Pas de priorité climatique selon les leaders mondiaux

Par Cédric Moro

Alors que nos médias anxiogènes répercutent une fois de plus les conclusions alarmistes du dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, une nouvelle étude démontre que l’action climatique n’est absolument pas une priorité de développement pour les responsables locaux de tous les continents, confrontés à d’autres enjeux, bien plus réels et tangibles.

L’action climatique : le cadet des soucis des leaders mondiaux

L’initiative « Global goals »,  lancée en 2015 par le « Project everyone » (partenariat entre les Nations Unies, des entreprises, des personnalités américaines du spectacle et des fondations), vise à promouvoir 16 objectifs de développement durable pour 2030 auprès des dirigeants mondiaux, qu’ils appartiennent à des organisations publiques, privées, intergouvernemantales ou associatives.

global-goals

En 2017, une enquête a donc été réalisée auprès de 2435 responsables dans le monde où il leur a été demandé de choisir leurs 6 priorités pour 2030 parmi 16 objectifs de développement durable. Le point qui donne de l’intérêt à cette étude est que cet objectif de 2030 est tangible car assez proche dans le temps. En effet, beaucoup des leaders de cette enquête seront encore là en 2030, probablement toujours à un poste de responsabilité et qu’un certains nombre de leurs actions en cours aujourd’hui auront un impact à cette échéance.

Les résultats de cette étude ont été publiés en mai 2018 par le laboratoire de recherche AidData du College William & Mary aux Etats-Unis (Virginie). Il résulte le classement suivant au regard de leurs priorités en terme de développement pour 2030 :

graph-priorites-global-goal

A la lecture de ce graphique, on ne peut pas dire que les dirigeants dans le monde s’empressent de sauver leurs territoires du cataclysme climatique que certains leur promettent. En effet, arrivant en antépénultième position (14ème sur 16), l’action climatique n’est pas du tout perçue et considérée comme prioritaire par ces responsables.

Si ce résultat est sans appel, on peut tout de même le pondérer. En effet, le terme d’« action climatique » semble un peu flou et on ne sait pas vraiment quelles définitions en ont les leaders. Par exemple, si certains décideurs mettent dans la rubrique « action climatique », leurs actions en terme de prévention et de préparation aux catastrophes d’origine météorologique, qui a été une nécessité de tout temps, on pourrait être amené à se demander si ce sujet ne serait pas en réalité encore moins prégnant dans leurs priorités. D’autant plus que dans le questionnaire de l’enquête, le choix de l’activité « gestion des risques de désastre » est proposé suite au choix du domaine d’activité « Développement humain et genre », à côté de la protection du patrimoine et des problèmes démographiques ; ce qui est pour le moins incongru.

De même, quelle est la part dans cette étude des leaders d’opinion qui profitent plus ou moins directement des financements autour de l’action climatique et qui les pousseraient à en faire une priorité compte tenu des retombées financières qu’elles engendrent ?

L’étude dresse tout de même le constat suivant : « Comparativement, les leaders font la sourde oreille face au changement climatique et aux autres objectifs environnementaux », en « dépit d’une attention internationale considérable ces dernières années ». Autrement dit, en dépit des sommes faramineuses dépensés dans ce domaine et d’un alarmisme climatique toujours plus fort des instances internationales et des médias, les leaders mondiaux ne croient pas en la supposée catastrophe climatique qu’il faudrait prévenir.

La cause de ce désintérêt pour l’action climatique : des investissements très lourds, trop d’incertitudes et des populations réfractaires

L’étude évoque assez rarement l’action climatique en tant que telle mais elle note tout de même que les leaders mondiaux « répugnent à s’attaquer à ce problème car cela nécessite des coûts initiaux élevés pour des bénéfices incertains dans le futur ».

En effet, comme le dit l’étude, pour parvenir à un meilleur développement durable en 2030, les leaders considèrent à l’échelle mondiale que les priorités doivent porter sur l’éducation, l’emploi et des institutions fortes et, dans les pays les plus pauvres d’entre eux, sur les services et besoins de base (santé, eau, nourriture et accès à l’énergie).

