Belgique – Angleterre

Pour les extraterrestres qui n’auraient pas suivi, les demi-finales de la Coupe du Monde de foot opposeront mardi la France à la Belgique, et mercredi la Croatie à l’Angleterre. Je vote pour que l’issue de ces demi-finales nous permette d’assister ensuite à un match entre la Belgique et l’Angleterre. Question de symboles.

L’idée est réinventée périodiquement en période de tensions : au lieu de se battre, les nations ennemies pourraient organiser par exemple un match de boxe (pourquoi pas entre leurs dirigeants). Le gagnant verrait son pays déclaré vainqueur d’une guerre qui, pour le bien de tous, n’aurait pas eu à avoir lieu.

La symbolique du sport comme métaphore de la guerre est depuis longtemps un cliché de la géopolitique de comptoir, qui peut même se révéler performatif (au moins en apparence). On pense bien sûr aux derniers Jeux Olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud, qui ont servi de décor (de mise en scène, diront les sceptiques) au prélude de dégel auquel on a assisté ensuite entre la Corée du Nord et les États-Unis. Parfois hélas c’est l’inverse qui se produit, quand le sport devient catalyseur d’un conflit, comme dans la guerre dite « du football » de 1969 entre le Honduras et le Salvador.

Le temps d’une Coupe du Monde, il n’est pas interdit de rêver et d’imaginer que les grands problèmes géopolitiques internationaux puissent se régler en 90 minutes avec un ballon rond derrière lequel courent 22 joueurs. Et au vu du dernier carré de la Coupe du Monde, Belgique – Angleterre serait le match parfait pour avancer sur la question du Brexit.

Dans la foulée de la démission de David Davis, pourquoi ne pas décréter que l’issue des négociations du Brexit se décide sur le terrain ? J’entends déjà l’objection selon laquelle l’Angleterre n’est pas le Royaume-Uni. La Belgique n’est pas davantage l’Union Européenne. Mais c’est tout de même en Angleterre qu’il y a Londres et en Belgique qu’il y a Bruxelles. (Si on y tient, on peut aussi dire que c’est en France qu’il y a Strasbourg, mais une finale France – Angleterre m’est fortement déconseillée par mon cardiologue.) Et il y a sûrement plein de manières de prolonger l’analogie (Thierry Henry dans le rôle de Michel Barnier ?)

Pour les brexiters comme pour leurs opposants, le pire ne serait pas que leur équipe représentative soit défaite lors de cet hypothétique Belgique – Angleterre. Le pire, ce serait que ce match se déroule en tant que finale pour la troisième place. Car le symbole principal serait alors que l’Europe, Union ou pas, joue un rôle désormais secondaire dans les affaires du monde. Un problème contre lequel, même en rêve, il faudrait faire bien davantage qu’un simple match de foot.

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2 réflexions au sujet de « Belgique – Angleterre »

  1. Entretemps, le match Angleterre-Croatie mercredi risque d’être un autre signe révélateur. Foreign Secretary Boris Johnson, après avoir signé l’accord sur les negotiations ce weekend, a décrit les tentative de défense du même accord comme « efforts d’astiquer une crotte » est a demissioné ce matin. Il reste muet, pris dans une réunion de ministres d’affaires étrangerés des « Balkans occidentaux », dont, la Croatie, mais aussi apparemment l’Angleterre, et sans doute bientôt la Catalogne et la Corse.

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