L’air du temps

par Philippe Catier.

« Le moral des ménages au plus bas depuis 2016 » titrait Le Figaro au mois de septembre, après avoir déjà titré « le moral des décideurs chute en septembre et, au mois de mai, « le moral économique des Français en berne ».

Comment s’en étonner ? Bien sûr il est question de données économiques qui relèvent d’une situation liée à la persistance de la crise et à ses effets encore inquiétants, entre autres sur le chômage.

Mais ne fait-on pas tout pour augmenter cette inquiétude par un catastrophisme quasi hystérique sur les perspectives d’avenir avec des annonces alarmistes sur le climat n’hésitant pas à prédire la fin du monde et soulignant l’urgence d’agir pour l’éviter ?

Décidément, l’atmosphère est pesante, l’air du temps est pollué. C’est une pollution qui ne doit rien aux particules fines et leur pénétration pulmonaire, mais qui s’insinue profondément dans les esprits au point d’en casser l’élan.

Cette pollution, c’est l’anxiété. Et l’anxiété tue le moral, inhibe la volonté, détruit l’envie. Et avant tout l’envie d’entreprendre.

Or c’est cette envie d’entreprendre qui est le moteur de l’économie.

Les sciences comportementales actuelles mettent l’accent sur la psychologie et invitent souvent à utiliser cette donnée pour induire une envie d’achat. Récemment, Michel Quatrevalet, ici même, nous instruisait sur le nudging c’est à dire une fabrique de consentement par l’orientation de notre désir, de nos sentiments, de nos états d’âme. La psychologie économique possède en effet une influence notable, proactive dans la façon dont on envisage la politique économique.

De même que ces messages quasi subliminaux du nudging influencent le comportement de chacun, le contexte général, lui même subliminal, dans lequel se développent les injonctions économiques est prégnant dans la dynamique ou l’asthénie de l’économie. Ce qui vaut dans le sens de l’achat vaut certainement dans le sens inverse.

Or dans quel contexte général nous trouvons nous ? Dans un contexte anxiogène.

On s’inquiète pour les générations futures en soulignant les effets supposés du climat mais, pour le moment les difficultés sont réelles et il vaut mieux s’en préocuper plutôt que jouer les Cassandre avec madame soleil : le travail change de nature, il est plus difficile à trouver, la pauvreté au travail existe, l’insécurité gagne, la société se destructure en perdant ses valeurs, la crise financière secoue encore l’économie, les norme étouffantes se multiplient…

Et le pouvoir d’achat est un souci.

Dans ce tableau difficile pour le moral où l’on pourrait rajouter encore la situation politique mondiale, les menaces russo- ukrainiennes, le conflit moyen-oriental par procuration au Yémen, la montée des régimes autoritaires, la fragilisation de l’Europe…

Viennent alors les prêcheurs d’apocalypse par le climat carboné.

Le climat, ce mantra rabaché sur toutes les ondes, considéré comme l’alpha et l’omega de toute politique.

Le climat vous dis-je, caricature des peurs millénaristes et des fins du monde combien de fois annoncées.

Le climat, nouveau dieu à qui l’on va offrir des milliards incantatoires pour faire venir le froid, comme les Indiens la pluie.

Le climat, vache à lait du budget de l’État et des marchands en tous genres.

Le climat dont l’homme se prétend responsable.

Le climat générateur d’anxiété.

Et pourquoi ? Un petit degré en 120 ans, aucun cyclone plus grave qu’avant, une montée des eaux qui commence à la dernière glaciation, une banquise qui se reconstitue après avoir diminué, des ours blancs en nombre…

Où sont dans les faits les catastrophes annoncées sinon dans des modèles informatiques aux résultats dispersés, incertains, conjugués au conditionnel ?

Bien sur les efforts d’hygiène planétaires sont indispensables vis-à-vis de l’eau, de la faune et de la flore. Mais pourquoi ce catastrophisme inhibiteur de toute initiative, destructeur du moral et donc de l’économie ? Les problèmes de l’heure ne suffisent-ils pas ?

L’air du temps est lourd, le climat est pesant.

Alors, mesdames et messieurs les prédicateurs du pire, journalistes en mal de sensationnel, politiques taxeurs, associations anxiogènes, donnez-nous de l’air, lâchez-nous un peu avec le climat carboné satanique !

9 réflexions au sujet de « L’air du temps »

  1. Le fond de l’air effraie, certes.
    Mais si les journagandistes faisaient leur travail en respectant la Charte de Munich
    — Article 8 : s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondements ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.
    Article 9 : ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste —,
    l’escrologie n’aurait pas cette influence délétère sur la part de cerveaux disponible.

    Aimé par 1 personne

    • Aïe ! On ose « dé diaboliser » le carbone (et donc le CO2 ,
      Mais que fait la police Hulotesque, Lepagienne Latourprengrdique, AlGoresque, Bréonnique Jouzélienne, Fouccardienne et Huettiste ?
      Vite, vite un autodafé, une interdiction de publier, un démenti des « mensonges » écrits.
      C’est Itsvan qui doit bien se marrer là-haut (image) !

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  2. Sinistre époque française en effet.
    Ils prédisent la fin du monde et ils entendent bien avoir raison alors ils essaient d’entrainer le pays dans la décroissance et la récession. A défaut d’avoir la fin du monde, on aura une belle catastrophe française.

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  3. Regardez comment Greenpeace nous la fait à l’envers pour remonter le moral des gens.
    avec une campagne de pub, pardon, pure propagande dans le métro parisien.
    Pour l’instant j’ai vu une affiche demandant d’agir contre le glyphosate et une demandant d’agir contre le réchauffement climatique.
    Et là il y a un problème, dans le métro la propagande est interdite.
    dixit un article du parisien du 02/03/2018
    http://www.leparisien.fr/info-…..587465.php
    Faire de la propagande. Qu’elle soit religieuse, commerciale ou politique, comme l’a fait il y a quelques mois la candidate France Insoumise Danielle Simonnet, il est totalement interdit de distribuer des tracts, faire signer des pétitions, prononcer des discours ou de s’adonner à toute autre activité assimilable à de la propagande, sous peine d’une amende de 60€.
    pour l’instant je n’ai pas trouvé mieux comme référence, mais le règlement de la RATP indiquant ce point doit pouvoir se trouver.
    Pour le coup, nous pouvons nous remonter le moral en faisant notre devoir de citoyen.
    Le signaler à la RATP en demandant que Greenpeace soit verbalisé et leur dire que c’est intolérable.
    Si vous avez des idées d’autres actions.

    Aimé par 1 personne

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