Cette torture morale infligée aux enfants

L’illustration date des années 20. Sûrement courante en son temps, elle est profondément choquante de nos jours. C’est d’ailleurs sa probable banalité à l’époque qui est rétrospectivement le plus insupportable. Pourtant, fait-on vraiment mieux aujourd’hui ?

Il s’agit d’un jeu pédagogique d’il y a un siècle pour appendre les tables de multiplication. Le jeu lui-même (un petit dispositif lumineux qui donne la réponse à un calcul que l’on peut choisir aléatoirement) a moins d’importance que l’illustration portée sur sa boîte. On y voit un enseignant aux yeux sévères, règle en main prête à s’abattre, fixer du regard un enfant en larmes, aux oreilles d’âne, coupable d’avoir donné une mauvaise réponse à un calcul élémentaire.

Cette illustration est la négation absolue de l’idée que l’on se fait aujourd’hui de l’enseignement. La bienveillance, la patience, l’humanité sont autant de qualités totalement absentes de l’image. Dans cette salle de classe, tout n’est que tristesse, humiliation et violence (la règle n’a à l’époque que trop servi à frapper de jeunes doigts pour les punir de mauvaises notes ou de mauvais comportements).

Un élément subtilement abject de cette illustration est que l’enfant y est représenté comme ontologiquement cancre. Il ne porte pas un bonnet d’âne qu’il aurait la joie d’ôter une fois la bonne réponse enfin trouvée. Non : ses oreilles d’ânes font partie intégrante de son corps. Il sera toujours cet être méprisable incapable d’accomplir correctement la tâche qui lui est assignée.

Devant ce dessin, mon premier réflexe a été de me réjouir en songeant combien nous avions progressé depuis un siècle. Plus personne n’utiliserait une symbolique aussi négative pour vendre un jouet pédagogique. On montrerait au contraire un élève recevant des félicitations pour avoir répondu correctement. Si l’illustrateur avait voulu montrer aussi la possibilité de l’échec, il aurait usé de légèreté, tâché de suggérer que rien n’est irréparable ou dramatique. Par exemple, on imagine facilement un grand Duduche aux traits outrés, au fond de la classe près du radiateur, se mordant les doigts tout en faisant un rictus mi-navré mi-goguenard devant une feuille où il aurait écrit que 2 plus 2 font 6. Et ce serait une bonne chose.

On ne peut que se féliciter que cette façon de voir l’enseignement ait définitivement été remisée au grenier. En passant : celui qui vous le dit est un ancien élève de ce qui fut peut-être l’une des dernières écoles communales qui gardait encore l’esprit de l’enseignement à l’ancienne. J’ai un respect et une reconnaissance éternelle pour mon défunt maître qui m’a tant appris, mais l’honnêteté intellectuelle me commande de ne pas oublier que, si merveilleusement compétent qu’il fût, et si doux et bienveillant qu’il savait être, lui aussi avait une règle dont il se servait parfois pour taper sur les doigts des mauvais élèves — si j’avais été du nombre, mon unique souvenir de doigts serrés attendant le châtiment eût à l’évidence été pluriel.

Après avoir donné cette petite tape satisfaite sur l’épaule de notre société actuelle, j’ai alors remarqué sur l’image ce petit globe terrestre posé sur le bureau de l’instituteur. À l’époque simple allusion à l’enseignement de la géographie, il n’est pas difficile d’en faire un pont jeté entre les années 20 et notre époque. Car si nul professeur n’a plus le droit d’exercer sur ses élèves un châtiment corporel, les châtiments moraux se sont en revanche généralisés, et concernent de façon indifférenciée les bons et les mauvais élèves. De plus en plus violents, ceux-ci consistent à faire de nos enfants des responsables de la planète, des coupables eux aussi ontologiques à l’instar de l’enfant des années 20 aux oreilles d’ânes. Seule la raison de leur culpabilité diffère, bien plus arbitraire aujourd’hui que celle qui condamnait les cancres de jadis : c’est cette fois le globe qui leur demande des comptes, en raison de leur consommation excessive, une tare héritée de leurs parents encore plus coupables qu’eux.

Si mes souvenirs d’écolier ont un tant soit peu valeur générale, alors en-dehors de quelques maîtres violents, les coups de règle sur les doigts ne devaient pas être si fréquents dans les salles de classes. Aujourd’hui en revanche, la culpabilisation environnementale des enfants est institutionnalisée dans les programmes scolaires. Si aucun d’entre eux n’est plus frappé sur les doigts par leur maître d’école, nombreux sont ceux qui y sont frappés à l’âme, et qui ont peur.

Remplaçons le 2+2=6 sur l’ardoise par CO2, et les oreilles d’âne par une natte : voilà la malheureuse Greta. N’a-t-elle pas dû immensément souffrir durant toutes ces années où le pire lui a été enseigné chaque jour ?

« Je ne devrais pas être ici », a-t-elle lâché comme un lapsus lors de son triste discours à l’ONU. En effet, Greta, tu n’avais rien à faire ici. À l’heure de ce discours à New York tu aurais dû, comme tous les enfants de ton âge, être à l’école pour te rêver et te construire un bel avenir. Tu as eu raison de t’en prendre aux adultes, car effectivement ils t’ont fait du mal. Ta seule erreur est de mal diriger ton courroux, qui devrait plutôt frapper ceux qui ont installé en toi le démon de l’angoisse. Le jour où tu l’auras compris, puisses-tu leur pardonner, comme ont toujours su le faire tant de cancres vis-à-vis de leurs maîtres et de leurs coups de règle — jusqu’à éprouver pour eux une affection empreinte de nostalgie.

Le GIEC a ses scénarios pour dans un siècle, voici le mien. En 2119, ceux qui liront nos programmes d’enseignement si délibérément violents dans leur présentation de l’environnement seront horrifiés de voir à quel point les enfants de notre époque pouvaient ainsi être sciemment et inutilement terrorisés. Ils se féliciteront de vivre à une époque débarrassée de cet obscurantisme.

