Dans la tourmente du « phénomène Morel »

par Bertrand Alliot.

Article paru dans le dernier numéro (n°2) du trimestriel Transitions & Énergies (reproduit avec autorisation).

Alors que l’humanité ne s’est jamais aussi bien portée, d’aucuns s’étonneront du succès phénoménal de l’écologie, de son omniprésence dans les discours des gouvernants et de l’ensemble des partis politiques occidentaux. A ceux-là, on ne saurait trop conseiller de lire les aventures de Morel l’homme en rupture avec la race humaine, l’homme qui voulait véritablement « changer d’espèce ».

Morel est le héros des racines du ciel de Romain Gary (prix Goncourt 1956). Cet idéaliste s’était donné pour mission de sauver la nature « à commencer par ses plus grands enfants » : les éléphants. Morel « défendait une marge où ce qui n’avait ni rendement utilitaire ni efficacité tangible, mais demeurait dans l’âme humaine comme un besoin impérissable ». Le misanthrope fit de la savane africaine son maquis. Il était devenu insaisissable, surgissant de nulle part pour neutraliser les chasseurs d’éléphants. Sa notoriété grandit à force de coups retentissants. La presse relatait ses exploits et le public occidental finit par s’amouracher de cet homme ordinaire, créant ainsi « le mythe des éléphants ». 

En dehors du « grand public », personne ne prenait au sérieux cette histoire de pachiderme. Morel ne pouvait être qu’un « fou », un agitateur politique à la « solde des soviétiques », un agent français chargé de dissimuler « les réalités coloniales », l’initiateur d’un « nouveau mouvement totalitaire ». Son combat, Morel ne le menait pas seul : il s’était lié à des aventuriers vivant d’expédients et à des nationalistes africains. Mais, ceux-ci n’étaient que des alliés de circonstances poursuivant leurs propres intérêts. À ses côtés, seule une belle allemande égarée croyait à la sincérité de son combat ; elle avait enfin trouvé une raison de vivre…

Comme le héros de Gary, les apôtres de l’écologie, fascinés par la beauté de la nature, rencontrèrent dès le début la méfiance et les moqueries des ruraux et des acteurs de la société industrielle, subirent les foudres de certains intellectuels les accusant de nourrir un projet antihumaniste. Aussi ont-ils suscité l’indifférence des plus pauvres et des autorités qui les représentaient, cette même indifférence que regrettait Morel : celle « des hommes noirs » qui n’avaient aucun scrupule à abattre les éléphants pour leur viande et qui trouvaient les cheminées d’usines « mille fois plus belles » que « le cou des girafes ». 

Cependant, grâce à leur force de convictions et portés par les circonstances, les écologistes reçurent un soutien décisif : celui des citadins. Comme Morel, les naïfs admirateurs de Gaïa se retrouvèrent progressivement au centre du jeu. Les médias firent « autour de cette affaire un battage qui finit par en déformer le sens » et l’écologie est devenue cette idole que personne n’a plus osé attaquer de front. Sur ces entrefaites sont arrivés les profiteurs : les capteurs de subventions de la transition énergétique, constructeurs d’éoliennes et autres panneaux solaires, les opportunistes rêvant de devenir ministre ou député… « Quel que soit le feu qui brule, il faut l’alimenter » pensait en stratège Waïtari, le leader nationaliste africain du roman, « voilà pourquoi il est indispensable d’annexer Morel et de profiter de la curiosité qu’il suscite »… 

Ainsi, le battement d’aile de Morel avait fini par provoquer une tempête planétaire. Après avoir bien grandi sous l’effet des passions, l’écologie s’est transformée en « un phénomène » irrationnel et les frêles papillons de la politique ont été pris dans la tourmente. Ceux-ci ne savent maintenant que faire sinon déverser des paroles et des mesures inspirées par la peur d’une apocalypse dont personne n’a encore vu ni le centre ni la périphérie et qui est devenue quasiment mythologique. Pour renouer avec la raison et le réalisme politique, ils doivent en finir avec le mythe « écologie » et s’attacher à développer des politiques de « l’environnement » dont le but raisonnable est de soigner les maux du quotidien et d’organiser une paisible transition. En un mot, ils doivent rompre avec le « mythe des éléphants » pour mieux soigner les éléphants…

27 réflexions au sujet de « Dans la tourmente du « phénomène Morel » »

    • Les universités depuis le xiie siecle bénéficient des Libertas Scolasticas. La liberté académique.
      Les politiques, les clergés, les lobbys n’ont pas le droit de dicter leurs désirs aux universités.
      Dans une université, les maitres et les élèves décident..
      Au départ, c’était une charte professionnelle, une forme de franchise. Un équilibre entre des professionnels désireux d’indépendance et une autorité contestée. Au moyen Age à Paris il s’agissait de l’Église qui campait rive gauche et se chargeait d’education.

