Magie des mots (2/5)

par Philippe Catier.

F comme Flaubert

Pourquoi Flaubert ? Tout simplement parce que dans son dictionnaire des idées reçues il donne un éclairage très utile pour comprendre l’attitude de l’humanité face au temps qu’il fait :

A la rubrique « été »il mentionne : « toujours exceptionnel, voir hiver »

Et à la rubrique « hiver » on lit : « toujours exceptionnel, voir été ».

On voit par là qu’en 1850 les impressions vis-à-vis des phénomènes météo sont les mêmes qu’aujourd’hui. Seule leur médiatisation a changé. Tout ce qui touche au temps qu’il fait ne peut être banal, il cache toujours un effet d’inquiétude qui alimente les conversations et suscite l’extraordinaire.

G comme Greta

Peut-on imaginer un phénomène de société plus extraordinaire que le mouvement de masse initié par cette jeune fille qui semble avoir touché le cœur des préoccupations de ceux qui pensent qu’il faut « faire quelque chose ». Les activistes de tous bords, les politiques dans leur grande majorité s’inclinent devant cette représentante agressive du camp du bien touchés par sa précoce indignation.

Il s’agit en fait d’un pur produit de communication généré par son entourage et financé en sous-main, cette main n’étant pas éloignée de celle d’Al Gore. D’ailleurs lorsqu’on lui demande quels sont ses arguments pour une telle débauche d’indignation, elle répond qu’elle n’écoute que son cœur. On est dans le registre des bons sentiments qui ont forcément une écoute évidente dans le public. C’est tellement touchant !

C’est là que la magie n’opère plus car, si le cœur est là, la raison en est absente.

H comme Hystérie

Ce chapitre fait logiquement suite au précédent tant l’aspect psychiatrique prend une place importante dans ce débat. D’ailleurs il n’y a pas de débat. Aussitôt que la question est lancée de savoir si véritablement le climat est contrôlé principalement pas le dioxyde de carbone, ou que l’opportunité de changer de modèle énergétique ne paraît pas évidente, les esprits s’échauffent, les noms d’oiseaux fusent, l’interdiction d’être invité sur les plateaux à exposer ses doutes se déclare sans vergogne et les dérapages sémantiques se multiplient en noyant les échanges dans des considérations variées. Vient alors l’accusation suprême au tribunal de l’écologie : « Mais alors, vous êtes climato sceptique ! » C’est la formule magique. Effet garanti.

I comme Industrie

« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Il en est de même pour la relation CO2/température : On veut tellement accuser ce gaz produit par l’industrie qu’on ne regarde le problème non pas par rapport à des périodes temporelles précises, années, siècles ou millénaires, mais par rapport au moment où l’industrie a débuté, « depuis l’ère industrielle ». Cette manipulation contient en elle-même l’accusation puisqu’elle induit d’emblée le phénomène causal. L’augmentation de température serait donc apparue non pas à telle ou telle période de temps mais obligatoirement en rapport avec le développement de l’industrie. Voilà une unité de mesure du temps bien curieuse, dont l’effet accusateur est cependant manifeste.

J comme Jeunesse

 Elle est belle, enthousiaste, active, décidée, mais influençable à souhait. C’est ainsi qu’elle est le terrain d’élection des propagandistes du climat. Comment ne pas être sensible aux mots d’ordres généreux auxquels elle est soumise, faisant appel aux sentiments plus qu’à la froide analyse. Le climat se trouve l’otage d’une ambition plus générale, celle du « bien » au bénéfice de la planète et n’est plus étudié avec discernement. Contester les certitudes climatiques devient volontiers une attitude anti-jeune voire typique d’une génération responsable qu’il faut dénoncer. L’effet du jeunisme peut amener de lâches abandons pour ne pas faire « ringuard ».

16 réflexions au sujet de « Magie des mots (2/5) »

  1. et K comme (Grosse) Katastrophe ?
    S comme Science, euh, pardon, voir P comme Pseudo science ?
    j’arrête là, bravo et merci (si on a, encore le droit d’être d’accord avec des… shame on you… climato-(même « seulement »-réalistes)

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  2. « J comme Jeunesse »
    D’aucuns se pose avec insistance cette question :
    Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ?
    Ne devrait-on pas tout aussi bien lui opposer celle-ci :
    À quels enfants allons-nous laisser le monde ?

    Aimé par 1 personne

      • J’avais retenu cette « double question » relatée dans quelques articles, sans avoir pris le temps avant de la présenter ci-dessus, de vérifier qui en est l’auteur.
        Le lien que vous mentionnez n’est qu’un article (que je n’ai pas lu), parmi d’autres, qui en faut (opportunément, de mon point de vue) usage – néanmoins, sans se référer à son auteur.
        Voici donc la source :
        Il s’agit de Jaime Semprun (je cite) :
        « C’est pourquoi, quand le citoyen-écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? » il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante : « À quels enfants allons-nous laisser le monde ? » »
        — L’abîme se repeuple (page 20)
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Jaime_Semprun
        J’espère avoir ainsi corrigé ce qui apparement vous a « déplu »…

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  3. Deux autres entrées intemporelles du dictionnaire de Flaubert :
    – Doute : pire que la négation.
    – Temps : éternel sujet de conversation – toujours s’en plaindre.

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    • « Temps : éternel sujet de conversation – toujours s’en plaindre. »
      Humour anglais et auto-dénigrement :
      « En Angleterre, comme en France, nous parlons souvent du temps.
      Mais c’est toujours pour déplorer qu’il est mauvais ! »

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  4. Bravo ! on attend la suite de la série comme on le faisait pour les bons épisodes de la télé !

    Pour continuer sur Flaubert et Rivalo, j’avais lu (ici ?) un petit texte qui rappelait que le temps qu’il fait a été un sujet de conversation de toutes les époques, et pour tous, qui se rencontraient au coin de la rue, au café et au marché. On a oublié pourquoi : il n’y a pas si longtemps, une sécheresse un peu longue ou des pluies qui tombaient au mauvais moment provoquaient vite disette, si ce n’est famine.
    On a contourné ces aléas, mais pas renoncé au plaisir de se faire peur avec cet éternel sujet. Ou plutôt certains se chargent de ré-activer et maintenir ces peurs, à leurs avantages ; ils ont découvert que ce tropisme millénaire ne demandait qu’à être exploité. Ils le font donc.

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  5. Quitte à rigoler avec une autiste (Ce qui est mal…), on préférera le héros de « Big Bang Theory » qui lui, au moins, a fini ses études ! Sheldon Cooper ne cesse d’arguer de ses deux doctorats (Et trouve incongru de ne pas encore avoir le Nobel…). Greta, c’est pas sœur Sourire, et elle est d’un ennui… Minou Drouet avait convolé avec Patrick Font (Qui aimait les enfants, ça le perdra), vivement qu’elle trouve le bonheur avec un viking de passage, qui nous en débarrassera…

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  6. Franchement, ce texte est mauvais et n’apporte rien. Même en faisant l’effort de se placer du côté climato-sceptique on ne voit pas ce que vous apportez au débat. Vous enfoncez une succession de portes ouvertes (par exemple : la jeunesse est influençable) et déballez des poncifs. On se moque de votre avis, en fait.

    Profitez de votre retraite pour faire autre chose Philippe plutôt que d’écrire des textes de qualité médiocre sur un blog. Tout ceci sera oublié dans quelques jours et c’est tant mieux. Restez en là, nous n’avons pas besoin des 3 autres textes. Merci.

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