De plus, si l’action climatique est le cadet des soucis pour les responsables, cela l’est également pour les citoyens dans le monde entier.

leader-pop-dev-durable

Les conclusions de ce graphique sur le caractère non prioritaire de la question climatique chez les citoyens ne nous surprennent pas puisque Benoît Rittaud avait déjà relaté les résultats d’études similaires sur son blog dans son article « Les Européens n’ont pas peur du changement climatique ».

Des conclusions allant globalement contre les intérêts de ceux qui ont financé cette étude

On pourrait naturellement objecter que cette étude a été commandée et financée par des intérêts privés, laissant planer le doute sur ses méthodes et ses conclusions ; sauf que les conclusions de cette étude vont globalement à l’encontre des objectifs des organisations qui ont commandé et financé cette enquête : La Fondation Hewlett, la Fondation Bill et Melinda Gates et le Ministère allemand de la coopération économique et du développement.

Pour la fondation Hewlett, l’action climatique est cœur de ses projets : « La Fondation Hewlett a investi depuis de nombreuses années dans diverses stratégies pour réduire les effets les plus néfastes du changement climatique et épargner des vies humaines en réduisant les gaz à effets de serre. » . Elle supporte des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays les plus émetteurs.

Au sujet de la fondation Bill et Mélinda Gates, Bill Gates indiquait lors du « One planet sumit » sa vision du réchauffement climatique. « Si nous faisons beaucoup de découvertes et que nous les déployons très rapidement, il sera possible de limiter le réchauffement à 1,5 degré de plus, pas de le stopper. Mais sans innovation, le réchauffement pourrait atteindre 3 degrés. C’est là l’enjeu de notre combat pour l’innovation. »  A priori, ils ne peuvent donc pas être soupçonnés d’être  du côté des climato-réalistes dans ce domaine.

L’action climatique de l’Allemagne est quant à elle soutenue par l’organisation des Nations-Unies sur le changement climatique  et ses émissions de CO2  sont en diminution constante depuis les années 90 selon l’UE (choisir « Germany » dans « Geographic entity »).

Donc, à priori nul lobby de l’industrie pétrolière derrière cette enquête qui pousserait à des résultats biaisés, disons-le nous bien.

La lutte contre le réchauffement climatique est non démocratique et représente un frein au développement mondial

Résumons, on a une techno-structure politisée et non démocratique, le GIEC, qui alarme la planète entière de la catastrophe climatique en cours et à venir et des décideurs locaux, pas toujours en phase avec leur population mais où le point de consensus entre eux et leur base est justement l’absence de priorité à donner à l’action climatique pour le développement durable de leurs territoires.

De cette étude, il ressort in finé qu’un passage en force des politiques climatiques tendrait à fragiliser les piliers même du développement que sont l’éducation, l’emploi, le pouvoir d’achat, la sécurité publique et la santé ; priorités pourtant plébiscitées par la population et leurs représentants.

Dépenser autant d’argent et de moyens dans la lutte contre le réchauffement climatique et en particulier dans la réduction des gaz à effet de serre, implique donc une vision non démocratique puisque les citoyens des pays du monde ne la trouve absolument pas prioritaire. Enfin, cette action pourrait être perçue comme une ingérence par des leaders locaux réfractaires et renforcer un peu plus le sentiment de défiance envers les instances multilatérales mondiales.

 

 

 

 

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22 réflexions au sujet de « Pas de priorité climatique selon les leaders mondiaux »

  1. En tant que « professionnel » (enseignant) du DD, je ne peux que souscrire aux résultats de cette enquête.
    En effet, se sont bien tous les 17 (le 17° a été oublié) Objectifs du Développement Durable, « adoptés » par tous les pays de l’ONU qui sont importants.
    Dns l’absolu, aucun n’est (ne devrait être) plus « prioritaire » qu un autre, ils sont supposés être universels (et pas seulement en direction des pays « du Sud »), et sont interconnectés.
    Bien entendu, les pays, ou les entreprises et « organisations » mettent en avant une partie des ODD et de fait priorisent.
    Cela n’empêche pas la sphère des « bien-pensants Gaïatiques » de vous rétorquer que « Oui, mais non, le réchauffement/changement/bouleversement/chaos climatique est LE sujet mondial, universel et dogmatiquement obligatoire ».
    (Y aurait-il un syndrome « follow the money » ?) 🙂

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    • Le 17ème « Partenariat pour les réalisations des objectifs » a été inséré après l’étude non ? En tous cas, il ne faisait pas partie des choix proposés au moment de l’enquête.
      Sinon, sur le sydrome « Follow the money » je suis assez d’accord avec vous ; quoi que les alarmistes et exclusivistes du climat pourraient objecter que c’est parce qu’il n’y a pas assez d’argent sur l’action climatique que cet objectif n’est pas considéré comme prioritaire. Ceux qui pensent cela ont une vision top-down du DD (vision->argent->changement) et non down-top (que demandent les leaders et leur population -> moyens financiers -> aide utile).

