Sécheresse : quand des médias en craquent

Canicule Chine

La canicule assèche une rivière en Chine, en juillet 2017. © Jndsb / Imaginechina / AFP

Comme pour se rattraper d’avoir osé reconnaître qu’Irma n’était pas l’ouragan le plus violent de l’Atlantique nord, la revue Sciences et avenir tombe cette fois-ci dans une adoration des modèles éronnés du GIEC et l’illustre, de surcroît, par une photo montrant de grosses lacunes dans des connaissances environnementales basiques .

On passera sur le corps de l’article traitant de la modélisation du climat, complètement irréaliste en l’état de notre connaissance scientifique et que les climato-réalistes ont maintes fois démontée, comme encore ce mois dernier. Je vous propose ici de vous arrêter un instant sur la photo illustrant l’article, la photo catastrophe de service, celle censée évoquer la sécheresse.

Caractériser une sécheresse durable par un endroit régulièrement inondé

Le premier plan, qui prend les ¾ de la photo, évoque une terre « souffrant » de la chaleur. Avec un arrière plan urbain dense, cette vue suggère de plus que la sécheresse avance sur la ville, sans que l’on s’en rende vraiment compte, trop préoccupés par nos activités insouciantes, notamment de loisir (vélos et pêche dans l’horizon de la photo).

C’est une photo typique de la photo qui fait peur, plus exactement angoissante, indispensable à tout sortie médiatique climato-alarmiste faisant appel au cerveau reptilien plutôt qu’à la raison, dans le but d’induire du contrôle politique, social et économique à des fins idéologiques. De surcroit, cette photo n’est pas issue de l’extrait d’un film catastrophe holywoodien mais bien d’un article d’une revue de vulgarisation scientifique tout de même ; revue qui a pour mission de former des esprits scientifiques doués de raison de formater des jeunes têtes à la pensée unique.

Pas besoin d’être un scientifique avec PhD pour comprendre cette photo. Pour qui est un minimum environnementaliste et observe un peu les paysages comme par exemple les agriculteurs, les promeneurs ou encore les chasseurs, ce type de surface de sol est typique d’un endroit où il y a régulièrement beaucoup d’eau. Drôle d’idée que celle de caractériser une sécheresse « durable » par un endroit où il y a souvent beaucoup d’eau non ? De plus, cette eau y était présente il y a encore quelques jours, semaines, au maximum mois, comme en témoigne la surface craquelée du sol.

Avant de commencer mes recherches sur le lieu et la source de cette photo, mon estimation était même de quelques semaines au plus, puisque la terre semble encore relativement humide et que nous sommes dans une zone urbanisée (donc dense comme en témoigne l’arrière plan) et récréative (vélos) où les passages auront vite fait de modifier cette structure de surface craquelée en surface uniforme recouverte d’une couche sableuse.

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Nanchang, le 26/07/2017

De toute manière, même en temps durablement secs et en l’absence d’humains pour modifier cette structure de surface, ce serait le vent qui, avec son érosion et ses dépots, se chargerait d’ôter ce type de craquelure à cette structure pédologique. Comme tel n’est pas le cas sur la photo, il s’avère donc que cette surface était peu de temps auparavant recouverte par les eaux. Illustrer un changement climatique aride durable par une photo de sol argileux très récemment sec, c’est démontrer que l’on ne fait aucune différence entre la météorologie (ou l’hydrologie) de court terme avec la climatologie de longue durée, ce qui pose un problème pour la presse en général, encore plus si elle se veut scientifique. L’illustration de la sécheresse par des dessiccations de surface de sols argileux est un des leitmotiv médiatiques les plus récurrents et incongrus que l’on voit depuis les années 70-80.

Avant de commencer mes recherches sur le lieu exact où avait été prise cette photo, je pouvais déjà parier que cet endroit serait de nouveau humide ou submergé en moins d’un an. C’est un sol argilo-marneux typique, qui se rétracte en période de sécheresse ou d’étiage et qui se regonfle, se réhydrate en période plus pluvieuse ou de crue. Ces craquelures, ces dessiccations, montrent que ce sont des sols hydromorphes, sinon, s’ils étaient durablement sec, il serait devenus indurés ou sableux. Rien de plus normal pour ces sols que d’en passer par des phases sèches. J’en veux pour preuve que 40% de l’indemnisation au titre de la garantie des catastrophes naturelles en France (arrêtés CatNat) concernent des dommages aux constructions exposées aux phénomènes de mouvements de terrain par tassements différentiels liés aux retraits et gonflements des argiles lors de l’alternance de phases de sécheresses et de réhydrations des sols. Et ces phénomènes de sécheresse des sols ne datent pas d’hier : ils ont existé de tout temps, dans la majeure partie du territoire.

