Magie des mots (1/5)

Une série en 5 épisodes de A à Z pour se poser quelques questions sur le sens des mots. BR.

par Philippe Catier.

Les mots ont un sens, mais aussi parfois, une couleur, un effet collatéral sous-jacent.

Il y a dans les interventions et discours concernant le climat et le rôle de l’homme dans son milieu, toute une sémantique qui peut donner lieu à nombre d’interprétations plus ou moins orientées ou porteuses de messages cachés. C’est toute la difficulté, ou l’intérêt, du langage qui peut être utilisé plus ou moins sciemment à corrompre la compréhension d’un sujet.

Il faut donc bien s’attacher au sens des mots qui ont parfois des effets magiques.

A comme Agir (ou activisme)

Revêtue d’une aura positive l’action se présente comme la solution à opposer aux problèmes du jour, surtout quand ils sont présentés avec un caractère d’urgence. C’est le thème favori des prophètes de malheurs qui se dédouanent ainsi des réflexions utiles sur le sens de leur action et sur ses conséquences. Cela leur permet également de montrer du doigt ceux qui, alertés par quelque incohérence dans les motifs de l’alerte ou quelque conséquence potentiellement fâcheuse, préfèrent appliquer un principe de prudence face à un risque avéré plutôt qu’un principe de précaution qui voudrait se protéger d’un risque hypothétique.  La formule « On ne sait jamais » ou « Le risque zéro n’existe pas » justifie souvent des actions inopportunes et couteuses.

Agir (et comment ?) pour « sauver la planète » en se basant sur des projections et des hypothèses ne trouve sa justification que dans une peur de type millénariste dont on trouve au moins 180 exemples dans l’histoire. 

L’activisme se passe volontiers de motif raisonné et trouve sa justification en lui-même.  Agir n’est en fait que le traitement magique de l’anxiété existentielle.

B comme Bio.

Le Bio c’est la vie, c’est la nature, c’est bon. La mode est au bio. Le monde du commerce l’a bien compris qui l’utilise à fond pour doper les marges sans que pour autant les effets positifs sur la santé du consommateur se fasse sentir. L’espérance de vie en bonne santé n’a cessé de croître bien avant l’arrivée de ces produits. Insister sur la qualité réelle du produit et sur la suppression des adjuvants inutiles est tout à fait louable, mais l’étiquette « Bio » ne saurait être le garant magique d’un bon produit ou d’une bonne technique de production. Méfier vous des imitations !

C comme Catastrophe.

Il a été question plus haut de la nécessité impérieuse d’agir car l’urgence est là. En effet la catastrophe est annoncée. 

Certes les problèmes environnementaux existent et il est important d’y prendre garde et de tenter d’y remédier. Mais de là à parler de fin d’un monde, il y a de la marge. Ce discours a un effet anxiogène contre-productif et, dans la mesure où personne ne se sent véritablement en état de siège, parfaitement inefficace.

Et, comme par magie, l’actualité fortement médiatisée multiplie les exemples apocalyptiques venant au secours des collapsologues. Mais la catastrophe reste heureusement purement médiatique, toutes les études étant plutôt en faveur de la diminution de la fréquence et de l’intensité de ces phénomènes dit « exceptionnels ».

D comme Doute

Ce terme est probablement le nœud du problème qui nous étreint concernant le climat. Nous le savons, le doute est la condition sine qua non de la démarche scientifique. Jamais le scientifique ne se contentera de la vérité du moment, il reste par nature sceptique et soumet en permanence cette vérité à la question : recouvre-t-elle l’ensemble du problème posé ? N’y a-t-il pas quelque faille dans le raisonnement ou l’explication donnés ?

Or c’est le scepticisme lui-même qui fait l’objet de toutes les critiques et non la théorie en cours…Si l’on veut discréditer celui qui ne se satisfait pas des solutions proposées on le taxe de climato-sceptique. Cela devient le critère de nullité voire d’ignominie ou de l’aspect criminel de ses contestations. Tel qui se revendique du scepticisme devient le paria de la société.

Nous avons là un retournement quasi magique du terme qui, gage de sérieux, devient la preuve de l’incompétence

 E comme Expert

Voilà un mot magique qui procure à celui qui le détient une autorité scientifique incontestable. Il provoque un effet compétence qui peut mettre à l’abri de la contestation. C’est ainsi que le GIEC s’attribue cette aura en introduisant dans la traduction de son acronyme le titre d’expert profitant que la lettre E s’y trouve comme par miracle. On parle ainsi de « Groupe International d’Experts sur le climat ». Cette traduction de l’acronyme initial IPCC qui en est à l’origine (International Panel on Climate Change) est largement mensongère car il n’y est fait aucune mention d’«experts». D’ailleurs cet organisme « n’a pas pour mandat d’effectuer des travaux de recherche ni de suivre les variables de l’évolution climatologique ». Aucun expert n’y serait donc utile sinon dans le choix des publications à retenir…Tout d’un coup, sous l’effet du mot « expert », d’essence politique voilà un organisme qui devient scientifique.

17 réflexions au sujet de « Magie des mots (1/5) »

  1. Il y a les mots et leur sens, mais aussi, leur choix pour un concept, choix qui peut évoluer en fonction des buts et contraintes observées.
    Nous avons d’abord eu « réchauffement climatique ». Mais le hiatus puis des hivers bien froid ne concordaient pas avec.
    Alors ils sont passés à « changement climatique », permettant d’intégrer le froid mais aussi les phénomènes extrêmes. Malgré tout, le mot changement n’est pas anxiogène, il est plutôt neutre, car un changement peut aussi bien être positif que négatif.
    Alors ils sont passés à « dérèglement climatique » : dérèglement à une connotation bien plus négative, source d’incertitude, de menace,et bien en accord avec leur idée et de perception voulue d’une ingérence humaine néfaste dans « le cours de la vie naturelle ». Ainsi chaque phénomène climatique violent sera de facto de responsabilité humaine.