Frères humains qui après nous vivez, n’ayez contre nous vos cœurs endurcis… mais surtout puissiez-vous savoir mieux que nous toute la barbarie contenue dans tout instrument de torture, moral comme physique, utilisé pour formater les enfants.

44 réflexions au sujet de « Cette torture morale infligée aux enfants »

  1. « les enfants de notre époque pouvaient ainsi être sciemment et inutilement terrorisés », manipulés, instrumentalisés à des fins inavouables, idéologiques, économiques, puisque c’est là l’origine de cette guerre de classes, qui effectivement commence dans les salles de classe, dès la maternelle de nos jours. Et il faut bien reconnaître qu’ils ont plutôt bien réussi jusqu’à présent.

    Moi, je n’ai pas eu la chance de connaître l’école communale, bien que mon père ait été menuisier en bâtiment, donc très pauvre. Il s’est saigné pour m’envoyer dans des écoles privées confessionnelles, où croyait-il je recevrais une bonne éducation, je citerai les 3 dernières, que des Saint Joseph, rue de la Bienfaisance dans le 17e à Paris, avenue du Roule à Neuilly-sur-Seine, rue Émile Verhaeren à Saint Cloud, à deux pas de la rue Gounot ou la rue « au 7 Rolls », cela ne s’invente pas je les avais comptés ! Seul fils d’ouvrier en classe (de la 5e à la 3e), dans toutes ces écoles je serai mal traité, humilié, brimé, frappé et j’en passe, aussi bien par mes professeurs que par des élèves de très bonnes familles. Je vous passe les détails.

    Ils réussirent à me faire détester l’école et surtout l’injustice, pas la religion (catholique), au point plus tard de flirter avec le mysticisme (bouddhisme et l’hindouisme) pour finalement devenir athée et farouchement anti-obscurantiste, anti-conformiste, et pour tout dire viscéralement anti-capitaliste. Je préférerai encore aller travailler dès l’âge de 16 ans plutôt que continuer des études, malheureusement. Et comme un pied de nez à ce mauvais sort ou au destin qui m’était réservé depuis ma naissance, à l’âge de 46 ans je passerai avec succès mon premier et unique diplôme universitaire en sciences du langage (CAPEFLE), le 11 septembre 2001, date devenue tristement célèbre, mais aussi le jour de mon anniversaire et où je renouerai avec la politique ! Je poursuivrai ce cursus en candidature libre jusqu’à la maîtrise incluse. J’enseignerai pendant 3 ans le français à l’Alliance française de Pondichéry et je ferai des remplacements de courtes durées au lycée français, notamment, ainsi s’achèvera ma « carrière professionnelle »…

    Ce qui me frappa le plus parvenu à l’âge de 19 ans, c’est de m’apercevoir à quel point j’étais ignorant de tout ou un parfait crétin formaté à la propagande officielle. Je me suis retrouvé en présence de jeunes plus âgés que moi de quelques années grâce à mes potes de quartier issus des classes moyennes (à Rueil), ils allaient au lycée, et j’ai découvert qu’ils parlaient une langue (philo, littérature, politique, etc.) qui leur était familière, alors que je n’en comprenais pas un traître mot. J’en ai été profondément choqué et humilié, parce que j’étais contraint de rester silencieux pendant des heures, en fait je ne savais plus où me foutre pour me faire oublier tellement j’avais honte de ma crasse ignorance. La vaincre sera désormais le combat de ma vie.

    Mon père, qui vouait un culte au « Grand Charles », estimait que l’école publique était infréquentable car infestée de « cocos » (Une fois bien informé, d’anti-communiste, je deviendrai uniquement anti-stalinien.), et qu’il fallait à tous prix que son fils ne soit pas atteint par ce diabolique virus. Il croyait qu’une éducation autoritaire ou rigide formait les hommes… pour en faire de bons esclaves à son image se prosternant devant les riches ou les puissants.

    Il aura eu faux sur toute la ligne : J’ai complètement foiré ma « carrière professionnelle » et ma vie sentimentale, très modestement je suis devenu un marxiste comme il en existe très peu de nos jours selon moi, et si je n’ai pas mal tourné, ce qui faillit arriver à plusieurs reprises, c’est dans un premier temps parce que mes parents avaient fait de moi un homme complexé, faible, craintif (enfant battu quotidiennement), sans ambition, abruti au dernier degré, respectueux de l’ordre établi, puis parce que j’allais acquérir une conscience de classe et la morale qui allait avec, qui coïnciderait avec l’idéal humaniste le plus élevé que les hommes puissent concevoir, bannissant toute forme d’exploitation et d’oppression…

    La violence tout comme l’ignorance est omniprésente dans cette société ou dans le monde, c’est pour ainsi dire leur marque de fabrique, dans leur nature, et tous ceux qui se sont engagés à les vaincre devraient mériter notre respect, pas aveuglément évidemment.

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  2. Violence, ignorance, auxquelles on peut rajouter croyance et concupiscence. La nature humaine est imparfaite mais il faut la regarder en face, avec réalisme et ne pas rêver à des idéaux parfois pires que le mal qu’ils veulent supprimer. Les idéologies sont des creusets d’idéalistes dangereux manipulant les foules et la jeunesse enthousiaste au premier chef. Pour un monde meilleur restons réalistes !

