votre jeunesse et début dans la vie d’adulte, « on » vous crée un biais intellectuel ne vous permettant pas une approche critique, simple, le tout couplé avec un handicap malheureux : être persuadé d’être supérieur aux autres car appartenant à l’élite, on en arrive à une société inutilement complexe, sur-administrée, sur-réglementé, déresponsabilisante, condamnée au déclin.
    Fin de l’anecdote 😉

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  5. Comparer Ypérite et CO2, même au 2ème degré, oui ça il fallait oser, en pensant aux souffrances de ceux qui ont eu à affronter cette horreur dans les tranchées. Mais encore une fois, personne n’affirme que ce gaz (le CO2) est un poison (ou un péril) en lui même. Vous faites des raccourcis ou des extrapolations personnelles. Et pour bien souligner le trait, vous précisez que c’est le « gaz de la vie », Là aussi c’est aller un peu vite en besogne, passez 48 heures dans une petite pièce bien étanche, vous verrez le ressenti ! Point trop n’en faut ! Mais ce dont on parle, c’est bien sûr son effet indirect (GES) engendré par un rejet massif (carbone extrait du sous-sol et brûlé avec l’oxygène comme comburant) , rejet dans l’atmosphère devenu maintenant (35Gt annuelles) bien supérieur à ce que la végétation terrestre et les organismes marins « ingurgitent » pour restituer l’oxygène et fixer le carbone. C’est comme l’eau. Elle aussi est indispensable à la vie. Sans elle, il n’y aurait plus rien de vivant sur terre. Mais si ses cycles sont perturbés, elle peut aussi avoir des effets indirects très destructifs. C’est un ensemble de facteurs qui tiennent dans un équilibre assez fragile. Comme les différences de température froide (pôles)/ chaude (équateur). Il y a ceux qui pensent que règne sur terre une « régulation indestructible », boucle qui va , peu ou prou, stabiliser les choses après un léger dépassement (comme il y en a eu d’autres). Et il y a ceux qui doutent de cette stabilisation, ou du moins qui pensent qu’elle sera dans des seuils bien trop élevés pour nos sociétés modernes et mondialisées. On verra bien, mais pour l’instant , la régulation n’a toujours pas réagi.

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    • C’est un ensemble de facteurs qui tiennent dans un équilibre assez fragile.

      Qu’est-ce qui vous fait croire que l’environnement dans lequel nous vivons est en équilibre? Le climat évolue sans cesse, les plaques tectoniques bougent, des espèces vivantes apparaissent, d’autres disparaissent…

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  6. Un équilibre oui, presque miraculeux quand on compare à tout ce qu’on connait (même si c’est encore peu), de tout notre système solaire et même au delà. Des gros cailloux avec du sable, de la poussière, des températures de -200° ou +400° , des radiations mortelles, un bon amoniac ou des vents monstrueux. Ah tout ça fait tellement rêver ! Des vacances sur Jupiter, venus ? Faut s’inscrire sur la liste pour Mars …
    Mais ici, une pauvre atmosphère minable avec juste de l’ eau, azote, oxygène, ozone permettant 15°C de moyenne, un juste milieu propice à une vie tellement extraordinaire. Et avec comme indicateurs les deux extrêmes froid aux pôles et chaud dans les déserts brûlants. Oui , franchement, pour moi c’est un bel équilibre. Chacun son avis. A propos, je suis pas écolo, ces bobos citadins voulant interdire la chasse et contre toute évolution technologique. Ma clio dci (diesel pour ceux qui savent pas) consomme 3.5lit/100. Et comble de l’horreur je fume 1 ou 2 clopes par jour. 🤩. C’est moche tout ça !!

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    • Toutes les planètes dont vous évoquez les conditions physiques et chimiques sont à priori… en équilibre, et ce n’est en rien « miraculeux » : tous les systèmes thermodynamiques se placent spontanément dans un état stable.

      C’est juste que lesdites conditions ne sont pas toutes propices à un apéritif convivial.
      Votre point de vue est pittoresque en cela qu’il fait appel à des considérations philosophiques et porte un jugement de valeur sur la distribution des paramètres physico-chimiques dans le système solaire.

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  7. Le plus pittoresque contempteur du « système » Polytechnique était l’atrabilaire professeur Yves Rocard, physicien hors norme qui a marqué ses élèves, et qui déplorait que l’on dispensât une onéreuse formation scientifique à des sujets doués, certes, mais voués à ne plus se servir de ce savoir, car ils deviendraient des bureaucrates de luxe forts éloignés du labeur scientifique. A quoi sert le calcul différentiel dans un carriérisme basé sur l’entregent et et l' »aplaventrisme » érigé en mode permanent de comportement ! L’X-Mines Guillaumat, à ELF, a parfaitement « couvert » de sa science la cocasse affaire des avions renifleurs ! Totalement phase avec l’X Giscard que ça arrangeait bien. Zauraient dû se contenter de dessiner des Mickey rue Saint Guillaume, ce qui aurait coûté moins cher…

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