Les hoquets de la science climatique

par Rémy Prud’homme.

En novembre 2018, la prestigieuse revue scientifique Nature publiait un important article sur le réchauffement des océans. Cet article était signé d’une demi douzaine de chercheurs d’institutions réputées (Université Princeton, Université Fudan de Shanghai, Centre de recherche sur les océans de Kiel), y compris un Français cumulard, qui se déclare affilié à la fois à l’Ecole Normale Supérieure, à l’Ecole Polytechnique, à l’Université Sorbonne, et au CNRS. Répétons-le : il ne s’agissait pas d’un article publié par un débutant dans une revue de deuxième ordre, à prendre avec prudence, mais de ce qui se fait de plus solide en matière de science climatique.

Cet article démontrait que les océans se réchauffent bien plus rapidement qu’on ne le pensait jusqu’alors, et donc que la « sensibilité climatique » – l’augmentation de la température moyenne du globe causée par un doublement de la teneur en CO2 de l’atmosphère – est bien plus élevée que ce que l’on croyait, en bref que nous allons griller encore plus tôt que prévu. Le doute n’était pas permis, la science climatique avait parlé.

En réalité, elle avait hoqueté. L’article était bidon. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la science elle-même qui le reconnaît. Nature a demandé aux auteurs de retirer leur article, ils se sont exécuté et ils ont, la queue entre les jambes, publié en septembre 2019 dans Nature une « rétractation ».

Ce trébuchement de la science donne à penser. Il ne dit rien ou pas grand chose sur l’avenir de la planète, mais il éclaire trois ou quatre points.

Le premier concerne la complexité de la science climatique. Les auteurs sont des océanographes réputés, dont la démonstration repose sur des analyses statistiques. On peut être bon océanographe et mauvais économètre. Le chercheur amateur qui a débusqué le lièvre est peut-être un mauvais océanographe, mais il est un statisticien sérieux, et il trouvé une erreur (au demeurant assez grossière) dans les calculs effectués.

Le second se rapporte à la faillibilité du système de publication sur lequel repose la science. La pluralité des auteurs assure en principe la correction des erreurs que tout un chacun peut commettre. Surtout, la relecture à l’aveugle par au moins deux experts indépendants du manuscrit envoyé à la revue, ce qu’on appelle la révision par les pairs, est supposée empêcher la publication des articles indignes. La qualité, la crédibilité, d’une revue dépend de l’efficacité de ce processus. En l’occurrence, il n’a évidemment pas bien fonctionné. Le peer-reviewing a été un pire-reviewing. Si cela arrive avec Nature, cela doit arriver plus souvent encore avec des revues moins  prestigieuses. Il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l‘eau du bain et de condamner ce procédé. Mais il convient d’être critique, et de pratiquer le doute cartésien : on a besoin de climato-sceptiques.

Le fait que les conséquences de l’article allaient dans le sens du réchauffisme (ou de l’écologisme comme dit Bruno Durieux) dominant explique sans doute en partie ce fiasco. Ce fait a pu émousser l’esprit critique des réviseurs. Il explique certainement l’ampleur et la chaleur de l’accueil médiatique de l’article. Des dizaines de « grands journaux » ont titré en première page : « la science prouve que le réchauffement s’accélère ». Gageons qu’ils ne donneront pas la même ampleur à la rétractation intervenue.

On notera enfin que le système scientifique a en l’espèce plutôt bien fonctionné. Le David amateur qui a refait les calculs et lancé l’alerte a finalement triomphé des Goliaths patentés qui s’étaient trompés. Nature a eu l’honnêteté de le reconnaître. La science ne s’en sort pas si mal. Comme on voudrait que les médias et les politiques fassent sur ce sujet la moitié du même chemin !

