Le mythe de l’homme nouveau

par Philippe Catier.

La multiplication des interventions médiatiques des chantres de l’apocalypse climatique pourrait prêter à sourire tant elles se nourrissent de la surenchère, de la peur irrationnelle et de l’utopie. Il faut cependant tenter de décrypter ce phénomène et savoir si on peut retrouver une constante psycho-sociologique à ce phénomène qui caractérise notre époque.

Notons tout d’abord que ces prévisions apocalyptiques nous sont servies régulièrement et pour la période récente tous les dix ans depuis 1972 et le club de Rome. 2019 devait être une année apocalyptique annoncée il y a dix ans par le GIEC. Maintenant c’est 2035 (P. Servigne)

Quelle est donc la nature de l’obsession qui guide ces prévisions ?

Elle a bien sur un ressort qui est la peur, ce sentiment profond toujours alimenté par les médias.

A-t-elle un objectif ?

Si l’on décrypte le fond des pensées écologistes, il s’agit de faire resurgir un mythe, celui de « l’Homme nouveau ». Nous quittons là les éléments du réel pour atteindre les fantasmes idéologiques dont on a du mal, sous le masque des bonnes intentions pour l’espèce humaine, à comprendre tant la définition que les moyens à mettre en œuvre. La question du climat permet alors de détourner l’attention des véritables objectifs poursuivis.

C’est ainsi qu’on entend chez ceux qui exècrent le « système » dans lequel ils vivent : « il faut changer de paradigme » (D Bourg dans les chemins de la philosophie) « il faut changer de société » (C. Duflot dans le grand entretien), « çà suppose une révolution culturelle » (R Gluskmann dans le grand entretien) « sauver la planète » (Tout le temps…) et j’en passe. Le fond mythologique qui anime toutes ces personnes qui veulent faire notre bonheur est sans aucun doute celui de « l’Homme nouveau » qu’il faut arriver à créer par la contrainte pour sortir de l’impasse supposée. Il faut donc nous obliger à modifier nos comportements, changer notre nature vénale et consumériste, engendrer des reflexes et des manifestations collectives en quittant tout ce qui peut ressembler à de l’individualisme, diminuer nos besoins pour retrouver une « pureté originelle » … Tous ces objectifs peuvent entrer dans un shéma et une exigence de vie à titre individuel , librement acceptée mais il ne s’agit pas de cela. Il s’agit de modifier la nature humaine en profondeur par la contrainte.

Cet homme nouveau nous l’avons vu passer plusieurs fois au cours de l’histoire et sous différents masques mais il n’a pas tenu la distance bien qu’il renaisse souvent de ses cendres. Au passage il a manié l’asservissement, éliminé les contestataires, produit des clones sanguinaires, des guerres mortifères, sans que les promesses radieuses aient produit leurs fruits.

Au prétexte du climat on nous ressuscite l’Homme nouveau. Gageons qu’il séduise encore longtemps beaucoup de jeunes toujours enthousiastes mais sans le recul nécessaire. 

En voulons-nous vraiment ?

Une écologie réaliste n’est elle pas possible qui se baserait sur les faits plus que les projections, qui analyserait froidement les problèmes sans céder à la peur, qui ne mélangerait pas toutes les questions (climat, CO2, pollutions, démographie, déforestation, bien-être animal, voire égalité hommes femmes…) pour n’en régler aucune, qui n’opposerait pas l’homme et la nature, qui se soucierait de l’économie des moyens mis en œuvre ? 

Tout cela en prenant l’Homme, ses besoins, ses aspirations, ses facultés et ses défauts pour ce qu’ils sont fondamentalement sans fantasmer sur l’Homme nouveau ?

On se prend à rêver en entendant un candidat à la mairie de Paris prôner une écologie basée sur la science. Sait-il à quelle science il aura à faire ? A quels mythes il devra s’affronter ? A moins qu’il en soit lui aussi un adepte…

29 réflexions au sujet de « Le mythe de l’homme nouveau »

  1. Voici ce que disait Margaret Thatcher « Les sciences économiques sont la méthode, le but est de changer le cœur et l’esprit. »
    Créer un homme nouveau était aussi un objectif pour les libéraux.

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    • Être renouvelé est le mouvement même de la vie, et tous nous désirons être invités dans cette dynamique. Je ne sais pas comment pensait Margaret Thatcher en disant cela, peut-être rappelait-elle simplement que derrière les mécanismes froids de la société, c’est le coeur et l’esprit des hommes qui est le plus important. Si c’est ce qu’elle voulait dire, c’est acceptable, et il ne faut pas y voir une histoire de libéralisme ou de socialisme.

