La machine de guerre d’Al Gore

par Michel Negynas.

Al Gore a beaucoup perdu de son aura, en particulier aux États-Unis. Son deuxième film a fait un flop, son mode de vie fastueux et peu écologique, ses démêlés conjugaux, détails croustillants à la clé, ont fortement entaché sa réputation.

Mais il n’en reste pas moins très actif, et ses talents de missionnaire s’exercent désormais de manière moins bruyante, mais incomparablement plus efficace. Patiemment, il quadrille la planète de missi dominici du climat. La mise sur orbite médiatique de l’adolescente Greta Thunberg nous le rappelle fort à propos.

En effet, le manipulateur blogueur Ingmar Rentzsog, qui en est l’initiateur, a semble t il été formé par l’organisation d’Al Gore « The Climate Reality Project ». Le site d’Al Gore et le site de Rentszog se ressemblent d’ailleurs étrangement : même structure de présentation, même design dans les couleurs… chacun peut juger aisément par lui-même.

Cela pousse à regarder ce qu’est réellement le Climate Reality Project. Une chose est sûre : même si l’organisation est quasi inconnue du grand public, tout est transparent. On peut donner ce crédit à Al Gore. Mais l’examen du site donne froid dans le dos, du moins si on veut garder un peu de lucidité.

L’organisation a été fondée il y a une douzaine d’année. Sa mission, traduite directement du site :

Catalyser une solution globale à la crise climatique en faisant nécessité d’une action urgente à travers chaque tranche de la Société. (…) en politique, en affaires, dans tous les aspects de nos vies, partout…

Nous faisons cela en habilitant des gens ordinaires à devenir des activistes, équipés avec les outils, la formation et les réseaux pour combattre en faveur de solutions et de leviers au changement, et cela mondialement.

Le langage militaire semble approprié, puisque ailleurs dans le site, Al Gore parle de « révolution climatique ».

Les chiffres donnent le tournis : 17 millions de dollars de budget en 2017, «  17 000 Climate Reality leaders formés, mobilisant des communautés dans 150  pays…un quadrillage du globe en 10 régions ou nations critiques autour de la Terre…. » …Plus de 80 congrégations d’activistes (en croissance) aux Etats Unis, poussant pour des politiques effectives d’énergies vertes. »

Et lorsqu’on lit le détail du chapitre « Formation des volontaires et engagement », on trouve (traduction libre) :

En 2017, les Climate Reality leaders ont fait 3500 présentations sur le changement climatique et ses solutions dans 59 pays. Ils ont réussi 22 350 Acts of leadership, comme contacter des influenceurs, organiser des évènements, écrire des articles imprimés ou en ligne…

En 2017, Climate Reality a piloté un modèle de congrégation, en en formant 50, dirigés par des Leaders ou d’autres activistes. Chaque congrégation se connecte aux étudiants locaux, aux parents, aux professionnels ou autres, en ciblant les problèmes climatiques qui touchent spécifiquement chaque communauté.

Pour certaines, cela signifie mettre la pression sur les conseils d’administration des écoles, sur les conseils municipaux pour passer à l’électricité renouvelable avec des campagnes entièrement organisées par Climate Reality. Pour d’autres, cela signifie travailler pour fermer les centrales sales ou les infrastructures à base d’énergie fossile. Climate Reality fournit les organisation en congrégations avec les supports de campagne, les programmes de formation, et les opportunités de soutiens à haut niveau….Chaque communauté est liée au réseau national de compagnons des congrégations, conduisant tous ensemble le changement dans le pays…     

Le terme « Chapter », utilisé en anglais, est assez difficile à traduire. De la part de Gore, ancien prétendant au pastorat, il est probablement à forte connotation religieuse. 

Ce terme, ainsi que certaines connotations guerrières, rendent bien compte de ce qu’Al Gore a entrepris, et est en passe de réussir : une croisade, avec tout ce que cela comporte de débordements possibles. 