Références (merci à MD) :
Article initial 31/10/2018 (sous paywall)
Article initial (libre accès pour lecture seulement, avec mention « retracted »)
Liste des auteurs
Article critique de Nic Lewis du 06/11/2018 dans Climate Etc. de Judith Curry
Papier critique de Nic Lewis du 11/2018
Article d’Usbek du 16/11/2018 sur le site des climato-réalistes
Rétractation du 25/09/2019 dans Nature
Retraction Watch, le 25/09/2019
Conclusion de Nic Lewis le 25/09/2019 dans Climate Etc. de Judith Curry

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52 réflexions au sujet de « Les hoquets de la science climatique »

  1. « Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique … »

    – C’est beau et digne, et ceci constitue le début d’un appel à l’aide (ou à la censure?) en provenance de « climatologues » outragés par C. Allégre.
    voir ici: http://sciences.blogs.liberation.fr/2010/04/01/climat-400-scientifiques-signent-contre-claude-allegre/

    – Parmi les signataires emplis de vertu outragée et de rigueur scientifique, en date 24 Mars 2010, un certain Laurent Bopp (LSCE/IPSL)
    ici en bas de la page 4:
    http://m0.libe.com/blogs/sciences.blogs.liberation.fr/2010/04/01/liste-signataire-appel-au-31-%25C3%25A0-15-h.doc

    2010, 2019, les temps changent …
    Mais la mémoire demeure.

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  2. Merci Rémi!
    Dans l’article original, ils écrivent que la teneur en CO2 dans l’océan baisse avec le réchauffement des eaux, ce qui est logique. C’est en contradiction avec l’affirmation mainte fois publiée de l’acidification actuelle de l’océan par le CO2 dissous en excès.
    L’océan fonctionne comme un tampon à pH 8. Le pH des eaux superficielles des océans aurait diminué de 1751 à 2004, passant de 8,25 à 8,14 (Jacobson, M. Z, 2005), mettant en cause la carbonatation des organismes. Le CO2 anthropogène est toujours mis en cause première, alors que l’azote agricole et le SO2 issus de l’industrie sont probablement beaucoup plus responsables du processus, à côté d’autres perturbateurs tels que les filtres UV, la pollution minérale et chimique. Ceci dit, le pH actuel des eaux superficielles varie de 8.0 à 8,44 selon la latitude et est le plus élevé la où les pays industrialisés déchargent à la mer…..Les coraux ont survécu à pire , il y a 250 Ma et au PETM (50-55 Ma)!! Ils survivront à l’homme.

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  3. Il en est du « pH moyen des océans » comme de la « température moyenne » c’est à dire que la pertinence d’une telle moyenne reste à prouver.
    En pire.
    Un litre à pH 8 plus un litre à pH 9 ne font pas deux litres à pH 8,5. Pas du tout.

    D’autre part affirmer simultanément que la température des océans monte et que leur acidité par dissolution du CO2 monte également a un petit côté anar’ qui contrarie la loi de Henry sur les gaz dissous.

    Tour cela me donne penser que les lois de la physique ou même de l’algèbre élémentaire partent à la poubelle dés que l’on parle climat.

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    • Personnellement j’ai toujours eu un problème à faire la moyenne de températures alors que l’addition desdites températures n’a pas de sens physique.
      Je suppose que si ces températures sont des proxies pour l’énergie contenue dans les systèmes considérés alors ça a du sens, mais les contraintes que ça impose ne sont certainement pas respectées pour les thermomètres du GIEC …

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      • Theflynn a dit :«j’ai toujours eu un problème à faire la moyenne de températures».
        Si faire la moyenne de la température d’un litre d’eau à 10°C et d’un autre à 60°C peut se concevoir comme raccourci pour considérer les quantités de chaleur, faire la moyenne entre la température de Buenos-Aires et celle de la cote péruvienne pour obtenir une estimation de celle des Andes boliviennes relève d’une gymnastique intellectuelle plus osée.

        Et ne parlons pas de la moyenne d’un litre d’eau de refroidissement d’un bananier avec l’air d’une station météo automatique située sur un toit en tuile.

        D’ailleurs, les valeurs successives des « températures » publiées par le GISS pour les années du passé ne cessent d’évoluer au fil des années, et de bien plus que l’incertitude supposée.

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      • vous ne pouvez faire la moyenne d’une propriété intensive ici la temperature. Par contre d’une propriété extensive comme la masse vous le pouvez.