      On peut constater que ce désir profond, enraciné en chacun, est clairement *utilisé* par certains pour faire avancer des projets de société, sans aucune gène de leur part, eux qui savent que la mémoire politique du peuple ne dépasse pas 2 années, et sa compétence technique est limitée : ils promettent l’eau claire et l’air pur pour bientôt, en menaçant des pires méfaits du gaz carbonique si des taxes ne sont pas levées dans les 18 mois qui viennent, martelant que dans 10 ans on est foutus.

      Il faut rappeler à ces braves gens qu’ils n’ont absolument pas la possibilité de renouveler quoique ce soit, certainement pas le coeur de l’homme, qu’au contraire ils sont en train de dévoyer ce qui a été patiemment construit (avec plein d’erreurs, d’accord) et que le résultat prévisible de la volonté d’imposer leurs lubies par la loi crée déjà à des problèmes.

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      • « peut-être rappelait-elle simplement que derrière les mécanismes froids de la société, c’est le coeur et l’esprit des hommes qui est le plus important.  »
        Non, vous n’y êtes pas du tout. Son but était de détruire la mentalité collectiviste induite par les politiques keynésiennes qui ont été menées en Grande-Bretagne jusqu’à la fin des années 70. Elle a compris qu’en créant un environnement économique laissant plus de place au marché (comme elle a fait dans le domaine du logement en vendant une bonne partie du parc communal de logements publics ), on force les individus à adopter une mentalité beaucoup plus individualiste et utilitariste. Prenons l’exemple de la politique scolaire .Lorsque l’ Etat subventionne moins les universités ,obligeant celles-ci à augmenter les frais d’inscription , les étudiants sont obligés de s’endetter davantage et de s’orienter vers des formations plus rentables , plus valorisées par le marché .

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      • « Non, vous n’y êtes pas du tout. Son but était de détruire la mentalité collectiviste induite… »
        Je n’évoquais pas ce qu’elle a fait ou voulu faire, j’écrivais que l’on pouvait légitimement dire que l’important, c’est l’homme.

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  2. Philippe,
    A propos des chantres de l’apocalypse climatique qui se nourrissent de la surenchère, de la peur irrationnelle et de l’utopie, incluez-vous tous ceux qui nous pronostiquaient un retour aux froids polaires en 2020 ?
    C’est ici https://archive.is/3pJIY
    Comment les incluiriez vous dans l’analyse ?

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    • En matière de climat, ce hasardé à faire un pronostic est très dangereux compte-tenu du système chaotique qui le dirige et que nous ne connaissons que très peu pour le moment.

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      • Les pronostics sur le climat et le chaos de la météo n’ont rien à voir puisque le poids respectif des prévisibilités de première et de deuxième espèce (au sens de Lorenz) sont différents ; mais là n’est pas la question.

        Vous dénoncez, coté carbocentristes, ceux qui se nourrissent de la surenchère «vers le chaud» et vous développez votre billet là-dessus. Bien.

        En réaction à cette surenchère «vers le chaud», il existe une surenchère «vers le froid», nourrie pas une fraction non négligeable de climatosceptiques.
        Ma question est donc : où place-t-on ses personnes dans votre réflexion ?

        Merci

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  3. Alors disons le clairement et simplement, tous les régimes à travers le monde et l’histoire qui ont essayé de créer l’homme nouveau ont en fait débouché sur les pires dictatures.
    Pour éviter que les citoyens (qui ne veulent pas être de leurs hommes nouveaux) ne s’échappent vers des contrées plus clémentes, ces régimes ont mis des frontières étanches entre le territoire qu’ils contrôlent et les autres régimes plus libres, plus enviables.
    Eh bien, là, avec la surtaxation du carburant, la volonté d’interdiction de l’avion, le localisme, l’inflation réglementaire carbo-centriste, la description négative et flippante des pays hors UE (USA, Russie, Chine, Inde, Brésil, Moyen-Orient, Afrique…), on assiste à cette mise en place progressive de frontières physiques et mentales pour empêcher l’homme nouveau de s’échapper de sa prison écologique.
    Tous ceux qui ont opprimé les classes populaires à travers les âges sont maintenant repeint en vert. L’Etat écologique réglemente, le législateur écologique contraint, la police écologique opprime, la douane écologique bloque, la diplomatie écologique soumet, le missionnaire écologique converti, les multinationales écologiques accaparent, les patrons écologiques exploitent, l’armée écologique agresse mais l’homme libre que j’entends rester les emmerde, aujourd’hui comme hier (ça y est, c’est dit, on se refait pas).