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  3. Une chose toute simple que l’on peut faire est de ne pas ou plus écouter les sirènes alarmistes toujours plus nombreuses et pressantes. (Car, oui, bien sûr, la fin du monde guette…) Personnellement, je ne lis plus que les articles qui parle d’écologie qui mettent en avant des bonnes nouvelles (si, si, ça existe !) et reste insensible à des pétitions en tout genre. Bien que je soutienne Mme. Hidalgo aux prochaines municipales à Paris, je tique toujours lorsqu’elle parle de « péril », de « catastrophe » ou de « traumatisme(s) » climatique(s) mais personne n’est parfait 🙂
    Concernant les programmes de géographie, en fin de compte, peu d’étudiants, contrairement à ce qui est couramment dit, sont réellement inquiets et horrifiés de l’état actuel du monde. Ils sont réalistes. Il y a bien des écologistes radicaux, type Extinction Rébellion ou Alternatiba, dans mon lycée mais ils étaient là il y a quelques années sous d’autres formes (Nuit Debout, anarchistes,…). Ce n’est pas nouveau !

    Faites comme moi, Vivez la vie sans constamment vous culpabiliser et usez de votre esprit critique !

    Franck, 15 ans
    Paris XI

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    • Intéressante votre remarque.
      Dans mon petit lycée de province je constate le même type de réaction auprès de beaucoup d’élèves. En réalité la plupart se fichent du catastrophisme comme de l’an quarante, ou alors prennent bien plus de recul que ce que l’on peut imaginer à leur âge.

      Je me souviendrai toujours de cet élève de collège de cinquième qui après avoir visionné les fameuses 35 secondes de René Dumont sur la pénurie d’eau avait déclaré « Mais Monsieur, c’est un vieux c… ! « .
      https://www.ina.fr/video/I09167743

      Après, pour ce que je sais des grands lycées parisiens, il y régnerai une forte biodiversité tendance écolomarxistes, votre milieu naturel est donc assez typé et votre analyse n’en est que plus précieuse.
      Bonne continuation dans vos études Franck.

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    • En ce qui concerne Madame Hidalgo, si je comprends bien, elle vous ment sciemment, vous le savez, et vous la soutenez quand même ? Ne croyez vous pas que vous devriez vous demander pourquoi elle fait ça ? …

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      • En quoi Mme. Hidalgo me ment-elle ? Je suis à fond pour les pistes cyclables, du logement social, de nouveaux parcs, des transports à moitié prix et des Vélib’ gratuits (je parle de ma situation) Je suis satisfait de son action, pas toujours des discours teintés de catastrophisme. C’est peut être en cela qu’elle s’arrange avec la réalité.

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      • @Franck : De vos propres mots : « elle parle de « péril », de « catastrophe » ou de « traumatisme(s) » climatique(s)  » Or tout le monde ici sait que tout ça n’existe pas.

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  4. « Frères humains qui après nous vivez, n’ayez contre nous vos cœurs endurcis… »
    De nos jours François VILLON aurait été condamné pour sexisme pour ne pas s’être aussi adressé aux « soeurs »…

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  5. je ne peux évidemment pas faire de mon expérience personnelle, une généralité, mais dans le contexte actuel, il y a une chose qui me sidère(en dehors bien entendu des imbécilités habituelles de la secte de la poele à frire):
    pendant toute ma période étudiante, si nous avions des discussions passionnées sur toute sorte de sujets, jamais au grand jamais, nous n’avions ne fut-ce que évoqué le futur de nos retraites.
    Nos jeunes seraient-ils à ce point déjà vieux, qu’ils descendent dans le rue pour préserver leur bout de gras dans 40 ans?
    Et puis, comme de toute façon, on est « foutu » à quoi bon cotiser pour s’assurer une longue vieillesse , qui se limitera à survivre chichement sur un lopin de terre?
    Ce n’est qu’un des paradoxes de l’hystérie qui agite les idiots utiles

    en tant que belge, j’ai commencé à me préoccuper du montant de ma retraite, à 64 ans 8 mois.
    Quand je calcule ce que je coûte par an à la communauté, je frémis au coût de tous les « jeunes retraités » français, pas étonnant que les déficits dérapent
    Et quelle perte d’expérience et de savoir pour la communauté,
    Cerise sur le gâteau, une retraite à 67 ans, cela supprimerait combien de campingcars sur les routes?

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    • « les déficits dérapent », vous êtes visiblement sous l’influence de la propagande officielle. Vous devriez vous intéresser à la manière dont ils sont fabriqués, par qui et dans quel but, qui est destiné à en profiter et au détriment de qui…

      Rien de tel que les faits pour éviter toute confusion sur la retraite par points et les intentions inavouables de ses promoteurs.

      Réforme des retraites : quelles sont les limites du régime suédois ? – francetvinfo.fr 10.12

      Le modèle consiste à épargner des points retraite pendant sa carrière. Une couronne gagnée = un point cotisé, quelle que soit son activité ou son statut. Ainsi, c’est toute la carrière qui compte pour calculer les pensions, et non plus les 15 meilleures années de salaire comme c’était le cas avant 1998.

      Concrètement, le modèle est basé sur trois niveaux. Le premier, c’est le régime principal public, par répartition et pour tous les Suédois, c’est la retraite de base qui fonctionne par points. Ensuite, il y a un régime complémentaire obligatoire par capitalisation pour constituer des fonds de pension. Et enfin un troisième, plus petit, aussi par capitalisation, d’assurance supplémentaire. Le régime public par points ne constitue donc qu’une partie du système des retraites.

      Quelles sont les limites de ce modèle ?

      La particularité de ce modèle unifié, c’est que la valeur des points fluctue en fonction de l’espérance de vie de la génération du retraité, de la conjoncture économique du pays (des cotisations collectées), et de l’âge de départ à la retraite. Ainsi, la valeur du point est variable. Il a déjà baissé : -3% en 2010 et -4% en 2011, avant de remonter +3 et +4% les deux années suivantes, puis a rebaissé en 2014.

      Autre inconvénient : les carrières hachées ou incomplètes de type temps partiels, les études longues ou arrêts, se retrouvent pénalisées. Des inégalités visibles aussi entre les pensions des femmes et celles des hommes. Les femmes, plus concernées par le temps partiel ou arrêtées pour avoir élevé leurs enfants, touchent en moyenne 600 euros de moins par mois que les hommes.

