L’asphyxie

par Philippe Catier.

J’ai pu lire en 2015, avant la COP21, une plainte exprimée dans L’Obs comme quoi « les climato-sceptiques reviennent à la télé, la radio et dans les journaux ». 

De même, en 2017, Le Monde, par la plume de Stephane Foucart, emboitait le pas. Je cite :

Bien que fondé sur un assemblage de contre-vérités, de données tronquées ou sorties de leur contexte, voire de mensonges assumés, le climato-scepticisme s’est imposé depuis plusieurs années en France, dans le débat public, tendant à faire douter des causes essentiellement humaines du changement climatique en cours – un fait scientifique étayé par la théorie de l’effet de serre et par une somme écrasante d’observations.

« Le climato scepticisme s’est imposé » ??? Ah bon !

Cet argument particulièrement pervers consiste à renverser la réalité du fait pour mieux le condamner car tout un chacun aura le loisir de constater que la présence médiatique de ceux qui se posent des questions sur la thèse anthropique du climat n’est pas vraiment dominante. L’objet de ce papier est même de montrer qu’elle est délibérément asphyxiée.

Les journaux

Il existe en effet une volonté délibérée des médias d’occulter toute contestation de la doxa carbocentriste. 

Elle s’était donc déjà manifestée clairement  en 2015 lorsque L’Obs titrait : « Allez, stop : arrêtons d’inviter les climato-sceptiques »et suivait le commentaire comme quoi « ils sont moins nombreux et leurs arguments ont étédémontés définitivement ».Et plus loin :  « faut-il encore donner la parole aux climato-sceptiques sous prétexte de respecter la pluralité des opinions ?»

On est quand même un peu inquiet de voir un journal qui se targue d’une certaine intransigeance « de gauche » ne pas s’attacher à respecter la pluralité des opinions. Ce n’est plus une ligne éditoriale qu’il exprime mais une volonté de propagande de type soviétique…

J’ai déjà cité dans un article précédent, « la peur crée le danger », l’attitude de Ouest France qui refuse d’exprimer « l’opinion de quelqu’un qui nie les certitudes prouvées depuis belle lurette ».

Voilà pour la presse écrite majeure, et ce n’est pas exhaustif !

Sur les ondes

Entendu ce matin lors d’un échange entre deux intervenants sur France Inter, Pablo Servigne :  « Non il n’y a plus de contestataires. La liste des 15000 scientifiques en accord avec le GIEC n’a pas eu de contre pétition. » Donc silence dans les rangs, il n’y a pas de contradicteur.

N’oublions pas la perle que représente l’interview  sur itélé de François Gemmene en bute à l’impassibilité de Serge Galam dans cet extrait mémorable s’adressant à l’animateur :  « Mais comment ? vous invitez encore des climato-sceptiques sur votre antenne ?»  (9’30) 

On voit par là qu’il est plus facile d’éviter la discussion que d’affronter la contradiction.

Dans cette émission on trouve aussi une déclaration très éclairante de Yannick Jadot : « le problème c’est qu’on va discuter un débat scientifique mais on va pas discuter des actions à engager ».

On voit par là également que ce qui compte pour ces activistes c’est l’action avant toute réflexion. Donc supprimons les contradicteurs du débat c’est plus simple. Et pour inviter à l’action on ajoute :  «  C’est l’urgence climatique ».

Je ne peux m’empêcher de citer  la sortie de Gilles Boeuf , spécialiste de biodiversité, interviewé sur France Inter et répondant à la question :  « que pensez vous des climato-sceptiques ? » « Hé bien en voilà une espèce que j’aime bien voir en voie de disparition ».

Et combien avez-vous vu d’émissions, même sur France Culture, lors de la semaine du climat, qui ont invité des scientifiques non inféodés ?

Ne parlons pas de la télévision où Benoît Rittaud n’a pu faire que de maigres apparitions (chez Pujadas et une autre avec le scientifique Dupuy) et dont le discours était souvent interrompu par des interventions scandalisées ou disgressives.