      La liberté academique aujourd’hui c’est un régime d’exception utile un petit peu comme le régime de l’irresponsabilité du parlementaire qu’on autorise à dire et voter des grosses bêtises dans l’hémicycle sans risquer la Bastille.

      Je suis étonné d’apprendre que Cédric Villani,scientifique, trempe dans cette manœuvre grossière.
      Quel sera le prochain petit pas ? Enseigner l’intelligent design ?(sous forme d’option, bien entendu, on ne veut obliger personne)

      Je suis tout aussi étonné par la stratégie du même, candidat à la mairie de Paris. Ignore t’il l’importance historique du Quartier Latin, de l’université de Paris dans la fabrication des Libertas Scolasticas, fondement de la libre pensée, des Lumières, des grèves étudiantes ?
      Que lui a t’on promis en échange ?

      Cliquer pour accéder à news-34073-proposition-loi-climat-environnement-enseignement-superieur.pdf

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  1. « Alors que l’humanité ne s’est jamais aussi bien portée, d’aucuns s’étonneront du succès phénoménal de l’écologie »
    Un type qui hérite de 10 millions d’euros et qui claque quotidiennement 1 million au casino il aura aussi le sentiment que tout va bien. Le problème c’est qu’ au 11 ème jour il n’aura plus que ses yeux pour pleurer. Je ne sais pas si vous êtes au courant mais l’humanité vit à crédit.

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    • « l’humanité vit à crédit »

      A crédit vis à vis de qui? La nature? Cet environnement hostile peuplé de prédateurs et de parasites, régulièrement ravagé par des catastrophes naturelles, où on est obligé de construire des abris pour survivre? Il faudrait quand même remettre les choses leur place: c’est l’être humain qui rend la nature vivable, c’est l’être humain qui valorise le potentiel de la nature. Si la nature est belle c’est parce qu’il y a un humain pour l’admirer, l’entretenir et l’embellir. Les paysages sont avant tout créés par l’homme. Lire à ce sujet le très bel article de J.-B. Noé:
      https://www.institutdeslibertes.org/lecologisme-la-grande-menace-pour-lhomme/

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    • Tolnus a dit :«Je ne sais pas si vous êtes au courant mais l’humanité vit à crédit.»

      C’est ce que voudraient nous faire croire les calculs fallacieux d’une ONG activiste.
      Ils sont à peu près aussi fiables que les prédictions de Paul Erhlich dans les année 1960-1970.

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  2. « Car c’est l’industrie humaine qui nous a fait une nature habitable ; et c’est le forgeron qui laboure, qui fauche, qui émonde. Rousseau fut saisi un jour de voir une usine accrochée au bord d’un ravin sublime ; mais sans cette usine, mon bon Jean-Jacques, tu n’aurais point pu te promener, mais tout au plus chasser avec d’autres, et avoir faim, et avoir peur. » (Alain, Propos, 28 septembre 1911).