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    • « A propos des chantres de l’apocalypse climatique qui se nourrissent de la surenchère, de la peur irrationnelle et de l’utopie, incluez-vous tous ceux qui nous pronostiquaient un retour aux froids polaires en 2020 ? »

      C’est vous qui faites de la surenchère : l’article ne parle pas de froid polaire, mais de tendance au refroidissement, il est écrit en 2008 et fait état des 20 à 50 ans à venir, ce qui nous amène à 2028 – 2058 : on n’y est pas encore.

      Je suis prêt à parier, non sur base scientifique mais sur le seul fait que les experts en leurs domaines se gourrent systématiquement dans leurs prévisions (et cette fois-ci on nous apprends qu’ils sont consensuels à 97,5%, plus les médias et les politiques), ce qui nous fait 99% de consensus du coté des experts (ils sont donc en train de se gourrer très très fort), je suis donc prêt à parier contre eux que le refroidissement aura bien lieu.

      Pas difficile, dans un climat qui bouge / a toujours bougé, comme en météo : après la pluie, le beau temps.
      Au pire vous attendez entre 300 et 1000 ans, et c’est la prochaine glaciation avec 300m d’épaisseur de glace à Lille.

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      • Je sais, mais je préfère laisser l’ordre chronologique des messages, sinon je trouve très malpoli de s’intercaler pour répondre, alors que quelqu’un s’est déjà donné la peine d’élaborer une pensée,; c’est pour cela que je commence ma réponse par un petit rappel du message initial
        C’était voulu 😉

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      • Maman me disait avant de partir pour l’école : « travaille bien ! Et sois gentil avec tes ptits camarades »…
        Je sais pas pourquoi ça me revient, mais il y avait en fait du lourd là dedans. 😏

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      • @ppm451
        « C’est vous qui faites de la surenchère : l’article ne parle pas de froid polaire, mais de tendance au refroidissement, il est écrit en 2008 et fait état des 20 à 50 ans à venir, ce qui nous amène à 2028 – 2058 : on n’y est pas encore. »

        -2.5°C pour 2020 selon Pierre Gosselin ! (et il n’était pas le seul à le penser).
        Pour moi ce genre de choses c’est pire que les prévisions de l’IPCC

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    • J’ai déjà vu sur des catastrophes une grande majorité d’experts s’être trompée et cela s’est traduit par des milliers de morts supplémentaires. Je suis désolé, c’est pas rassurant mais ça existe en fait. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas suivre les consignes des autorités qui sont la plupart du temps bonnes mais que vu les impacts, il ne faut pas rester silencieux dans ces cas là.

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      • Les consignes des autorités concernant la pollution et le climat sont mauvaises pour la plupart et tres variables dans de courts espaces de temps. Exemple :en moins de 6 mois nous sommes passés de la prime d’encouragement pour s’équiper en diesel et chaudière fuel à la volonté de les interdire.

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      • En effet, sur le climat, elles sont très mauvaises. J’évoquais les consignes en situation d’urgence et notamment lors de catastrophe naturelle ou technologiques (soyez vigilants, évacuez, calfeutrez-vous…). Mais même là, il peut y avoir quelques fautes dramatiques.

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    • Ai je parlé des experts ? Je ne fais qu’appeler à réfléchir, en général sur les comportements plus que sur l’expertise scientifique du climat qui me semble d’ailleurs balbutiante et manipulée.
      D’autre part : « Les experts » lesquels?
      N’y en a t il pas dont on n’entend jamais la voix et dont on ne cite jamais les travaux?

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      • 😉 Il y avait une nette provocation dans mon utilisation du mot « expert », d’ailleurs je pensais surtout aux hommes politiques qui reprennent avec conviction ce qu’ils ont vite compris pour annoncer, à la tribune où leur voix porte loin, la « poële à frire à venir » ou « les tsunamis provoqués par le réchauffement », et ceux qui engagent des choix importants (fermer des centrales, interdire les moteurs thermiques) quand on voit bien que ce n’est pas pour des raisons rationnelles. Bien sûr qu’il y en a beaucoup qui ne font pas de bruit, et grâce à qui les progrès techniques -et notre bien-être- continuent. Je pense notamment à ce Français que personne ne connaît, qui, grâce à son expertise en physique des solides, à décuplé la capacité de nos disques durs dans les années 1990, alors que 10 ans avant, on annonçait la fin des disques durs pour cause de seuil de capacité atteint, et concurrence des mémoires à composants électroniques.
        Voir Albert Fert, et la description étonnante de ce qui se passe sous les têtes de lectures.