      Par ailleurs, si le modèle incite à travailler plus longtemps, le taux remplacement a baissé. Les pensions en Suède s’élevaient à 60 % du salaire de fin de carrière en 2000, elles ne représentent en 2018 plus que 53,4 %, selon les chiffres de l’OCDE. Conséquence, pour avoir une retraite correcte certains séniors sont obligés de travailler en complément de leur pension. En parallèle, le taux de pauvreté a bondi de 7,3% en 1991 à 14,9% en 2017 d’après SCB, le Bureau central de la statistique suédois. francetvinfo.fr 10.12

      No comment ! Retrait ou pas retrait ?

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      • Bonjour,
        C’est ce système en France qui existe pour les para médicaux comme moi, points, parts et une petite aide sécu pour les conventionnés. 42 ans de cotisations, retraite à 65 ans, et je touche moins qu’un salarié (que je connais ) retraite à 62 ans après 10 ans de chômage des 50 and (sans aucun diplôme, peut être le brevet), 36 ans de cotisations ( période de travail ). ……

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      • je na défends rien, je constate
        il y a de plus en plus de gens émargeant aux systèmes de retraite, notamment du fait de l’allongement de la longévité,et il y a moins de cotisants, avec en plus, des carrières plus courtes
        Que je sache, il n’y a pas de crise grave, de vieillards de 62 ans, qui meurent au travail, en Belgique, ni de catastrophes du fait de vieux croutons devenus incapables
        Les routiers sont en grève, pensez-vous, conduire un 44 tonnes, mon bon monsieur, quelle responsabilité écrasante,quelle pénibilité
        bon, à la limite le bahut roule tout seul,airco, etc, tout est sur palettes, et avec le disque, les temps de travail sont scrutés à la loupe.
        Pas à dire avant….mais pourquoi pas, faut juste y mettre du pognon , comme pour les retraites
        Mais osons un pari:
        on garde Fessemachin, on bazarde toute cette clique verte,la transitude heureuse,et les autres idioties, avec le pognon, une retraite à 55 ans pour tous, c’est possible

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  6. « […] le pantin est pendu, transformé en âne. »

    Reprise : le retour de Pinocchio, pantin perdu dans un monde sans pitié
    Par Murielle Joudet Publié le 19 décembre 2017 à 06h35 – Mis à jour le 20 décembre 2017 à 07h2
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2017/12/19/le-retour-de-pinocchio-pantin-perdu-dans-un-monde-sans-pitie_5231625_3246.html

    « la version de Luigi Comencini, avec ses airs de fête foraine, reste l’adaptation la plus intimement fidèle à l’esprit du pantin de bois pour qui la vie n’est finalement qu’un spectacle de marionnettes étiré aux dimensions du monde, et l’école buissonnière un univers parallèle guidé par l’imprévu et la rencontre. Quant à la cruauté du récit, se gardant de la contourner, le réalisateur italien la restitue scrupuleusement. Livré à lui-même dans un monde sans pitié, le pantin est pendu, transformé en âne. »

    😉

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  7. Je trouve extrêmement intéressant et intelligent le commentaire de Frank. Posé, modéré et pragmatique. Il vous répond ce que je pense aussi, c’est à dire que l’immense majorité des jeunes n’est pas du tout obsédée par la fin du monde, ni des catastrophes climatiques. Par contre lui est conscient et intéressé par ces sujets, mais les considère de manière constructive , à savoir qu’il faut s’en préoccuper, et trouver des solutions à moyen et long terme. Je crois que les jeunes sont plus préoccupés par leurs situations, leurs futurs métiers, leurs salaires, leurs passions, leurs copains/copines , la musique, le sport et les loisirs, que par de possibles catastrophes météorologiques. Greta et ses condisciples sont minoritaires et de beaucoup. A mon avis, ce sont plus les adultes qui sont inquiets. Peut-être à cause de la responsabilité pour leur famille, leur maison, leurs enfants, qu’ils craignent. Les jeunes oublient vite, et ils ont tout à découvrir. Et concernant les enseignants, il m’est avis que leur priorité est de délivrer au mieux les prérogatives de leurs disciplines, déjà pas facile à faire, que de leur parler de fin du monde. A condition qu’ils ne soient pas trop chahutés, ce qui est aussi une autre de leurs préoccupations. Et j’irai même jusqu’à dire que beaucoup d’adultes ne sont pas vraiment paniqués par le réchauffement climatique, du moins tant qu’ils pourront continuer à vivre à peu près normalement. Les conséquences à venir, ce n’est pas encore assez proche ou grave pour eux. A part bien sûr , ceux qui ont déjà commencé à subir. Mais pour l’instant, ils sont minoritaires.

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    • Vous avez résumé ma pensée ! Je pense que des solutions plus durables peuvent et doivent être prises mais dans la discussion et la négociation. Il faut aussi arrêter de tout mélanger. Les questions de pesticides, de plastique à usage unique ou d’émissions de CO2 ne sont pas les mêmes !

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  8. Je veux juste réagir sur le début du texte qui concerne l’enseignement et vous vous réjouissez de l’évolution de celui-ci ? Pas si vite ! Je vous conseille la lecture du livre du prof de philo Madame NOGARET « Du mammouth au Titanic » où vous verrez que l’abandon de toute « autorité », de toute « sélection » ; la prise en compte du passé « colonialiste » de la France vs les élèves noirs ou maghrébins, l’objectif de 90% de bachelier, l’irrespect porté aux profs, l’abandon des notes qui injurieraient les mauvais élèves et la sacro-sainte « égalité » brandie comme un objectif premier font des ravages. Tout comparé à quelques réprimandes « humiliantes » pour fabriquer les « Pisa » que l’on connait ? Bravo. Pour le Climat je suis tout fait OK avec vous.