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16 réflexions au sujet de « La machine de guerre d’Al Gore »

  1. « Croisade », un mot à connotation religieuse, bien trouvé en effet.
    Ce que vous relatez fait immédiatement penser au mot « secte », dans sa définition -légale- française… mais pas « états-unienne », où toutes les « religions » sont tolérées… jusqu’à ce qu’elles en arrivent à des extrémités du genre Temple du peuple en Guyana, et encore, c’était bien en-dehors du territoire des USA, même si les « adeptes » étaient très majoritairement citoyens des USA.
    J’attends en retour que nous,; climato-réalistes, soyons traités de « secte », ou à défaut d’hérétiques, quoique là, c’est déjà le cas pour beaucoup (de scientifiques « hors norme »)…

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  2. C’est devenu une affaire personnelle où il y a des financements juteux à la clé ? On ne voit pas bien quelles sont ses motivations sinon de laisser son nom dans l’histoire ,et vraisemblablement comme celui qui a embarqué toute la civilisation dans le mur au cas fort probable ou le climat se refroidirait. Son organisation a tout d’une secte.

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    • Tout cela me fait tellement penser aux « Voyages du capitaine Lemuel Gulliver en divers pays éloignés »…! notamment au sujets des gros-boutistes et petit-boutistes.
      Les communautés s’arrachent sur le climat, alors que les problèmes sont tout-autres. Et ce sont bien les alarmistes qui ont lancé la polémique en voulant imposer leur dogme et leurs certitudes.
      Il y a tellement d’autres sujets bien plus importants pour l’harmonie des peuples dans leur environnement…!
      « Chirac avait lancé « la maison brûle et on regarde ailleurs ! »
      Il faisait malheureusement une autre référence,
      mais c’est pourtant tellement vrai !

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    • Il y a un piège dans lequel il est difficile de ne pas tomber : croire que tout est forcément lié à l’argent,c’est à dire que l’argent serait le principal mobile. Or ce n’est pas le cas, l’argent est là comme moyen, outil, collatéral positif.
      La motivation première est la certitude d’exercer une mission.
      Ne jamais oublier que les pires dictateurs de notre histoire ne sont jamais arrivé par esprit de lucre.
      Le Pouvoir est une drogue…

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  3. Et ce n’est qu’une constellation parmi d’autres dans la galaxie de l’organisation des climato-alarmistes. Nous avions travaillé autour de l’organisation des mobilisations climatiques en France et y avions trouvé d’autres acteurs avec de grandes forces de frappe organisationnelles et financières : https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2018/12/07/lorganisation-de-marchepourleclimat-du-8-decembre-via-onestpret/
    Sinon, le premier lien n’est pas bon dans l’article, il me semble que c’est celui-ci https://www.climaterealityproject.org/

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    • La différence est que l’organisation d’Al Gore est vraiment mondiale, et il est fort probable que certains acteurs français que vous avez listés dans votre étude sont des Climate Reality leaders, dûment formés et équipés de leur « package ».

      A Benoît: il y a du avoir un bug dans la recopie de l’adresse du site de Gore. Est ce possible de corriger? Cela vaut le coup d’aller sur les deux sites, ils se ressemblent étrangement.

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    • Pour compléter la constellation :

      Argent public français et argent privé américain.
      « Avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée – CNC TALENT et la Guerrilla Foundation »

      L’affaire du siècle….
      Pour information.

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      • Faire la promotion de la « lutte contre le climat », avec un gros foulard au cou, n’est pas franchement porteur en matière d’efficacité informative !
        Climatiquement vôtre. JEAN

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  4. Article très intéressant.

    Pour compléter :
    « Cela pousse à regarder ce qu’est réellement le Climate Reality Project. Une chose est sûre : même si l’organisation est quasi inconnue du grand public, tout est transparent. On peut donner ce crédit à Al Gore. « .

    Cette « transparence » serait exigée par le droit américain. Le brouillard arrive alors avec les fondations écrans et les facturations de service ?

    Dans ce cas, Al Gore n’aurait même pas le crédit de la transparence.

    😉

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    • La coordinatrice France du Climate Reality project est Marion Enzo, rien n’est caché.
      ESSEC, MBA, 10 ans de marketing, les Climate Reality leaders semblent ne pas être n’importe qui…
      Un rapide tour sur Internet montre qu’elle est incroyablement active…le milieu de l’économie solidaire, des starts up semble particulièrement visé. Cela s’explique: ils sont jeunes, dynamiques, souvent apolitiques et peu cultivés au sens traditionnel du terme.
      Paradoxalement, tout cela est de nature très libérale, c’est normal, c’est d’inspiration US, et même Silicon Valley. Tous ces gens pensent que les Etats, c’est dépassé, que tout se fera par lutte d’influence. .

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  5. Ping : Les « camps climat », cet embrigadement vers la dictature heureuse | Contrepoints

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