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    • @ tous

      Pourquoi dit-on que la température est une donnée intensive ?
      Parce que sa mesure est celle d’une variation de volume spécifique (densité) d’un liquide et que ce type de grandeur n’est pas additif, contrairement à la variation de dilatation volumique entre glace fondante et eau bouillante. Donc il y a une erreur de conception dans le choix de la CONSTANTE alpha de proportionnalité entre T et Volume. Voir une de mes premières réflexions sur le sujet : T5 https://tinyurl.com/y7u7cjtj ou mieux en copié-collé si le papier n’apparait pas par le raccourci.
      https://www.dropbox.com/s/n1alyrmyhnrvg70/T5%20Reflex%20temp%20energie%20calorique%202017.pdf?dl=0

      Vous pouvez voir que alpha est variable selon une loi cubique, ce qui semble logique pour une grandeur volumique mais surtout que sa valeur est en 10^-4 K, ce qui est bien en dessous des marges d’erreur des thermomètres à dilatation. Donc, les moyennes de températures ne souffrent pas du fait que ce soit une grandeur intensive mais il y a plus grave. Les thermomètres mesurent en principe des variations de volume, l^3, même les électriques puisqu’ils sont calibrés c’est-à-dire alignés sur le thermomètre à mercure dans des calorimètres. Or, ces thermomètres, comme leur nom l’indique, mesurent la chaleur, ou énergie cinétique, M*U^2, c’est un carré.

      Dans le papier suivant, https://tinyurl.com/y992nqca j’ai tenté de tirer les conséquences de ce fait illustrées par la phrase absurde de Jean Perrin dans « Les atomes » 1913 : « Or nous venons de voir que l’énergie moléculaire est proportionnelle au produit pV. Ainsi, depuis longtemps, sans le savoir on se trouvait avoir choisi, pour marquer des marches égales sur l’échelle des températures, des accroissements égaux de l’énergie moléculaire, l’accroissement d’énergie étant pour chaque degré 1/273 de l’énergie moléculaire dans la glace fondante. »

      Cette phrase signifie que le théorème de Thalès n’est pas compris, une échelle à intervalles égaux comme celle des thermomètres à dilatation, ne peut être compatible entre deux grandeurs de dimensions différentes.

      Il y a une autre erreur dans la mesure de la chaleur c’est la nature de la constante unitaire qui est utilisée, kB, constante d’ENTROPIE de Boltzmann, qui n’est pas de l’énergie cinétique, ou chaleur, mais seulement de la quantité de mouvement, M*v, des molécules entre deux chocs énergétiques, M*U^2.

      J’ai bien conscience que, n’étant ni physicien, ni matheux, prétendre démontrer que le zéro absolu à -273 °C c’est du pipeau, c’est forcément une idiotie. Mais alors cela doit être facile de le démontrer de façon convaincante. Je pense proposer une application de mon hypothèse de surévaluation des basses températures dans le document suivant, https://tinyurl.com/y74fqfxo que j’ai déjà donné mais augmenté ici d’une discussion avec Paul Aubrin sur WW&W.

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  4. Eh bien bravo pour l’ouverture d’esprit du Pr Rémy Prud’homme qui nous montre ici comme fonctionne la démarche scientifique.
    Cet article démontre à merveille que l’on peut parler et critiquer les sciences climatiques sans être spécialisé dans ce domaine depuis des dizaines d’années.
    En l’occurence, un statisticien (et non un climatologue) vient débusquer l’erreur (grossière), comme pour la courbe Mann lors du rapport Wengman (elle aussi démentie par des statistiques).
    Et la presse et d’autres scientifiques politisés et médiatisés voudraient que seuls les climatologues donnent leur verdict en sciences climatiques. Cet argument « Vous n’êtes pas climatologue (donc taisez-vous) est ici battu en brèche.
    Le fait que ce soit un économiste qui le porte à notre connaissance ne faisant qu’enfoncer le clou de ces prétendus climatologues intouchables. Non, le débas est loin d’être terminé et tous les scientifiques peuvent (je n’ose dire doivent) s’en emparer.