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    • Ce que vous décrivez, ces manquements, dysfonctionnements ou erreurs, c’est lié à l’Histoire, aux rapports sociaux d’aujourd’hui, à la conception actuelle de l’autorité… (autorité = ‘qui fait grandir’, on en est loin), ces sont des conditions avec lesquelles il faut faire, et d’accord, ce n’est pas simple.

      La bienveillance se situe au-dessus de ces contingences, elle les dépasse.
      Mais ce n’est pas donné à tout-le-monde de savoir faire la part de ces choses, et d’essayer de l’exercer…

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      • Heureusement, vous vous comprenez et êtes là pour nous faire la leçon. Avez vous au moins lu le livre dont je parle avant de « délirer » hors mon propos ??

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      • Non mais dites-donc, qui vous êtes ? Non, je n’ai pas lu le livre, je connais juste la réalité de terrain, dites-moi donc comment vous, vous la connaissez, et si c’est seulement par la lecture.

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      • Qui êtes vous vous même pour écrire « Mais ce n’est pas donné à tout-le-monde de savoir faire la part de ces choses, et d’essayer de l’exercer… » Je crois que vous êtes un plaisantin et ne savez pas de quoi vous parlez. Je connais le terrain aussi bien que vous. Quelle fatuité ! Vous savez tout et nous ne savons rien d’après vous. Çà va les chevilles ??

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      • Quel dommage ! vous vous enferrez vous-même, mon  »ce n’est pas donné à tout le monde » n’était pas dirigé contre vous, mais était un constat général que chacun peut faire en regardant la réalité. Pourquoi faire toutes ces remarques à mon encontre ? non, je ne sais pas tout, et je n’ai pas de chevilles enflées. Mais où est votre bienveillance à vous ?

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  9. Coucou,

    Le fond n’est pas faux, mais gardons nous de prévoir le climat (de pensée) pour les années 2100 !

    En ce qui concerne mon expérience personnelle, mon fils de 8 huit ans ne subit aucun bourrage de mou ! Trier les déchets , ne pas trop polluer , prendre soin des animaux, çà va, c’est plutot la base .

    On verra plus tard si je m’agace au college !

    Bonne journée

    Stéphane

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  10. « Trier les déchets , ne pas trop polluer , prendre soin des animaux, çà va, c’est plutot la base . »

    Faut voir dans quelle mesure vous ne faites pas du bourrage de crâne sans même vous en rendre compte.
    Trier les déchets c’est un choix politique mais certainement pas une évidence économique
    Ne pas trop polluer, ça ne veut rien dire du tout, c’est bien trop vague comme affirmation
    Resté a savoir ce que vous entendez par prendre soin des animaux
    . Le chat d’un voisin qui hante mon jardin est toujours bien accueilli, il passe souvent la soirée sur mon canapé. Par compte il y a beaucoup dautres animaux que j’aime saignants…

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    • Bonjour Murps,
      Sincèrement, pour être exactement dans la même situation que Baloo (ma fille a 8 ans), il n’y a pas de bourrage de crâne dans ces classes de primaire.
      Je pense que les enseignants ont bien d’autres chats à fouetter, comme par exemple, apprendre à lire et écrire aux enfants… et c’est déjà beaucoup.
      Cordialement,
      Nicolas.

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      • Sincèrement, pour connaitre le milieu enseignant je vous garantis qu’on ne loupe pas une occasion de rappeler qu’il faut « trier les déchets » , « ne pas trop polluer  » et « prendre soin des animaux ».
        C’est bien de cela dont parlait l’ours.
        J’ai des photos de mon fils en maternelle défilant dans les rues lors du carnaval et déguisé en panneau solaire. Je vous laisse deviner le thème du défilé.

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    • @Murps,
      Je n’ai pu m’empêcher de sourire en imaginant votre tête à la vue de votre fils déguisé en panneau photovoltaïque 😂
      Plus sérieusement vous êtes tombés sur des zélotes ; je vous garantis que certains enseignants prennent quand même un peu de recul par rapport au programme.

      Cordialement
      Nicolas

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  11. Je crois que la notion de respect en général suffit ou est déterminante.

    Respect des gens sans distinction, ce qui inclut de ne pas les juger, encore moins de les condamner, et au-delà de les réprimer ou de les opprimer, sans oublier de les exploiter. Partant de là, l’enfant va développer des valeurs humanistes et sociales, et il portera aux autres une attention bienveillante et non belliqueuse.

    Le but du jeu avec un enfant, c’est de maintenir en éveil sa curiosité, sa faculté à s’intéresser à tout ce qui l’entoure et à tirer des enseignements de ses expériences pour tracer sa voie dans la société. Et partant de là, il doit pouvoir développer un esprit critique aussi libre que possible, qui le conduira à se questionner sur un tas de choses et accroître ainsi ses connaissances, sinon l’existence n’aurait pas de sens ou pour un peu elle n’aurait aucune raison d’être vécue. Réflexion que se font certaines personnes juste avant de trépasser, qui témoigne du vide qui les accable à ce moment-là, que la mort va venir combler pour les soulager de ce fardeau.

    Respect des choses et de la nature. Les premières parce qu’elles ont été produites par des hommes ou des femmes, à des fins qu’on ignore et qu’on découvrira au cours de la vie ou de nos expériences, la seconde parce qu’elle est notre bienfaitrice. Dans la vie il n’y a rien à attendre, tout à saisir, sans développer un esprit de possession, et c’est le prix d’excellence en récompense ! Sortir de l’état d’ignorance dans lequel nous nous trouvons à notre naissance, est le défit et la lutte de toute une vie, qui procure une grande satisfaction et nous facilite l’existence, nous la rend plus supportable.