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  3. @benoitrittaud, tu vas probablement penser que je fais une fixette mais Julian Huxley (fondateur de la WWF et de l’UNESCO) ne déplorait-il pas en 1960 « la tendance constante des autorités (africaines) à faire passer le développement agricole ou d’autres formes de développement “humain”, avant la conservation de la grande faune ».
    Bein, oui, l’écologie est un anti-humanisme, teinté de néocolonialisme… Et ce néocolonialisme est utilisé pour contrôler les ressources naturelles dans les pays du sud, voilà pourquoi on en est là : elle sert des intérêts matériels et économiques, géopolitiques et stratégiques ; elle fait partie du business en somme. Par exemple, quand on empêche un pays du sud d’exploiter ses terres ou sous-sols pour des raisons écologiques, ne serait-ce pas parce que d’autres pays sont sur le même créneau et voient d’un mauvais oeil l’arrivée sur le marché d’un concurrent ? Les exemples sont légions pourtant. Et tout cela au détriment du développement de ces pays, au profit de l’enrichissement de ceux déjà en place. D’un autre côté, il ne faut pas être naïf, il y a bien des grandes compagnies qui viennent piller et détruire l’environnement des populations locales en leur laissant des miettes. Mais face à cette situation, l’écologie n’est pas la solution puisqu’elle représente l’autre face de ce néocolonialisme, n’étant pas du côté des populations locales qu’elle souhaiterait laisser dans un état primitif ; état garant du bon état de la nature.
    Bref, où on vient carrément piller les ressources, où on vient bloquer l’utilisation de ses ressources par les locaux sous prétexte de préservation écologique grâce à une myriade d’ONG toutes plus utiles et financées les unes que les autres. Voilà pourquoi certains ne sont pas prêts à en finir avec le mythe de l’écologie mais à l’entretenir, elle sert leurs intérêts.

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    • Je ne crois pas que c’est ainsi qu’ils le voient. Plutôt comme des pays encore « préservés » et qu’il faut empêcher d’arriver à avoir un environnement comme le notre, artificiel, pollué, etc, etc….
      D’où aussi cet autre aspect d’empêcher toute nouvelle industrie, d’interdire les pesticides, herbicides dans notre propre environnement.
      Bref, un retour à l’origine source de naturel, pur, innocent….. les idiots!

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      • Oui, c’est la vision des ONG, leur moteur idéologique mais derrière cela, il y a des intérêts économiques et politiques qui savent utiliser ce moteur idéologique pour bloquer le développement de régions entières qui viendraient les concurrencer sur les marchés internationaux. Il n’y a pas beaucoup de moyens d’aller gérer le foncier dans d’autres pays en passant par dessus les souverainetés et intérêts nationaux et locaux ; l’écologie en est un, lié au soft-power pour le moment. Mais vu l’hystérie au Nord, je ne serai pas étonné que l’écologie fasse une entrée fracassante dans le hard-power dans les années qui viennent. On n’enverra plus nos troupes pour sauver la démocratie mais pour sauver la planète. On parie ?

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      • Bonjour à tous
        Dans ce cas c’est l’armée disposant d’une énergie sûre stockable et fiable qui gagnera la guerre
        S’est on déjà demandé pourquoi les différentes armées du monde n’ont pas entamé leur transition énergétique ?
        Pourquoi n’y a-t-il pas de porte avions à voiles ? D’avions de chasse à panneaux photovoltaïques ? De sous marins au biocarburant ? De missiles propulsés à la catapulte ?

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  4. Bonjour à tous,
    je lis avec intérêt depuis plusieurs mois les articles et les réactions sur ce site et suis tout de même frappé (à la longue) du caractère un peu circulaire et répétitif de certaines discussions – notamment lorsqu’on sort du débat strictement scientifique pour ferrailler sur le terrain idéologique. Est-il bien raisonnable de s’attaquer ainsi à l’écologie comme telle, par exemple ? Ne faut-il pas veiller très prudemment à ne pas s’attaquer idéologiquement aux idéologies ? Ainsi, l’argument : « il y a des intérêts économiques derrière tout ça » est tellement exploitable par les deux camps qu’il me semble qu’il vaudrait mieux le laisser… aux idéologues – qui dénoncent invariablement la mauvaise foi de l’idéologie d’en-face. Il y a indéniablement des problèmes écologiques de premier ordre, même si le réchauffement n’en est pas forcément un. Pourquoi ne pas s’en tenir au point nodal de toute l’affaire : expliquer, publier, instruire le grand public des raisons (ou « preuves », s’il y en a) que le CO² n’est pas coupable ? Si l’on parvient à convaincre sur ce point, tout le reste ne s’ensuivra-t-il pas nécessairement, sans qu’on ait besoin d’établir séparément chaque point qui fait polémique (les ours blancs, la fonte des glaciers, les ouragans, les moustiques tigre… ). Tout ce qui n’est pas pédagogique paraît finalement contre-productif.
    Bien cordialement.