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    • Bonjour,
      En général, je suis plutôt soft dans mes commentaires, car j’estime qu’un débat doit toujours être équilibré, et que chacun a droit à la parole.

      Sauf que depuis quelques semaines, sur ce blog un dénommé antisceptique nous donne des leçons en permanence pour nous expliquer que nous sommes des ignares, que nous ne comprenons rien, et que, en résumé, on ne peut être sceptique aujourd’hui sans être une sorte de débile mental.
      Et comme par hasard, suite à cet article, il n’y a pas de commentaires de sa part…

      Ma question est simple : mais où est passé antisceptique ?

      Signé : Nico, un climato-agnostique, non scientifique, qui exprime son droit au doute… et à la réflexion.

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      • Bonjour Benoît,
        Désolé pour le commentaire un peu énervé.
        Je suis effectivement reconnaissant à Antisceptique et d’autres de venir débattre.
        Sauf que sur cet article, comme par hasard, les contradicteurs habituels ne sont pas là.
        Cordialement.

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    • oui, pour un pris par la patrouille, combien de daubes sont publiées, venant grossir le consensus?
      Et cela sera balayé sous le tapis, d’ailleurs, BFM n’en parle pas….

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  5. Coucou,

    Un nouvel article de la Science, avec plein de chercheurs qui signent: (500 un paquet)

    https://www.liberation.fr/sciences/2019/10/01/les-activites-humaines-emettent-chaque-annee-100-fois-plus-de-co2-que-l-activite-volcanique_1754850

    Article a priori trés intéressant et instructif qui dégénère ensuite dommage.

    « Les volcans participent ainsi aux émissions de CO2, mais leur responsabilité dans le dérèglement climatique … »

    En quoi les volcans participent ils à un réglement climatique ? Ils ont signé quelques chose chez le notaire ?

    Et après patati patata … climato-sceptique … tout faux bien sur… Il doit y avoir un bonus à chaque fois qu’ls pronnoncent le mot climato sceptique sans doute.

    Bonne soirée

    Stéphan

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  6. A cela s’ajoute le fait que autour de chaque volcan de la planète, même sous-marin, il y a un réseau de capteurs de CO2 qui permet de calculer le volume de gaz produit chaque année à 1% près.
    Voilà, c’est tout simple les mesures sur la biosphère, il suffit d’affirmer un truc vague, de le calculer à la louche, et hop !
    On publie l’article.

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      • Le Giec n’a que des modèles.
        Pas de théorie globale ou d’expérimentation.
        Pas d’observation non plus.

        En revanche ses modèles sont politiquement super-fiables : ils voient tout, ils savent tout et prévoient tout.

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  7. Très bon article. Je me souviens d’une publication de Nature avec une énorme erreur dans une simple addition. Elle ne fut jamais corrigée (l’article n’avais pas été jugé bidon). La publicité d’une dé-publication mérite tout autant de publicité que sa mise en ligne.

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  8. Il y a aussi des démentis en souffrance dont on entend plus parler :
    … Climate-Gate !

    En revanche je présume qu’à l’abord de la la COP-25 version 0
    on aura droit à quelques « Wanted »

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  9. Évidemment vous conviendrez qu’un article « réchauffiste » retiré ne signifie pas que tous les travaux de recherche sur le sujet sont du même acabit ! 😉

    En fait c’est surtout la preuve que ces scientifiques sont intègres (si tant est que leur erreur est sincère…). Ils ont reconnu leur erreur et ont retiré leur article. On attend la même chose de Gervais, Courtillot etc pour leur erreurs grossières maintes fois soulignées.

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    • Évidemment vous conviendrez qu’un article « réchauffiste » retiré ne signifie pas que tous les travaux de recherche sur le sujet sont du même acabit !

      Selon quelle logique ?