Sécheresse et propagande climatique chinoise

En faisant une recherche de cette photo dans Google Image, j’ai pu constater que le quotidien britanique The Guardian en donnait une localisation plus précise que S&A : près de la rivière Ganjiang, dans la ville de Nanchang, située dans la province de Jiangxi en Chine orientale. De cette localisation, on peut déjà avoir un diagrame climatique à Nanchang pour connaître ses précipitations :

 

Nanchang se situe en zone de climat subtropical humide, caractérisé par des précipitations importantes supérieures à 1500 mm/an. La localisation de cette photo en Chine orientale implique qu’il y a 2 régimes pluviométriques très contrastés dans l’année, qui influent sur les régimes hydriques et les sols de la région : celui de la mousson d’été, très pluvieux et chaud fin printemps et début été et un régime relativement sec et froid en autonome/hiver… Une caractéristique de ce diagramme est la chute brutale de la pluviométrie entre juin et juillet, entraînant probablement une décrue non moins forte des cours d’eau. C’est donc lors de cette décrue brutale alors même que les températures sont caniculaires, que pourraient apparaître en bordure de cours d’eau, les phénomènes de dessiccation des argiles de surface les plus importants.

Essayons maintenant de préciser plus finement le lieu où a été prise cette photo. Pour cela, rien de mieux que le site du gouvernement de la ville (eh oui, c’est pas un conseil élu, on est en Chine). Et que trouve t-on en première photo de la page d’accueil, juste avant une myriade de photo à la gloire du parti unique ?

w020171120537235221847Nanchang, novembre 2017

C’est une photo paysage du lit mineur de la Ganjiang, en étiage, prise en novembre 2017, mois habituellement des plus secs. Cette photo est d’ailleurs bien plus explicite et pédagogique que la vue raz du sol choisie par S&A prise quelques mois plus tôt. On y distingue d’ailleurs bien les plus hauts niveaux atteints par les eaux sur les piles du pont en plein régime de mousson, quelques mois plus tôt. Le pont a d’ailleurs été dimensionné a bonne hauteur, car les débits du fleuve peuvent être bien plus importants encore en cas de crues historiques.

Sur le site de l’agence gouvernementale chinoise, ImagineChina, on trouve bien d’autres photos autour de ce thème de cette sécheresse à Nanchang en 2017, à cette même date, avec plus ou moins d’alarmisme, selon les goûts des clients.

pbu658434_12 Nanchang, le 26/07/2017

Tout de suite, vu ainsi, c’est beaucoup moins impressionnant et loin de caractériser une sécheresse durable, n’est ce pas ? Et pourtant, c’est le même lieu, à la même date et avec le même photographe mais sans la même subjectivité alarmiste.

Mais si je veux vous montrer le « dérèglement » de la nature, l’agence propose cette photo d’anthologie dans sa série : le poisson agonisant dans les dessiccations.

pbu658434_09Nachang, le 26/07/2017

Ce pauvre petit Némo de Chine, pour lequel nous verserions presqu’une larme, est au climat subtropical de Nanchang ce que l’ours polaire est au climat arctique. Et même dans ce cas de photo hyper-traumatisante, nous ne pouvons toujours pas en déduire que nous sommes face à la preuve d’un changement climatique durable puisqu’il se trouve encore de la chaire sur ce poisson mort isolé, preuve s’il en est que l’eau y était présente peu de temps avant.

Ces photos de la sécheresse à Nanchang ont donc été prises juste après le plus gros des précipitations de la mousson d’été, pendant la décrue, probablement rapide à cet endroit, sur une zone habituellement inondée en saison des pluies, au moment même de la saison où les températures y sont les plus caniculaires. Elles ne prouvent aucun changement climatique alarmant en l’état, mais un phénomène de sécheresse ponctuel, habituel dans ce type de régime pluviométrique en climat subtropical.

J’espère que maintenant, lorsque vous verrez des dessiccations de surface de sols argileux illustrant un changement climatique aride durable, vous aurez la présence d’esprit d’évoquer l’incongruité de ces images qui évoquent en réalité des sols régulièrement inondés (et non arides).

Mais dans le fond, ces achats de photographies alarmistes et simplistes par la presse scientifique européenne dans les stocks d’images de médias non libres des pires dictatures de la planète illustrent bien la dérive anti-démocratique et dogmatique des sociétés occidentales sur le thème du RCA.