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      • @Philippe
        « N’y en a t il pas dont on n’entend jamais la voix »
        Plein. Il y en a plein ! Mais pas forcément du coté où vous croyez.

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  4. Non, l’homme nouveau n’est pas un mythe.

    On peut même le définir mathématiquement, ou de façon de systémique, lorsque l’homme atteint une limite du système Malthusien dans lequel la Nature nous contraint de vivre, à changer sa façon de penser le monde et comment vivre dedans.

    Au néolithique, le passage de la chasse à l’agriculture semble être une optimisation de la limite malthusienne de la chasse sur une surface donnée.

    A l’ère préindustrielle, l’homme nouveau s’est préparé à l’industrie dans la chasse à la baleine.
    L’histoire de Moby Dick est l’épopée malheureuse de ces chasseurs de baleines pour faire tourner la société préindustrielle. Cela a pris fin avec le déploiement du charbon et surtout du pétrole, il est bien plus simple de chasser le charbon, le pétrole ou le gaz que la baleine surtout quand leur nombre diminue.

    Aujourd’hui, l’homme nouveau se doit d’être l’homme nucléaire.
    Nous sommes à l’Ère de l’énergie nucléaire, le nier, c’est très sérieusement se mentir, mentir aux gens qui sont autour de soi et qui n’ont pas conscience que nous sommes tous, sans exception, à l’Age Nucléaire, comme il y a eu l’Age de Pierre, de Bronze etc etc …

    A l’age nucléaire, l’homme nucléaire sait mettre en ordre, les puissances de réacteurs, comme à l’age du pétrole, on savait mettre en ordre la puissance des moteurs, ou des réacteurs d’avions.

    Mais mettre en ordre les réacteurs nucléaires cela ne semble pas possible pour le GIEC.

    Parce que dans le rapport du GIEC, les conseils qui résultent de leur prédictions catastrophiques montrent qu’ils savent parfaitement ordonner des moteurs à combustion de carbone et comme par hasard, ils ne savent pas, ou plus ordonner les réacteurs nucléaires, disponible sur Terre, (pas dans leur ordinateurs) par puissance en Watt.

    Cette étrangeté perturbe l’homme nucléaire que je suis, par contre elle ne perturbe pas nos fidèles du GIEC.

    Il est très suspect de la part du GIEC de cacher qu’il existe une solution nucléaire sans déchet qu’ils ne mettent pas, ni en perspective et encore moins en concurrence avec la filière nucléaire officielle.

    Si on dit au GIEC que la Terre, c’est le vaisseau Enterprise de Stark Trek qui vogue dans l’espace intersidérale, y aurait-il un Captain Kurk ou un Mr Spok, où peut bien se trouver le plus gros réservoir d’énergie dans le vaisseau Enterprise ?
    Ils n’ont pas l’air de savoir au GIEC.

    Alors oui, Philippe, l’homme nouveau va bientôt exister, cela risque d’être un gros débile qui sait ordonner des moteurs à combustion de carbone sans problème mais il ne sait pas faire avec les réacteurs nucléaires. Sur les conseils avisés du GIEC, bien évidement.

    En plus comme on vit dans un monde capitaliste, on voit tout de suite qui choisit une solution de père de famille et qui choisit une solution jetable tous les 50 ans.

    De toutes façons, la contrainte Malthusienne de l’énergie fera son travail tôt ou tard, d’une façon à serrer la ceinture ou à l’ouvrir, tout dépendra des choix que fera l’Homme nouveau.

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    • Bien sûr l’homme a progressé au cours des siècles dans le domaine de l’énergie et bien d’autres domaines mais il s’agit là de l’homme libre d’évoluer sans contraintes autres que celles de sa survie ou de ses envies. C’est l’homme tel qu’en lui même si je puis dire.
      Ce que l’on nous propose aujourd’hui c’est de changer par la contrainte l’homme lui même en un Homme nouveau en lui demandant de s’abstraire de la « nature », de sa nature, et de renoncer à ses envies, de lui faire admettre et même souhaiter une conduite « pure ».

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  5. Coucou,

    Le voila votre nouvel homme :

    Le Néerlandais Frans Timmermans chargé du climat, une priorité de la nouvelle commission

    UNe grosse charge !

    Bonne journée

    Stéphane

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