      Pour comprendre un mouvement, il faut aller regarder à sa source. Al Gore souhaitant monter une structure commerciale par où passeraient les Taxes Carbone (quelques milliers de milliards de bons gros dollars, il y a moyen de gratter un peu dessus sans trop se fatiguer), Tatcher souhaitant mettre un terme aux mouvements sociaux liés au charbon minier, les politiciens en panne de projets et intéressés par l’effet fédérateur de nouvelles anxiogènes, tous cela dans la suite du rapport Meadows et du Club de Rome…

      Il se pourrait bien que tous les travaux de recherche liés au sujet du carbone atmosphèrique soient entachés d’une erreur d’origine, qui semble se situer dans la motivation initiale (et non dans l’aspect technique). Rien à faire, si vous partez du mauvais pieds, vous continuez à marcher tordu longtemps après…

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      • Vos propos sont très vagues et nécessiteraient d’être étayés par des faits, car en l’état ils pourraient très bien s’adapter aux « réalistes ». Exemple :

        « Il se pourrait bien que tous les travaux de recherche liés au sujet du carbone atmosphèrique soient entachés d’une erreur d’origine, qui semble se situer dans la motivation initiale (et non dans l’aspect technique). Rien à faire, si vous partez du mauvais pieds, vous continuez à marcher tordu longtemps après… »

        On pourrait très bien dire, à la lecture de nombreux commentaires de ce blog, que la motivation initiale des climatosceptiques est la peur de, au choix, suivant les intervenants : du socialisme, de la taxe, de le remise en question de son mode de vie etc. Et que cette motivation initiale est votre erreur d’origine qui influe tous vos jugements.

        Bref, avec ce genre d’arguments passe partout, on prouve tout et son contraire, donc rien du tout. 🙂

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      • Houla Pedro. Je vois que vous avez une bonne formation en rhétorique. Un acquit dans l’exercice de l’agitprop ?
        Bravo pour votre entrée en matière : »Vos propos sont très vagues ». Mais le dernier vôtre n’apporte rien d’autre qu’une pirouette…
        Vous auriez pu faire beaucoup plus court : « c’est ç’ui qui dit qui est »

        Les « climatosceptiques » n’ont pas de motivation initiale, comme vous le recopiez, mais une motivation résultante du débloquage initial complet de la société, dont les idées que vous propagez.

        Continuez avec cela :

        des jeunes biberonnés à l’idéologie, les acquits industriels bradés comme Framatome, l’électricité nucléaire remplacée par des lubies coûteuses et inefficaces, des lois invraisemblables qui ne pourront être qu’annulées, mais le mal sera fait (interdire les véhicules thermiques dans la décennie qui vient), de l’argent jeté par les fenêtres pour établir que la sensibilité du CO2 s’élargit d’années en années, le reste à l’avenant,

        et on reparle de l’état de la France dans quelques années.

        Répondez-moi : Vous endossez la responsabilité ?

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      • Là ppm451 vous partez sur le champ politique. Ce débat, légitime et nécessaire au demeurant, ne m’intéresse pas. Mon propos est de dire, pour résumer, que je trouve gonflé de remettre en question des milliers de travaux en posant comme postulat qu’ils sont TOUS entachés de la même erreur originelle. C’est pareil pour les modèles. Vous (les commentateurs) déclamez à longueur de commentaires qu’ils sont inutiles, faux, truqués etc. C’est vraiment mal connaître le fonctionnement de la science. Et l’exemple de la présente rétractation est pour moi un bon exemple que la science fonctionne.

        Enfin n’essayez pas de décrédibiliser votre interlocuteur par des arguments ad hominem inutiles (agitprop) et ridicules. Ça ne fonctionne pas. 😉

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      • Donc vous ne m’avez pas répondu. D’accord. Votre participation ici est un exercice de style, pour défendre une Science que vous concevez chimiquement pure et, j’imagine, vecteur de Vérité . Bon, d’accord.

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      • @Pédro

        ppm451> Il se pourrait bien que tous les travaux de recherche liés au sujet du carbone atmosphèrique soient entachés d’une erreur d’origine

        Si on prend l’hypothèse que je n’ai pas confiance dans les modèles du climat, vous conviendrez qu’il est logique que je rejette toutes les études qui se basent sur les modèles du climat. C’est bâti sur du sable, pas la peine de rentrer dans les détails de l’étude, et ça ne veut pas dire que je soupçonne une fraude dans l’étude. Vous me suivez ?