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    • Bonjour Dikih, et bienvenue,
      L’argument sur les intérêts économiques est largement utilisé contre les climato-réalistes, c’est même l’hôpital qui se moque de la charité. Il est important de montrer ce qu’il en est : ça n’explique pas tout, mais c’est un élément d’appréciation pour comprendre comment toute cette affaire tient sur pieds.
      D’autre part, expliquer l’inocuité du CO2 est nécessaire mais pas suffisant. Certes, cela peut convaincre ceux qui sont inquiets pour la planète parce qu’ils croient au méchant CO2. Mais la grosse majorité est ailleurs : beaucoup croient au méchant CO2 parce qu’ils sont inquiets pour la planète. Vous n’imaginez pas le nombre de gens qui, une fois convaincus par quelques arguments climato-réalistes, se replient sur « mais alors, si ce n’est pas le climat le problème, qu’est-ce qu’il faut faire pour sauver la planète ? »
      Aujourd’hui, il FAUT croire que la planète va mal, peu importe pourquoi. Le climat n’est qu’un instrument circonstanciel, qui a pris la place d’autres récits. Ceux-ci ne font que décliner ce que j’appelle la peur exponentielle et la peur du monde étroit (surpopulation, hiver nucléaire, pluies acides…).
      Si on ne mène pas un travail intellectuel plus profond qu’un simple argumentaire sur le CO2, un de ces jours la peur glissera du climat vers autre chose (la biodiversité tient la corde en ce moment), les climato-réalistes auront alors une belle victoire à la Pyrrhus à se mettre sous la dent.

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      • La question c’est de savoir si ce travail intellectuel que vous appelez de vos voeux sera mené avec l’objectivité nécessaire. Accepterez-vous de reviser vos positions sur le climat si la hausse des températures se poursuit ?

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      • « La question c’est de savoir si ce travail intellectuel que vous appelez de vos voeux sera mené avec l’objectivité nécessaire » mais oui sûrement, il n’y a pas eu de RéalisticoGate chez nous, et il n’y en aura pas, car nous n’en avons pas besoin…

        « Accepterez-vous de réviser vos positions sur le climat si la hausse des températures se poursuit ?  » hé bien si une hausse de température re-apparaissait après un arrêt de 2 décennies, nous constaterions qu’une hausse de température est ré-apparue… donc pas besoin d’accepter une révision, nous ferions un constat de hausse de température.

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      • On ne peut pas argumenter sérieusement sur la base de courbes, surtout de celle-là : elle sont le résultat d’un traitement numérique dont il faudrait connaître les tenants et aboutissants, sur la base de données brutes dont il faudrait savoir d’où elles sont issues, et comment elles ont été collectées… les courbes sont la synthèse d’un travail en amont, et c’est ce travail qu’il faut évaluer (et non une courbe que l’on pourrait ‘lire’ de façon instantanée). De plus, j’aimerais avoir confirmation que cette courbe représente bien une température globale, et pas celle des seules terres, à altitude 0. Ce qui change tout…

        Je pourrais vous faire remarquer que l’évolution des températures « moyennes » absolues, depuis 1998, ne présente aucune caractéristique de variation dans un sens ou dans l’autre.

        Et c’est plutôt cela qu’il faut interroger si l’on voulait chercher une tendance ; la courbe que vous nous présentez est moins pertinente, car c’est une anomalie de température par rapport à une période de référence, comme par hasard les années 50..80, c’est-à-dire l’hiver 54 exceptionnellement froid, et la période 60..70 de forte croissance des stations d’hiver pour cause de neige abondante… en bref, vous avez bien choisi votre courbe 😉