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  2. En tant que « professionnel » (enseignant) du DD, je ne peux que souscrire aux résultats de cette enquête.
    En effet, se sont bien tous les 17 (le 17° a été oublié) Objectifs du Développement Durable, « adoptés » par tous les pays de l’ONU qui sont importants.
    Dns l’absolu, aucun n’est (ne devrait être) plus « prioritaire » qu un autre, ils sont supposés être universels (et pas seulement en direction des pays « du Sud »), et sont interconnectés.
    Bien entendu, les pays, ou les entreprises et « organisations » mettent en avant une partie des ODD et de fait priorisent.
    Cela n’empêche pas la sphère des « bien-pensants Gaïatiques » de vous rétorquer que « Oui, mais non, le réchauffement/changement/bouleversement/chaos climatique est LE sujet mondial, universel et dogmatiquement obligatoire ».
    (Y aurait-il un syndrome « follow the money » ?) 🙂
    Etude détaillée très intéressante, merci

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  3. Très intéressants résultats. C’est bien sûr le mot hypocrisie qui vient à l’esprit.
    Côté citoyens de base, notons le sondage du Figaro de ce matin : « êtes-vous prêt à payer votre énergie plus cher pour lutter contre le réchauffemnt climatique ? » À midi, les résultats sont (3954 votants) :
    Oui : 33%
    Non : 66%.

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    • Et encore, on pourrait dire que le Figaro est resté modéré car il aurait pu tourner sa question d’une manière encore plus proche de la réalité soit « Etes-vous prêt à payer au moins trois fois plus cher votre énergie pour lutter contre le réchauffement climatique, en plus des taxes que vous payez déjà à ce sujet ? ». Car les pays qui se sont le plus engagés sur la voie des énergies renouvelables ont vu leurs tarifs énergétiques augmenté dans cette proportion (cf articles de Rémy Prud’homme ici même).

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  5. Tant qu’il s’agit de faire croire à un cataclysme climatique à venir, il est facile de convaincre les gens, du moment que celà reste une annonce.
    Mais à partir du moment où il va falloir passer à l’action, les méthodes préconisées (inéfficaces, démentiellement coûteuses, écologiquement désastreuses,– les éoliennes, par exemple–…….), vont faire réfléchir une population peu encline à sacrifier son mode de vie, et son environnement !
    La théorie officielle pourrait avoir du plomb dans l’aile.
    Mr Moro, je suis surpris d’apprendre que l’Allemagne, qui a diminué son parc nucléaire, créé des centrales thermiques afin de compenser l’intermittence de ses éoliennes, construites en masse, a
    réduit ses émissions de CO2 depuis 1990…… Selon l’UE, dites-vous. L’UE nous aurait donc menti ? Pas possible !
    Je pensais au contraire qu’elles avaient augmentées, et que l’Allemagne avait le plus fort taux de CO2 par habitant et par rapport à son niveau de vie !
    Le rapport du GIEC m’a fait comprendre que cet organisme n’est pas prêt à sortir de son idéologie ! Trop d’intérêts en jeu ?
    Climatiquement vôtre. JEAN

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    • Jean, oui l’Allemagne est le plus gros émetteur de CO2 en UE de part le poids de son activité industrielle mais je suis content que vous ayez réagi sur la très officielle diminution de ses émissions de gaz à effets de serre. Je me passerai néanmoins de tout commentaire public à ce sujet pour le moment…