    Il y en a qui mène une croisade contre les connaissances, parce qu’elles permettent de prendre conscience du monde dans lequel nous vivons pour le transformer, et l’école, le collège et l’université sont leurs cibles. Alors gloire à tous ceux qui portent et partagent ces connaissances et ces valeurs pour que nous puissions vivre dans un monde meilleur et plus juste, de notre vivant ou plus tard.

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  12. Bon, sinon pendant ce temps là, il y en qui bossent : http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-rechauffement-fiablement-predit-depuis-50-ans,101591 (« Les climatologues avaient raison, et depuis longtemps: dans une étude publiée mercredi 4 décembre dans les Geophysical Research Letters, une équipe américaine montre que des modèles anciens, remontant pour certains jusqu’à 1970, avaient correctement prédit l’ampleur du réchauffement actuel. »)
    😉

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    • LOL, sur la série d’articles de cette époque allant dans tous les sens, il suffit de choisir celui qui est dans les clous, et de passer sous silence tous les autres. Bingo.

      Dans la même veine, je (oui, moi) vous prévois la plage de températures pour la décennies qui vient avec 99% de pertinence, et pour les 2 décennies à venir, je vous le fait à 95% tcepa (toutes choses égales…)

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      • Je n’aurais pas dû écrire ‘dans la même veine’, mais ‘à contrario’, càd que ma seule prévision est donnée pour juste à 99% 😉

        contrairement au cherry-picking a posteriori de ‘la-prédiction-depuis-50-ans’

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      • Je dirais même qu’il suffit d’interpréter l’article qui est vaguement dans les clous tout en agitant le drapeau… Ce serait plus juste.
        Après on peut sortir effectivement tous ceux qui sont totalement à côté de la plaque…
        Ce serait plus honnête.

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  13. Dans les années 70, on commençait à peine à parler de RCA lié au CO2. Voir le débat entre Haroun Tazief qui le prédisait et Cousteau qui le contredisait (déjà). Mais à cette époque, la modélisation ne devait pas être très avancée ni précise. Très peu de scientifiques devaient y travailler et l’informatique presque inexistante. Par contre celui de Hansen en 1988 je crois était je trouve très proche de ce qui s’est produit (il prévoyait l’évolution des T° jusqu’à…2019). L’un des 3 scénarios qu’il donnait est quasiment superposable aux relevés réels. Celui qui prenait comme hypothèse les émissions de GES qui augmentaient à peu près comme elles l’ont fait. C’est assez remarquable vue la complexité des phénomènes et le nombre de paramètres intervenants (en positif ou en négatif).

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  14. Fake news éhontée ou ils osent tout.

    Australie: 40,9°C mardi, journée la plus chaude jamais mesurée – AFP 18 décembre 2019

    Mardi a été la journée la plus chaude en Australie depuis le début des relevés, avec une moyenne nationale des températures maximales mesurée à 40,9°C, a annoncé mercredi le bureau de météorologie.

    Des records ont été relevés cette semaine dans l’Etat d’Australie occidentale, où les pompiers luttent contre des incendies qui ont dévasté des milliers d’hectares.

    Les incendies sont courants à l’approche de l’été austral, mais ils sont apparus très tôt cette année et sont particulièrement virulents. Les chercheurs estiment que le réchauffement climatique contribue à créer des conditions encore plus propices aux feux. AFP
    18 décembre 2019

    Commentaires d’internautes :

    1- « C’est du n’importe quoi, j’étais en Australie en Janvier 2011 et il faisait 43 degrés a l’ombre en plein milieu de tourner et 41 a minuit. Il faut arrêter de dire des c*nneries. »

    2- « C’est faux, la plus haute température en Australie a été enregistrée le 2 janvier 1960 à Oodnadatta avec 50.7 °, soit 10 ° de plus. »

    JCT – Je confirme. 53°C à Tomas Mitchell en 1845, 53°C à Cloncurry en 1889, 51,6°C à Euston en 1897, 51,7°C à Gerardton en 1896, la station de Marra dans le New South Wales a enregistré 130°F (54,4°C) le Janvier 21 1896, et c’était bien avant le formidable développement industriel du XXe siècle.

    Partant de l’article du blog climato-realistes.fr intitulé : Vague de chaleur en Australie: réchauffement global ou événement météorologique local ? Voilà ce que j’ai trouvé.

    In January 1896 (…) Newspaper reports showed that in Bourke the heat approached 120°F (48.9°C) on three days. joannenova.com.au/2012/11/extreme-heat-in-1896-panic-stricken-people-fled-the-outback-on-special-trains-as-hundreds-die/

    Et si vous n’avez pas confiance dans ces données ou dans la personne qui vous les communique ici, vous pouvez consulter à l’adresse suivante les archives du Western Mail du 17 janvier 1896 publié à Perth en Australie : trove.nla.gov.au/newspaper/article/33121679?zoomLevel=4

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  15. @Benoît Rittaud

    Il est intéressant de confronter ainsi deux maltraitantes pour déporter la charge culpabilisatrice et renvoyer le camp-du-bien à sa propre morale (il le fait justement au nom de l’avenir des enfants). Mais j’aimerais aborder la question de l’autorité, de la responsabilité, de la discipline éducative d’origine politique sous un autre angle afin de dégager quelque chose de plus complexe qu’un simple « c’était pire avant », digne pendant du « c’était mieux avant ».

    Ce qui suit n’est aucunement une tentative de réhabilitation des châtiments corporels, heureusement disparu de la scène éducative.

    Le danger ici comme ailleurs, est de regarder le passé avec les lunettes du présent. Porter un jugement à rebours est délicat et ouvre sur le contresens ou la lecture anachronique, ce que vous ne manquez pas de faire @Benoit Rittaud.