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      • « je n’ai pas confiance dans les modèles du climat » oui mais votre avis sur le sujet ne compte pas (comme le mien) à moins que vous ne soyez un scientifique capable de dire pourquoi vous n’avez pas confiance. Là on pourrait progresser.

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      • Ne pourrais-je pas dire pourquoi je n’ai pas confiance ? vous idéalisez les scientifiques, eux aussi soumis à leurs biais de perception et d’idéologie.

        Voilà pourquoi je n’ai pas confiance, et ce sont des faits, pas des avis :

        * Le ClimatGate, peu connu ici en France, mais qui a été révélateur de l’état d’esprit de ces scientifiques, je m’étonne que cela n’ait pas été plus dévastateur,

        * le fait que certains scientifiques n’aient pas voulus partager leurs données, alors qu’elles étaient payées par le contribuable, au point que le Congrès américain a dû intervenir pour obliger ce partage,

        * et enfin, le seul point qui conditionne tout le reste, la sensibilité climatique, qui ne cesse de s’élargir au fil des années et des résultats du GIEC (je donnerais de tels résultats à un patron, je me ferais virer aussi sec, mais là, non, 30 années d’études et de modèles pour un résultat de plus en plus incertain, et ça passe).

        Ça fait beaucoup ; si votre confiance n’est pas entamée, vous êtes peut-être un homme vraiment pur et innocent.

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    • Précisions : En même temps que ses remerciements à Nicholas Lewis pour avoir trouvé son erreur, un des auteurs publiait quelques explications sur le blog realclimate le 14 novembre 2018. Il ajoutait que qu’il avait soumis une correction au journal Nature. Ce dernier ne l’a pas publiée et a préféré retirer l’article.

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  10. « Des dizaines de « grands journaux » ont titré en première page : « la science prouve que le réchauffement s’accélère ». Gageons qu’ils ne donneront pas la même ampleur à la rétractation intervenue. »
    Cela est évident. L’AFIS a consacré un numéro de sa revue sur ce sujet. Ou comment désinformer en sélectionnant les articles permettant de faire le buzz et en passant toujours sous silence, ceux qui viennent contredire les premiers:
    https://www.pseudo-sciences.org/Science-et-medias-une-relation-sous-influence
    https://www.pseudo-sciences.org/Comment-les-journaux-rendent-ils-compte-des-resultats-de-la-recherche

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    • Je ne sais pas d’où ces « grands journaux » obtiennent leurs informations, ni s’ils savent ce qu’est une vitesse ou une accélération.
      En matière de températures globales, ils se trompent. Il est facile de vérifier (les données sont publiques) qu’il n’y a pas d’accélérations du réchauffement.


      En rouge, la vitesse de variation des températures globales, en vert l’accélération.
      On ne voit aucune tendance.

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    • Tolnus a dit : «Ce n’est pas ce que dit l’OMM»

      Si l’OMM l’a dit, il suffit de regarder le graphique que j’ai pris la peine de fournir pour constater que, sur ce point, ils se trompent. Il n’y a pas de tendance à l’accélération.
      PS : Cette absence visible d’accélération est tout de même un sérieux indice que certaines causes potentielles n’ont pas un effet aussi important qu’on leur prête.

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    • Pour Pedro: J’ai répondu un peu vite, je n’avais pas regardé votre graphique. Il n’apporte aucun élément probant à votre argument. On y voit très bien la série du CRU qui une fois dérivée deux fois pour obtenir l’accélération, en montre l’absence.

      PS : Cela m’étonne qu’un ingénieur ignore ce que veut dire le terme « accélération ».