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      • En attendant vos commentaires, rappelons que l’Allemagne émet # 2 fois plus de CO2 par habitant que la France.
        Le Danemark, dont la part de production d’électricité intermittente est encore plus élevée qu’en Allemagne, un peu moins, toujours par habitant.
        En effet, les compléments d’intermittence proviennent essentiellement de la Norvège, dont l’électricité est dé carbonée à plus de 99% (hydro)

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      • L’Allemagne a baissé ses émissions dans les années 90, lors des processus de réunification, essentiellement en fermant les centrales et usines de l’Est.
        Depuis, elles baissent peu. Leur fort taux d’émission n’est pas que du à leur forte industrie; ils produisent leur électricité avec du lignite, du charbon et du gaz à plus de 60% et se chauffent majoritairement au gaz.
        Et roulent en grosses berlines.
        C’est assez schizophrène car en même temps, ils sont très écolos, vegan etc…

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      • Oui, les centrales électriques au lignite (cours de collège) mais je ne souhaitais pas m’exprimer sur ce point. J’y ai parlé de l’Allemagne dans le but de montrer que cette étude n’était pas financée par le lobby pétrolier. Quant aux grosses berlines, c’est idem en France https://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/10/08/les-vehicules-tout-terrain-peche-des-automobilistes-francais_5366503_4355770.html

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  6. Bjorn Lomborg fait un truc un peu différent au Danemark; il réunit périodiquement une douzaine de prix Nobel et leur soumet la question: si vous aviez x milliards de dollars pour améliorer la vie sur cette planète, dans quoi investiriez vous?
    Il obtient quasiment la même liste que cette étude.

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  7. Bonjour, j’ai lu le livre de Benoît Rittaud « Ils s’imaginaient sauver le monde : Chroniques sceptiques de la COP21 », je donne rapidement mon avis ici puisqu’il semble que ce soit la bastion de ce magicien de l’épistémologie. Premièrement son fameux (ou fumeux) cas d’école sur les Maldives, l’absence de submersion des atolls étant expliqué ici par une recharge en sédiments https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/les-petits-atolls-du-pacifique-resistent-a-la-montee-de-l-ocean_118008
    qui d’ailleurs semble générer un phénomène d’orniérage important sur l’aéroport de Malé https://www.lemoniteur.fr/article/l-aeroport-de-male-et-la-montee-des-eaux.1338184

    Par ailleurs toute personne un petit peu sérieuse sur le sujet de l’écologie se trouvera être parfaitement d’accord avec la rhétorique de monsieur Rittaud, c’est-à-dire qu’il semble y avoir une différence fondamentale entre l’idéologie écologique qui pense « sauver le monde » à coup d’éoliennes, de panneaux solaires, d’accord climat, de One planet Summit ou autre, et qui en plus d’être des solutions stupides pour répondre à un problème qui n’en ai pas un, car mal posé, utilise la culpabilité et la morale qu’elle fait peser sur le citoyen lambda alors que la situation écologique réelle est liée à des causes physiques qui dépassent largement le cadre de notre libre-arbitre, ces causes physiques c’est ce que décrit l’écologie qui est une science systémique.