    Le premier risque est de faire une lecture sans nuance de cette illustration car c’est bien par bienveillance et humanité que les fameux hussards noirs faisaient preuve de sévérité. Qui aime bien châtie bien. Et la règle est bien là pour arracher l’enfant à sa condition à laquelle son échec le condamne. S’il restait TOUJOURS un être méprisable, alors le professeur ne tenterait pas de l’élever. C’est par ailleurs toute l’histoire de Pinocchio qui finira par échapper à sa condition de cancre. Il faut également sortir du politiquement correct : lire une métaphore au premier degré est ridiculement dangereux alors qu’elle était parfaitement comprise comme ce qu’elle est. Une preuve ? la boite est celle d’un jeu ludique destiné aux enfants, à leur édification. Elle n’était pas négative, c’est notre regard qui a changé sur ce point. C’est le langage publicitaire de l’époque ; sa datation serait par ailleurs erronée puisque le jeu semble dater des années 50.

    Dans sa forme, cette image de l’enfant est une caricature, une déformation grotesque. L’histoire de la caricature (assez récente) a fait grand usage de ces métamorphoses homme-animal ou homme-végétal au 19e (voir « les Poires » par Honoré Daumier). Cette proximité homme-animal se place dans une longue lignée historique. En vrac : physiognomonie de LeBrun, les fables de Lafontaine, en remontant jusqu’au Grecs (le Timée, les multiples métamorphoses des dieux, minotaure, centaures, sirènes, etc) sans oublier bien évidemment les Dieux Egyptiens. Cette thérianthropie se retrouve jusque dans les religions primitives (chamanisme et totémisme par exemple) aussi loin que les dessins des grottes (« sorcier dansant » grotte des Trois-Frères). Chose amusante, la métamorphose en âne dans le cadre d’une initiation ou d’un apprentissage remonte au moins aux romains avec les métamorphoses d’Apulée ( L’Âne d’or). Voir ici un essentialisme à une époque où l’on était formé aux humanités est tendancieux même si l’humanisme fut dès le début considéré comme un club (sans culture, l’homme n’était qu’une bête). Ce sujet fait déjà l’objet de nombreux ouvrages et n’est pas le coeur du sujet ici.

    Rapide retour en arrière : la règle dénoncée ici est en réalité l’image de la férule. La férule fut la règle pendant toute l’histoire de l’école ; elle remonte aux romains qui châtiaient les mauvais élèves avec cette palette de bois. Fouet, martinet, bétula scholastica, verge, coups… on ne va pas refaire ici toute l’histoire des châtiments corporels à visée éducative (et leurs horreurs), mais soulignons simplement que ce fut constamment condamné, sa réglementation très lente mais continuelle permit la réduction des abus jusqu’à leur heureuse disparition. Ces méthodes furent critiquées dès Quintillien, St Anselm, Rathérius, Erasme, Montaigne, Don Bosco (pédagogie préventive qui réhabilite l’affectivité à une époque où l’on rationalise) etc…

    L’école moderne trouve son fondement non pas dans la republique ou la monarchie, mais dans l’Eglise (Batencour, Démia, J.B. de la Salle). Aujourd’hui le prêtre est remplacé par le maitre d’école, le pédagogue, ce qui implique une large refondation des préoccupations morales. Dans un renversement (modele biologique d’évolution, marxisme ) d’ontologique sociale, les missions et les méthodes sont bouleversées. L’école a très peu évoluée au fil du temps mais c’est sous l’impulsion récente du pouvoir qui la pense comme un moyen de réaliser son projet, de faire passer son message qu’elle fut investie d’un projet politique qui lui permit d’opérer une mue rapide. Pour « Diminuer la turbulence des masses » (circulaire de 1828), elle permettra espère-t-on d’émanciper de la tutelle religieuse ; il s’agit de faire adhérer l’élève futur citoyen à son formatage rousseauiste. Le politique a toujours eu la main sur l’école : les Romains pour contrôler les élites des peuples conquis, l’Eglise pour l’éducation religieuse, la monarchie pour lutter contre la réforme, mais c’est avec les pédagogies nouvelles et les projets progressistes sur base naturaliste que le formatage prend une autre ampleur. Il n’est donc pas étonnant de voir le projet écolo-climatique être injecté dans l’école par la puissance publique : ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

    S’il est vrai que l’humanisme des lumières permit d’accentuer l’humanisation de l’école, de l’autre il réintroduit le droit romain avec un succédané du pater-familias qui relègue la femme a une sous-citoyenneté. rappelons que le pater-familias romain avait droit de vie ou de mort sur ces enfants. Là encore attention à la relecture du passé : la conception de l’enfance a radicalement changé ces derniers siècles avec notre vision de l’homme (c’en est heureux sous un certain aspect). Le mouvement fut long. L’enfant était considéré comme corrigible car indocile, et parfois mauvais : le contexte d’une vie dure donnait des coeurs endurcis. Il était aussi perçu comme un animal fougueux à dompter (l’âne) ; l’enfant, miniature d’homme, n’était pas grand chose à cause d’une forte mortalité infantile. Même Montaigne avoue avoir perdu 2-3 enfants « sans fâcherie ». Bach en perdit 10.

    Aujourd’hui, la question des méthodes pédagogiques déborde sur le cadre familial avec l’importante intrusion d’un mouvement législatif et morale qui entend régenter les relations parent-enfants dans une atmosphère autoritaire qui n’est pas sans évoquer un certain totalitarisme. On constate donc un élargissement discutable du terme de maltraitance a tout et n’importe quoi. Elargissement dont l’article se fait l’écho en évoquant une « torture morale » (Guantanamo n’est pas loin ?). Derrière le rejet de toute violence, se trouve une anthropologie rousseauiste qui hélas n’a pas donné les fruits escomptés. Un simple regard dans les cours de récréation (harcèlements, bastonnade, violence mimétique du bouc émissaire), les affaires sexuelles chez les plus petits (miol, abus) suffit à s’en convaincre. L’ultra-violence scolaire rend par ailleurs banal la souscription d’assurances contre les agressions en milieu scolaire : 50% des enseignants en 2015. L’interdiction de la fessée permet-elle d’espérer la pacification de la société ? malgré les fakes-niouse à ce sujet, il suffit d’un coup d’oeil sur les statistiques criminelles suédoises (pays pionnier sur ce sujet depuis 1979 pour l’interdiction) pour voir qu’il n’en est rien, on ne constate qu’une augmentation continuelle des violences. (https://www.bra.se).