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  2. «  »Certes les problèmes environnementaux existent et il est important d’y prendre garde et de tenter d’y remédier » »
    De remédier à quoi ? Et comment ? Je croyais qu’il n’y avait aucun changement, que c’était la variabilité naturelle, que l’homme n’a pas et ne peut pas influencer le climat ni dans un sens ni dans l’autre. Non ? Je me trompe ? Bon admettons…ça change, la décennie qui vient de se terminer est de loin la plus chaude depuis 150 ans que les mesures existent. Ensuite, considérer que c’est grave ou pas très grave est subjectif, car ça dépend pour qui, où, et surtout si ce phénomène est bien celui du RCA causé par les GES, il y a fort à parier que ça va continuer (donc s’accentuer) ainsi longtemps. Ceci pour 2 raisons. L’une c’est que les émissions ne sont pas prêtes de s’arrêter, ni même de diminuer. Au contraire, au niveau mondial, ça augmente chaque année. Deux, c’est que les ges déjà émis vont rester dans l’atmosphère très longtemps. Il reste une seule inconnue, c’est l’intensité des événements ou conséquences du réchauffement. Et c’est la clé du problème. Car affirmer que ce ne sera pas catastrophique est un peu hasardeux. Personne ne sait en réalité jusqu’où ça peut aller. Ceux que vous n’aimez pas appeler les experts mais qui sont les moins ignorants de la climatologie prévoient une accélération ou accentuation très importante des phénomènes météo extrêmes. Quand on regarde les dix dernières années avec à peine plus de 1 degré, on peut vraiment se poser la question avec 3, 5 ou même 7°C possibles en 2100 !!! C’est encore long pour une vie humaine, on ne sera plus là (c’est pour ça que beaucoup s’en contrefoutent d’ailleurs) mais à l’échelle du temps géologique, c’est ultra rapide.
    Mais pour agir, c’est mal barré ! Très mal. Ça a déjà été dit maintes fois. Donc pour l’instant on en reste à la phase 1: Constater, accuser, dire ce qu’il faudrait faire, mais continuer à ne pas le faire. La preuve éclatante ce sont les COP qui se succèdent. Et qui se ressemblent…

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    • Soit vous savez qu’il y a un plateau de TMAG (température moyenne annuelle globale depuis près de 20 ans et vous nos sortez sciemment la même désinformation que celle de la propagande réchauffiste, soit vous ne savez pas qu’il y a un plateau de température (le « hiatus » du GIEC), et donc vous avez gobé toutes les âneries diffusées par le Grand Machin, l’OMM, la NOAA et bien d’autres qui nous bassinent avec « une année la plus chaude », ou, pire, « un mois le plus chaud », voire les « journées les plus chaudes » sur une zone régionale (très curieusement, principalement en été), en les imputant systématiquement à un terrifiant réchauffement du climat, en oubliant de préciser qu’il ne fut, somme toute, que d’environ +0,7°C en 130 ans et qu’il a quasiment cessé depuis près de 20 ans.

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  3. « il y a fort à parier… », « Les émissions ne sont pas prêtes de s’arrêter… », « Il reste une seule inconnue… », « Les experts… », « …prévoient une accélération ou accentuation très importante », « Agir… » : le pauvre discours de Zimba illustre parfaitement les points évoqués dans l’article…

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  4. Vous écrivez : « Ceux que vous n’aimez pas appeler les experts mais qui sont les moins ignorants de la climatologie prévoient une accélération ou accentuation très importante des phénomènes météo extrêmes. Quand on regarde les dix dernières années avec à peine plus de 1 degré »
    Sauf que :
    1) Depuis l’accélération en flèche CO2 et de la relative et ancienne montée en t° bien avant l’ère industrielle, les mesures des événements ne montrent AUCUNE tendance. Ce sont des faits. Là-dessus, le GIEC émet au CONDITIONNEL l’hypothèse d’une augmentation de ces événements. Mais il n’en sait rien, voilà la réalité.
    D’autant plus que l’histoire de la vie sur Terre démontre que cette vie se développe, s’accroît, d’autant plus qu’il fait chaud!!!!! Mais cela ne va pas avec la doctrine!

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  5. Je rajouterais N comme naiveté . Il faut être en effet être naif pour croire que les gens vont accepter une baisse de leur niveau de vie dans l’espoir hypothétique de préserver le bien être des générations futures. Personnellement je n’ai aucune envie de renoncer à mon steak tartare hebdomadaire et à mon smartphone fabriqué en Chine pour faire plaisir à Greta Thunberg.

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  6. Comme expression insensée, il y a aussi « alimentation décarbonée » : on parvient vraiment à enlever tous les atomes de carbone qu’il y a dans les carottes ?

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  7. Désolée pour le hors-sujet (relatif toutefois) mais avez-vous vu cette émission ?

    Ce Mr Auzolle est brillant, et accessible pour des néophytes en sciences comme moi… on peut juste déplorer les interventions parfois pénibles des interviewers qui rendent le discours un peu décousu, mais j’ai trouvé les 50mn passionnantes.
    J’attends la deuxième partie avec impatience en tout cas.

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  8. Ping : Magie des mots (1/5) – Le blog A Lupus un regard hagard sur Lécocomics et ses finances – DE LA GRANDE VADROUILLE A LA LONGUE MARGE

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