Les librairies

J’ai fait par curiosité systématiquement le tour des librairies de plusieurs villes que j’ai pu visiter : Que ce soit dans les librairies indépendantes ou les grandes enseignes, la présence des livres critiquant le GIEC, proposant des théories alternatives, ou alertant sur les contradictions voire les risques des propositions dites « écologiques » sont tout à fait absents. J’ai trouvé une seule fois un livre de F. Gervais et un autre de G. Pitron sur plusieurs dizaines de librairies. Il est difficile de croire au hasard d’autant qu’à ma question auprès d’une vendeuse je me suis vu répondre :  « Mais c’est fini tout çà. On estpassé au renouvelable et au bio ! » Il est certain qu’actuellement c’est plus vendeur.

En revanche le nombre de livres « bio » est impressionnant .

L’éducation nationale

Là c’est beaucoup plus grave, et bien vu de la part des tenants de la doxa réchauffiste. L’avenir leur est assuré à moins que le climat ne change vers une glaciation. L’asservissement des élèves à la doctrine est massif et conduit à un degré de certitude parfaitement totalitaire sans équilibre possible des points de vue. L’aventure de François Gervais au lycée Hoche de Versailles où il s’est vu annuler une conférence sous la pression des enseignants est édifiante.

On comprend pourquoi ces élèves enragent de ne pas voir l’état assumer ses promesses et descendent dans la rue au lieu de suivre leurs cours…

On voit donc que le questionnement climato réaliste est parfaitement asphyxié et pas par le dioxyde de carbone mais par de grosses particules antidémocratiques !

P.S : Cet article n’est pas là pour jouer les pleureuses. Il se propose seulement de situer l’équilibre des forces et de faire honneur à la vérité. Non pas la vérité scientifique car qui la détient ? Mais plutôt la vérité politique – car il s’agit bien de politique – fort bien analysée dans le dernier livre de Myriam Revault d’Allonnes ( au Seuil) reprenant les thèses de Machiavel : « La faiblesse du vrai ».

Je vous laisse la citation en guise de conclusion :  « Quel est alors, selon Machiavel, le régime de vérité propre à la politique ? Il tient aux conditions dans lesquelles celle-ci se déploie : dans un espace qui est celui de l’apparaître, un espace traversé par l’apparence. L’universalité des hommes, écrit-il  se repaît de l’apparence comme de la réalité ; souvent même l’apparence les frappent plus que la réalité même »On ne saurait mieux dire : Les climato-réalistes n’apparaissent pas beaucoup.

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11 réflexions au sujet de « L’asphyxie »

  1. inviter Foucart, et un ami de son choix, à échanger , en privé amical, sur les preuves de l’importance de l’influence humaine dans l’évolution des températures de la planète ?

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  2. Trouver une combine pour acheter en gros et pas cher des tenues résistantes au feu des bûchers qui ne vont ps tarder à être allumés pour brûler les « hérétiques » ?

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  3. La mise en sommeil de la liberté d’expression et le dogmatisme de la presse française n’a rien d’étonnant en France. Rappelons que, lors des révolutions démocratiques en Europe, ce n’est pas la France qui a porté haut et fort la liberté d’expression mais les pays anglo-saxons (GB, USA). La France s’est démarquée surtout sur le caractère égalitaire de sa révolution démocratique mais n’a pas inventé l’Habeas Corpus ou le 1er amendement. D’ailleurs, dans les constitutions des pays ayant inventé la révolution libérale, la liberté de la presse et d’expression est encadrée en France là où, chez les anglo-saxons, aucune loi ne peut limiter cette liberté (1er amendement de la constitution US).
    La France n’a pas la liberté d’expression chevillée au corps, c’est un fait et la dérive climato-alarmiste en est la plus parfaite illustration. Cette faiblesse démocratique est à la base de bien des flashs totalitaires ayant parcouru l’histoire contemporaine de notre pays.

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  4. Mercredi dernier, dans l’émission « Zemour et Naulleau », Zemour a tenu des propos assez sages, malgré les cris d’orfraie de Naulleau….