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  11. Pour ceux que ça interesse, dans ArXiv ce matin
    (https://arxiv.org/list/cond-mat.stat-mech/recent c’est gratis!)

    arXiv:1910.00583 (cross-list from physics.ao-ph) [pdf, other]
    The Physics of Climate Variability and Climate Change
    Michael Ghil, Valerio Lucarini
    Comments: 84 pages, 52 figures
    Subjects: Atmospheric and Oceanic Physics (physics.ao-ph); Statistical Mechanics (cond-mat.stat-mech); Chaotic Dynamics (nlin.CD); Fluid Dynamics (physics.flu-dyn); Geophysics (physics.geo-ph)

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    • Proposant un article de revue sur l’état de l’art en matière de physique du climat, j’espérais susciter un minimum d’intérêt. En fait quand on parle systèmes dynamiques, physique statistique hors d’équilibre, relations d’Onsager, réponse linéaire à la ou pas halal D. Ruelle, les gens fuient. Alors, ne soyez donc pas climato-réalistes mais climato-agnostiques, assumez!

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      • C’est le destin fréquent des commentaires qui ne font que donner un lien sans explication (surtout quand ils sont hors-sujet). Faites-nous un compte-rendu, je le publie comme article et nous verrons. Bien à vous, BR.

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  12. Ah bon ! Comme le titre de la rubrique était « les hoquets de la science climatique » et que le preprint que je citais, en dépot sur ArXiv, faisait précisément le point sur ce sujet, je ne pensais pas être hors sujet; d’autant plus de son titre est explicite et ses auteurs bien connus …
    Cordialement

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    • Probablement la majorité des personnes n’ont pas vu votre commentaire. Il est donc mieux de commenter dans la foulée de la publication de l’article.
      De plus, je vous invite à mettre le lien direct vers l’étude que vous citez car j’ai été obligé d’en référer à un moteur de recherche pour le trouver :
      https://arxiv.org/pdf/1910.00583.pdf
      Je suis en train de le lire. Merci.

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    • Cela a beau être l’état de l’art de la physique appliquée au climat, il est incroyable que cet article évoque la courbe des T° de Mann sur les 2000 ans passés comme étant valable, alors même qu’elle a été démontée en bonne et due forme de Mac Intyre (qu’ils appellent « contreverse », tant qu’à faire) mais aussi par Grudd, Moberg, Wengman… (qu’ils ne citent à aucun moment).
      Dois je rappeler que la courbe de Mann (comme celle de Marcott et al en figure 4 page 6 qu’ils ont prise) ne fait figurer ni l’optimum romain, ni l’optimum médiéval ?
      Pourtant, on peut à minima comparer toutes les courbes de températures qui existent dans ce domaine en un seul graphique comme sur ce rapport de l’Académie des sciences US en page 2 https://www.nap.edu/resource/11676/Surface_Temps_final.pdf
      Et encore, même dans ce graphique, il n’y a pas les courbes de Grudd, Wengman et j’en passe plein d’autres. Mais ici, on voit bien avec quelle incertitude on doit composer. Cette incertitude est tellement immense que toutes ces reconstitutions ne valent rien, si ce n’est en recherche fondammentale.
      Pourquoi donc les auteurs Gil et al ont choisi une courbe en crosse de hokey pour parler des températures passées alors que bien d’autres ne sont pas de ce type ? Si ce n’est pas un parti pris, qu’est-ce que c’est ?
      Croyant avoir décelé un biais subjectif alarmiste de ces auteurs (et non une vue impartiale de la question), je n’ai pas besoin d’aller plus loin.

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      • @Cédric
        Mac Intyre n’a pas démonté la courbe de Mann. Relisez ceci s’il vous plait https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2019/09/25/climat-non-a-lenseignement-de-la-peur/#comment-13922
        La reconstruction de Grudd n’est qu’une reconstruction locale.

        « Cette incertitude est tellement immense que toutes ces reconstitutions ne valent rien, si ce n’est en recherche fondammentale. »
        ??? vous rigolez là ou vous êtes sérieux ???