    Il est d’ailleurs parfaitement intéressant que dans ce livre Benoît Rittaud n’évoque le rapport Meadows que par procès d’intention et de manière lointaine « le club de Rome », sûrement pour éviter qu’on puisse penser à l’aspect scientifique de ce dernier rapport. D’ailleurs assez amusant de voir les négateurs de la question écologique rester sur le terrain bien fermé du climat, parce que là où il y a de réels problèmes, totalement incontestables et catastrophiques « bien réel » (c’est dans la lignée de cette rhétorique que s’inscrit cet article non ? de montrer que les « gens sérieux » ont d’autres problèmes bien plus réel que le climat et donc par induction pernicieuse l’écologie ?), eh bien il n’y a pas un mot, la méconnaissance sur tout ce qui touche de près ou de loin à de la biologie, à la physique, à la géopolitique frise la limite de l’incroyable. Par exemple monsieur Rittaud a le bon coeur de nous rappeler du haut de son siège de scientifique et d’épistémologue, la différence entre CO2 (oui la notation est pas correcte) et les particules fines, comme si on n’était pas au courant du lien dramatique entre exposition aux particules fines et cancer du poumon alors qu’une exposition au CO2 tant qu’il reste dans une dose normale (ce qui n’est pas le cas quand on fume une cigarette où la concentration est des centaines de fois plus élevée) n’a aucun lien avec un cancer du poumon. Pour continuer il est assez amusant de voir que sa thèse sur le déclenchement de la guerre en Syrie, non plutôt à cause d’une sécheresse lié au « réchauffement climatique » mais à cause d’une baisse de rendement des énergies fossiles du territoire Syrien, va parfaitement dans le sens de ce qu’écrit un Philippe Gauthier, qui touche avec le plus de sérieux et de précis aux questions énergétiques liées à l’écologie.
    https://energieetenvironnement.com/2018/06/12/le-pic-petrolier-moteur-de-la-guerre-civile-syrienne/
    Autrement pas un seul mot sur la 6ème extinction de masse du vivant, dont l’extinction est tout à fait actuel et irréversible, pas un seul mot sur la quantité colossale de déchets dans les océans où dans les pays comme le Bangladesh, Inde, Chine, pas un seul mot sur la pollution, pas un seul mot sur la question des énergies (et surtout pas scientifique, un mot comme « taux de retour énergétique » ou « intermittence de production » doit arracher la gorge de notre génie), pas un seul mot sur la question des migrants, on parle de la fameuse « dictature écologique » mais pas un seul mot sur la montée des extrêmes en Europe et en Amérique.
    D’ailleurs on a une belle citation de Nietzsche, qu’il n’a jamais du lire puisque ce dernier dans « Ainsi parlait Zarathoustra » mets en place une mythologie autour du symbole de Gaïa (mythe que Rittaud dénonce dans le livre et que je n’approuve pas non plus quand il s’agit de questions techniques et scientifiques).

    Par ailleurs j’invite les personnes qui lirais mon commentaire à regarder cette vidéo ; vers la 30ème minute il y a un questionnement sur la notion « d’écologie » et sur la possibilité qu’elle soit totalement fictive et tende plutôt à amener des frustrations donc violences à l’avenir dans un contexte de baisse de stabilité de nos sociétés.

    Par ailleurs j’invite aussi toute personne à se renseigner sur les travaux et vidéos (qu’on peut trouver sur youtube) d’un Pablo Servigne, Jean-Marc Jancovici, Vincent Mignerot, Jean-Baptiste Fressoz, Philippe Bihouix, Jared Diamond ; pour en citer quelques uns, qui touchent dans le dur de la biologie, de la géographie, de l’histoire, des énergies, de la géopolitique et qui ne se contentent pas de rester à brasser du vent sur le climat et la politique.

    Signé un jeune de 20 ans qui s’inquiète fortement de l’avenir.

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    • Bonjour,

      J’ai le double de votre âge et sans doute un peu plus de recul que vous.
      Il ne s’agit en aucun cas de nier un quelconque problème écologique.
      Il existe de vrais problèmes, notamment en matière de pollution de l’eau et de l’air. Je précise avoir dans ma vie une attitude plutôt « écolo » au sens pratique du terme et non au sens politique : tri sélectif, déplacements à vélo au maximum et non en voiture, entretien manuel de mon terrain et sans utilisation de produits phytosanitaires, etc.

      Mais les problèmes réels en matière d’écologie ne doivent pas masquer les exagérations, notamment médiatiques, en matière de climat.

      J’ai entendu parler pour la première fois du réchauffement climatique, alors que j’avais 10 ans, sensibilisé par un père qui suivait beaucoup l’actualité scientifique, même s’il n’en était pas un lui-même.
      ll y a donc 30 ans que je m’intéresse à la question.
      Au début, il s’agissait d’un vague sujet, qui petit à petit est devenu un sujet prédominant.

      La question actuelle est celle de la cohérence du discours et notamment de celui du GIEC, et des thuriféraires de celui-ci.

      Le discours évolue en effet au gré d’un climat dont on se rend compte qu’il est beaucoup plus complexe à comprendre que ce qui peut être présenté de manière simpliste dans certains journaux ou dans certaines émissions.