 

15 réflexions au sujet de « Sécheresse : quand des médias en craquent »

  1. Pour tous ceux qui ne le connaîtraient pas, je suggère la lecture de l’article mis en ligne sur son blogue par Hacène Arezki, le 6 mars 2012, sous le titre :
    Le réchauffement médiatique assèche le lac Poyang
    « Il existe des coïncidences qui n’en sont pas. Mettre cela en évidence est faire oeuvre de journalisme, l’information résidant au moins autant dans les faits eux-mêmes que dans les liens que l’on établit entre eux. Mais encore faut-il faire preuve d’analyse et ne pas reprendre clef en main des interprétations toutes faites, qui ne servent que les intérêts de ceux qui les livrent. »
    Vous y retrouverez – entre autres – la « fameuse » photo d’un sol craquelé – « grâlé » comme on dit en saintongeais.

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    • Super intéressant. Je ne connais pas particulièrement bien cette région mais je voulais traiter des images des dessiccations des argiles une bonne fois.

      L’article que tu proposes est excellent et peut montrer comment le RCA est utilisé pour masquer les erreurs des gouvernements : http://www.hacene-arezki.com/article-le-rechauffement-mediatique-asseche-le-lac-poyang-99864370.html

      On a vu très récemment Macron qui évoquait le coupable CO2 pour dédouaner les autorités françaises de leurs mauvaises préparations et gestions d’Irma et on voit ici le gouvernement chinois l’évoquer devant sa gestion douteuse d’implantation et de régulation de ses barrages.

      L’article que tu proposes résume ainsi cette propagande climatique chinoise « La reconnaissance officielle d’importants risques liés au réchauffement climatique permet opportunément de lier le présent du lac Poyang au futur hypothétique du climat de la région. Et de passer outre toute autre considération, notamment la gestion hydraulique des grands fleuves et des zones humides, dans un pays où la maîtrise de l’eau a toujours été un enjeu majeur pour les pouvoirs en place. » Comme l’article le montre très bien, il s’agit notamment grâce au barrage des 3 gorges, de diminuer l’emprise du lac pour permettre la mise hors d’eau de vastes régions qui permettront de vastes de dévelopements urbains et économiques. Cela n’a rien de mal en soit et pourrait faire l’objet d’un débat politique. Ce qui est mauvais, c’est de se cacher derrière l’irréversible RCA mais la Chine n’est pas un pays des plus transparent.

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  2. Bonne investigation…
    Sur le site de l’agence ImagineChina située à Shanghai on peut lire également:
    « Cracked riverbed scorched by heat waves in east China (2017-07-27)
    The riverbed scorched by heat waves at the Nanchang section of the Ganjiang river was cracked in Nanchang city, east China’s Jiangxi province, 26 July 2017. Hot weather started to hit the city in eastern China’s Jiangxi province days ago, with daily temperatures reaching between 38 and 41 degrees Celsius. » Photo by Imaginechina
    Avec des T° ne correspondant pas au diagramme…!
    Le tout repris par le Guardian puis par Sciences et Avenir…

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    • Il est normal que les températures de jours particuliers puissent ne pas correspondrent à un diagramme climatique. Les températures du diagramme climatique correspondent à des moyennes mensuelles, pas sur l’année en cours mais, normalement, depuis le début des mesures de pluviométrie et de température. Cela veut dire que sur une moyenne mensuelle de 34°C d’un mois de juillet d’une année particulière, des jours peuvent avoir eu des extremums allant bien au dela. Cela implique également que depuis le début des mesures, des extrémums au mois de juillet peuvent avoir été bien plus élevés que 41°C et d’autres mois, inversement, bien plus frais que la moyenne. Mais ce qui caractérise ce mois dans ce climat subtropical humide mais continentalisé, c’est que c’est le moment où les températures sont habituellement caniculaires à Nanchang. Donc, rien d’exceptionnel en somme. Après, il faut regarder sur les années comment évoluent l’augmentation des températures. Il y avait un graphique en figure 2 de cette page : https://www.hindawi.com/journals/amete/2015/395094/ Néanmoins, je trouve la série de température bien trop courte, suspecte alors même qu’ils ont les températures depuis le début des mesures. Pourquoi donc avoir décidé de ne pas montrer les températures avant 1988 ?

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  3. Merci M Moro (je me disais aussi que Benoit était bien doué en pédologie…)
    Ah le poids des mots, mais surtout le choc des photos… Outre le gentil nounours blanc, soit près de se noyer, isolé sur son glaçon dérivant et rétrécissant (lol), ou affamé par manque de phoques (re lol), j’aime bien le satanique CO2 s’échappant en blanches volutes des cheminées d’usines ; et je reconnais que la sécheresse craquelée faist son effet.
    vive la vulgarité, pardon vulgarisation scientifique.