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  5. Personne n’a « peur » du CO2. En 2014, une fiction « grotesque » de la météo en France pour 2050 (c’était le terme je crois) des « réchauffistes » présentait ça, vous vous souvenez ?
    https://www.rtl.fr/actu/meteo/video-la-fausse-meteo-pour-2050-d-evelyne-dheliat-deja-d-actualite-7798105535
    Et puis il y a eu l’été … 2019, juste 30 ans avant, la blague !
    Alors maintenant , les tarés de MF continuent de « faire peur » aux pauvres gens ignares avec ça :
    http://www.meteofrance.fr/actualites/75746838-changement-climatique-8-aout-2030-le-mercure-pourrait-localement-depasser-les-50-c
    Mais c’est grotesque !! Pfff ! dans 10 ans
    Plus sérieusement, avec quel travail intellectuel rassurerez vous ces gens ? Vous parlez toujours de la peur. Mais elle fait partie intégrante de la vie. Si elle est proportionnelle aux dangers, elle peut être salvatrice. En montagne, on escalade les crêtes et les parois,on fonce !! et de temps en temps, on se dit oups, je le sens pas ce truc aujourd’hui, pourquoi ? comme une intuition ? Je pourrais peut-être passer, ça n’a pas l’air impossible … mais je vais faire demi-tour ou trouver un autre passage. N’est ce pas une attitude raisonnable ? Si la peur du cancer peut vous faire arrêter de fumer , n’est elle pas un excellent motif ? plus encore que le portefeuille ? La peur de l’accident vous fait ralentir, etc. C’est pas bien ? Il ne faut pas tomber dans l’excès , c’est vrai. Il faut continuer à avancer . Mais le(s) phénomène(s) qui nous intéresse(nt) ici, nous oblige à nous questionner. Il ne faut pas caricaturer en prenant comme excuses l’incompétence des journaleux, des politiques, ou des people. S’ils exagèrent l’alarmisme (d’origine scientifique je rappelle), ce n’est pas une raison pour ignorer les risques, et ne pas chercher une autre voie (encore très très lointaine hélas) . Certains disent que le remède sera pire en privant les gens du développement normal de leur famille/région/pays. Non, il ne faut pas le voir comme ça. D’abord, pour l’instant pas grand chose ne change avouons-le. Les 80 Millions de barils de pétrole continuent à être pompés chaque jour, pour le gaz et le charbon ça augmente, et il y aura de plus en plus de centrales nucléaires (moins émettrices de GES mais jamais bien rassurantes) en toute logique. La peur et le catastrophisme ont encore de beaux jours je crains. Il faut avoir l’audace de tenter de trouver d’autres voies , chercheurs, entreprises, start-up. Mais le défi est immense , sans doute faudra t-il plusieurs générations. Pour les autres problèmes que le RCA (pesticides, biodiversité, etc…), il y a aussi sans doute des voies parallèles à imaginer. Sans aucun doute.

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    • Zimba a dit :«les sentiments qu’ils ressentent face à l’urgence climatique sont partagés par l’ensemble de l’humanité notamment ceux qui subissent directement l’impact climatique,»
      Vous avez raison sur un point : il ne faut pas confondre l’environnement avec l’écologisme (écologie politique). Personne ne subit directement l’impact climatique (vous ne confondez pas la météo avec le climat, n’est-ce pas). En fait, le changement climatique que les historiens ont constaté depuis le milieu du 18ème siècle est bénéfique, comme les précédents (époque romaine, réchauffement médiéval).
      La sensibilité climatique est probablement faible (ECS 1,7K peut-être). Il n’y a pas d’urgence climatique. Ce n’est qu’une hystérie je l’espère passagère.

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  6. Hans Jonas (« Le principe responsabilité ») parle d’une « euristique de la peur » : la peur donne des idées, à condition que l’imagination qui y pourvoie reste couplée à la raison – sans quoi on bascule dans la peur pathologique et la panique… C’est bien le problème : entre « l’alarmisme » ou le « catastrophisme » et le pur et simple « mais non, tout va bien ! » les voies de la vraie prudence paraissent étroites et difficiles. Ce que je voulais dire un peu plus haut, c’est tout simplement qu’il ne faut pas jeter le bébé (l’écologie) avec l’eau du bain (l’écologisme idéologique). La réflexion intellectuelle « plus profonde » dont parle Benoît relèverait en grande partie de la « psychologie des foules » et de la « fabrique de l’idéologie ». Mais la question de fond, ici, reste tout de même scientifique – puisqu’il se trouve que depuis plus d’un siècle les grandes idéologies (racisme, marxisme…) se réclament de la science. Or, il est probable que 95% des jeunes qui ont défilé aujourd’hui de par le monde ignorent que le CO² n’est pas un polluant… D’où, me semble-t-il, la nécessaire priorité de la pédagogie sur la polémique. Je signale, à ce propos, l’introduction croissante de l’écologie dans les établissements scolaires (avec par ex. la création, cette année, d’un « éco-délégué » par classe). Peut-être y aurait-il là une opportunité à saisir pour le « climato-réalisme », qui aurait tout à gagner à diffuser ses idées auprès des jeunes par ce canal…
    Bien cordialement.

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