      Un exemple très simple : le rapport du giec à l’attention des décideurs ainsi que le discours d’un certain nombre de responsables scientifiques (James Hansen en tête) prévoyait il y a quelques années une augmentation des températures pouvant être de 6° celsius, ce qui était évidemment une catastrophe pour la planète et l’humanité.
      2018 : on ne nous parle plus d’une augmentation de 6°C, mais d’une augmentation d’1,5°C depuis l’ère pré industrielle. Légère nuance !
      Si l’on ajoute que les températures ont augmenté d’environ 1°C depuis l’ère préindustrielle, cela signifie que la température devrait encore augmenter de 0,5°C, soit moins que l’augmentation ayant déjà eu lieu, avec des conséquences pour l’instant quasi inexistantes.

      Il ne s’agit donc pas de nier le réchauffement climatique (il est réel), mais de se poser des questions, et notamment :
      – celles relatives à la multiplicité des facteurs pouvant créer ce réchauffement,
      – celles relatives à l’ampleur du réchauffement climatique,
      – celles relatives à ses conséquences.

      Je n’ai pas vocation à répondre à ces questions, et je n’aurais pas cette prétention, mais si une chose est sure c’est qu’en matière de climat comme dans toutes les matières, il faut sortir de l’émotion et analyser les choses.

      Je vous garantis que cela n’est pas facile, car dès que j’ai voulu aborder ce sujet avec des amis, j’ai été vilipendé, comme un affreux climato-sceptique ; le débat dégénérant assez vite.
      Un ami m’a même sorti une sorte de pari pascalien du climat. J’avais intérêt à croire au réchauffement climatique anthropique, car s’il est réel, je serais sauvé ; et s’il n’existe pas, il n’y aura pas de conséquence pour moi. Formidable démonstration, qui je dois dire, m’a laissé sans voix, car il n’y a pas grand chose à répondre à cela.

      Je n’ai pas lu le livre de Benoît Rittaud, et je n’ai donc pas vocation à le défendre, mais par ses livres et ce blog, il veut nous obliger à réfléchir et rien que pour cela, je lui en suis reconnaissant.

      Cordialement.

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      • Bonjour,

        C’est vrai qu’en soi Benoît Rittaud reste dans une démarche sceptique, ouverte à la pensée et à l’échange, donc désolé d’avoir été si tendu dans le message au dessus. Ce qui me pose problème c’est de rester sur un terrain superficiel ; il est évident que le GIEC, la politique, les médias, etc ; ne font pas de la science, mais pourquoi les climato-sceptique/réaliste attaquent seulement et toujours le GIEC et jamais les modèles informatiques qui eux sont scientifiques et indiquent tous sans s’y méprendre un réchauffement climatique.
        Même l’administration Trump dans un papier très sérieux reconnaît un possible +4°C en 2100 :
        http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2018/09/29/4-degres-plus-2100-gouvernement-trump-dit
        Personnellement je n’y connais rien à la question climatique (pour dire, je m’y intéresse depuis hier (soit ma découverte de la publication du GIEC ainsi que de ses nombreuses remise en question)), mais sur les personnes très sérieuses sur les sujets écologiques que je maîtrise un peu mieux la plupart parlent d’un réchauffement climatique entre 2,8°C et 4°C d’ici 2100.
        Et la faute est que je trouve difficilement des failles dans ces papiers dit officiels, alors que chez les climato-sceptique/réaliste ça fui comme des passoires.
        Surtout que sur les sujets que je maîtrise un peu mieux et impossibles à remettre en question (la question des déchets, la question énergétique, la question de l’extinction du vivant) indiquent des données qui sont catastrophiques et que pareillement on ne traite absolument jamais sur le terrain des idées et de la science chez les climato-sceptique/climato-réaliste peut-être trop resté coincé sur l’arnaque climatique de l’écologie médiatique ?

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    • A 20 ans si on s’inquiète de l’avenir, c’est qu’on est déjà vieux. A 20 ans, on le construit soi même, l’avenir. On a au moins 40 ans devant soi pour ça.
      Proposez des solutions, pas des commentaires un peu désobligeants sur un livre.
      Le site de Benoît n’est pas un bastion, au contraire, il est très ouvert, vous en êtes la preuve.
      Courage le pire n’est jamais sûr.

