Éléments de langage de l’alarmisme climatique

Ne reculant devant aucun effort, je suis allé écouter un peu ce qui se dit à la COP20 de Lima qui doit préparer le sauvetage de planète prévu pour décembre 2015 à Paris. Parmi les divers exposés qu’il est possible de regarder, j’ai choisi celui de la conférence de presse donnée par l’Union Européenne lundi 1er décembre. Bon, quand je dis « regarder », c’est un bien grand mot : le son du webcast est ok, l’image en revanche est assez lunaire…

WebcastLimaEU Les présentations initiales d’une dizaine de minutes ont été épouvantablement ennuyeuses. On y a entendu pour la millionième fois la litanie de ce qu’il faut faire et de l’urgence climatique, dégoulinant de bonnes intentions. On n’y apprend strictement rien qu’on ne connaisse par cœur. Je suggère à ceux qui iront écouter cette conférence de presse de s’y mettre à plusieurs et de faire le concours de celui qui repère le plus vite quand le mot « ambitieux » est prononcé. (Il doit y avoir une vingtaine de points à marquer à ce jeu-là.) Ambitieux, c’est l’accord à trouver, les objectifs à se fixer pour rester « sous l’objectif des deux degrés », autre expression toute faite qui donne raison à Pythagore qui disait : tout est nombre…

Bref, à Lima, la langue de bois climatique tourne à plein régime. Les seuls moments valables ont été les questions des journalistes. Malheureusement les réponses, elles, étaient de la même eau que le début de la conférence. Le ton a été donné dès la première question, qui était de savoir comme s’assurer que les pays honoreront leurs engagements. Me croirez-vous si je vous dit que la réponse a commencé par : « c’est une excellente question, merci de l’avoir posée ? » Pourtant, si. La suite de la réponse, si vous voulez vraiment le savoir, était qu’il faut une « ambition collective » pour y arriver.

La réponse à la question sur les pays émergents et leur position ? Très simple : il va falloir de la clarté, on espère qu’ils vont avancer, on ne veut pas être punitifs ou normatifs, chacun va pouvoir s’expliquer de façon équitable.

Et s’il y a désaccord ? Là, c’est « encore une très bonne question », à laquelle la réponse est : on ne veut pas clouer au pilori quiconque, on veut que l’effort soit collectif, et nous autres en Europe on va montrer l’exemple.

Vient la question sur le nerf de la guerre (le financement). Là, la représentante se montre gênée aux entournures, rapport aux doubles comptabilités et autes artifices pas bien du tout qu’il faudrait p’têt voir à éviter. Seul moment qui se départit de la langue de bois : l’admission du fait qu’il y a désaccord sur la méthodologie à employer pour éviter les ruses des gros malins qui voudraient faire semblant de payer, ou reprendraient de la main gauche ce qu’ils donneraient de la main droite.

Sur l’accord USA-Chine pour une réduction (hum…) des émissions ? La représentante a l’air d’y croire, avant de finir par avouer qu’elle aimerait quand même voir ce qu’il y a derrière les annonces. Cet effort critique surhumain est malheureusement vite coupé dans son élan car « on a encore le temps pour une question ». Très dommage, si vous voulez mon avis.

L’ultime question porte sur la chute des cours du pétrole. C’est en effet une bien triste nouvelle, estime la représentante : comment voulez-vous rendre rentable la transition énergétique dans ces conditions ? De toute façon, qu’on se le dise : TINA est de retour, « There is no alternative » à une économie décarbonée (15’05). Alors les prix, faites un effort, quoi : remontez !

Et il y en a encore pour critiquer les processions climatiques aéroportées ?

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