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    • Ou encore la personne dans la rue portant un masque respiratoire pour illustrer la protection contre le méchant CO2, alors même qu’elle rerespira en quantités plus importantes encore du CO2, car l’air qu’elle inspirera sera enrichi du CO2 qu’elle vient d’expirer. D’autres images aussi « débiles » colportées par certains médias importants sur les effets du CO2 et du RCA sont légions. Je me suis arrêté sur celle des sols craquelés, symbole soit-disant d’une aridité climatique mais je compte prochainement déconstruire quelques idées reçues sur le RCA, les images médiatiques qui y circulent, au vue de l’actualité du moment.

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  4. Merci pour cette analyse fort convaincante. Et je recommande moi aussi le blog d’Hacène Arezki, sur l’exemple édifiant du lac Poyang.
    J’en profite pour vous recommander la lecture de cet autre article de Sciences et Avenir : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/la-canicule-de-2016-a-bien-ete-causee-par-le-rechauffement-climatique_119148.
    Dans ce texte, le journaliste se montre incapable de maîtriser le sens des phrases qu’il écrit : en effet, après avoir affirmé que « Jusqu’à présent, la communauté scientifique estimait que le réchauffement climatique provoqué par les humains, en brûlant par exemple des énergies fossiles, accentuait le risque de voir surgir des inondations, des sécheresses, des tempêtes et d’autres phénomènes extrêmes, mais ils ne l’avait encore jamais désigné comme la seule et unique cause », il justifie cette assertion définitive avec le paragraphe suivant, dont le titre est « El Niño n’était pas l’unique responsable de la canicule », confondant ainsi l’idée que le CO2 a pu avoir une influence avec celle selon laquelle il s’agit de la « seule » cause, affirmation pour le moins péremptoire…Je passe sur les autres approximations et erreurs du texte et vous laisse les savourer…

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    • En revanche, Science et Vie a récemment péché par climato réalisme (une sorte d’hérésie) pour un petit encart sur la « disparition des îles du Pacifique « ça commençait pourtant bien.
      Pas un mot sur le RCA, mise en avant de l’érosion, et encore pas uniquement due à l’Homme, bref un vrai scandale 🙂

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  5. Bien vu.

    En effet, il faut être complètement hors-sol pour écrire ou affirmer que les phénomènes météorologiques extrêmes ont comme seule et unique cause le supposé RCA. Puis, dans un bref éclair de lucidité, ils se disent bien in finé que c’est difficile de faire l’impasse sur les épisodes aléatoires et naturels d’El Niño, et hop, l’unique cause n’est plus unique.

    Pour ma part, dans la liste des autres incohérences, je remarque la carte mondiale des catastrophes survenues en 2016 liées au supposé RCA. Ils y ont notamment mis, sans vergogne, les épisodes de vagues de froid, de gel ou de neige, ce qui me fait toujours sourire. Même certains à Météo-France expliquent les anomalies des vagues de froid par le RCA et pas par les positionnements relativement aléatoires des anticyclone de subsidence d’air froid, modifiant les jeux des masses d’air. J’en sourie car toute la profondeur logique de leur raisonnement peut se résume ainsi : quand il fait plus chaud, en fait, il fait plus froid. Le RCA est partout selon ce courant de pensée, la cause de tout.

    En cela, ils retombent dans les travers du déterminisme climatique dont on était arrivé à se débarasser au début du siècle dernier. Mais ce déterminisme climatique est cette fois-ci à cause humaine. En disant que l’homme change complètement le climat global, ils reprennent certaines idéologies scientifiques de l’époque médiévale où l’on pensait que les grands défrichements changeaient considérablement des zones climatiques entières. L’origine des origines de ce courant de pensée est probablement celle du Livre, où, à cause de son comportement, l’homme a été unique responsable de changements environnementaux globaux et désastreux (Adam et la fin de l’éden, les pêchés des hommes et le déluge…).

    C’est du niveau subconscient, pétri par deux millénaires de croyance, et c’est très difficle à contre-carrer, même si la population ne pratique plus la religion. Cette longue période de croyance religieuse dans le fait que l’homme soit l’ultime responsable du climat a pour effet actuel de laisser son empreinte persistante dans nos représentations mentales du climat, empreinte parfois inconsciente, aussi bien psychologique que sociale, tendant à produire des travaux scientifiques assez orientés idéologiquement. De plus, même si les gens ne pratiquent plus la religion, ils ont besoin d’autres dogmes auxquels se raccrocher. En ce sens, le RCA représente pour eux une bouée idéologique convenable qu’il ne faut surtout pas remettre en question ou critiquer sous faute d’être ostracisé, montré du doigt et accusé de tous les maux.

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