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      • Ha, ha je suis vieux depuis que je suis né alors (le pessimisme est un bon moyen d’apprécier l’instant présent ^^) ! Désolé d’avoir été si froid (merci pour l’encouragement !) et désobligeant mais j’ai vraiment l’impression de mener un combat intellectuel où la route semble encore longue, la solution c’est à mon avis que l’écologie médiatique est l’arbre qui cache la forêt, forêt qu’il serait peut-être temps de regarder en face (question des déchets, de l’énergie, de l’extinction de la biosphère, question géopolitique de la finitude des ressources et des migrants…), sinon je pense que ma génération va tomber de haut.

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    • @Valentin
      Difficile de savoir sur quel pied danser avec votre commentaire : vous êtes d’accord sur les trois-quarts au moins de ce que j’ai écrit dans ce livre et vous donnez même la peine de l’écrire en détails, pour finalement me reprocher de ne pas parler de tout ce qui vous tracasse.
      C’est vrai que (et les lecteurs de MM&M le savent) je n’apprécie pas les amalgames : j’aime bien qu’on choisisse un sujet et qu’on s’y tienne pour aller au fond des choses plutôt qu’on mélange tout. C’est d’ailleurs l’un des principaux reproches à faire au discours écologique contemporain, et vous tombez dans ce travers dans votre commentaire en nous parlant de 6e extinction, de pollution et de déchets. (Sans parler du fait que le présent fil de discussion n’a rien à voir avec la COP21.)
      Le livre dont vous parlez a pour sujet la COP21, et c’est déjà un gros sujet. J’aborde d’autres sujets dans d’autres publications : par exemple si vous voulez mon avis sur le rapport Meadows, vous le trouverez dans « La Peur exponentielle » (PUF, 2015), notamment aux chapitre 2 et 6.
      Quant aux auteurs que vous encensez en fin de commentaire, je me contenterai de dire qu’ils m’impressionnent surtout par leur efficacité médiatique.

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  8. Bonjour Valentin. Le problème dans le fond de cet alarmisme et de cette doxa, c’est que la science, et dans sa foulée la technique, n’avance pas correctement. Par exemple, sur un sujet précis que tu évoques « les digues », on étudie la gestion des digues en fonction de la variabilité climatique comme ici http://eye.sbc33.com/c?p=xBBvddCO0MrQiiZLZ9CdYdCC5uTQptCkEMQQ0KH6I1tbeEzQidCc0K19AFro0JhL2YlodHRwczovL3d3dy5lcHRiLWxvaXJlLmZyL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDE4LzEwL1JhcHBvcnRfQ0NfZGlndWVzLnBkZj91dG1fc291cmNlPVNhcmJhY2FuZSZ1dG1fbWVkaXVtPWVtYWlsJnV0bV9jYW1wYWlnbj1BY3R1J0RpZ3Vlc7g1YTVlMzQwZGI4NWI1MzM0MjJhY2Q0ZWbEEPPQidDIWtCu_0Ip0IQSHkrQjQsW0LOtZXllLnNiYzMzLmNvbcQU0JEc_hLgMNCpSRjhLybQxFB9NjnQu9C0Vw

    L’étude souligne qu’il y a de fortes incertitudes autour des modèles mais aussi autour du climat lui-même, ce qui est sage. Elle indique « la forte variabilité intrinsèque du climat (le climat des 10 prochaines années peut très bien être plus froid que celui de la dernière décennie !). » Et c’est la que la doxa et le « name & shame » norme les activités scientifiques puisqu’ils soulignent qu’ils n’y a « pas ou très peu de littérature » sur l’impact d’une baisse des températures sur la protection des ouvrages (page 39). Cela me pose un problème car même si c’est un scénario faible, il n’est pas à exclure. Cette situation d’absence d’étude notamment à cause de ce débat hystérisé sur le réchauffement climatique qui viendrait à considérer comme hérétique toute scientifique qui travaillerait sur cette question. En plus, comme tu peux le voir, les gestionnaires de digue ne s’alarment pas plus que cela de la variabilité du climat même s’ils en évoquent les nombreux problèmes mais ils s’inquiètent davantage du manque de moyens, ce qui est leur rôle et cette alerte mérite une attention soutenue dans la durée. « Cependant, il est relevé que les dispositions légales fixent les obligations pesant sur les gestionnaires, sans préciser techniquement les moyens minimums à mettre en place. Dès lors, il est impératif de déterminer avec
    précision ces moyens à mettre en oeuvre. »

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