Düsseldorf, Tag zwei : die Hauptpräsentation

Cette seconde journée de la conférence organisée par EIKE est l’une des plus mémorables que j’aie vécue en tant que climato-réaliste, pour une raison qui porte un nom, ou plus précisément deux : Henrik Svensmark et Nir Shaviv. Vous les avez ratés ? Vous avez tout raté.

Jusque là je regardais la théorie de Svensmark comme quelque peu inaboutie, comme au fond rien de plus qu’une piste parmi d’autres pour une explication future des évolutions climatiques alternative au tout-CO2. La théorie me semblait intéressante mais plus ou moins en sommeil, attendant des jours meilleurs, un peu comme la dérive des continents de Wegener a dû patienter quelques décennies avant de s’imposer avec la tectonique des plaques.

C’est peu dire que j’ai changé d’avis ce matin. En entendant les deux principaux « solaristes » mondiaux exposer l’état actuel de leurs travaux, les mots de Jacques Duran sur pensee-unique ont résonné à mes oreilles :

Je ne serais d’ailleurs pas étonné que le Professeur Svensmark, avec ses collègues et le Dr Shaviv de Jérusalem, reçoivent un jour le prix Nobel

Certes, Svensmark a dû en rabattre en 2011, quand les modélisateurs du climat ont cru avoir montré que le processus de nucléation par ionisation qu’il proposait pour expliquer la formation des nuages à partir des rayonnements cosmiques ne fonctionnait pas. (Vous ne saisissez pas de quoi je parle ? Alors foncez voir sur pensee-unique, tenez je vous remets le lien, où vous trouverez d’ailleurs plusieurs des courbes que Svensmark nous a montrées.) Svensmark, qui ne dédaigne pas l’autodérision, a même mis dans son diaporama une photo de pierre tombale agrémentée du texte : « Théorie des rayonnements cosmiques : 1995-2011 ».

Parce qu’en 2011, les choses allaient plutôt mal. Non pas que tout s’était effondré : les corrélations très nettes qui apparaissent entre la courbe de l’activité solaire et de nombreux indicateurs du climat passé de par le monde n’avaient pas brutalement disparu. Le problème était de proposer un mécanisme physique crédible articulant les deux, et c’est là que Svensmark avait essuyé un revers : pour fabriquer un nuage, il est nécessaire que la vapeur d’eau puisse se coller à des particules suffisamment grosses, et il lui a fallu du temps pour comprendre comment former celles-ci à partir des rayonnements cosmiques.

Aujourd’hui, il semble que ce soit chose faite. La théorie de Svensmark est si fine qu’elle est testable à l’échelle de quelques heures, à l’aide des variations ponctuelles de l’activité solaire.

Avant de donner le prix Nobel à Svensmark, pour citer à nouveau Jacques Duran, « sans doute faudra-t-il attendre que tout le battage médiatique sur l’effet de serre soit retombé et que les innombrables polémiques soulevées par cette découverte se soient calmées. » Il n’empêche que les avancées présentées ce matin pavent le chemin pour une gloire scientifique qui, à terme, pourrait être de première grandeur, rehaussée encore par l’immense opposition à laquelle Svensmark et ses collègues auront dû faire face.

J’ai posé la question du lien entre ces travaux et la fameuse expérience CLOUD, et ai été surpris de constater que Svensmark ne semblait pas considérer cette expérience du CERN comme complémentaire à ses propres travaux. Pour lui, le rôle de l’ammoniac, c’est un truc de physiciens de l’atmosphère qui ne le concerne que de loin.

Et les climatologues carbocentristes, que pensent-ils de tout ça ? À cette question Shaviv a répondu, un sourire en coin : « Ils ne parlent pas de ce que nous faisons, je ne sais pas pourquoi. Heu… en fait, je crois que je sais pourquoi ! Mais bon, ils n’en parlent pas… » Un tel silence étonne, surtout qu’il contraste fortement avec les attaques dont ils avaient fait l’objet en 2011. Le dernier rapport du GIEC, postérieur aux nouvelles découvertes des « solaristes », est muet sur ces avancées, pourtant publiées comme il se doit dans des revues à comité de lecture. Je suis assez tenté de croire que ce silence est le signe que les résultats sont hautement dérangeants et qu’aucune parade sérieuse n’a encore été trouvée pour y faire face.

Si la science climatique se déroulait de façon normale (au sens courant, non kuhnien), les résultats de Svensmark et des solaristes susciteraient probablement l’enthousiasme de toute une partie de la communauté scientifique mondiale. La théorie est d’une élégance qui la rapproche des plus grandes théories scientifiques : des mécanismes clairs imaginés à partir de données réelles, testés par des expériences de laboratoire et fondés sur une physique cohérente, le tout permettant de reconstituer avec une grande économie de moyens tout un pan du climat passé à l’échelle globale. L’ampleur des échelles temporelles est elle aussi extraordinaire : de quelques heures à plusieurs dizaines de millions d’années.

Quand on pense qu’en même temps, à la COP23, ils ont dû avoir droit à de la soupe à la Greenpeace… On les plaindrait presque ! Ce matin, ce n’était pas à Bonn mais à Düsseldorf qu’il fallait être. Ce matin, la science était belle.

 

11 réflexions au sujet de « Düsseldorf, Tag zwei : die Hauptpräsentation »

  1. Bonsoir,
    Bonne nouvelle effectivement si on sait expliquer scientifiquement les choses et les prévoir un peu.
    La mauvaise nouvelle, peut-être, c’est le « réchauffement » a du bon et qu’on n’aimerait pas un jour pleurer l’époque climatique bénie qu’on vit actuellement…

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  2. « des mécanismes clairs imaginés à partir de données réelles, testés par des expériences de laboratoire et fondés sur une physique cohérente, le tout permettant de reconstituer avec une grande économie de moyens tout un pan du climat passé à l’échelle globale. L’ampleur des échelles temporelles est elle aussi extraordinaire : de quelques heures à plusieurs dizaines de millions d’années. »
    J’ai hâte de voir les exposés mais pour l’instant je reste dubitatif malgré tout le respect que je peux avoir pour Svensmark et Shaviv.

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  3. Ping : Düsseldorf, Tag Zwei : andere Veranstaltungen | Mythes, Mancies & Mathématiques

    • Les COP ne traitent pas de science !
      Au mieux, les bases scientifiques sur lesquelles décider sont correctes. Sinon ce ne sont que des arguments dans le jeu politique…

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  4. Il serait temps pour Nir Shaviv de comprendre qu’il n’y a rien à attendre du GIEC pour ce qui est de communiquer sur autre chose que le réchauffement anthropique. C’est dans le statut du GIEC. Statut qui, si on l’analyse selon le langage diplomatique, n’est qu’un tissus de contradiction, du foutage de gueule. Ce qui est le plus fou, c’est que nos dirigeants ne sont absolument pas dérangé par ce parti-pris qui défini très clairement que la science présentée par le GIEC est orientée, préconçue et surtout tronquée de toute les études portant sur l’analyse du climat d’origine naturelle. C’est du Lyssenkisme à l’état pur, la preuve l’ignorance crasse de nos édiles politiques des dérives autoritaires en matière de science politisée. Soit ils sont manipulés parce que mal informés, ce dont je doute fort et donc totalement malhonnêtes, soit parce qu’il n’ont aucune qualifications pour occuper un poste de cette importance, autrement dit ils ont largement dépassé leur seuil d’incompétence. Dans les deux cas, la seule solution, c’est la porte, mais une des deux doit être celle d’une prison.

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