    Mais avons-nous tant progressé que cela ? La peur aurait-elle changée de camp ? La punition va de paire avec la récompense : sa majesté bon-point et le banc d’honneur. L’idéologie d’aujourd’hui perçoit l’effort et la valorisation du succès scolaire comme négatif dès qu’il sort de la moyenne (Coleman 1975). Si succès il y a, il doit se faire sans pénibilité. Par un nivellement par le bas, le progressisme a donc réprouvé le travail académique car coupable de sélection en montant l’intérêt contre effort, l’épanouissement contre le devoir. On ne rappellera pas assez que la discipline est aussi d’abord un petit fouet qui servait à la mortification : une souffrance physique pour éprouver la chair et progresser spirituellement. Mais pas seulement, car la mortification est d’abord un renoncement de soi-même, d’une inclinaison, dans un contexte de pénibilité. Le sujet est l’épreuve et la souffrance, avec lequel tout sportif ayant cherché à progresser par dépassement de soi se sentira familier. Dans le cadre scolaire, c’est l’épreuve de l’échec ou de l’effort qui permet une construction intérieure en confrontant l’élève à lui même. Mais la compétition est rejetée car génératrice de souffrance. La punition renvoie à la question de la responsabilité. Dans la recherche de l’émancipation de l’individu, la contrainte est perçue comme un frein car producteur de conformisme (Piaget). Hors, l’enfant doit apprendre à se conformer à la règle (si je puis dire) du jeu avant celle du je (Vygotsky) ; avec la férule romaine allait aussi le ludus (de ludique). La responsabilité est une question morale, et le développement moral repose sur la soumission de l’agir a un sens. Le pédagogisme cherche à tout centraliser sur l’enfant dans une incessante agitation (expérimentation, savoir-vivre…), mais pour commencer à penser il faut d’abord cesser d’agir (Maurice Berger). Ce nudge-cocooning empêche l’enfant d’accéder à lui même.

    On a recherché à aider à juste titre les perdants de la compétition scolaire, mais ce faisant le progressiste à tout fait pour discréditer la discipline. Les indisciplinés ne sont aujourd’hui plus expulsés ou presque, et encore moins punis, ils perturbent donc impunément les efforts de ceux qui cherchent a progresser. Les fauteurs de troubles (faute) d’aujourd’hui sont d’abord considérés comme des victimes, tout comme les délinquants et criminels sont d’abord des victimes de la société dans une surenchère victimaire et paralysante. Les enseignants sont désavoués face à ces situations ou le rapport de force est inversé ; si l’école est devenue incapable de promouvoir une règle alors c’est la loi du plus fort qui resurgit.

    L’échec des méthodes modernes de pédagogie ne concerne pas seulement l’apprentissage mais aussi l’autorité qu’elle a largement contribué à détruire. Nous seront certainement jugés par les générations à venir mais plus certainement sur le fiasco de ces réformes progressistes qui ont plus que contribué à la résurgence d’une société primitive teintée de paganisme violent. Dans un raccourci provocateur nous pourrions dire que nous n’avons (heureusement) plus de férule, mais qu’à la place nous avons gagné Greta. On peut encore espérer puiser dans le passé des recettes et un bon sens qui nous fait aujourd’hui défaut, empêtré que nous sommes dans l’idéologie.

    « … Car, si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous mercis. »

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    • Et j’ajoute un oubli :
      Cette culpabilisation idéologique ne concerne pas uniquement les enfants, mais la société.

      Mot clef : Greta-shaming
      https://www.independent.co.uk/life-style/greta-thunberg-plastic-single-use-office-workers-shame-climate-change-a9196871.html

      « Offices are using photos of climate change activist Greta Thunberg to deter employees from using single-use plastics. »

      https://ucarecdn.com/60a3f7cc-01f6-418a-9447-b35012c26c1a/

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      • C’est WordPress qui met en modo a priori les comm qui contiennent plusieurs liens.
        Vous n’êtes pas gênant, cher Olivier. Je trouve que vos interventions seraient meilleures si elles étaient plus concises et que vous laissiez un peu tomber votre esprit de compétition intellectuelle, mais jamais il ne me viendrais à l’idée de vous modérer pour ça. J’apprécie beaucoup le mal que vous vous donnez pour développer votre pensée. (Et désolé si, ces jours-ci, je ne suis pas trop présent.)

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      • @Benoît Rittaud

        J’ai réalisé l’inanité de ma remarque avec l’affichage du commentaire. Je vous remercie de votre bienveillance, sachez qu’elle est réciproque : votre courage mérite respect. J’apprécie tout particulièrement la force interrogative de vos écris qui sait magnifiquement bien cibler les sujets, surtout si ce n’est pas toujours de la manière qui me semble la plus « adéquate » ;-). Je prend note de vos remarques mais je ne vous promet rien. Pour le reste, vous m’avez lu et c’est déjà beaucoup.

        Je vous souhaite à vous et à vos proches, ainsi qu’aux lecteurs et contributeurs de votre blog, un très joyeux Noël.

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    • « L’école moderne trouve son fondement non pas dans la république ou la monarchie, mais dans l’Église […]. Aujourd’hui le prêtre est remplacé par le maitre d’école »

      C’est tout à fait ça ! L’école joue le rôle d’un « pouvoir spirituel » (au sens d’Auguste Comte) de substitution.
      Voir mon article « Crise de l’École, pouvoir spirituel, et loi des trois états » http://rendrecomte.blogspot.com/2014/09/crise-de-lecole-pouvoir-spirituel-et.html

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