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      • Je suis sérieux et je me passerai bien de votre ironie dédaigneuse.
        On peut mettre des physiciens (de sciences dures) sur le climat, cela ne veut pas dire que l’on aura un résultat dur : cela s’applique à la sensibilité climatique où les différences entre physiciens sont grandes à l’étude des paléoclimats comme ici sur ces 2000 ans.
        Grudd est probablement celui qui montre le mieux l’optimum médiéval, bien plus haut que les températures d’aujourd’hui. Soit, il l’a fait seulement sur la Scandinavie mais c’est déjà pas mal.
        Prenons les reconstitutions de températures de l’Académie des sciences US https://www.nap.edu/resource/11676/Surface_Temps_final.pdf
        On voit bien que ces températures peuvent varier jusqu’à près d’1°C de différence selon les sources (ex différences de températures entre Esberg et Moberg ou même Mann autour de 1200 à 0,8°C). Quand on y rajoute en plus l’incertitude liée aux mesures, on est dans l’inexploitable pour les ordres de grandeur qui nous concernent. Ensuite, que Gil et Al reprennent le seul graphique de Marcot et all pour montrer les paléos climats relève d’un biais alarmiste car la décence en science (souvenez-vous l’objectivité, ce n’est pas un gros mot), aurait été de montrer toutes les courbes sérieuses de T° et non une seule, d’autant plus la plus alarmiste, la plus exponentielle.
        Vous savez, en gestion de risques, on a l’habitude de voir ces peurs exponentielles comme biais subjectif dans la prise de décision. Les scientifiques n’y sont pas à l’abri, comme ici avec une parti pris dans le choix de courbes.

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      • Pour préciser « Quand on y rajoute en plus l’incertitude liée aux mesures » je rajouterai « des proxies ». Il faut savoir que les proxies s’adaptent aux changements climatiques et tendent à lisser le signal de températures par leur adaptation.

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      • Sinon, cadeau, le rapport Wengman, qui a tué pour l’éternité la courbe de Mann https://www.uoguelph.ca/~rmckitri/research/WegmanReport.pdf : « In general we found the writing of MBH98 somewhat obscure and incomplete.
        The fact that MBH98 issued a further clarification in the form of a corrigendum
        published in Nature (Mann et al. 2004) suggests that these authors made errors
        and incomplete disclosures in the original version of the paper. This also suggests
        that the refereeing process was not as thorough as it could have been. » MBH98 étant les reconstitutions de Mann. Je sais ça tue.

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      • Certains climato-sceptique diraient que puisque Grudd travaille avec des cernes d’arbres c’est forcément nul (désolé, je rigole, c’est juste une pique gratuite.)
        Je vous dirai plus sérieusement que Grudd n’a pas travaillé sur la Scandinavie mais juste sur un petit bout de 55 000km² (soit à peu près la surface de l’Aquitaine) ce qui n’est pas vraiment assez pour représenter l’hémisphère nord.
        Oui, il montre un optimum (pas forcément médiéval car il commence vers 800 pour se terminer vers 1100) plus chaud de 0.7 / 0.8 °C par rapport au début des années 2000 (fin de la reconstruction en 2004). Donc un optimum que l’on ne peut pas qualifier de « bien plus haut que les températures d’aujourd’hui ».

        Du coup, Grudd n’est pas forcément aux fraises avec sa reconstruction par rapport à celles présentées dans l’AR5 (pourquoi se limiter à l’Académie des sciences US), et la plupart des « reconstructeurs » s’accordent sur le fait que l’optimum médiéval c’est en gros +0.5°C et le petit âge glaciaire -0.5°C, en moyenne, à l’échelle de l’hémisphère nord, avec bien entendu des régions plus ou moins impactées et surtout une temporalité assez variable du phénomène.
        Les ordres de grandeurs sont là, parfaitement exploitables, et à l’échelle globale il est évident que le réchauffement actuel est plus fort que celui de l’optimum médiéval.

        Que Gil et al n’ai choisi qu’une seule courbe ne me gêne pas puisque l’objet de la figure n’est pas de discuter des reconstructions mais de discuter de « Hockey Stick Controversy and Climate Blogs ».

        Au rapport Wegmann on pourrait vous opposer celui de l’Académie des Sciences US.
        Si vous trouvez un peu de temps aller lire ceci : http://www.realclimate.org/index.php/archives/2005/02/dummies-guide-to-the-latest-hockey-stick-controversy/
        Et vous comprendrez que le rapport Wengman, n’a pas tué pour l’éternité la courbe de Mann.

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