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  5. Pour une fois je suis d’accord avec vous. J’aimerais bien voir un débat télévisé à une heure de grande écoute pour entendre se confronter les opinions et surtout les arguments des uns et des autres. Car même si je ne suis pas convaincu par votre scepticisme, il serait normal et souhaitable que vous puissiez présenter vos raisonnement, analyses et conclusions. En les comparant à ceux des rechauffistes , chacun pourrait se faire son idée. Mais il y a fort à penser que la majorité des gens ne sont pas ou plus demandeurs de débat. La messe est dite. Il faudrait que la tendance de variation des températures s’ inverse un tant soit peu pour qu’ils changent d’idée ou du moins qu’ils se posent la question. Ça se comprend d’ailleurs fort bien.
    bonne soirée.

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    • Ne pas confondre réchauffement et causes de ce réchauffement !

      Sachez que les variations naturelles de tendance sont aussi lentes que les variations de chaos sont brutales.
      Les tendances actuelle de réchauffement peuvent naturellement mettre plusieurs décennies à s’inverser, ou subir un chaos tout aussi naturel et violent qui modifie la donne en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire…
      Alors les certitudes de certains se font bien prétentieuses dans tout ça..!

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  6. Nous vivons une forme de totalitarisme d’un nouveau genre dont l’analyse n’a pas encore été faite. Il me revient que Rittaud racontait que Lipietz avait refusé de boire un café avec lui après un débat car il ne prenait pas de café avec un négationniste…..que l’on se rassure: pas un négationniste du génocide khmer rouge que Lipietz a applaudi dans son temps.
    Et pour la presse je confirme: quand j’ai voulu acheter « l’écologiste sceptique » de Lomborg, j’ai du le faire venir du Québec !
    http://kelenborn.e-monsite.com/pages/nouvelles-1/le-rat-qui-rit/133-audrey-pulvar-a-rencontre-des-refugies-climatiques.html

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  7. Le problème c’est que les médias ne se réfèrent qu’à cette entité – le GIEC – créée par des activistes (Strong, Hansen…) sous la coupelle de l’ONU, en oublie que ce Giec tri les travaux de climatologie qui ne vont que dans le seul sens de corroborer leur hypothèse de départ. Les médias en oublient complétement ce qu’est la vraie science avec ses multiples hypothèses, ses marges d’erreur, ses doutes, ses errances et surtout sa prudence.
    Tant que les médias n’interrogeront pas cette science et ses chercheurs (et non le Giec), on restera dans l’obscurantisme le plus total.
    Actuellement la pression médiatique et politique sur ce sujet fait que tout contrevenant est un hérétique qui doit être ignoré voire pire…

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    • A la décharge des médias (disons que je suis « tolérant »), on leur balance le « SPM », soit en français résumé pour les décideurs, qui a l’avantage de ne faire que quelques dizaines de pages et surtout de présenter des « solutions Canada dry », ayant fait l’objet d’un « consensus », mot qui est alors correct, le « SPM » ayant été validé par les technocrates représentant des pays.
      (Malgré ce que peut en dire Valérie Masson*Delmotte, grand prêtresse du dernier SPM, très chiadé et calculant chaque dégât supplémentaire « à la Planète » occasionné par chaque 1/10° « supplémentaire entre +1,5 et +2,0°C.
      VMD supposée scientifique, je dis supposée, non pas qu’elle ne soit pas, à la base une scientifique, elle est de formation physicienne, mais parce qu’elle agit comme une politique et ne veut pas le reconnaître)

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    • Hansen a fini par être viré du Goddard Space Center au motif d’attitude antiscientifique. Pourtant toute sa vie il a été parfaitement cohérent. En 1971, nous travaillions tous les deux au NCAR. J’ai mis en évidence le refroidissement de la température de surface dans l’hémisphère Nord depuis 1940 après une croissance continue depuis 1780. Mes collègues ont tous dit qu’il fallait creuser pour comprendre. Sauf Hansen qui a dit « c’est le moment d’alerter pour obtenir plus de subventions ». Quand la température a commencé à remonter en 1973, il a été entendu. Et nous en payons le prix. Sans savoir vraiment ni pourquoi la température a baissé ni pourquoi elle remonte.

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  8. «  » » » » » » » » » la présence des livres critiquant le GIEC, proposant des théories alternatives, ou alertant sur les contradictions voire les risques des propositions dites « écologiques » sont tout à fait absents. » » » » » » » » » »
    C’est une preuve qu’on se les arrache et le catastrophisme du GIEC n’est plus vendeur

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